Certains vont se demander pourquoi j'aurai mis cet article dans la rubrique "Société" alors qu'il commente un élément de l'actualité. En fait, mon raisonnement est inverse, et je vais utiliser ici un projet du gouvernement actuel, qui est en soi un réel projet de société, pour illustrer mes opinions sur le sujet qu'il traite.
C'est en effet d'actualité : le gouvernement français, par la voix de sa secrétaire d'état à la politique de la ville d'abord, puis plus récemment par celle du président de la République lui-même, a annoncé et énoncé un nième "plan banlieue", au moins le 9ème en 10 ans, mais en se défendant justement de l'idée de cette pérennisation d'actions aussi inefficaces que coûteuses.
Mon propos n'est pas seulement ici de passer en revue les différentes mesures annoncées par le plan. Je me bornerai à dire que, globalement, si le discours officiel recouvre au moins une part de détermination, et si les mesures annoncées entrent ainsi en assez grande partie dans les faits d'ici à 2012, ce qui est le seul engagement du pouvoir en termes de délais, ce plan représente un espoir objectif pour ce que nous appelons de manière trop souvent péjorative "les banlieues".
De quoi s'agit-il en fait ? Pour des raisons le plus souvent de "politique politicienne", les élus locaux des communes qui ont accueilli dans les années 1960 le gros de l'immigration maghrébine, puis ensuite d'Afrique noire, car ce sont bien ces deux communautés qui posent la plus grande partie du problème en France (en Allemagne, ce sont les Turcs, en Angleterre les Indiens, etc... Chacun son immigration...), ces élus, donc, ont tout fait pour éviter de donner l'impression d'imposer à leur population "de souche", c'est à dire au gros des troupes de leurs électeurs, des nouveaux-venus dont la culture, la religion, les comportements, les moeurs, étaient bien souvent aux antipodes des nôtres. Et ils ont ainsi créé de toutes pièces de nouveaux quartiers à la périphérie de leurs villes, le plus loin possible du centre, et y ont "entassé" les nouveaux venus qui se sont ainsi retrouvés tous regroupés, isolés du reste de la cité, isolés surtout de la vie de cette cité, en l'absence de tout lien social avec les autres habitants. On a créé de toutes pièces des ghettos où se sont développés tout naturellement le corporatisme et le communautarisme.
Or, il fallait faire exactement le contraire de ça ! Ce qui fait le ciment de la vie sociale, surtout en zone urbaine, c'est la mixité. Il fallait répartir les nouveaux arrivants dans le tissu urbain existant, "mélanger" les nouveaux-venus et les anciens, les jeunes et les moins jeunes, les chrétiens et les musulmans. Il fallait "fondre" les immigrants dans la cité, et ne pas les "parquer" à l'extérieur, ne pas les mettre de fait "au ban" de la société existante. C'est d'ailleurs là le vrai sens du mot "banlieue" : le "lieu du ban"... Tout un symbole !
Mais voilà un demi siècle que le mal est fait, un demi siècle qu'il perdure et qu'il se perpétue. Chaque nouvelle vague d'immigrants s'est vue rajoutée comme une nouvelle "pelure d'oignon" au-dessus de la précédente, toujours plus à l'écart, toujours plus stigmatisée, toujours plus ghettoïsée. Et tout naturellement, ces gens-là sont devenus dans les esprits "bien pensants" les symboles de "l'autre", de celui qui est différent, de celui "qui ne pense pas comme nous", de celui qui ne vit pas comme nous, et très vite de celui "dont on ne veut pas chez nous". Et comme "on n'en veut pas" chez nous, alors très vite aussi, ils se sont mis à vivre entre eux, à ne plus avoir envie de se mêler à nous, et pour finir à ne plus vouloir de nous... Nous avons fabriqué des marginaux. Ne nous étonnons pas dès lors qu'ils le soient, marginaux !
Voilà pour le constat. Mais alors que faire maintenant pour sortir de cette situation intenable ? L'équation est bien compliquée, et sa résolution bien peu aisée. Car revenir en arrière pose un double problème :
1 - Les populations que nous avons ainsi "parquées" dans ces "cages à lapins" que sont nos HLM de banlieue, immeubles à bas coût et donc d'assez mauvaise qualité la plupart du temps, et où donc la vie est mécaniquement elle-aussi de mauvaise qualité, immeubles qui n'ont fait que se dégrader au fil du temps à la fois par manque d'entretien et par le fait des détériorations quotidiennes dont ils sont victimes, ces populations, donc, se sont installés dans un sentiments d'exclusion, et leurs enfants et petits-enfants (nous en sommes à la quatrième génération aujourd'hui) ont pour beaucoup d'entre eux développé de fait la culture du renoncement et de l'assistanat.Toutes les "aides" que nous avons "inventées" au fil des années pour soi-disant leur venir en aide n'ont fait que les conforter dans l'idée que l'avenir leur est bouché et qu'une assistance pérenne leur est due. Les "tirer vers le haut", c'est à dire vers la culture de l'effort et vers le désir de progresser (ce qu'on a pu appeler "l'ascenseur social"), est aujourd'hui, sans doute pas une mission impossible, mais un projet extrêmement ardu et risqué. Rien n'est plus difficile à faire évoluer que les mentalités, c'est bien connu, et particulièrement quand elles sont alimentées par les institutions, ce qui est le cas dans les "quartiers" depuis plusieurs décennies de laisser-aller.Surtout qu'il ne faut pas sous-estimer l'importance démesurée de "l'économie souterraine", comme on dit trop pudiquement et qu'il faudrait bien appeler par son nom, à savoir les trafics en tous genres, à commencer par celui de la drogue. Celui qui gagne l'équivalent d'un smic par jour en "dealant" du canabis ou de l'héroïne n'acceptera jamais de travailler 8 heures par jour pour gagner la même chose en un mois... Sauf si son trafic est si totalement démantelé qu'il est obligé d'arrêter. D'où l'importance d'une implication policière particulièrement efficace, n'en déplaise aux associations angéliques qui prétendent le contraire...
2 - Les moyens à mettre en oeuvre sont colossaux, et hors de portée de quelque collectivité territoriale que ce soit. Le budget de l'état sera donc nécessairement mis à contribution. Mais ce budget est déjà victime d'un déficit abyssal. Il faut donc se rendre à l'évidence : la puissance publique n'a pas les moyens matériels de résoudre le problème des banlieues !
Nous sommes donc un certain nombre (un nombre certain, devrais-je dire) à redouter que ce "plan espoir banlieue" ne s'avère être finalement dans les faits qu'un replâtrage de plus, et un ensemble de mesures inefficaces dans le temps.Pourtant, sur le papier, le plan a des attraits et, peut-être, des atouts pour réussir. Encore faudra-t-il qu'on y mette la détermination nécessaire, y compris pour aller chercher là où ils sont possibles les financements que l'argent public ne peut pas mettre en oeuvre. Car d'autres acteurs y ont un intérêt certain à trouver et à défendre. A commencer par nombre d'entreprises, dont certaines d'ailleurs ont déjà "flairé" l'opportunité que représente, dans les quartiers difficiles, une main d'oeuvre certes peu qualifiée, et qu'il faudra former "de toutes pièces", mais une main d'oeuvre exceptionnellement bon marché : ceux parmi les "jeunes des cités" qui ont envie de "se lever le matin", et qui sont bien plus nombreux en pourcentage que ce que l'on croit, sont prêts à faire les efforts nécessaires en termes de prétentions salariales pour, enfin, obtenir un "job". Surtout si ce job n'est pas, enfin là aussi, un "petit boulot" de plus...J'entends déjà hurler les syndicalistes de tous poils, mais il faudra qu'ils m'expliquent avec des arguments probants qu'il est préférable, pour un jeune, de "galérer" à longueur de journées, et de soirées, dans le hall de son immeuble, un "joint" au bec et sans un sou en poche, plutôt que de travailler, même pour un très petit salaire, et ainsi s'ouvrir les portes de l'espoir d'une évolution professionnelle et d'une ascension sociale qui lui étaient jusque là totalement interdites...
Je voudrais maintenant donner mon avis sur les points importants du plan dont je parle :
1 - Inscrire la diversité dans le préambule de la constitution.Pourquoi pas ? Mais je ne vois pas l'impact concret d'une telle mesure.
2 - Un représentant de l'état dans chaque quartier.Là encore pourquoi pas ? Sauf que ça va encore coûter, pour peu d'efficacité concrète.
3 - Incitations pour les fonctionnaires à aller dans les quartiers.Quel est donc cet état-patron qui a besoin d'inciter ses fonctionnaires, c'est à dire ses subordonnés, à effectuer une tâche pour laquelle, rappelons-le, ils son payés ? Point n'est besoin d'incitation, monsieur le Président. Il suffit d'en donner l'ordre ! Tout simplement ! Et le refus d'obtempérer doit conduire à la révocation. C'est un abandon de poste. Il faut enfin cesser d'admettre le laxisme. Et pas seulement le dire !
4 - Partenariat entre l'état et les associations.Très bonne chose ! Les associations locales sont pour la majorité d'entre elles des relais particulièrement efficaces, et un vivier de bonnes volontés.Il faut simplement veiller à ce que ces associations dont nous parlons, certaines d'entre elles au moins, ne profitent pas de l'effet d'aubaine que pourrait représenter pour elles ce partenariat, essentiellement en terme de budget et de subventions. La politique de la ville ne doit pas devenir pour elles une source facile de trésorerie.
5 - Nouvelle répartition de la dotation de fonctionnement entre les communes.Oui mais... Il faut sans doute aider les collectivités locales dans leurs efforts. Mais il ne faut pas le faire sans discernement. Il faut que le redéploiement de la dotation de fonctionnement tienne compte des efforts réels en faveur des quartiers difficiles, et pas seulement de l'importance de ces derniers sur le terrain. Ce n'est pas parce que telle commune comporte quelques milliers de logements sociaux qu'elle doit mécaniquement bénéficier d'une dotation supérieure à telle autre qui n'en a que quelques centaines. Peut-être cette dernière, qui a mis en chantier un plan efficace en faveur de ses quartiers difficiles, devra-t-elle être mieux "servie" que la première qui ne fait rien !
6 - 500 millions d'euros pour les transports en commun.Oui, à condition qu'il s'agisse, par la politique des transports, de "désenclaver" les quartiers, et de palier ainsi au moins partiellement le manque de mixité sociale.On ne peut pas, évidemment, procéder à des déplacements de populations pour corriger l'état de fait d'une ghéttoïsation dommageable. On peut utiliser la politique des transports, associée peut-être à des actions contraignantes sur les implantations de commerces, de lieux de loisirs et de culture, ou encore de lieux de travail, pour faciliter les échanges entre quartiers et centre-ville.Et, bien sûr, tenir compte de l'impératif de mixité dans les implantations de nouveaux arrivants.
7 - 4000 nouveaux policiers dans les quartiers.Oui, mille fois oui ! Je ne vais pas revenir ici sur l'impératif d'éradication des économies souterraines. Il faut faire un effort tout particulièrement efficace pour débarrasser les quartiers de leurs "caïds" et pour éradiquer les zones de non-droit.
8 - Expérimentation d'un "contrat d'autonomie" pour les jeunes des quartiers.Il s'agit, si j'ai bien compris, d'un accompagnement individualisé des jeunes en difficulté, qui doit déboucher sur un CDI, un contrat d'apprentissage ou une formation en fin de parcours.Oui, mais à deux conditions :
- Que ce contrat d'autonomie soit un réel contrat. C'est à dire que le jeune s'engage et que son engagement soit vérifié et contrôlé durant tout le parcours. Pas de marché de dupe. Cela coûtera cher. Il faudra que ce soit efficace.
- Que les entreprises participent à l'effort de formation, et s'engagent elles aussi. Pas plus d'effet d'aubaine pour elles que pour les jeunes ! Ce contrat d'autonomie ne doit pas être un moyen de plus de profiter des financements publics sans contrepartie effective.
9 - Soutien à la création de 20 000 entreprises en 4 ans (soit 100 000 jeunes)Même remarque que ci-dessus : il faudra contrôler l'utilisation honnête du dispositif, et ne pas permettre que les aides soient détournées de leur but, même plusieurs années après leur octroi.
10 - Ecoles de la deuxième chance.Oui, bien sûr. Cela marche là où cela existe déjà. Il faut généraliser le système. Mais c'est comme les restaurants du coeur de Coluche, c'est destiné à devenir inutile ! "L'école de la première chance", celle de la République comme celle dite "libre", doit devenir de suffisamment bonne qualité pour que cette "école de la deuxième chance" devienne obsolète... Pour les "restos du coeur", c'est un échec. Pour l'école, on n'a pas le droit d'échouer.
11 - 4000 places d'internat de réussite éducative.Même remarque que ci-dessus, avec en plus la suivante : l'internat est un excellent moyen de motiver les jeunes et de les guider vers la réussite dès lors qu'ils sont demandeurs. Sinon, il est ressenti comme une prison, et ses effets sont désastreux.
12 - Expérimentation du "busing".Tout d'abord, pourquoi ce terme anglophone ? Mais passons, il y plus important...Il s'agirait de créer des transports scolaires pour que les meilleurs éléments des lycées et collèges des quartiers fréquentent les établissements situés "en ville".Non, absolument non ! Paradoxalement, cela va accentuer la ghéttoïsation des quartiers. Les établissements scolaires des quartiers difficiles seront immanquablement stigmatisés, montrés du doigt, et les élèves qui les fréquenteront encore seront désignés comme "nuls" et "irrécupérables".Ce qu'il faut, c'est élever le niveau des établissements scolaires de ces quartiers, en y affectant notamment des enseignants de qualité, même si ça ne leur plaît pas a priori (voir ci-dessus ce que j'en pense au point numéro 3), et en y faisant régner l'ordre et la discipline par tous les moyens, condition indispensable à une pédagogie de la réussite.Faire de la mixité, ce n'est pas mettre les meilleurs avec les meilleurs, c'est les mélanger aux autres pour que ceux-ci puissent le devenir à leur tour...Mais tout est lié : ça ne peut fonctionner que si le niveau éducatif est suffisant. Sinon, ce ne sont pas les moins bons qui s'améliorent, ce sont les meilleurs qui deviennent mauvais !
13 - 30 "sites d'excellence" adossés à des établissements d'enseignement supérieur ou à des entreprises pour les meilleurs éléments des quartiers.Oui ! Et surtout en liaison avec les entreprises, et avec des incitations efficaces à destination de ces dernières. Le but premier de l'enseignement, surtout quand il s'agit de populations "à problèmes", c'est la réussite sociale. Et elle passe par la réussite professionnelle. Il faut donc que l'école procure les clefs pour l'entrée et l'épanouissement dans le monde du travail. Et les mieux placés pour y parvenir sont les entrepreneurs. Même si ça doit déplaire à certains "intégristes" du secteur public.
14 - Accession sociale à la propriété.Oui, mais ce doit être une conséquence de la réussite sociale et professionnelle ; ça ne peut pas en être un moyen. Il ne faut pas subventionner des programmes d'accession à la propriété à l'intention de ceux qui ne pourront pas faire face à leurs obligations. Ne reproduisons pas, même en plus petit, l'exemple désastreux des "subprimes" américains
Voilà l'essentiel de ce que je pense sur la question des "quartiers difficiles". Le plan "espoir banlieues" n'a été qu'un outil pour développer mes idées sur la question. Le simple fait qu'il m'ait permis de le faire indique à l'évidence qu'il tente de "faire le tour" du problème, et qu'il correspond en grande partie à mes vues sur le sujet, malgré toutes les restrictions et toutes les réserves que j'ai pu exprimer ci-dessus.
J'attends vos réactions par le biais de vos commentaires, qui seront comme d'habitude les bien venus.
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Les Anciens avaient inventé la Démocratie
Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...
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mercredi 13 février 2008
jeudi 7 février 2008
Les chiens aboient, la caravane passe...
Je prenais la "plume" ce matin, au départ, pour une nouvelle fois me révolter contre la tiédeur et la mièvrerie des positions de nos dirigeants. Et puis, à la lecture plus approfondie d'un article du Monde, je vais peut-être tempérer mon propos.
De quoi s'agit-il ? Dans mon article d'hier, je me réjouissais que la question des "niches" et autres "rentes de situations" soit enfin à l'ordre du jour sur le bureau des autorités. Or ce matin, j'ai eu la mauvaise surprise d'apprendre au journal télévisé que François Fillion, premier ministre, avait reculé sur le sujet des licences supplémentaires à attribuer aux taxis, et qu'il avait promis, selon le journaliste à l'antenne, "d'enterrer le rapport Attali sur ce sujet" !Une fois de plus un flot d'adrénaline m'a submergé, et une fois de plus j'ai vociféré contre la lâcheté de ceux à qui pourtant des millions et des millions de Français ont donné solennellement pour mission d'avancer courageusement dans le sens de réformes libérales, seule voie efficace pour remettre le pays en ordre de marche et promouvoir cette croissance économique qui nous manque si cruellement ! Car n'en doutons pas, l'opinion n'est pas dupe des seules promesses électorales, et attend des actions concrètes. Et n'en doutons pas non plus, la route est semée d'embûches, les réformes à entreprendre sont d'une telle ampleur que des obstacles de gros calibre se dresseront tout au long de cette route, et il faudra (il faut d'ores et déjà !) beaucoup de courage pour avancer dans la bonne direction. Nous n'attendons pas de ce gouvernement qu'il recule à la moindre contestation. Et malgré l'ampleur de la mobilisation des taxis hier dans tout le pays, il ne fallait pas baisser pavillon. C'est un signe négatif donné non seulement aux contestataires du moment (les artisans taxis), mais à l'ensemble de ceux qui se préparent à manifester contre tout et n'importe quoi dès lors que leurs intérêts particuliers seront, à leurs yeux, menacés. Du président aux parlementaires et autres ministres de la République, vous n'avez pas reçu mandat du peuple pour ça ! Vous avez été élus ou nommés, selon les cas, pour agir...
Voilà pour mon "coup de gueule". Mais un peu plus tard dans la matinée, j'ai pu lire dans le journal Le Monde un article qui me ramène à un peu plus de sérénité. Il y est dit que François Fillion a déclaré souhaiter "donner toute sa place à la concertation avec les professionnels, en leur proposant de formuler des propositions susceptibles de mieux répondre à leurs attentes et à celles des usagers" et veiller "à ce que les évolutions de la profession soient mises en œuvre dans le respect de l'équité, sans mettre en péril l'équilibre économique de l'activité des taxis". Que le principal syndicat des taxis en ait tiré la conclusion dont s'est fait écho le journaliste de France 2 dont je parlais tout à l'heure est une chose. Qu'il faille obligatoirement interpréter les propos du premier ministre dans ce sens en est une autre, et pour ma part je ne me risquerais pas à franchir ce pas de manière aussi désinvolte.Je l'ai dit à plusieurs reprises dans ce blog, je ne fais qu'une confiance raisonnable au pouvoir issu des dernières élections présidentielles et législatives, mais raison ne veut pas dire méfiance, et je me refuse à quelque procès d'intention que ce soit. Nous connaissons la diplomatie dont est capable le premier ministre, peut-être d'ailleurs un peu plus que le président lui-même, et même si dans le passé beaucoup ont "enterré" des projets en créant au premier obstacle une commission dont les travaux ne furent jamais suivis d'effet, la promesse de concertation de François Fillon ne signifie pas mécaniquement l'abandon pur et simple d'un traitement résolu et efficace du problème. L'opposition et les syndicats avaient tenu un raisonnement similaire au sujet de l'affaire du contrat de travail. On sait aujourd'hui avec quelle détermination l'équipe gouvernementale a pu imposer une grande partie de ses vues sur la question...
En résumé, je ne sais pas à l'heure actuelle ce qu'il en sera finalement de cette proposition du rapport Attali, mais
1 - Je considère que l'ouverture du numerus closus est indispensable, et qu'il faut donc attribuer de nouvelles licences
2 - Il faut, par la concertation, régler le problème des capitaux engagés par les artisans-taxis pour acheter (très cher !) leurs actuelles licences, et faire en sorte qu'ils ne soient pas lésés par les nouveaux arrivants dans leur profession
3 - Il ne faut pas reculer, ni sur ce point ni sur un autre, face à la contestation. L'intérêt général, et en particulier la libération d'une croissance indispensable à l'amélioration de l'emploi et du pouvoir d'achat, doit absolument prévaloir sur les intérêts particuliers d'un petit nombre de bénéficiaires de rentes de situation. Taxis ou autres.
4 - Et surtout, il faut donner des signaux clairs et tangibles de notre détermination d'aller dans cette voie. La réussite du projet, à l'horizon 2012 et au-delà, est à ce prix. Même si la grogne monte. Même si les sondages sont mauvais. Même si des élus locaux "y laissent des plumes" aux prochaines municipales. Et même s'il serait plus confortable de "caresser les gens dans le sens du poil".
Les chiens aboient, mais la caravane passe, dit le proverbe... Et cette caravane doit passer !
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De quoi s'agit-il ? Dans mon article d'hier, je me réjouissais que la question des "niches" et autres "rentes de situations" soit enfin à l'ordre du jour sur le bureau des autorités. Or ce matin, j'ai eu la mauvaise surprise d'apprendre au journal télévisé que François Fillion, premier ministre, avait reculé sur le sujet des licences supplémentaires à attribuer aux taxis, et qu'il avait promis, selon le journaliste à l'antenne, "d'enterrer le rapport Attali sur ce sujet" !Une fois de plus un flot d'adrénaline m'a submergé, et une fois de plus j'ai vociféré contre la lâcheté de ceux à qui pourtant des millions et des millions de Français ont donné solennellement pour mission d'avancer courageusement dans le sens de réformes libérales, seule voie efficace pour remettre le pays en ordre de marche et promouvoir cette croissance économique qui nous manque si cruellement ! Car n'en doutons pas, l'opinion n'est pas dupe des seules promesses électorales, et attend des actions concrètes. Et n'en doutons pas non plus, la route est semée d'embûches, les réformes à entreprendre sont d'une telle ampleur que des obstacles de gros calibre se dresseront tout au long de cette route, et il faudra (il faut d'ores et déjà !) beaucoup de courage pour avancer dans la bonne direction. Nous n'attendons pas de ce gouvernement qu'il recule à la moindre contestation. Et malgré l'ampleur de la mobilisation des taxis hier dans tout le pays, il ne fallait pas baisser pavillon. C'est un signe négatif donné non seulement aux contestataires du moment (les artisans taxis), mais à l'ensemble de ceux qui se préparent à manifester contre tout et n'importe quoi dès lors que leurs intérêts particuliers seront, à leurs yeux, menacés. Du président aux parlementaires et autres ministres de la République, vous n'avez pas reçu mandat du peuple pour ça ! Vous avez été élus ou nommés, selon les cas, pour agir...
Voilà pour mon "coup de gueule". Mais un peu plus tard dans la matinée, j'ai pu lire dans le journal Le Monde un article qui me ramène à un peu plus de sérénité. Il y est dit que François Fillion a déclaré souhaiter "donner toute sa place à la concertation avec les professionnels, en leur proposant de formuler des propositions susceptibles de mieux répondre à leurs attentes et à celles des usagers" et veiller "à ce que les évolutions de la profession soient mises en œuvre dans le respect de l'équité, sans mettre en péril l'équilibre économique de l'activité des taxis". Que le principal syndicat des taxis en ait tiré la conclusion dont s'est fait écho le journaliste de France 2 dont je parlais tout à l'heure est une chose. Qu'il faille obligatoirement interpréter les propos du premier ministre dans ce sens en est une autre, et pour ma part je ne me risquerais pas à franchir ce pas de manière aussi désinvolte.Je l'ai dit à plusieurs reprises dans ce blog, je ne fais qu'une confiance raisonnable au pouvoir issu des dernières élections présidentielles et législatives, mais raison ne veut pas dire méfiance, et je me refuse à quelque procès d'intention que ce soit. Nous connaissons la diplomatie dont est capable le premier ministre, peut-être d'ailleurs un peu plus que le président lui-même, et même si dans le passé beaucoup ont "enterré" des projets en créant au premier obstacle une commission dont les travaux ne furent jamais suivis d'effet, la promesse de concertation de François Fillon ne signifie pas mécaniquement l'abandon pur et simple d'un traitement résolu et efficace du problème. L'opposition et les syndicats avaient tenu un raisonnement similaire au sujet de l'affaire du contrat de travail. On sait aujourd'hui avec quelle détermination l'équipe gouvernementale a pu imposer une grande partie de ses vues sur la question...
En résumé, je ne sais pas à l'heure actuelle ce qu'il en sera finalement de cette proposition du rapport Attali, mais
1 - Je considère que l'ouverture du numerus closus est indispensable, et qu'il faut donc attribuer de nouvelles licences
2 - Il faut, par la concertation, régler le problème des capitaux engagés par les artisans-taxis pour acheter (très cher !) leurs actuelles licences, et faire en sorte qu'ils ne soient pas lésés par les nouveaux arrivants dans leur profession
3 - Il ne faut pas reculer, ni sur ce point ni sur un autre, face à la contestation. L'intérêt général, et en particulier la libération d'une croissance indispensable à l'amélioration de l'emploi et du pouvoir d'achat, doit absolument prévaloir sur les intérêts particuliers d'un petit nombre de bénéficiaires de rentes de situation. Taxis ou autres.
4 - Et surtout, il faut donner des signaux clairs et tangibles de notre détermination d'aller dans cette voie. La réussite du projet, à l'horizon 2012 et au-delà, est à ce prix. Même si la grogne monte. Même si les sondages sont mauvais. Même si des élus locaux "y laissent des plumes" aux prochaines municipales. Et même s'il serait plus confortable de "caresser les gens dans le sens du poil".
Les chiens aboient, mais la caravane passe, dit le proverbe... Et cette caravane doit passer !
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mercredi 6 février 2008
Retards d'actualité
Pris par d'autres obligations, voilà bien longtemps que je n'ai laissé d'articles dans mon blog ! Je prie bien humblement mes fidèles lecteurs de m'en excuser : la vraie vie a ses impératifs que la vie du "net" ignore...
La conséquence, c'est que bon nombre de sujets "d'actualité" se sont trouvés ainsi délaissés par moi. Je vais essayer de revenir sur ceux qui m'apparaissent aujourd'hui les plus importants, même si peut être d'autres, dans le feu de l'action dirais-je, auraient attiré de ma part des commentaires dont je ne ressens plus maintenant la pertinence, à la lumière du temps qui a passé depuis...
Je vais évacuer tout d'abord le plus médiatique d'entre eux : un certain "mariage princier" qui n'aurait pas dû, à mon sens, avoir tant d'échos dans les médias. La vie privée ne regarde pas le public, qu'il s'agisse d'un chef d'état ou d'un obscur quidam de la "France profonde" ne change rien à l'affaire... Il parait que le "marié de l'an 8" (2008 s'entend) a été l'artisan "souterrain" de ce battage médiatique. Si c'est vrai, ça n'est pas là son action la plus pertinente depuis son élection !... Les Français, et moi en particulier, se moquent bien de ce qui se passe au creux de son lit, et sont bien plus préoccupés de ce qui se passe dans son bureau, dans celui de ses proches collaborateurs, dans ses ministères, et dans sa tête quand il s'agit des actions à mener pour le bien de la France. Du moins, ça devrait être ainsi, et ceux qui pensent autrement n'ont pas grand intérêt à susciter.
Ensuite il y a les sondages. Même si ce sujet est un peu plus proche de centres d'intérêt légitimes, il ne faut leur accorder qu'une importance mesurée : ils ne sont le reflet, à un instant donné très précis (celui où la question est posée), de l'opinion d'un échantillon plus ou moins "représentatif", échantillon choisi par les sondeurs (sur quels critères ? selon quelle objectivité ?), en réponse à une question précise, et on ne doit en aucun cas se permettre, comme le font allègrement les commentateurs de tous bords, d'en déduire les opinions générales (plus larges que la question elle-même) de l'ensemble de la population (bien au-delà de l'échantillon, et même de sa supposée représentativité) et sur une période plus ou moins longue (pas seulement au moment où la question est posée, mais jusqu'à l'élaboration du commentaire).Les réponses sont celles données à la question et rien qu'à elle, par les personnes interrogées et rien qu'elles, à l'instant où on les interroge et rien qu'à ce moment.La seule crédibilité objective réside dans les comparaisons entre deux sondages, lorsque les échantillons sont semblables, et lorsque la question posée reste la même. Ce n'est presque jamais le cas.Ces précautions étant prises, on nous annonce que le chef de l'état perd de sa popularité de manière importante, que dans le même temps le premier ministre en gagne pour sa part de manière symétrique, et on en déduit que les Français seraient dans l'ensemble déçus de l'action de l'équipe gouvernementale issue des élections présidentielles et législatives.Je ne reviendrai pas ici sur ce que j'ai dit dans mon article du 18 janvier dernier dans cette même rubrique Actualités et que j'avais intitulé "vitesse ou précipitation", mais tout y est dit ou presque : il me semble normal qu'un certain nombre d'électeurs se soient à l'époque déterminés en omettant de considérer que les actions positives présentes dans le programme électoral ne pouvaient se concevoir que sur la durée du mandat au minimum, c'est à dire jusqu'en 2012. Que ceux-là soient déçus aujourd'hui se conçoit parfaitement. Il faut simplement leur expliquer, ce que, ce me semble, on ne fait pas assez, et il faut continuer d'agir sans faiblir. Les sondages sont au mieux une indication, certainement pas un critère déterminant quant à la politique à mener ! Il faut "bien faire et laisser dire". Même si certains intérêts électoraux se dessinent à un horizon immédiat. La vie politique et les intérêts des hommes politiques, même électoraux, sont choses différentes. Les hommes passent et les actions restent.
La Société Générale maintenant. J'ai dit le 22 janvier, dans la rubrique Economie, ce que je pensais du capitalisme financier et de ses dérives ultra libérales. Cette sombre affaire en est un magnifique exemple : le malheureux courtier (pourquoi employer un mot anglais alors que notre belle langue est si explicite ?) qui s'est laissé emporter par le "jeu" pour lequel on le payait, et qui a ainsi engagé plus de 50 milliards d'euros dans des opérations spéculatives qui se sont avérées mauvaises, n'en est pas, et de loin, le principal responsable. Il ne faudrait pas faire de ce pauvre bougre le bouc émissaire d'une politique financière qui est celle de la Générale comme celle de toutes les grandes banques. Ces établissements financiers dans lesquels nous plaçons tous notre confiance (et nos capitaux quand nous en avons !) n'ont qu'une obsession : "faire de l'argent". Je ne leur reproche aucunement : c'est là leur raison d'être. Mais ce que je leur reproche volontiers, c'est la manière dont elles opèrent. Et je veux m'en expliquer ici.Les opérations spéculatives, c'est à dire les placements à risque sur les marchés boursiers, sont le meilleur moyen par lequel on peut espérer faire de gros profits, sous forme de plus-values, en un minimum de temps. Mais c'est aussi le moyen le plus risqué. Alors, je ne dis pas que les banques ont tort de se lancer dans de tels placements. Je dis qu'elles ont tort de prétendre qu'elles ne le font pas. Et je dis en tout cas qu'elles ont tort de le faire sur une si grande échelle. N'oublions pas que toutes ces opérations sont menées avec notre argent ! Et le comble de l'hypocrisie est encore ailleurs : - elles prétendent ne pas prendre de risques inconsidérés,- elles fixent les plafonds qu'elles jugent raisonnables pour ces opérations,- elles mettent en place des procédures de contrôle aussi lourdes que coûteuses pour "surveiller" leurs courtiers, Mais en fin de compte - elles laissent ces mêmes courtiers prendre tous les risques qu'ils veulent, - elles "ferment les yeux" quand les plafonds sont dépassés,- elles ne tiennent bien souvent aucun compte des alertes issues des contrôles (ce fut le cas , on le sait aujourd'hui, dans l'affaire qui nous occupe ici)- et elles "lâchent" leur courtier malheureux si l'affaire devient désastreuse, et surtout si elle devient publique.De plus, dans cette affaire en particulier, il est acquis aujourd'hui que la revente des valeurs incriminées a été menée dans la précipitation et au plus mauvais moment ! Etait-ce pour tenter de "masquer" l'affaire ?...Espérons que le procès, qui aura lieu de toute façon, fera la part des responsabilités entre le courtier "indélicat", une hiérarchie "aveugle" et un PDG qui ne pouvait rien ignorer de la stratégie de son entreprise.
Dernier point sur lequel je voudrais m'arrêter aujourd'hui : le "rapport Attali". Voilà bien l'exemple parfait de la difficulté de gouverner dans une démocratie comme la nôtre. Ce rapport n'est qu'un catalogue de préconisations ; il n'a encore fait l'objet d'aucun projet de loi ; tout au plus le président a-t-il précisé dans l'une de ses interventions qu'il était "plutôt favorable" à "la plupart" des propositions contenues dans le rapport. Et déjà on constate une "levée de boucliers" de la part d'un certain nombre de citoyens qui se sentent "visés" et potentiellement "victimes" de certaines mesures, mesures qui ne sont que supposées à venir... A commencer par les chauffeurs de taxis (ou plus exactement les entrepreneurs de taxi, car les salariés ne sont tout simplement pas concernés, même si nombre d'entre eux manifestent sans doute aujourd'hui, pour "hurler avec les loups"). Je suis étonné pour ma part que les autres bénéficiaires de rentes de situation, telles que les pharmaciens par exemple, ne se soient pas encore exprimés sur le sujet. Car, si la plupart de nos concitoyens sont conscients de la nécessité absolue de moderniser et de réformer notre société, chacun de nous, semble-t-il, n'en accepte l'idée qu'à condition ne n'être pas concerné soi-même ! Je ne prends pas position ici pour ou contre le contenu du rapport Attali, dont nous ne connaissons dans le grand public qu'une infime partie du reste, mais ce rapport est l'aboutissement d'une longue réflexion menée par d'éminents économistes et autres sociologues, et il est sans aucun doute tout sauf fantaisiste. Il sera bien plus judicieux d'examiner en leur temps le contenu des projets de lois qui en découleront, que de pérorer sur le rapport lui-même, sans même en connaître la réelle substance.En tout état de cause, et s'agissant des "rentes de situation" dont je parlais plus haut, je ne peux que me réjouir par avance que le problème soit posé au plus haut niveau. Il est tout à fait anormal, dans le contexte d'une compétition sociale et économique de tous les instants, que certains se trouvent abusivement protégés par des lois qui avaient sans doute leur justification lorsqu'elles ont été votées, mais qui sont devenues totalement obsolètes à l'aune de la modernisation et de l'évolution de la société.
Voilà, très rapidement rédigé, un petit rattrapage de mon retard de commentaires. Je vais essayer à présent de "coller" un peu mieux aux évènement intéressants. N'hésitez pas, vous aussi, à intervenir dans ces pages...
La conséquence, c'est que bon nombre de sujets "d'actualité" se sont trouvés ainsi délaissés par moi. Je vais essayer de revenir sur ceux qui m'apparaissent aujourd'hui les plus importants, même si peut être d'autres, dans le feu de l'action dirais-je, auraient attiré de ma part des commentaires dont je ne ressens plus maintenant la pertinence, à la lumière du temps qui a passé depuis...
Je vais évacuer tout d'abord le plus médiatique d'entre eux : un certain "mariage princier" qui n'aurait pas dû, à mon sens, avoir tant d'échos dans les médias. La vie privée ne regarde pas le public, qu'il s'agisse d'un chef d'état ou d'un obscur quidam de la "France profonde" ne change rien à l'affaire... Il parait que le "marié de l'an 8" (2008 s'entend) a été l'artisan "souterrain" de ce battage médiatique. Si c'est vrai, ça n'est pas là son action la plus pertinente depuis son élection !... Les Français, et moi en particulier, se moquent bien de ce qui se passe au creux de son lit, et sont bien plus préoccupés de ce qui se passe dans son bureau, dans celui de ses proches collaborateurs, dans ses ministères, et dans sa tête quand il s'agit des actions à mener pour le bien de la France. Du moins, ça devrait être ainsi, et ceux qui pensent autrement n'ont pas grand intérêt à susciter.
Ensuite il y a les sondages. Même si ce sujet est un peu plus proche de centres d'intérêt légitimes, il ne faut leur accorder qu'une importance mesurée : ils ne sont le reflet, à un instant donné très précis (celui où la question est posée), de l'opinion d'un échantillon plus ou moins "représentatif", échantillon choisi par les sondeurs (sur quels critères ? selon quelle objectivité ?), en réponse à une question précise, et on ne doit en aucun cas se permettre, comme le font allègrement les commentateurs de tous bords, d'en déduire les opinions générales (plus larges que la question elle-même) de l'ensemble de la population (bien au-delà de l'échantillon, et même de sa supposée représentativité) et sur une période plus ou moins longue (pas seulement au moment où la question est posée, mais jusqu'à l'élaboration du commentaire).Les réponses sont celles données à la question et rien qu'à elle, par les personnes interrogées et rien qu'elles, à l'instant où on les interroge et rien qu'à ce moment.La seule crédibilité objective réside dans les comparaisons entre deux sondages, lorsque les échantillons sont semblables, et lorsque la question posée reste la même. Ce n'est presque jamais le cas.Ces précautions étant prises, on nous annonce que le chef de l'état perd de sa popularité de manière importante, que dans le même temps le premier ministre en gagne pour sa part de manière symétrique, et on en déduit que les Français seraient dans l'ensemble déçus de l'action de l'équipe gouvernementale issue des élections présidentielles et législatives.Je ne reviendrai pas ici sur ce que j'ai dit dans mon article du 18 janvier dernier dans cette même rubrique Actualités et que j'avais intitulé "vitesse ou précipitation", mais tout y est dit ou presque : il me semble normal qu'un certain nombre d'électeurs se soient à l'époque déterminés en omettant de considérer que les actions positives présentes dans le programme électoral ne pouvaient se concevoir que sur la durée du mandat au minimum, c'est à dire jusqu'en 2012. Que ceux-là soient déçus aujourd'hui se conçoit parfaitement. Il faut simplement leur expliquer, ce que, ce me semble, on ne fait pas assez, et il faut continuer d'agir sans faiblir. Les sondages sont au mieux une indication, certainement pas un critère déterminant quant à la politique à mener ! Il faut "bien faire et laisser dire". Même si certains intérêts électoraux se dessinent à un horizon immédiat. La vie politique et les intérêts des hommes politiques, même électoraux, sont choses différentes. Les hommes passent et les actions restent.
La Société Générale maintenant. J'ai dit le 22 janvier, dans la rubrique Economie, ce que je pensais du capitalisme financier et de ses dérives ultra libérales. Cette sombre affaire en est un magnifique exemple : le malheureux courtier (pourquoi employer un mot anglais alors que notre belle langue est si explicite ?) qui s'est laissé emporter par le "jeu" pour lequel on le payait, et qui a ainsi engagé plus de 50 milliards d'euros dans des opérations spéculatives qui se sont avérées mauvaises, n'en est pas, et de loin, le principal responsable. Il ne faudrait pas faire de ce pauvre bougre le bouc émissaire d'une politique financière qui est celle de la Générale comme celle de toutes les grandes banques. Ces établissements financiers dans lesquels nous plaçons tous notre confiance (et nos capitaux quand nous en avons !) n'ont qu'une obsession : "faire de l'argent". Je ne leur reproche aucunement : c'est là leur raison d'être. Mais ce que je leur reproche volontiers, c'est la manière dont elles opèrent. Et je veux m'en expliquer ici.Les opérations spéculatives, c'est à dire les placements à risque sur les marchés boursiers, sont le meilleur moyen par lequel on peut espérer faire de gros profits, sous forme de plus-values, en un minimum de temps. Mais c'est aussi le moyen le plus risqué. Alors, je ne dis pas que les banques ont tort de se lancer dans de tels placements. Je dis qu'elles ont tort de prétendre qu'elles ne le font pas. Et je dis en tout cas qu'elles ont tort de le faire sur une si grande échelle. N'oublions pas que toutes ces opérations sont menées avec notre argent ! Et le comble de l'hypocrisie est encore ailleurs : - elles prétendent ne pas prendre de risques inconsidérés,- elles fixent les plafonds qu'elles jugent raisonnables pour ces opérations,- elles mettent en place des procédures de contrôle aussi lourdes que coûteuses pour "surveiller" leurs courtiers, Mais en fin de compte - elles laissent ces mêmes courtiers prendre tous les risques qu'ils veulent, - elles "ferment les yeux" quand les plafonds sont dépassés,- elles ne tiennent bien souvent aucun compte des alertes issues des contrôles (ce fut le cas , on le sait aujourd'hui, dans l'affaire qui nous occupe ici)- et elles "lâchent" leur courtier malheureux si l'affaire devient désastreuse, et surtout si elle devient publique.De plus, dans cette affaire en particulier, il est acquis aujourd'hui que la revente des valeurs incriminées a été menée dans la précipitation et au plus mauvais moment ! Etait-ce pour tenter de "masquer" l'affaire ?...Espérons que le procès, qui aura lieu de toute façon, fera la part des responsabilités entre le courtier "indélicat", une hiérarchie "aveugle" et un PDG qui ne pouvait rien ignorer de la stratégie de son entreprise.
Dernier point sur lequel je voudrais m'arrêter aujourd'hui : le "rapport Attali". Voilà bien l'exemple parfait de la difficulté de gouverner dans une démocratie comme la nôtre. Ce rapport n'est qu'un catalogue de préconisations ; il n'a encore fait l'objet d'aucun projet de loi ; tout au plus le président a-t-il précisé dans l'une de ses interventions qu'il était "plutôt favorable" à "la plupart" des propositions contenues dans le rapport. Et déjà on constate une "levée de boucliers" de la part d'un certain nombre de citoyens qui se sentent "visés" et potentiellement "victimes" de certaines mesures, mesures qui ne sont que supposées à venir... A commencer par les chauffeurs de taxis (ou plus exactement les entrepreneurs de taxi, car les salariés ne sont tout simplement pas concernés, même si nombre d'entre eux manifestent sans doute aujourd'hui, pour "hurler avec les loups"). Je suis étonné pour ma part que les autres bénéficiaires de rentes de situation, telles que les pharmaciens par exemple, ne se soient pas encore exprimés sur le sujet. Car, si la plupart de nos concitoyens sont conscients de la nécessité absolue de moderniser et de réformer notre société, chacun de nous, semble-t-il, n'en accepte l'idée qu'à condition ne n'être pas concerné soi-même ! Je ne prends pas position ici pour ou contre le contenu du rapport Attali, dont nous ne connaissons dans le grand public qu'une infime partie du reste, mais ce rapport est l'aboutissement d'une longue réflexion menée par d'éminents économistes et autres sociologues, et il est sans aucun doute tout sauf fantaisiste. Il sera bien plus judicieux d'examiner en leur temps le contenu des projets de lois qui en découleront, que de pérorer sur le rapport lui-même, sans même en connaître la réelle substance.En tout état de cause, et s'agissant des "rentes de situation" dont je parlais plus haut, je ne peux que me réjouir par avance que le problème soit posé au plus haut niveau. Il est tout à fait anormal, dans le contexte d'une compétition sociale et économique de tous les instants, que certains se trouvent abusivement protégés par des lois qui avaient sans doute leur justification lorsqu'elles ont été votées, mais qui sont devenues totalement obsolètes à l'aune de la modernisation et de l'évolution de la société.
Voilà, très rapidement rédigé, un petit rattrapage de mon retard de commentaires. Je vais essayer à présent de "coller" un peu mieux aux évènement intéressants. N'hésitez pas, vous aussi, à intervenir dans ces pages...
mercredi 23 janvier 2008
Bonheurs et malheurs de la bourse.
"Krach boursier", "Lundi noir", ou "Correction brutale". Les commentaires des experts et des journaux économiques sur la situation actuelle des marchés financiers mondiaux sont pour le moins alarmistes, pour ne pas dire catastrophistes. Le vocabulaire employé rappelle, volontairement ou pas, le seul vrai krach des 100 dernières années, à savoir celui de 1929... Mais que vaut la comparaison ?
Je ne suis pas moi-même expert en la matière, mais il me semble évident qu'une différence fondamentale entre les deux situations interdit tout bonnement de faire le parallèle de manière crédible. Et ce n'est pas nécessairement rassurant. Après tout, l'économie mondiale a fini par se sortir de ce krach-là. Quid de ce que nous vivons aujourd'hui ?...
La grande différence provient d'un changement radical de l'économie mondiale qui s'est opéré, ou en tout cas qui s'est très fortement accentué, après la chute du mur de Berlin et l'effondrement de l'Union Soviétique.Jusqu'alors, le monde était partagé entre deux obédiences de quasi égale influence : le capitalisme libéral à l'ouest et le collectivisme pur et dur à l'est.A l'ouest tout du moins, non pas deux systèmes mais deux conceptions d'un même système s'affrontaient, schématiquement de part et d'autre de l'Atlantique : en Amérique du Nord, et plus particulièrement aux Etats Unis, un capitalisme ultra libéral sans retenue, fondé sur les seuls intérêts capitalistiques, et côté européen ce que l'on a pu appeler le "capitalisme rhénan", fondé pour l'essentiel sur le capitalisme libéral, mais en partie aussi sur le respect de l'élément humain.
Depuis la "chute du mur", le modèle collectiviste a quasiment disparu de la planète, au moins en terme d'influence. La seule grande nation qui se réclame encore de ce système est la Chine, pays dont l'influence mondiale va croissant mais qui tempère ses principes collectivistes à l'intérieur par des pratiques capitalistes vis à vis du monde extérieur. En tout état de cause, elle ne représente aucunement un modèle dans le monde, et donc l'équilibre des influences est rompu, au seul bénéfice des Etats Unis et de leur système économico-financier.
Et on est bien là au coeur du problème. Tant que le monde était coupé en deux, les influences contraires des deux blocs s'équilibraient à peu près. Aujourd'hui, rien ne freine l'arrogance et l'esprit de conquête (j'ai envie de dire l'esprit colonial) de la seule super puissance de la planète. Même l'empire romain au sommet de sa gloire n'exerçait pas une influence d'une telle ampleur sur le monde d'alors...
Je ne suis pas en train de faire l'apologie de l'ex Union Soviétique dont je ne suis absolument pas nostalgique, bien au contraire, chacun l'aura compris à la lecture de ce blog. Cependant, je regrette amèrement qu'aucune puissance dans le monde actuel, et singulièrement pas l'Union Européenne, qui aurait pourtant pu trouver là, enfin, une opportunité de peser sur la géopolitique si quelques irresponsables en France et aux Pays Bas n'avaient cru bon de réduire à néant ses plus grands espoirs, qu'aucune puissance donc ne soit capable de tenir tête à l'hégémonie d'un système qui mène l'économie mondiale à sa perte.
De quoi s'agit-il ? L'économie politique, et je ne vais bien sûr pas faire ici un cours dont je serais d'ailleurs bien incapable, est l'art d'organiser les flux monétaires entre les acteurs de la production de richesses dans le monde. En d'autres termes, il s'agit de rémunérer les efforts des acteurs de la vie économique, selon un schéma et sur des bases conventionnelles.Parmi ces acteurs de l'économie, il y a les investisseurs, les producteurs, et les consommateurs.Les investisseurs sont ceux qui utilisent leurs capitaux pour créer et faire fonctionner les entreprises créatrices de richesses, dans le but évident de faire fructifier leurs avoirs.Les producteurs sont ceux qui créent ces richesses par leur travail rémunéré. Et je tiens à préciser que ces travailleurs ne sont pas uniquement les salariés des entreprises. Ils peuvent en être aussi bien les patrons. Il s'agit, de fait, de tous ceux qui, par leur travail, manuel ou non, produisent.Les consommateurs sont en bout de chaîne ceux qui se procurent les richesses produites pour en profiter. Ils sont des acteurs majeurs de l'économie, puisqu'en acquérant les produits et les services, d'une part ils remettent dans le circuit les liquidités monétaires qu'ils ont acquises par l'investissement ou le travail, et d'autre part ils alimentent la demande à laquelle les entreprises répondront par une nouvelle production.
Cette mécanique, présentée comme cela, semble bien huilée, et tout devrait marcher "comme sur des roulettes", pour employer une expression populaire. Malheureusement, tout n'est pas si simple, côté investisseurs notamment. En effet, dans les grandes entreprises, un nombre plus ou moins important d'investisseurs est nécessaire, et pour ce faire le capital est constitué d'un certain nombre de parts, que l'on appelle les actions, et leurs propriétaires les actionnaires. L'intérêt des actionnaires est de deux ordres : d'une part le partage des bénéfices de l'entreprise, ce que l'on appelle les dividendes, et d'autre part l'augmentation de la valeur des actions, ce qu'on appelle les plus-values.Pour ce qui est des dividendes, on comprendra facilement que leur montant est directement lié à la bonne marche de l'entreprise, et donc que l'actionnaire a tout intérêt à oeuvrer pour la bonne santé financière et économique de cette dernière.Pour ce qui des plus-values, le problème est quelque peu différent. Pour permettre les nécessaires échanges d'actions entre les différents investisseurs, il existe dans le monde entier des marchés financiers, autrement appelés places financières, ou encore bourses de valeurs. Cela fonctionne naturellement sur le principe de l'offre et de la demande : plus il y a d'acheteurs potentiels d'une action donnée et plus sa valeur augmente ; plus il y a de vendeurs et plus sa valeur baisse.Bien évidemment, plus l'entreprise est en bonne santé, mieux elle fonctionne, et plus il y aura d'acheteurs qui espéreront encaisser des dividendes conséquents. A l'inverse, si l'entreprise est dans une mauvaise passe, les actionnaires seront portés à vendre leurs actions pour en acheter d'autres d'entreprises plus "juteuses".
Jusque là, tout semble logique, et le système semble devoir exister sans trop de problème. De fait, il a fonctionné sans trop de heurts pendant plusieurs siècles, les principaux actionnaires étant dans les faits et dans l'énorme majorité des cas des familles possédantes qui investissaient leurs capitaux dans un secteur économique donné, secteur qu'ils connaissaient très bien et dont ils défendaient les intérêts avec conviction et avec vigueur au bénéfice de tout le monde dans leur région. C'étaient par exemple, pour ne citer qu'eux, la famille De Wendel dans la sidérurgie lorraine, ou la famille Boussac dans le textile dans le nord de la France.
Mais ce même système a son côté pervers, qui s'appelle la spéculation. Il s'agit pour certains investisseurs de "parier" sur une montée importante et rapide du cours d'une action, et d'en acheter une grande quantité en espérant les revendre rapidement et profiter ainsi d'une plus-value importante.Il peut s'agir d'un jeu dangereux mais honnête dans le cas où l'évolution de l'action à la hausse est justifiée.Il peut s'agir aussi d'une opération frauduleuse dans deux cas : soit l'investisseur était seul possesseur de certains renseignements "top secrets" de nature à faire monter le cours de l'action, et on parle alors de "délit d'initié", soit la prise de valeur est due au fait que beaucoup d'investisseurs parient en même temps sur de futurs résultats exceptionnels d'entreprises aujourd'hui déficitaires, et on parle alors de "bulle financière".Dans le premier cas, c'est un délit puni par la loi. Dans le second cas, il y a un risque important que les bons résultats escomptés ne viennent jamais, auquel cas la plupart des spéculateurs revendront leurs actions dès qu'ils comprendront qu'il n'y a rien à en espérer, ce qui fera chuter d'un seul coup leur cours, et si le même phénomène se produit sur les actions d'un grand nombre d'entreprises différentes, c'est le cours général de la bourse qui s'effondre, et c'est ce qu'on appelle un krach boursier.
Un tel krach, c'est à dire l'effondrement rapide des cours de bourse, peut avoir aussi d'autres causes.- Le krach de 1929 est consécutif à une bulle spéculative, qui commence vers 1927. La bulle est amplifiée par le nouveau système d'achat à crédit d'actions, qui depuis 1926 est permis à la bourse de New York. Les investisseurs peuvent ainsi acheter des titres avec un acompte de seulement 10 %. Le taux d'emprunt dépend du taux d'intérêt à court terme à la même bourse de New York ; la pérennité de ce système dépend donc de la différence entre le taux de plus-value des actions et ce taux d'emprunt. Suite à la hausse des taux d'intérêt en avril 1929, le remboursement des intérêts devient supérieur aux gains boursiers et de nombreux investisseurs sont alors contraints de vendre massivement leurs titres pour couvrir leurs emprunts, ce qui va pousser les cours à la baisse et déclencher une réaction en chaîne qui atteindra son apogée en septembre 1929.- La "tempête" que nous connaissons aujourd'hui, et que je me refuse à appeler un krach, au moins pour l'instant, a un point de départ différent, mais répond à un mécanisme similaire. Aux Etats Unis, et depuis plusieurs années, les banques ont cru pouvoir consentir des prêts immobiliers à taux variables à n'importe qui ou presque. Le raisonnement consistait à dire que, le bien immobilier "cible" étant hypothéqué, le banquier ne risquait rien : en cas de défaillance de l'emprunteur, il suffisait de vendre le bien pour se rembourser. Ce système, outre qu'il était moralement inacceptable, dans la mesure où ces mêmes banquiers savaient très bien que les taux ne pouvaient qu'augmenter et qu'il allait falloir à coup sûr saisir l'habitation de nombre leurs de pauvres clients, a très vite montré ses limites. En effet, non seulement les taux ont augmenté plus que prévu, ce qui a empêché les emprunteurs de faire face à leurs échéances, mais le marché de l'immobilier s'est effondré dans le même temps, ce qui fait que les biens immobiliers hypothéqués n'ont plus la valeur suffisante pour couvrir les montants empruntés. Le résultat, outre que les emprunteurs se retrouvent "à la rue", ce sont des pertes d'un montant vertigineux pour les banques prêteuses.Outre cela, les banques avaient inventé un système qui leur a permis de "revendre" à leurs homologues étrangères partout dans le monde, et en Europe notamment, sous forme d'obligations, les crédits qu'ils avaient consentis à leurs propres clients. C'est donc tout le système bancaire mondial qui subit aujourd'hui les effets négatifs de cette politique.
Restent deux questions : pourquoi je n'appelle pas ça un krach, et en quoi le capitalisme ultra libéral est-il en cause dans cette affaire ?- Ce n'est pas un krach, et je reste persuadé que nous en sortirons assez vite, parce que les investisseurs, partout dans le monde, n'ont aucune raison de se défier de l'économie qui, à l'échelle de la planète, se porte à merveille : plus de 5 % d'expansion mondiale en 2007, plus de 6 % prévus pour 2008, ce qui ne s'était encore jamais vu. Seules deux zones sont menacées : l'Amérique et la zone dollar, puisque c'est le système bancaire américain qui est en première ligne dans cette dépression, et l'Europe qui est structurellement incapable de rebondir et de profiter comme elle le devrait sur les marchés émergeants de la faiblesse passagère des investisseurs américains. Mais je ne parle ici que de l'activité à l'international, et l'économie intérieure ne devrait pas souffrir outre mesure de ce petit séisme, protégée qu'elle est par un Euro fort qui la met à l'abri des ressacs de la zone dollar. Il faut bien que de temps à autre notre monnaie unique nous serve à quelque chose !- Cette sombre affaire est l'exemple même des périls du capitalisme ultra libéral, c'est à dire du fait que les investisseurs ne sont plus aujourd'hui que des financiers, en oubliant d'être de vrais acteurs de l'économie.Au siècle dernier (le 20ème encore), les gros actionnaires étaient pour la plupart, je l'ai expliqué plus haut, des industriels. Ils mettaient leurs capitaux dans leurs entreprises, ils avaient un projet industriel, et je dirais aussi un projet socio-culturel. On ne les appelait pas pour rien des "capitaines d'industrie" : ils avaient à coeur de réussir dans leurs entreprises, bien sûr, et c'est bien légitime qu'ils y préservent leurs intérêts, mais aussi de réussir la vie sociale et la vie locale. Ils étaient bien souvent des "notables" qui, d'ailleurs, s'impliquaient souvent dans la vie politique.Aujourd'hui, la plupart des investisseurs ne connaissent absolument rien aux métiers dans lesquels ils investissent. Ils le font d'ailleurs sans distinction dans n'importe quel secteur de l'économie, du moment où les plus values espérées correspondent à leurs attentes, n'ont plus aucun projet industriel et encore moins socio-politique, et n'hésitent pas à détruire le cas échéant des pans entiers de l'économie régionale, et même nationale parfois, dans le simple but de réaliser des profits à court terme. Je suis convaincu que c'est cette manière d'agir qui est à la base des opérations désastreuses qui ont conduit le système bancaire à sa perte outre-Atlantique. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous connaîtrons les mêmes déboires si nous laissons nos actionnaires agir avec la même désinvolture en Europe.Je suis foncièrement libéral, et je ne vais pas refaire ici l'exposé de ma façon de penser à ce sujet, mais le libéralisme économique n'est pas synonyme de comportement aveugle et d'absence de vision à long terme. J'ai envie de dire "au contraire"...
Je ne suis pas moi-même expert en la matière, mais il me semble évident qu'une différence fondamentale entre les deux situations interdit tout bonnement de faire le parallèle de manière crédible. Et ce n'est pas nécessairement rassurant. Après tout, l'économie mondiale a fini par se sortir de ce krach-là. Quid de ce que nous vivons aujourd'hui ?...
La grande différence provient d'un changement radical de l'économie mondiale qui s'est opéré, ou en tout cas qui s'est très fortement accentué, après la chute du mur de Berlin et l'effondrement de l'Union Soviétique.Jusqu'alors, le monde était partagé entre deux obédiences de quasi égale influence : le capitalisme libéral à l'ouest et le collectivisme pur et dur à l'est.A l'ouest tout du moins, non pas deux systèmes mais deux conceptions d'un même système s'affrontaient, schématiquement de part et d'autre de l'Atlantique : en Amérique du Nord, et plus particulièrement aux Etats Unis, un capitalisme ultra libéral sans retenue, fondé sur les seuls intérêts capitalistiques, et côté européen ce que l'on a pu appeler le "capitalisme rhénan", fondé pour l'essentiel sur le capitalisme libéral, mais en partie aussi sur le respect de l'élément humain.
Depuis la "chute du mur", le modèle collectiviste a quasiment disparu de la planète, au moins en terme d'influence. La seule grande nation qui se réclame encore de ce système est la Chine, pays dont l'influence mondiale va croissant mais qui tempère ses principes collectivistes à l'intérieur par des pratiques capitalistes vis à vis du monde extérieur. En tout état de cause, elle ne représente aucunement un modèle dans le monde, et donc l'équilibre des influences est rompu, au seul bénéfice des Etats Unis et de leur système économico-financier.
Et on est bien là au coeur du problème. Tant que le monde était coupé en deux, les influences contraires des deux blocs s'équilibraient à peu près. Aujourd'hui, rien ne freine l'arrogance et l'esprit de conquête (j'ai envie de dire l'esprit colonial) de la seule super puissance de la planète. Même l'empire romain au sommet de sa gloire n'exerçait pas une influence d'une telle ampleur sur le monde d'alors...
Je ne suis pas en train de faire l'apologie de l'ex Union Soviétique dont je ne suis absolument pas nostalgique, bien au contraire, chacun l'aura compris à la lecture de ce blog. Cependant, je regrette amèrement qu'aucune puissance dans le monde actuel, et singulièrement pas l'Union Européenne, qui aurait pourtant pu trouver là, enfin, une opportunité de peser sur la géopolitique si quelques irresponsables en France et aux Pays Bas n'avaient cru bon de réduire à néant ses plus grands espoirs, qu'aucune puissance donc ne soit capable de tenir tête à l'hégémonie d'un système qui mène l'économie mondiale à sa perte.
De quoi s'agit-il ? L'économie politique, et je ne vais bien sûr pas faire ici un cours dont je serais d'ailleurs bien incapable, est l'art d'organiser les flux monétaires entre les acteurs de la production de richesses dans le monde. En d'autres termes, il s'agit de rémunérer les efforts des acteurs de la vie économique, selon un schéma et sur des bases conventionnelles.Parmi ces acteurs de l'économie, il y a les investisseurs, les producteurs, et les consommateurs.Les investisseurs sont ceux qui utilisent leurs capitaux pour créer et faire fonctionner les entreprises créatrices de richesses, dans le but évident de faire fructifier leurs avoirs.Les producteurs sont ceux qui créent ces richesses par leur travail rémunéré. Et je tiens à préciser que ces travailleurs ne sont pas uniquement les salariés des entreprises. Ils peuvent en être aussi bien les patrons. Il s'agit, de fait, de tous ceux qui, par leur travail, manuel ou non, produisent.Les consommateurs sont en bout de chaîne ceux qui se procurent les richesses produites pour en profiter. Ils sont des acteurs majeurs de l'économie, puisqu'en acquérant les produits et les services, d'une part ils remettent dans le circuit les liquidités monétaires qu'ils ont acquises par l'investissement ou le travail, et d'autre part ils alimentent la demande à laquelle les entreprises répondront par une nouvelle production.
Cette mécanique, présentée comme cela, semble bien huilée, et tout devrait marcher "comme sur des roulettes", pour employer une expression populaire. Malheureusement, tout n'est pas si simple, côté investisseurs notamment. En effet, dans les grandes entreprises, un nombre plus ou moins important d'investisseurs est nécessaire, et pour ce faire le capital est constitué d'un certain nombre de parts, que l'on appelle les actions, et leurs propriétaires les actionnaires. L'intérêt des actionnaires est de deux ordres : d'une part le partage des bénéfices de l'entreprise, ce que l'on appelle les dividendes, et d'autre part l'augmentation de la valeur des actions, ce qu'on appelle les plus-values.Pour ce qui est des dividendes, on comprendra facilement que leur montant est directement lié à la bonne marche de l'entreprise, et donc que l'actionnaire a tout intérêt à oeuvrer pour la bonne santé financière et économique de cette dernière.Pour ce qui des plus-values, le problème est quelque peu différent. Pour permettre les nécessaires échanges d'actions entre les différents investisseurs, il existe dans le monde entier des marchés financiers, autrement appelés places financières, ou encore bourses de valeurs. Cela fonctionne naturellement sur le principe de l'offre et de la demande : plus il y a d'acheteurs potentiels d'une action donnée et plus sa valeur augmente ; plus il y a de vendeurs et plus sa valeur baisse.Bien évidemment, plus l'entreprise est en bonne santé, mieux elle fonctionne, et plus il y aura d'acheteurs qui espéreront encaisser des dividendes conséquents. A l'inverse, si l'entreprise est dans une mauvaise passe, les actionnaires seront portés à vendre leurs actions pour en acheter d'autres d'entreprises plus "juteuses".
Jusque là, tout semble logique, et le système semble devoir exister sans trop de problème. De fait, il a fonctionné sans trop de heurts pendant plusieurs siècles, les principaux actionnaires étant dans les faits et dans l'énorme majorité des cas des familles possédantes qui investissaient leurs capitaux dans un secteur économique donné, secteur qu'ils connaissaient très bien et dont ils défendaient les intérêts avec conviction et avec vigueur au bénéfice de tout le monde dans leur région. C'étaient par exemple, pour ne citer qu'eux, la famille De Wendel dans la sidérurgie lorraine, ou la famille Boussac dans le textile dans le nord de la France.
Mais ce même système a son côté pervers, qui s'appelle la spéculation. Il s'agit pour certains investisseurs de "parier" sur une montée importante et rapide du cours d'une action, et d'en acheter une grande quantité en espérant les revendre rapidement et profiter ainsi d'une plus-value importante.Il peut s'agir d'un jeu dangereux mais honnête dans le cas où l'évolution de l'action à la hausse est justifiée.Il peut s'agir aussi d'une opération frauduleuse dans deux cas : soit l'investisseur était seul possesseur de certains renseignements "top secrets" de nature à faire monter le cours de l'action, et on parle alors de "délit d'initié", soit la prise de valeur est due au fait que beaucoup d'investisseurs parient en même temps sur de futurs résultats exceptionnels d'entreprises aujourd'hui déficitaires, et on parle alors de "bulle financière".Dans le premier cas, c'est un délit puni par la loi. Dans le second cas, il y a un risque important que les bons résultats escomptés ne viennent jamais, auquel cas la plupart des spéculateurs revendront leurs actions dès qu'ils comprendront qu'il n'y a rien à en espérer, ce qui fera chuter d'un seul coup leur cours, et si le même phénomène se produit sur les actions d'un grand nombre d'entreprises différentes, c'est le cours général de la bourse qui s'effondre, et c'est ce qu'on appelle un krach boursier.
Un tel krach, c'est à dire l'effondrement rapide des cours de bourse, peut avoir aussi d'autres causes.- Le krach de 1929 est consécutif à une bulle spéculative, qui commence vers 1927. La bulle est amplifiée par le nouveau système d'achat à crédit d'actions, qui depuis 1926 est permis à la bourse de New York. Les investisseurs peuvent ainsi acheter des titres avec un acompte de seulement 10 %. Le taux d'emprunt dépend du taux d'intérêt à court terme à la même bourse de New York ; la pérennité de ce système dépend donc de la différence entre le taux de plus-value des actions et ce taux d'emprunt. Suite à la hausse des taux d'intérêt en avril 1929, le remboursement des intérêts devient supérieur aux gains boursiers et de nombreux investisseurs sont alors contraints de vendre massivement leurs titres pour couvrir leurs emprunts, ce qui va pousser les cours à la baisse et déclencher une réaction en chaîne qui atteindra son apogée en septembre 1929.- La "tempête" que nous connaissons aujourd'hui, et que je me refuse à appeler un krach, au moins pour l'instant, a un point de départ différent, mais répond à un mécanisme similaire. Aux Etats Unis, et depuis plusieurs années, les banques ont cru pouvoir consentir des prêts immobiliers à taux variables à n'importe qui ou presque. Le raisonnement consistait à dire que, le bien immobilier "cible" étant hypothéqué, le banquier ne risquait rien : en cas de défaillance de l'emprunteur, il suffisait de vendre le bien pour se rembourser. Ce système, outre qu'il était moralement inacceptable, dans la mesure où ces mêmes banquiers savaient très bien que les taux ne pouvaient qu'augmenter et qu'il allait falloir à coup sûr saisir l'habitation de nombre leurs de pauvres clients, a très vite montré ses limites. En effet, non seulement les taux ont augmenté plus que prévu, ce qui a empêché les emprunteurs de faire face à leurs échéances, mais le marché de l'immobilier s'est effondré dans le même temps, ce qui fait que les biens immobiliers hypothéqués n'ont plus la valeur suffisante pour couvrir les montants empruntés. Le résultat, outre que les emprunteurs se retrouvent "à la rue", ce sont des pertes d'un montant vertigineux pour les banques prêteuses.Outre cela, les banques avaient inventé un système qui leur a permis de "revendre" à leurs homologues étrangères partout dans le monde, et en Europe notamment, sous forme d'obligations, les crédits qu'ils avaient consentis à leurs propres clients. C'est donc tout le système bancaire mondial qui subit aujourd'hui les effets négatifs de cette politique.
Restent deux questions : pourquoi je n'appelle pas ça un krach, et en quoi le capitalisme ultra libéral est-il en cause dans cette affaire ?- Ce n'est pas un krach, et je reste persuadé que nous en sortirons assez vite, parce que les investisseurs, partout dans le monde, n'ont aucune raison de se défier de l'économie qui, à l'échelle de la planète, se porte à merveille : plus de 5 % d'expansion mondiale en 2007, plus de 6 % prévus pour 2008, ce qui ne s'était encore jamais vu. Seules deux zones sont menacées : l'Amérique et la zone dollar, puisque c'est le système bancaire américain qui est en première ligne dans cette dépression, et l'Europe qui est structurellement incapable de rebondir et de profiter comme elle le devrait sur les marchés émergeants de la faiblesse passagère des investisseurs américains. Mais je ne parle ici que de l'activité à l'international, et l'économie intérieure ne devrait pas souffrir outre mesure de ce petit séisme, protégée qu'elle est par un Euro fort qui la met à l'abri des ressacs de la zone dollar. Il faut bien que de temps à autre notre monnaie unique nous serve à quelque chose !- Cette sombre affaire est l'exemple même des périls du capitalisme ultra libéral, c'est à dire du fait que les investisseurs ne sont plus aujourd'hui que des financiers, en oubliant d'être de vrais acteurs de l'économie.Au siècle dernier (le 20ème encore), les gros actionnaires étaient pour la plupart, je l'ai expliqué plus haut, des industriels. Ils mettaient leurs capitaux dans leurs entreprises, ils avaient un projet industriel, et je dirais aussi un projet socio-culturel. On ne les appelait pas pour rien des "capitaines d'industrie" : ils avaient à coeur de réussir dans leurs entreprises, bien sûr, et c'est bien légitime qu'ils y préservent leurs intérêts, mais aussi de réussir la vie sociale et la vie locale. Ils étaient bien souvent des "notables" qui, d'ailleurs, s'impliquaient souvent dans la vie politique.Aujourd'hui, la plupart des investisseurs ne connaissent absolument rien aux métiers dans lesquels ils investissent. Ils le font d'ailleurs sans distinction dans n'importe quel secteur de l'économie, du moment où les plus values espérées correspondent à leurs attentes, n'ont plus aucun projet industriel et encore moins socio-politique, et n'hésitent pas à détruire le cas échéant des pans entiers de l'économie régionale, et même nationale parfois, dans le simple but de réaliser des profits à court terme. Je suis convaincu que c'est cette manière d'agir qui est à la base des opérations désastreuses qui ont conduit le système bancaire à sa perte outre-Atlantique. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous connaîtrons les mêmes déboires si nous laissons nos actionnaires agir avec la même désinvolture en Europe.Je suis foncièrement libéral, et je ne vais pas refaire ici l'exposé de ma façon de penser à ce sujet, mais le libéralisme économique n'est pas synonyme de comportement aveugle et d'absence de vision à long terme. J'ai envie de dire "au contraire"...
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économie
vendredi 18 janvier 2008
Vitesse ou précipitation
Je ne suis inconditionnel de personne, ni d'aucune idée préconçue, et donc pas inconditionnel non plus du pouvoir actuel en France, même si tout le monde aura compris, en me lisant, que j'y ai mis depuis de longs mois déjà, et même avant l'élection présidentielle, certains espoirs pour notre pays et pour ses habitants...
La philosophie générale du programme électoral du candidat, et celle qui se dégage des premières actions du président élu et de son gouvernement, est dans le droit fil de celle dont je me réclame, celle du libéralisme, mot dont la signification est quelque peu différente de ce qu'en pensent un certain nombre de "penseurs", de gauche essentiellement. Je ne vais pas revenir ici dans le détail sur cette signification, et je me bornerai à redire que la racine en est le mot "liberté", mot qui lui-même fait les choux gras des mêmes "penseurs" anti-libéraux : cherchez l'incohérence...
Comme lors de toutes les immédiates après-élections présidentielles, on a pu constater dans les sondages d'opinion ce qu'il est convenu d'appeler un "état de grâce" au bénéfice du nouveau président et de son équipe. En outre, la forme de la campagne électorale, jugée tapageuse par certains et que je qualifierais simplement pour ma part d'efficace et de volontariste, a provoqué dans la même opinion des sentiments de confiance et d'espoir jamais atteints depuis l'arrivée au pouvoir du général De Gaulle en 1958. A tel point que certains journalistes, en mai dernier, sont allés jusqu'à émettre l'idée que cet "état de grâce" serait beaucoup plus long que d'ordinaire. On constate aujourd'hui qu'il n'en est rien, et que la cote de popularité tant du président que du premier ministre sont en déclin.
C'est que chaque médaille a son revers, et l'engouement suscité, sous l'éclairage de l'importance des réformes annoncées et du volontarisme dont je parlais plus haut, engouement pour le discours nouveau et pour les idées défendues, engouement générateur d'espoir dans une vie sociale et économique enfin modernisée et dans une amélioration des conditions de vie, cet engouement a généré tout naturellement un énorme sentiment d'impatience qui n'a fait que progresser au fil de ces quelques mois écoulés depuis l'élection.
Mais l'ampleur de la tâche est si énorme, les réformes à entreprendre sont si profondes, les précautions à prendre avant leurs mises en oeuvre si indispensables, la concertation si indispensable elle aussi pour préserver, autant que faire se peut, la "paix sociale", que chacun aurait bien dû s'attendre dès le départ à ce que les choses ne se fassent pas en quelques mois. Je suis d'ailleurs absolument persuadé pour ma part que les plus bruyants parmi ceux qui hurlent au loup aujourd'hui, en sont parfaitement conscients, et qu'ils ne font qu'exploiter à leur avantage, dans l'optique notamment des élections municipales de mars prochain, l'impatience palpable dans l'opinion, notamment sur le sujet du pouvoir d'achat, mais que leurs propos ne fait qu'amplifier. C'est ce que l'on nomme couramment la démagogie.
Je le répète, je ne suis pas un inconditionnel du pouvoir en place, mais je veux rester cartésien, et je ne peux que lui prêter ma confiance. Cette confiance, toutefois, n'est pas, elle non plus, inconditionnelle, et si je ne suis pas de ceux qui exigent abusivement des résultats déjà concrets, il n'en reste pas moins que j'attends des actions qui doivent l'être, concrètes, et qui doivent aller au fond des choses, courageusement en sans soumission aux pressions d'aucune sorte.
Je dois à la bonne foi de dire que, d'une part, les choses ont commencé à bouger dans le bon sens, du service minimum dans les transports à la réforme bien engagée du code du travail en passant par les premiers balbutiements de la réforme de la justice ou celle des universités, mais que d'autre part, sur bien des points, les textes ne vont pas forcément "au fond des choses", et que pour un citoyen lambda comme moi, le gouvernement a pu donner l'impression de reculer face à ses contradicteurs. Reculer pour mieux sauter ? Espérons-le.
Pour le reste, des commissions sont au travail et certaines, comme la commission Attali, sont sur le point de rendre leurs rapports. Les rapports de ces différentes commissions sont attendus pour élaborer les réformes concrètes à mettre en oeuvre dans nombre de domaines. La mise en application effective de ces réformes ne pourra se faire ensuite qu'après débats à l'Assemblée et au Sénat, et les résultats concrets ne pourront être ressentis que plusieurs mois au minimum, pour certaines d'entre elles au moins, après leur mise en oeuvre effective. Ceux qui disent le contraire sont soit des menteurs, soit des illuminés. A eux de choisir...
Pour ne parler que du pouvoir d'achat, il aurait certes été plus efficace sur le très court terme d'injecter dans l'économie des sommes que le Trésor Public ne possède pas, et qu'il aurait donc fallu à la fois exiger des entreprises et puiser dans un alourdissement du déficit budgétaire déjà abyssal. C'est la solution qui a été privilégiée à plusieurs reprises dans le passé, et qui n'a conduit, évidemment, qu'à une légère amélioration passagère et à une forte aggravation de la situation économique, elle-même génératrice de moindre production de richesses, d'inflation et de chômage, et donc de diminution mécanique du pouvoir d'achat...
Les solutions envisagées prennent le contrepied de cette façon de faire, et se proposent de réformer les flux économiques et financiers, les comportements, les méthodes de gouvernance, tant dans le privé que dans les administrations, de manière à permettre une réelle expansion, un réel dynamisme, et en bout de course une meilleure répartition des fruits d'une expansion enfin conforme à celles des autres pays comparables. Le taux d'expansion moyen dans le monde, en 2007, est de l'odre de 5% (14 % en chine, 18 % en Inde), alors qu'il n'est que de l'ordre de 2 % en France. Il n'y a aucune raison objective à ce phénomène, et des réformes structurelles indispensables peuvent et doivent conduire à redresser la barre. Mais il s'agit d'une action qui ne peut être menée à grande vitesse et sans réfléchir...
En résumé, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. La précipitation, c'est l'action dans l'urgence électorale qui mène à de la "poudre aux yeux" et qui ne ferait qu'aggraver une situation déjà désastreuse. Une vitesse saine, c'est l'action efficace, en profondeur, mais réfléchie et concertée.
En attendre les résultats au bout de 8 mois, ce serait cette "poudre aux yeux" dont je parle plus haut. Attendre ces résultats sur la durée de la mandature, ce qui a été la promesse électorale de l'actuel président, c'est la sagesse. Elle n'exclue pas l'exigence de résultats, mais pas à 15 % du parcours... Elle n'exclue pas non plus la vigilance. Mais elle exclue la mauvaise foi.
Ce billet était publié sur mon ancien site. Commentaires ici
La philosophie générale du programme électoral du candidat, et celle qui se dégage des premières actions du président élu et de son gouvernement, est dans le droit fil de celle dont je me réclame, celle du libéralisme, mot dont la signification est quelque peu différente de ce qu'en pensent un certain nombre de "penseurs", de gauche essentiellement. Je ne vais pas revenir ici dans le détail sur cette signification, et je me bornerai à redire que la racine en est le mot "liberté", mot qui lui-même fait les choux gras des mêmes "penseurs" anti-libéraux : cherchez l'incohérence...
Comme lors de toutes les immédiates après-élections présidentielles, on a pu constater dans les sondages d'opinion ce qu'il est convenu d'appeler un "état de grâce" au bénéfice du nouveau président et de son équipe. En outre, la forme de la campagne électorale, jugée tapageuse par certains et que je qualifierais simplement pour ma part d'efficace et de volontariste, a provoqué dans la même opinion des sentiments de confiance et d'espoir jamais atteints depuis l'arrivée au pouvoir du général De Gaulle en 1958. A tel point que certains journalistes, en mai dernier, sont allés jusqu'à émettre l'idée que cet "état de grâce" serait beaucoup plus long que d'ordinaire. On constate aujourd'hui qu'il n'en est rien, et que la cote de popularité tant du président que du premier ministre sont en déclin.
C'est que chaque médaille a son revers, et l'engouement suscité, sous l'éclairage de l'importance des réformes annoncées et du volontarisme dont je parlais plus haut, engouement pour le discours nouveau et pour les idées défendues, engouement générateur d'espoir dans une vie sociale et économique enfin modernisée et dans une amélioration des conditions de vie, cet engouement a généré tout naturellement un énorme sentiment d'impatience qui n'a fait que progresser au fil de ces quelques mois écoulés depuis l'élection.
Mais l'ampleur de la tâche est si énorme, les réformes à entreprendre sont si profondes, les précautions à prendre avant leurs mises en oeuvre si indispensables, la concertation si indispensable elle aussi pour préserver, autant que faire se peut, la "paix sociale", que chacun aurait bien dû s'attendre dès le départ à ce que les choses ne se fassent pas en quelques mois. Je suis d'ailleurs absolument persuadé pour ma part que les plus bruyants parmi ceux qui hurlent au loup aujourd'hui, en sont parfaitement conscients, et qu'ils ne font qu'exploiter à leur avantage, dans l'optique notamment des élections municipales de mars prochain, l'impatience palpable dans l'opinion, notamment sur le sujet du pouvoir d'achat, mais que leurs propos ne fait qu'amplifier. C'est ce que l'on nomme couramment la démagogie.
Je le répète, je ne suis pas un inconditionnel du pouvoir en place, mais je veux rester cartésien, et je ne peux que lui prêter ma confiance. Cette confiance, toutefois, n'est pas, elle non plus, inconditionnelle, et si je ne suis pas de ceux qui exigent abusivement des résultats déjà concrets, il n'en reste pas moins que j'attends des actions qui doivent l'être, concrètes, et qui doivent aller au fond des choses, courageusement en sans soumission aux pressions d'aucune sorte.
Je dois à la bonne foi de dire que, d'une part, les choses ont commencé à bouger dans le bon sens, du service minimum dans les transports à la réforme bien engagée du code du travail en passant par les premiers balbutiements de la réforme de la justice ou celle des universités, mais que d'autre part, sur bien des points, les textes ne vont pas forcément "au fond des choses", et que pour un citoyen lambda comme moi, le gouvernement a pu donner l'impression de reculer face à ses contradicteurs. Reculer pour mieux sauter ? Espérons-le.
Pour le reste, des commissions sont au travail et certaines, comme la commission Attali, sont sur le point de rendre leurs rapports. Les rapports de ces différentes commissions sont attendus pour élaborer les réformes concrètes à mettre en oeuvre dans nombre de domaines. La mise en application effective de ces réformes ne pourra se faire ensuite qu'après débats à l'Assemblée et au Sénat, et les résultats concrets ne pourront être ressentis que plusieurs mois au minimum, pour certaines d'entre elles au moins, après leur mise en oeuvre effective. Ceux qui disent le contraire sont soit des menteurs, soit des illuminés. A eux de choisir...
Pour ne parler que du pouvoir d'achat, il aurait certes été plus efficace sur le très court terme d'injecter dans l'économie des sommes que le Trésor Public ne possède pas, et qu'il aurait donc fallu à la fois exiger des entreprises et puiser dans un alourdissement du déficit budgétaire déjà abyssal. C'est la solution qui a été privilégiée à plusieurs reprises dans le passé, et qui n'a conduit, évidemment, qu'à une légère amélioration passagère et à une forte aggravation de la situation économique, elle-même génératrice de moindre production de richesses, d'inflation et de chômage, et donc de diminution mécanique du pouvoir d'achat...
Les solutions envisagées prennent le contrepied de cette façon de faire, et se proposent de réformer les flux économiques et financiers, les comportements, les méthodes de gouvernance, tant dans le privé que dans les administrations, de manière à permettre une réelle expansion, un réel dynamisme, et en bout de course une meilleure répartition des fruits d'une expansion enfin conforme à celles des autres pays comparables. Le taux d'expansion moyen dans le monde, en 2007, est de l'odre de 5% (14 % en chine, 18 % en Inde), alors qu'il n'est que de l'ordre de 2 % en France. Il n'y a aucune raison objective à ce phénomène, et des réformes structurelles indispensables peuvent et doivent conduire à redresser la barre. Mais il s'agit d'une action qui ne peut être menée à grande vitesse et sans réfléchir...
En résumé, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. La précipitation, c'est l'action dans l'urgence électorale qui mène à de la "poudre aux yeux" et qui ne ferait qu'aggraver une situation déjà désastreuse. Une vitesse saine, c'est l'action efficace, en profondeur, mais réfléchie et concertée.
En attendre les résultats au bout de 8 mois, ce serait cette "poudre aux yeux" dont je parle plus haut. Attendre ces résultats sur la durée de la mandature, ce qui a été la promesse électorale de l'actuel président, c'est la sagesse. Elle n'exclue pas l'exigence de résultats, mais pas à 15 % du parcours... Elle n'exclue pas non plus la vigilance. Mais elle exclue la mauvaise foi.
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lundi 14 janvier 2008
Nouveaux contrats de travail ?
On ne sait pas encore s'il sera signé. On ne sait pas encore, dans la négative, ce que mettra le gouvernement dans la loi qu'il a promise. On ne sait pas encore si, accord intersyndical ou loi d'origine gouvernementale, les faits suivront les textes...
Mais l'affaire est d'importance, pour des milliers et voire des millions de "travailleurs", comme l'on dit (comme si les autres, ceux qui ne sont pas salariés, ne travaillaient pas...), et je voudrais réagir à cet accord qui n'en est pas encore un officiellement, mais qui de toute manière laissera des traces dans les relations sociales en France. De quoi s'agit-il en fait ?
Le patronat, incarné par le Medef et sa présidente Laurence Parisot, était (et est toujours) demandeur d'une très large "flexibilité du travail". Cela signifie en clair une grande liberté et de larges facilités de licenciements quand la baisse de l'activité d'une entreprise les justifie. Ce serait la traduction dans les textes de la logique, et la saine gestion que l'on réclame tous à un chef d'entreprise quel qu'il soit.
Parallèlement, les syndicats de salariés étaient farouchement opposés à cette idée. On peut les comprendre si l'on se contente d'un raisonnement au premier degré, celui malheureusement auxquels ils s'arrêtent le plus souvent. Car selon leurs dires, empêcher les licenciements serait un facteur automatique de contention du chômage.Au premier degré seulement, dis-je, car, dans le même esprit de bonne gestion dont je parlais plus haut, l'absence de cette flexibilité est un puissant frein à l'embauche, puisque le sureffectif créé par une baisse de l'activité ne peut que très difficilement, et très partiellement, être corrigé. Tout employeur rechigne donc à embaucher dès lors qu'il appréhende une telle baisse d'activité. Dans ce cas en effet, ne pouvant se séparer de ses effectifs en surnombre, il serait handicapé par des salaires et des charges insupportables.Ce n'est pas qu'un raisonnement théorique : nombre d'entreprises, dans un passé pas si éloigné que ça, ont été victimes du phénomène, même si chaque fois la CGT notamment, mais pas seulement, a poussé les hauts cris pour réfuter l'argument, en y préférant une accusation de "mauvaise gestion". Mais avoir du personnel largement en sureffectif, "cher" monsieur Thibaut, c'est, justement, de la mauvaise gestion !...
Afin de sortir de ce cercle infernal, le gouvernement, sous l'impulsion du président de la république, a "mis le couteau sous la gorge" des uns comme des autres, en annonçant que faute d'un accord négocié avant le 1° janvier, il légiférerait de son propre chef.Pour éviter de se voir imposer des dispositions possiblement très dures, du moins le redoutaient-ils, les centrales syndicales on accepté de se mettre autour d'une table avec le Medef. Et, devant l'impossibilité manifeste d'envisager un statu quo, ils ont négocié des contreparties à la libéralisation exigée des modes de licenciement.Finalement, avec seulement quelques jours de retard, patronat et syndicats viennent d'élaborer hier un "projet d'accord" sur le sujet. Selon la loi syndicale actuelle, qui ne correspond ni à la logique ni à mes voeux d'ailleurs, il faut la signature de trois des cinq centrales syndicales "officielles" pour que cet accord ait valeur légale. On sait déjà que la CGT ne le signera pas. On attend la décision des autres. S'il est signé, la loi qui sera soumise au parlement sera la traduction de cet accord. Dans le cas contraire, tout serait à refaire...
Que contient ce projet d'accord et qu'en penser ?
- Le licenciement à l'amiable, c'est à dire la possibilité de mettre fin au contrat de travail "par consentement mutuel" entre l'employeur et le salarié, avec des indemnités et des compensations négociées de gré à gré.C''est je pense l'avancée majeure qui découle de ces négociations. Elle ouvre la porte, enfin, à une vraie flexibilité, au sens propre du terme.
- Le contrat de mission pour un objectif donné. Il s'agit d'une nouvelle forme de contrat de travail, souscrit pour la durée d'un projet.Voilà encore quelque chose d'intelligent ! C'est tout bonnement la possibilité, pour un employeur, d'accepter un gros marché, et d'embaucher massivement pour pouvoir le faire, sans risquer la catastrophe financière à la fin du marché en question si un autre ne vient pas le remplacer.
- Un léger allongement de la période d'essai.Là encore, c'est un frein à l'embauche qui "saute" dans les cas où une haute technicité du salarié est requise pour remplir correctement sa mission, et où, comme c'est souvent le cas, juger de cette technicité ne peut se faire que sur une période assez longue.
En contrepartie, les syndicats ont obtenu des avantages que je trouve pour ma part assez substantiels, même si bien sûr ils prétendent le contraire, CGT en tête !
- La hausse des indemnités de licenciement par rapport à la situation actuelle.
- La possibilité pour le salarié licencié de conserver ses droits à la formation et sa mutuelle santé pendant un temps donné après un licenciement
Même si ces avancées sont encore jugées timorées par les centrales syndicales, elles devraient instaurer de nouvelles relations autour de l'entreprise. Plus de sécurité pour les uns, plus de flexibilité pour les autres. Il ne reste plus qu'à espérer que l'accord sera effectivement ratifié, et qu'il entrera rapidement en vigueur. Ses effets sur les chiffres du chômage pourraient bien se faire sentir très vite, ce qui serait sans aucun doute du goût de la majorité parlementaire dans l'optique des élections municipales de mars prochain !...
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Mais l'affaire est d'importance, pour des milliers et voire des millions de "travailleurs", comme l'on dit (comme si les autres, ceux qui ne sont pas salariés, ne travaillaient pas...), et je voudrais réagir à cet accord qui n'en est pas encore un officiellement, mais qui de toute manière laissera des traces dans les relations sociales en France. De quoi s'agit-il en fait ?
Le patronat, incarné par le Medef et sa présidente Laurence Parisot, était (et est toujours) demandeur d'une très large "flexibilité du travail". Cela signifie en clair une grande liberté et de larges facilités de licenciements quand la baisse de l'activité d'une entreprise les justifie. Ce serait la traduction dans les textes de la logique, et la saine gestion que l'on réclame tous à un chef d'entreprise quel qu'il soit.
Parallèlement, les syndicats de salariés étaient farouchement opposés à cette idée. On peut les comprendre si l'on se contente d'un raisonnement au premier degré, celui malheureusement auxquels ils s'arrêtent le plus souvent. Car selon leurs dires, empêcher les licenciements serait un facteur automatique de contention du chômage.Au premier degré seulement, dis-je, car, dans le même esprit de bonne gestion dont je parlais plus haut, l'absence de cette flexibilité est un puissant frein à l'embauche, puisque le sureffectif créé par une baisse de l'activité ne peut que très difficilement, et très partiellement, être corrigé. Tout employeur rechigne donc à embaucher dès lors qu'il appréhende une telle baisse d'activité. Dans ce cas en effet, ne pouvant se séparer de ses effectifs en surnombre, il serait handicapé par des salaires et des charges insupportables.Ce n'est pas qu'un raisonnement théorique : nombre d'entreprises, dans un passé pas si éloigné que ça, ont été victimes du phénomène, même si chaque fois la CGT notamment, mais pas seulement, a poussé les hauts cris pour réfuter l'argument, en y préférant une accusation de "mauvaise gestion". Mais avoir du personnel largement en sureffectif, "cher" monsieur Thibaut, c'est, justement, de la mauvaise gestion !...
Afin de sortir de ce cercle infernal, le gouvernement, sous l'impulsion du président de la république, a "mis le couteau sous la gorge" des uns comme des autres, en annonçant que faute d'un accord négocié avant le 1° janvier, il légiférerait de son propre chef.Pour éviter de se voir imposer des dispositions possiblement très dures, du moins le redoutaient-ils, les centrales syndicales on accepté de se mettre autour d'une table avec le Medef. Et, devant l'impossibilité manifeste d'envisager un statu quo, ils ont négocié des contreparties à la libéralisation exigée des modes de licenciement.Finalement, avec seulement quelques jours de retard, patronat et syndicats viennent d'élaborer hier un "projet d'accord" sur le sujet. Selon la loi syndicale actuelle, qui ne correspond ni à la logique ni à mes voeux d'ailleurs, il faut la signature de trois des cinq centrales syndicales "officielles" pour que cet accord ait valeur légale. On sait déjà que la CGT ne le signera pas. On attend la décision des autres. S'il est signé, la loi qui sera soumise au parlement sera la traduction de cet accord. Dans le cas contraire, tout serait à refaire...
Que contient ce projet d'accord et qu'en penser ?
- Le licenciement à l'amiable, c'est à dire la possibilité de mettre fin au contrat de travail "par consentement mutuel" entre l'employeur et le salarié, avec des indemnités et des compensations négociées de gré à gré.C''est je pense l'avancée majeure qui découle de ces négociations. Elle ouvre la porte, enfin, à une vraie flexibilité, au sens propre du terme.
- Le contrat de mission pour un objectif donné. Il s'agit d'une nouvelle forme de contrat de travail, souscrit pour la durée d'un projet.Voilà encore quelque chose d'intelligent ! C'est tout bonnement la possibilité, pour un employeur, d'accepter un gros marché, et d'embaucher massivement pour pouvoir le faire, sans risquer la catastrophe financière à la fin du marché en question si un autre ne vient pas le remplacer.
- Un léger allongement de la période d'essai.Là encore, c'est un frein à l'embauche qui "saute" dans les cas où une haute technicité du salarié est requise pour remplir correctement sa mission, et où, comme c'est souvent le cas, juger de cette technicité ne peut se faire que sur une période assez longue.
En contrepartie, les syndicats ont obtenu des avantages que je trouve pour ma part assez substantiels, même si bien sûr ils prétendent le contraire, CGT en tête !
- La hausse des indemnités de licenciement par rapport à la situation actuelle.
- La possibilité pour le salarié licencié de conserver ses droits à la formation et sa mutuelle santé pendant un temps donné après un licenciement
Même si ces avancées sont encore jugées timorées par les centrales syndicales, elles devraient instaurer de nouvelles relations autour de l'entreprise. Plus de sécurité pour les uns, plus de flexibilité pour les autres. Il ne reste plus qu'à espérer que l'accord sera effectivement ratifié, et qu'il entrera rapidement en vigueur. Ses effets sur les chiffres du chômage pourraient bien se faire sentir très vite, ce qui serait sans aucun doute du goût de la majorité parlementaire dans l'optique des élections municipales de mars prochain !...
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jeudi 10 janvier 2008
La commission Attali et moi
Il faudra peut-être que je m'habitue à avoir raison... En tout cas, même Jacques Attali, qui pourtant n'est pas vraiment mon alter-ego en politique, tant s'en faut, prend position dans mon sens sur deux points.
Ce matin en effet, la revue Challenges et le quotidien Le Figaro lèvent un coin du voile sur le rapport que Jacques Attali doit remettre au président de la république le 23 janvier, et révèle deux des 300 propositions de sa commission "pour la libération de la croissance" :
Relancer l'immigration dans les secteurs des BTP et de l'hôtellerie, où il y a un manque avéré de main d'oeuvre.
Ma propre position sur le sujet est clairement que l'immigration, à condition qu'elle soit ciblée, encadrée et choisie, n'est pas une charge pour la société, au contraire. Un immigré, dès lors qu'il fait partie des actifs, présente exactement les mêmes avantages pour l'économie qu'un citoyen "national" : il produit des richesses et participe à la consommation, et donc à la croissance.
C'est ce que je disais déjà dans mon article du 7 décembre dernier sur la citoyenneté, dans la rubrique "Société", et le rapport Attali emploierait apparamment presque les mêmes mots pour le dire...
Faire progressivement disparaître les départements, "... échelon administratif .... aujourd'hui dépassé ..." et "... source de confusions ...".
C'est en substance ce que je disais dans mon article du 8 décembre sur "l'état jacobin", dans la même rubrique "Société".
La commission Attali proposerait de partager les actuelles attributions des départements entre les régions et les EPCI (communautés de communes).
Je n'avais pas été aussi loin en ce qui concerne ces dernières, mais si l'idée est de rapprocher les centres de décision du citoyen et des problèmes à résoudre, alors elle est sans aucun doute à creuser...
Et pourtant je donne ici ma parole d'honneur, que je n'avais évidemment pas eu connaissance du rapport de la commission Attali avant d'écrire ces 2 articles. Comme quoi le bon sens n'a pas de frontières politiques, pourvu que l'intelligence prime sur les passions partisanes !
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Ce matin en effet, la revue Challenges et le quotidien Le Figaro lèvent un coin du voile sur le rapport que Jacques Attali doit remettre au président de la république le 23 janvier, et révèle deux des 300 propositions de sa commission "pour la libération de la croissance" :
Relancer l'immigration dans les secteurs des BTP et de l'hôtellerie, où il y a un manque avéré de main d'oeuvre.
Ma propre position sur le sujet est clairement que l'immigration, à condition qu'elle soit ciblée, encadrée et choisie, n'est pas une charge pour la société, au contraire. Un immigré, dès lors qu'il fait partie des actifs, présente exactement les mêmes avantages pour l'économie qu'un citoyen "national" : il produit des richesses et participe à la consommation, et donc à la croissance.
C'est ce que je disais déjà dans mon article du 7 décembre dernier sur la citoyenneté, dans la rubrique "Société", et le rapport Attali emploierait apparamment presque les mêmes mots pour le dire...
Faire progressivement disparaître les départements, "... échelon administratif .... aujourd'hui dépassé ..." et "... source de confusions ...".
C'est en substance ce que je disais dans mon article du 8 décembre sur "l'état jacobin", dans la même rubrique "Société".
La commission Attali proposerait de partager les actuelles attributions des départements entre les régions et les EPCI (communautés de communes).
Je n'avais pas été aussi loin en ce qui concerne ces dernières, mais si l'idée est de rapprocher les centres de décision du citoyen et des problèmes à résoudre, alors elle est sans aucun doute à creuser...
Et pourtant je donne ici ma parole d'honneur, que je n'avais évidemment pas eu connaissance du rapport de la commission Attali avant d'écrire ces 2 articles. Comme quoi le bon sens n'a pas de frontières politiques, pourvu que l'intelligence prime sur les passions partisanes !
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