Les Anciens avaient inventé la Démocratie
Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...

vendredi 20 février 2009

Comment mettre 2,6 milliards à la poubelle ?

Mercredi 18 février a eu lieu à l'Elysée un "sommet social" au cours duquel le Président de la République et le Premier Ministre ont reçu les "principaux" syndicats de salariés d'un côté et la patronne du Medef de l'autre. Quatre heures durant, ce beau monde s'est évertué à déterminer comment faire croire aux Français "les plus défavorisés", entendez ceux qui sont le plus susceptibles de mettre la pagaille, qu'ils allaient faire quelque chose pour les aider.

Car ne soyons pas dupes : personne n'a intérêt à ce que la situation sociale en métropole ressemble à court ou moyen terme à ce qu'elle est aux Antilles. Et c'est pourtant le risque que nous courons si tout le monde continue à dire n'importe quoi, et surtout des mensonges, comme ça se produit notamment depuis le début de la crise économique, laquelle, je le répète, n'a pas commencé avec la crise financière, mais était bel et bien une réalité plus ou moins dissimulée depuis de longs mois quand cette dernière a éclaté...

Les syndicats n'ont pas plus intérêt que le patronat ou le gouvernement à une situation de type insurrectionnel que, par défintion, ils ne contrôleraient pas, et qui pourrait même en venir à contester leur légitimité, légitimité toute relative et ils le savent parfaitement. Aussi ont-ils tout intérêt à "jouer le jeu", ce qu'ils font même sils font mine du contraire.

Depuis des années, on s'évertue à mentir à tout le monde, et à faire croire que tout est possible. Or, en temps de crise, non seulement tout n'est pas possible, mais ce qui l'était en temps de croissance est souvent devenu impensable. Et pourtant, les habitudes sont prises, et une part importante de la population ressent comme tout à fait naturels des comportements économiques totalement aberrants.

C'est ainsi qu'il est vain d'espérer faire comprendre à un RMiste que l'allocation qu'il perçoit chaque mois, en ce qu'elle ne correspond à aucune production de richesse, est un non-sens économique qui ne peut que conduire à une dégradation de l'activité, donc à un recul de l'emploi, et donc qu'elle est un des éléments qui le condamnent à rester allocataire de ce même RMI pendant de longs mois. Qu'en d'autres termes, le RMI (ou le RSA, sa version aggravée) crée une bonne part de l'exclusion dont il est victime.

C'est ainsi également qu'il est peu probable de trouver sur dix personnes interrogées, 2 d'entre elles qui admettront, même au prix d'une patiente pédagogie, que le résultat net d'exploitation (les bénéfices) de l'entreprise dans laquelle elles travaillent n'est pas autant de moins sur la part du résultat brut qui leur revient (les salaires), mais que par le biais de l'investissement, il représente le meilleur gage de la pérénité de leur emploi. Et bien sûr, ne parlons pas du dividende de l'actionnaire, perçu comme une "pompe à fric" qui "vit sur le dos des travailleurs". En occultant totalement le fait que l'actionnaire est celui qui prend tous les risques sans lesquels l'entreprise, et donc l'emploi, n'existerait tout simplement pas. Et que ce risque n'est concevable que rémunéré. Envisageraient-elles, quant à elles, de travailler sans salaire ? L'actionnaire n'envisage pas non plus d'investir sans dividende, voilà tout. Pour la petite histoire si j'ose dire, il n'avait pas envisagé non de plus de voir la valeur de son investissment divisé par deux en quelques mois . C'est pourtant ce qu'il vit avec l'effondrement de la bourse.

Tout ces (manques de) raisonnements-là, très largement alimentés et entretenus par des mensonges récurrents destinés à assoir les rentes de situation des meneurs qui les profèrent, sont devenus quasi naturels, et faussent irrémédiablement le jugement d'une part non négligeable de la population.

Alors, quand un gouvernement, de manière tout à fait novatrice par rapport à ses nombreux prédécesseurs, change de discours et privilégie l'investissement, créateur d'activité et donc d'emploi, au détriment de transferts sociaux stérils, le plus souvent non financés, et donc directement producteurs de déficits publics et/ou de faillites d'entreprises, et de chômage, ce gouvernement-là est bien sûr totalement incompris, surtout si, comme en temps de crise, ceux qui entendent le discours sont aussi ceux qui souffrent. Leur réflexe devenu naturel est de demander (d'exiger peut-être) que l'on ouvre un peu plus le robinet qu'ils ont tant l'habitude de voir couler, sans se poser la question de savoir si la source n'est pas déjà tarie. Et c'est bien ce qui se passe actuellement.

Mais, je l'ai dit, personne n'a intérêt à une "explosion sociale". Et comme la colère gronde de plus en plus, que les syndicats, pourtant au fait de toutes ces questions, et que les partis d'opposition, continuent de mentir à leurs ouailles de manière éhontée et de prétendre que l'état peut tout résoudre à coup de milliards qu'il n'a pas, l'état en question n'a qu'une très faible marge de manoeuvre s'il veut éviter le pire sans y perdre trop de plumes.

C'est ainsi qu'hier, le gouvernement s'est résolu à prendre les mauvaises décisions auxquelles il se refusait depuis de longs mois. C'est du moins sous cet angle que je préfère voir les choses, plutôt que de considérer qu'il l'a fait de bon gré et non sous la pression. Car je préfère le taxer de couardise que d'incompétence. Sans pour autant être sûr de la justesse de mon analyse sur ce point...

Déjà la semaine passée, le ton avait été donné quand Nicolas Sarkozy a "sorti de son chapeau" les 1,4 milliards d'euros issus des prêts aux institutions bancaires, en indiquant qu'il allait les distribuer au lieu de les utiliser à, comme il aurait été naturel, financer les intérêts des emprunts que l'état a bien dû lancer pour prêter aux banques. Et de prétendre qu'il s'agissait d'un jeu à somme nulle ! Non, Monsieur le Président, c'est totalement faux et vous le savez bien : les intérêts payés par les banques couvrent juste ceux dûs à vos prêteurs. Et il n'est pas besoin d'avoir fait l'ENA ou HEC pour le comprendre. Encore un mensonge. Comment voulez-vous que les Français s'y retrouvent ?..

Mais hier, cerise sur le gâteau, ces 1,4 milliards se transforment en 2,6 milliards. Que le personnel s'amuse !...

Et pour quoi faire ? Pour donner l'impression de faire quelque chose, et rien de plus. Pour des mesures totalement inopérantes à très moyen terme. Quelles mesures ?

- Une prime exceptionnelle de 500 euros aux salariés qui deviennent demandeurs d'emploi à compter du 1er avril prochain et n'ont travaillé que deux à quatre mois sur les 28 derniers mois : 500 euros une fois, et ensuite plus rien du tout. Un coup d'épée dans l'eau.

- Une prime supplémentaire de 150 euros "dès le mois de juin" pour les 3 millions de familles bénéficiant de l'allocation de rentrée scolaire : même raisonnement que ci-dessus. Deuxième coup d'épée dans l'eau.

- L'attribution de bons d'achat de services à la personne, pour une valeur de 200 euros par foyer, aux 660.000 ménages touchant l'allocation personnalisée d'autonomie à domicile, aux 470.000 familles bénéficiaires du complément mode de garde, aux 140.000 foyers ayant un enfant handicapé et aux demandeurs d'emplois qui retrouvent du travail et ont besoin de faire garder leur enfant : j'ai peur de devoir me répéter. Troisième mesure inopérante au long cours.

- La suppression des deux derniers tiers provisionnels de l'impôt sur le revenu 2009 pour les plus de 4 millions de foyers fiscaux de la première tranche d'imposition. Un crédit d'impôt destiné aux ménages dépassant légèrement la limite de la première tranche permettra d'étendre la mesure à 2 millions de foyers supplémentaires : Une très bonne initiative si elle était compensée par des économies à due concurrence de son coût. Mais ce n'est pas le cas. Et l'an prochain, on revient à la case départ. Sauf que le déficit s'est creusé entre temps. Les allégements d'impôts de cette année vont se transfroemr en impôts supplémentaires l'an prochain. C'est inéluctable...

Et puis des décisions que je qualifierai de pure forme :

- création d'un "fonds d'investissement social" doté de 2,5 à 3 milliards d'euros pour coordonner les efforts en matière d'emploi et de formation professionnelle. L'Etat "est prêt" à en financer la moitié : Sans doute pas complètement inutile, sauf que la formation ne fait pas les emplois. A quoi sert d'être formé s'il n'y a pas de postes à pourvoir ? On met la charrue avant les boeufs.

- information et consultation obligatoires du comité d'entreprise des sociétés de 50 salariés et plus lorsqu'une aide publique directe leur est versée. Brice Hortefeux (Travail) est chargé de préparer un décret "dans les meilleurs délais" : Une atteinte suplémentaire à la liberté d'entreprendre et de gérer son entreprise, c'est à dire une nouvelle entorse au respect du droit de propriété. Et je repose toujours la même question : pense-t-on favoriser l'embauche en mettant des freins aux licenciements ? Ce n'est pas le licenciement qu'il faut éviter, c'est l'embauche qu'il faut favoriser. Quand comprendra-t-on ça ?

En résumé, 2,6 milliards d'euros de déficits supplémentaires, jetés à tous vents, perdus à tout jamais, qui ne satisferont personne et qui ne résoudront rien... C'est le lot de toute relance par la consommation. On ne l'a toujours pas compris...

Enfin il y a les "incitations" et les "propositions", et notamment :

- encourager les branches professionnelles et entreprises à porter l'indemnisation du chômage partiel à 75% du salaire brut, par des conventions ad hoc avec l'Etat. Le gouvernement va engager des discussions avec l'Unedic pour répartir ce surcoût entre entreprises, Etat et assurance chômage : Encore une charge supplémentaire pour les entreprises et le Trésor. Vaut-il mieux, vraiment, payer du chômage partiel que d'investir et de fournir du travail ?

- engager des discussions entre partenaires sociaux sur la valeur ajoutée et le profit, sur la base des propositions d'une mission d'analyse et de concertation remises d'ici deux mois : Il s'agit, si j'ai bien compris, d'engager la discussion sur cette idée "des trois tiers" lancée la semaine dernière. L'idée est bonne, je l'ai déjà dit, mais ne peut se concevoir que dans le cadre d'une négociation dans l'entreprise, chacune d'elle étant un cas particulier, et la décision ne peut être prise qu'à la discrétion de l'employeur. Sinon, il s'agit encore une fois d'une atteinte au droit de propriété, et c'est tout à fait inacceptable.

J'ai l'intention de plancher sur ce dernier point, et de "pondre" un billet sur le sujet de la répartition des richesses produites.

D'ici là, dormez en paix, peuple de France. L'Etat veille sur vous. Mais ne rêvez pas trop quand même...


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mardi 10 février 2009

La voie (ou la voix ?) à suivre...

Le Président s'est donc exprimé hier soir, simultanément sur trois chaînes de télévision, au sujet de sa politique de relance et sous la "pression sociale" ambiante.

Dans ma réponse à un commentaire, j'avais exprimé hier mes craintes quant au contenu de son intervention. Je me sens donc moralement tenu de m'exprimer aujourd'hui à son sujet, même si rédiger un article de fond mériterait une étude plus approfondie mais trop coûteuse en un temps dont je ne dispose malheureusement pas.

Je me bornerai donc à quelques réflexions jetées pêle-mêle sur ce blog. J'imagine que les commentaires ne manqueront pas de me donner l'occasion de m'expliquer plus profondément sur le sujet si nécessaire.

Tout d'abord, je me félicite que son discours n'ait pas été le signe d'un changement de cap coupable que je n'étais pas le seul à redouter. Heureusement, la politique du gouvernement reste globalement orientée dans la bonne direction, celle d'une gestion pas trop calamiteuse (moins qu'elle pourrait l'être en tous cas), d'un investissement résolu dans l'activité, et non de la distributon d'assignats (cet argent qui n'a aucune contrepartie en termes de richesses) que réclament l'opposition et, malheureusement, une partie de l'opinion.

Cependant, et je pense sous la pression des mouvements de rue que l'on a connus très récemment, il nous a fait quelques annonces que je considère quelque peu démagogiques, sans doute dans le but, voué à l'échec, de calmer à la fois les esprits et les ardeurs combattantes de certaines victimes habilement manipulées. C'est le jeu normal, en démocratie, même si les conséquences peuvent être graves, et porter préjudice à ceux-là même sous la pression desquelles des décisions déraisonnables peuvent être prises...

Ainsi en va-t-il par exemple des ces chèque-emploi-services financés par le budget de l'état, ou de cette augmentation annoncée des allocations familiales, mesure pas plus financée que la première. A cause notamment de cette absence de financement, ces deux mesures, pour ne parler que d'elles, seront par nature inopérantes : il faudra bien un jour que quelqu'un les paie, et ce ne pourra évidemment être que les contibuables, et donc ceux qui vont en bénéficier (petitement) sur le court terme. Un coup d'épée dans l'eau dans le meilleur des cas. D'autant qu'elles ne suffiront pas à calmer les mécontents.

Les aides aux "chômeurs partiels", et aux jeunes chômeurs très mal ou pas indemnisés aujourd'hui, sont elles-aussi sujettes à caution. Qui paiera ? Les entreprises ? Dans le contexte actuel, on ne voit pas bien comment. Les contribuables ? Mais alors on en revient à la case départ... Ou les deux ? Car gageons que ces 1,4 milliard d'euros représentés par les intérêts des prêts consentis aux banques ne suffiront évidement pas à tout financer. Et il le sait parfaitement...

Restent des mesures beaucoup plus sensées et qui, elles, vont tout à fait dans le bon sens. A condition bien sûr qu'elles trouvent leur contrepartie dans des économies budgétaies dont il n'a hélas pratiquement pas fait mention..

A commencer par la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu qui, elle, apporterait un vrai "plus" au pouvoir d'achat de ceux qui sont le plus à même de relancer la consommation, et donc la production (même si la production intérieure n'en sera pas la première bénéficiaire compte tenu de l'importance des produits importés, ou ré-importés à cause des délocalisations)

A continuer par la suppresion de la taxe professionnelle : cet impôt dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est mal conçu et qu'il représente un frein à l'emploi. Il y avait longtemps que beaucoup la réclamaient, cette suppression, et que personne n'osait la faire. Evidemment, les élus locaux hurlent déjà contre cette mesure. Il est absolument certain qu'elle devra être compensée au niveau local pour permettre aux collectivités territoriales de financer leurs investissements, à laquelle cette taxe est aujourd'hui affectée. Mais on est là dans le contexte de la réforme fiscale indispensable qu'il faudra bien mettre en oeuvre, même si elle doit par nature bousculer certaines "rentes de situations" et certains immobilismes institutionnels. Le problème est bien plus vaste que la seule taxe professionnelle. Il concerne toute la gamme des prélèvements et des financements publics, aujourd'hui incroyablement exagérés et trop injustement répartis. Mais ce n'est certes pas dans l'urgence qu'il faut s'y attaquer. Dans cette optique, la suppresion de la taxe professionnelle, si elle n'est qu'un élément du puzzle, est de très bonne augure.

A noter enfin cette idée des "trois tiers", qu'il avait déjà exprimée, au sujet de la répartition des excédents des entreprises (ce qu'on appelle communément "les bénéfices"). Je resterai assez prudent à son sujet. Sur le fond, je suis assez partisan du principe, lequel consiste à "couper en trois" le résultat net : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l'investissement, et le dernier tiers pour les salariés. Sous forme de participation, évidemment, c'est à dire hors de toute augmentation de salaire et hors de tout prélèvement social. Sinon, la mesure devient quasiment caduque, le poids des charges annulant en grande partie le bénéfice de l'opération.

C'était la grande idée du général De Gaulle en son temps que de répartir une partie des bénéfices entre les salariés. Cette idée avait été mise en oeuvre, mais de manière très timide et selon moi avec deux défauts.

Primo le fait que cette participation soit bloquée sur une période assez longue et donc ne représente pas du pouvoir d'achat immédiat. Les Français n'ont pas à être incités à l'épargne : nous sommes le pays d'Europe où cette épargne "populaire" est la plus importante en volume.

Secundo le fait que le montant en soit fixé à la discrétion de l'employeur et sans concertation effective. De deux choses l'une : ou bien on considère que le chef d'entreprise est seul maître chez lui et fait ce qu'il entend du résultat financier de ses activités, et alors l'institution même de cette participation salariale est illégitime, ou bien on considère normal que les salariés, qui ont participé, c'est une évidence, aux résulats financiers dont on parle, en perçoivent une part en retour, et il devient alors normal que le montant en soit fixé d'un commun accord avec eux.

Personnellement, je serais assez d'accord, philosophiquement, avec la première proposition. Dans une entreprise, celui qui prend les risques, et celui qui paie de sa poche (sur ses biens personnels) si les choses tournent mal, c'est le propriétaire de l'entreprise, c'est à dire le patron ou l'actionnaire (dans les PME, c'est souvent le même). Il est donc normal a priori que ce soit également lui qui perçoive les bénéfices.

Mais cette position très libérale qui n'étonnera personne de ma part, doit être nuancée. Il faut être pragmatique, et constater qu'à l'évidence une part non négligeable d'employeurs ont une certaine tendance à se comporter sans considération à l'égard de leurs salariés. Je pense que cela tient au fait que les actionnaires sont de moins en moins souvent des entrepreneurs, mais des financiers qui n'ont de regard que sur la rentabilité immédiate de leurs investissements. Je le conçois parfaitement et sans restriction de la part d'un financier. Pas de la part d'un entrepreneur, dont le premier souci devrait être, et était encore il n'y a pas si longtemps dans l'écrasante majorité des cas, la pérennité de son entreprise. Or, cette pérennité passe par l'activité et les efforts des salariés. Ce n'est pas être collectiviste ou même socialisant que de le penser et de le dire. C'est tout simplement voir les choses telles qu'elles sont.

Or, une des conséquences de la manière d'opérer de ces "investisseurs non-entrepreneurs" dont je parle, c'est la non prise en compte des droits légitimes des salariés de l'entreprise. Et je ne parle pas ici des seuls droits issus de la législation, laquelle devrait n'être là que pour contrer les abus.

Le respect de la liberté des entrepeneurs, qui passe par le respect de leur droit de propriété sur leur entreprise, et donc corolairement par le respect de leur liberté d'utilisation des "bénéfices" de celle-ci quand ils existent, est la traduction naturelle et littérale de la philosophie libérale dont je me réclame haut et fort. Mais cette philosophie libérale n'est applicable dans les faits que si elle n'est pas utilisée comme un alibi pour se comporter en rapace et en prédateur. "La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres", dit l'adage populaire. Eh bien ! Respecter la liberté des autres, c'est aussi respecter la valeur du travail des autres. Et ce n'est pas les considérer comme de la matière jetable (le "matériel humain", m'a dit un jour un DRH !).

Rassurez-vous, je ne suis pas devenu "gauchiste" ! Et je sais bien qu'il faut également prendre en compte les impératifs de la concurrence, et notamment de la concurrence internationale. C'est dans cette optique que je maintiens sans cesse que d'une part les rémunérations ne peuvent et ne doivent être fixées qu'en fonction des possibilités réelles des entreprises, et dans la conjoncture actuelle le moins est de dire qu'elles ne sont pas immenses, et que d'autre part les effectifs doivent être fixés au minimum nécessaire. Tout cela porte un nom : c'est de la bonne gestion. Mais il convient aussi de ne pas aller d'un extrême (sur-effectifs et salaires insupportables charges comprises) à l'autre (sous-effectif notoire et salaires de misère, voir délocalisations injustifiées).

J'en reviens à mes moutons : l'idée de la participation aux bénéfices est de mon point de vue une bonne idée. Que cette participation représente une part de la rémunération est très positif. Que les sommes issues du dispositif participatif soient disponibles immédiatement, et non soumis à cotisations sociales, ni pour le salarié ni pour l'employeur, en ferait un gain de pouvoir d'achat important.

Que la part des résultats affectée à cette participation soit fixée de concert entre employeur et employés m'apparaît indispensable.

Corolairement, que cette part soit fixée par la loi (que ce soit le tiers ou toute autre proportion) représenterait une ingérance inacceptable de l'état dans la gestion des entreprises. C'est pourquoi je pense que Nicolas Sarkozy a tout à fait raison "de mettre cette idée sur la table", parmi d'autres, et de provoquer la concertation entre patronat et syndicats, concertation dont le coup d'envoi sera donné le 18 février prochain si j'ai bien compris. Ce n'est pas à l'état de décider, c'est aux entreprises et aux représentants des salariés de se mettre d'accord.

Il n'y a plus qu'à espérer que les idéologies resteront au vestiaire lors de cette réunion, même si c'est peu probable.


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mardi 3 février 2009

Quelle relance ? Quelles mesures ? Quelle réponse ?

Juste un petit billet, aujourd'hui, pour souligner deux articles de presse qui m'ont interloqué, non pas en eux-mêmes mais en regard de leur concomitance.
Tout d'abord,
l'article de Challenges qui relate le nouvel accord conclu entre les différentes centrales syndicales, aux termes duquel elles annoncent "attendre le discours de Sarkozy" pour "en apprécier la portée et en mesurer les conséquences", sachant qu'elles "[...] attendent des réponses aux revendications par l'annonce de mesures concrètes et immédiates [...]".
Ensuite,
l'article de LCI qui explique comment la "prime à la casse" rencontre un très vif succès, mais bénéficie essentiellement aux modèles d'automobiles construits pour l'essentiel à l'étranger...
Concernant le "plan de relance", la position des centrales syndicales est bien connue, calquée sur celle du PS et savamment promue dans l'opinion, à savoir que les mesures annoncées par le gouvernement "sont inadaptées" (même si tous les économistes s'accordent à dire le contraire) et que la "bonne politique", conforme à l'attente des Français (attente savamment "programmée" au moyen de cette méthode Coué
dont j'ai déjà parlé), serait de procéder à une relance par la consommation, en lieu et place de l'aide à l'investissement, qui est l'essence principale du plan gouvernemental actuel.
J'ai déjà dit
tout le bien que je pensais, non pas du plan de relance lui-même (encore de l'interventionnisme forcené d'une part, et encore le creusement des déficits d'autre part) mais de l'esprit dans lequel il est bâti, c'est à dire en visant l'investissement dans l'avenir et non les seules dépenses immédiates, inefficaces à moyen et long terme comme l'aurait dit ce brave La Palice tant c'est évident.
Tous les syndicalistes ne fustigent pas les mesures prises, et certains ont l'intelligence d'admettre qu'elles sont de bon sens, mais tous demandent des "aides immédiates au pouvoir d'achat", en supplément quand ce n'est pas à la place de ce plan.
Or, il n'est pas besoin de revenir sur l'argument parfaitement justifié des plans de relances du passé, exclusivement orientés vers la consommation et qui ont TOUS échoué. Il suffit de simplement réfléchir quelques instants avec intelligence et sans parti pris.
Creuser les déficits budgétaires pour alimenter l'investissement, c'est certes hypothéquer l'avenir et reporter sur nos enfants, on ne cesse de le répéter, la charge de nos erreurs présentes et passées, mais c'est aussi permettre à l'économie (à l'industrie, au bâtiment, aux TP, à la recherche) de se construire un avenir; c'est préparer les emplois et les bénéfices de demain. C'est aussi favoriser l'emploi au présent, les opérations lancées dès maintenant nécessitant de la main d'oeuvre, et donc permettant de distribuer immédiatement des salaires et du pouvoir d'achat. Distribuer directement des sommes égales, voire supérieures comme le réclament certains, c'est au contraire dépenser cet argent en pure perte ou presque.
D'une part, je l'ai déjà dit, ces sommes si colossales soient-elles, ne peuvent représenter pour chaque individu concerné, sous la forme d'aides directes, que des montants dérisoires et en tout cas extrêmement limités dans le temps. D'autre part, cette relance de la consommation immédiate, même si l'argument est largement réfuté par nombre de responsables syndicaux et politiques, bénéficierait essentiellement à l'importation de produits, même français, fabriqués à l'étranger. Que cet état de fait résulte d'erreurs de gestion ou d'une politique erronnée, ce dont je ne suis pas certain, ne change rien à l'affaire. Et passés un ou deux mois (le temps de dépenser les 26 milliards dont on parle), on en reviendrait à la case départ, avec un "trou" de 26 milliards supplémentaires à combler et sans que l'activité en France, et donc l'emploi, et donc le pouvoir d'achat, n'y aient rien trouvé de positif.
Et c'est justement là qu'intervient le deuxième article, celui de LCI : on y apprend que la prime à la casse, qui est un parfait exemple d'une telle "aide à la consommation des ménages", bénéficie essentiellement, en liaison avec le "bonus écologique", à la vente de véhicules neufs de petite cyclindrée (crise oblige, c'est tout à fait normal) qui pour la plupart sont fabriqués à l'étranger, où les usines ne peuvent même plus fournir la demande. La prime à la casse en France a donc participé activement à la lutte contre le chômage ... à l'étranger !
CQFD...
Que la masse des citoyens, qui souffrent de la crise pour beaucoup d'entre eux c'est évident, ne réagissent qu'au premier degré en disant en substance "je manque de pouvoir d'achat, donnez-moi des sous", c'est déjà assez affligeant, mais il est tout simplement époustouflant que des hommes et des femmes responsables, sensés pourvus d'une intelligence supérieure à la moyenne (c'est du moins l'image qu'ils et elles ont dans l'opinion), ne soient pas capables de tenir des raisonnements aussi simples, et de procéder à des constatations aussi évidentes, à la lumière qui plus est de l'expérience du passé...
A moins que tous (et toutes) ne soient pas d'une extrême sincérité et d'une extrême honnêteté intellectuelle, et qu'ils (elles) ne "surfent" tout simplement sur la vague du mécontentement de leurs ouailles pour les entraîner dans des "actions syndicales" et des défilés de rue propres à faire la démonstration de leur force, et à asseoir leurs positions dominantes ?
Voilà encore une manière de prendre le citoyen moyen en ôtage. Gageons que, quelle que soit la teneur du discours de jeudi, une ou plusieurs nouvelles journées noires son à prévoir, téléguidées par ces soi-disant responsables pour qui "négocier" signifie uniquement "satisfaire nos revendications", et qui ont sans doute déjà programmé en secret leur "réponse circonstanciée".
Il reste à espérer que nos responsables politiques ne cèdent pas au chantage. Mais en auront-ils le courage ? On en revient toujours à la même question fondamentale.



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Mon positionnement sur l'échiquier

Depuis quelques temps, je lis avec intérêt, chez nombre de mes blogueurs favoris, des articles qui forment une "chaîne", chacun passant le relais à quelqu'un d'autre et ainsi de suite.

Cette chaîne est particulièrement intéressante, puisqu'elle questionne sur le positionnement politique de chacun. Intéressante, mais pas facile d'y répondre, et pour tout dire j'appréhendais un peu que quelqu'un me "passe le relais", tant il est difficile de répondre avec précision et avec honnêteté à une telle question.
Lomig m'ayant "pointé du doigt", parmi d'autres, je vais donc m'appliquer ici à le faire.

Tout d'abord, et contrairment à beaucoup, je préviens que je ne vais pas "m'intituler", comme le font beaucoup (exemple : "socialiste", "libéral ceci", "libéral cela", "bonapartiste", "royaliste", que sais-je encore ?). Ce n'est pas par coquetterie : je m'en sens tout simplement incapable. J'ai souvent dit, à une époque où je m'intéressais moins à la politique, et où en tous cas j'y avais moins réfléchi, que je n'adhérerais jamais à aucun parti politique en raison du fait que, selon moi à l'époque, aucun parti ne pouvait répondre exactement au positionnement d'un individu donné, et qu'il faudrait autant de partis que de citoyens.

J'ai bien sûr évolué depuis, mais je maintiens que le positionnement politique, pour peu que l'on y réfléchisse suffisamment et qu'on le réalise de manière honnête, est particulièrement complexe et ne peut pas cadrer totalement avec une doctrine quelle qu'elle soit.

J'ai fait en son temps,
comme l'ont fait tous les membres LHC d'ailleurs, un petit test qui vise à se positionner sur une carte virtuelle sensée représenter l'évantail des idées politiques possibles. Mon résultat de ce test est édifiant, et me place nettement parmi les "libertariens", c'est à dire parmi "l'aile dure" des libéraux. Ca ne me convient pas réellement, après analyse, et je vais essayer de dire pourquoi.

Certes, je suis pétri d'un idéal de liberté, et opposé dans l'absolu à toute idée de contrainte du pouvoir politique sur l'individu, à tout interventionnisme dudit pouvoir, et à tout ce qui est de nature à déposséder l'individu-citoyen de son libre arbitre et de sa liberté d'agir en tous domaines. En ce sens, et loin de moi l'idée de m'en cacher ou d'en minimiser l'intensité : je suis, foncièrement un libéral.

Cela signifie, comme je viens de le dire, que je dénie au pouvoir politique, c'est à dire à l'Etat, la légitimité de prendre quelque décision que ce soit en désaccord avec le citoyen, que je place les intérêts dudit citoyen, en tant qu'individu, très au-dessus de ceux de la société, en tant que groupe, et que je considère que l'Etat n'a de légitimité que pour garantir aux citoyens le plein exercice de leurs libertés. Cela suppose évidemment de garantir leur sécurité, et donc cela légitime l'usage de la force à cet effet. Je fais ainsi parfaitement mienne la formule selon laquelle "l'Etat est le seul dépositaire de la violence légitime", dans le cadre strict de sa seule mission décrite ci-avant.

Si j'en restais à ce positionnement que je qualifierais de "primaire", je laisserais sur leur faim beaucoup de mes lecteurs, qui sans doute ne comprendraient pas pourquoi le terme de "libertarien" ne me convient pas tout à fait.

C'est que nous ne vivons pas dans un concept virtuel mais dans une réalité tangible. Et dans cette réalité, les positions rêvées ne correspondent pas totalement aux situations vécues. Plusieurs de mes amis libéraux s'en tiennent volontiers à la doctrine que je viens de décrire brièvement. Ce sont eux que l'on appelle les "libertariens".

Quant à moi, esprit scientifique aidant, à chaque fois que je défends une idée, je me pose immédiatement la question de savoir si elle est réalisable dans le concret. Et c'est là que je diffère sensiblement des libéraux idéalistes, et que je me rapproche plus des libéraux "utilitaristes", ceux qui admettent certaines dérogations à leur principes dans un but "utilitaire", c'est à dire pour permettre la mise en oeuvre concrète d'une politique "la plus libérale possible", pour faire court.

Une restriction cependant, et de taille : cette éventuelle concession n'a de sens que temporaire. Il s'agit seulement de prendre le temps nécessaire à la modification des structures de la société, le but à atteindre étant dans tous les cas, à tous les niveaux et sur tous les sujets, une libéralisation complète.

Dernier point que je veux aborder ici : mon positionnement par rapport à l'échiquier politique établi.
Primo, je me refuse à chercher à me déterminer comme "de droite" ou "de gauche" : ça ne veut, à mon sens, strictement rien dire. Personne n'a été capable jusqu'ici de me donner de définitions fiables de ces deux termes. Et quand on me traite d'homme "de droite", comme cela arrive souvent du fait que je combats les idées constructivistes et interventionnistes de partis comme le PS, pour ne citer que lui, ça a le don de me déplaire superbement. Si la "droite" française état libérale, nous aurions sans doute moins de difficultés socio-économiques...

Secundo, s'il est parfaitement évident que les positions des partis d'obédience marxiste ou keynésienne sont le plus souvent à l'opposé des miennes, les partis qu'ils combattent ne répondent pas non plus à mes attentes, loin s'en faut. J'ai mis une certaine confiance dans le Président de la République actuel lorsqu'il n'était que candidat, et que son programme me semblait au minimum aller dans le bon sens. Mais force est de constater que la politique qu'il mène aujourd'hui n'a rien de libéral, et qu'il mérite presque la caricature de "socialiste de droite" que lui collent certains. Quant à ces partis qui se disent "centristes", et qui de fait ne savent pas trop de quel côté ils doivent pencher en fonction de leurs propres intérêts bassement électoralistes du moment, il n'est pas moins évident que je ne m'y reconnais pas plus...

De fait, aucun parti politique crédible sur l'échiquier actuel n'incarne de près ou de loin les idées qui sont les miennes, et nous ne sommes certes pas sur le chemin, dans la conjoncture actuelle qui pousse à tant d'interventionnisme partout dans le monde, de voir les choses changer.

Mon penchant "utilitariste" me conduit cependant à préférer ceux qui prônent la responsabilité et le travail à ceux qui prêchent l'assistanat. Etre libéral, c'est bien sûr se battre pour la liberté de l'individu, mais il n'y a pas de liberté sans responsabilité, et l'irresponsabilisation du citoyen conduit inexorablement à son asservissement, de fait sinon de droit...


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vendredi 30 janvier 2009

La politique de Ville

Je suis avec un très grand intérêt deux débats qui se sont instaurés chez Lomig, d'Expression Libre. L'un à la suite d'un article qu'il a fait paraître au sujet des banlieues concomitamment une émission "C dans l'Air" sur France 5. L'autre au sujet de l'Islam et des libertés.

Si je joins les deux sujet dans ce billet, c'est parce que, au moins dans l'inconscient collectif mais pas seulement, le "problème des banlieues" est lié à la religion musulmane, qui est celle d'une majorité des familles qui y résident.

Concernant l'émission de France 5, le débat s'est un peu cristallisé autour de la personalité de chacun des deux maires invités par Yves Calvi, Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, et François Pupponi, maire de Sarcelles, deux communes de la banlieue parisienne.

Je ne vais pas reproduire ici les débats, ce qui ne présenterait aucun intérêt. Mais les articles et les commentaires m'ont inspiré quelques réflexions, que je vous livre.

Je ne relègue personne "dans les poubelles de l'Humanité", comme a pu s'insurger un commentateur, mais je suis très réservé sur un jugement porté sur Philippe de Villiers qui consisterait à en faire un bienfaiteur de cette même humanité au motif qu'il "agit et soutient des projets de déaveloppement en Afrique".
C'est peut-être vrai. Je n'en sais rien. Ca ne le dédouane pas d'avoir été un temps le fidèle allié de JM Le Pen, célèbre négacionniste et pourfendeur de la liberté de penser, et de tenir lui-même des propos extrémistes...
Quant à Xavier Lemoine, que je ne connais pas suffisamment pour le juger, je ne peux me baser que sur ses propos lors de l'émission dont il s'agit, et au cours de laquelle il ne s'est certainement pas comporté en raciste ou en xénophobe. Le fait de combattre le désormais sacro-saint multiculturalisme et d'évoquer les problèmes que rencontre l'intégration de certains immigrés, voire de certains français issus de l'immigration, ne fait pas de l'auteur de tels propos d'ignobles personnages à combattre. Ils ne font que dire ce qu'ils pensent, et qui ne peut être sincèrement nié par personne. Il suffit de regarder sans préjugé pour voir. Mais beaucoup, pour des raisons plus souvent politiciennes qu'humanistes, s'ingénient à ne pas regarder, ou pire à refuser de reconnaître des faits tangibles...

La vraie solution n'est ni de fustiger ceux qui le disent ni de prétendre le contraire, mais, quand on est aux manettes, de tenter d'y remédier. Evidemment, c'est plus compliqué, et accessoirement ça ne rassemble pas nécessairement les suffrages de tout le monde...

Ensuite, et sur l'aspect religieux qui s'insinue immaquablement dans un tel débat, il convient de redire encore et encore, qu'aucune religion n'est intrinséquement bonne ou mauvaise, et que le jugement que l'on porte sur elles est nécessairement biaisé et vicié par notre propre interprétation de ce que l'on en voit, ou de ce que l'on croit en savoir. Or ce que l'on croit en savoir, et bien plus encore ce que l'on en voit, n'est bien souvent pas l'expression fidèle de ce qu'elle est dans son essence même.

Ainsi, et concernant l'Islam puisque c'est essentiellement de cette religion dont on parle ici, il y a plusieurs lectures possibles du Coran en fonction de notre capacité à nous replacer dans le contexte de l'époque où il a été rédigé : il est évident que les moeurs du 21° siècle n'ont plus rien de commun avec celles du 7° siècle.
Il en va d'ailleurs exactement de même avec la Bible, et, pour ne donner qu'un exemple, la loi du Tallion, qui avait pour but de limiter les exactions des régimes politiques en place à l'époque, produit aujourd'hui des effets condamnés par beaucoup, ce que l'on peut comprendre dans le contexte politique d'aujourd'hui. A l'origine, "oeil pour oeil, dent pour dent" signifiait en gros "ne fais pas à autrui plus de mal qu'il ne t'en a fait", et c'était un énorme progrès. Aujourd'hui où les moeurs politiques sont en moyenne éminemment moins violentes, ce principe revient à dire "venge-toi sans faiblesse et ne laisse pas ton adversaire sans punition". Autres temps, autres moeurs ? Non, autres temps autre perception, voilà tout...

Pour en revenir à l'Islam, ses Ecritures comportent bien certains principes qui, s'ils pouvaient se concevoir dans le monde de l'époque, nous apparaissent aujourd'hui sous des jours totalement condamnables. Et je suis le premier à les condamner : domination voire élimination des "infidèles", guerre sainte, et sur un plan plus personnel domination de l'homme sur sa (ses) femme(s), etc... Dans notre monde actuel, ces principes-là sont à combattre avec la dernière énergie.

D'ailleurs, nombre de Mulsulmans l'ont bien compris, consciemment ou non, et ne les appliquent plus. Mais les courants dits "intégristes" ne l'entendent pas de cette oreille, et que ce soit pour des raisons sincèrement religieuses ou plus indéfendablement encore pour des raisons politiques, les mettent en pratique au pied de la lettre, avec les moyens du 21° siècle et l'horreur que ces moyens permettent de développer.
S'il n'est pas fondé de combattre les Musulmans que l'on dit "modérés", il faut combattre sans pitié ces intégristes-là. Or, leurs principes, quoi qu'en disent certains ingénus, étant directement issus de leur Livre Saint, le seul moyen de les combattre efficacement est de combattre les principes coraniques concernés. Ce n'est pas la majorité silencieuse et modérée qui pose problème, mais ceux qui sèment la terreur s'inspirent des mêmes Ecritures. Ce sont elles qu'il faut dénoncer, avec les yeux des hommes du 21° siècle et en considérant les ravages qu'elles causent au 21° siècle...

Pour en revenir aux banlieues, il ne s'agit pas de combattre en elle-même la culture des immigrés qui les peuplent en majorité, et encore moins ces immigrés eux-mêmes; il s'agit de ne pas tolérer que leur communautarisme gêne, voire interdise, leur intégration dans la société française. L'idée du multiculturalisme conduit inévitablement, ce n'est pas une position philosophique mais une constatation objective, au communautarisme, c'est à dire à l'auto-exclusion de populations concernées. Il est donc de mon point de vue primordial d'intégrer réellement ces populations, y compris leurs membres "de la deuxième génération", voire de la troisième, qui pour beaucoup ne le sont toujours pas. Et leur permettre de s'intégrer passe au minimum par une occidentalisation de leur culture. Ce n'est être ni raciste ou xénophobe ni "d'extrême-droite" que de dire ça : c'est tout simplement être de bon sens.

Et le rôle de l'état consiste à oeuvrer dans ce sens, aux fins de préservation de la paix publique, c'est à dire de la sécurité, c'est à dire de la garantie du plein exercice de la liberté de chacun, les immigrés, fils ou petits fils d'immigrés, et les autres. Ce n'est à l'évidence pas le cas aujourd'hui, où ces populations d'origine étrangère sont comme "parquées" dans des quartiers où ne réside quasiment personne d'autre qu'eux. Une telle situation est la définition exacte du mot "ghetto". On a constituté des ghettos, et on s'étonne que leurs habitants ne s'intégrent pas. Ajouté à la paupérisation des mêmes quartiers, ce phénomène n'a pourtant rien de surprenant dans ses conséquences...

Je conçois parfaitement que le rôle des élus locaux en la matière soit particulièrement difficile. Mais se faire élire maire de sa commune ne revient pas uniquement à percevoir l'indemnité liée à la fonction, et si la tâche était si facile, on n'aurait peut-être tout simplement beaucoup moins besoin d'eux...
Certains l'admettent et oeuvrent avec leurs moyens, d'autres rejettent systématiquement sur l'état la responsabilité d'une situation à laquelle, certainement, il n'est pas étranger, mais qu'il n'est pas le seul à posséder les moyens de la résoudre.

Tout ramener à une question de moyens et se borner à demander une contribution toujours plus importante du budget de l'état n'est pas une attitude responsable. C'est pourtant le discours que tiennent bon nombre d'élus locaux, et cela devient à la longue assez insupportable.

La "politique de la ville", comme on l'appelle, n'est pas une simple affaire de gros sous. Si la "dotation générale de fonctionnement", qui consistue l'essentiel des ressources communales, devrait être calculée, en effet, en tenant compte des difficultés spécifiques de certaines communes, et en parculier de la présence sur leur sol en nombre important de citoyens immigrés dont il faut assurer l'intégration, cette dernière ne peut être réalisée sans un minimum de courage politique de la part des édiles, notamment au regard de la nécessaire mise en oeuvre de la mixité sociale (mixité en termes économiques mais aussi en termes ethniques et de confession). Or, cette mixité fait peur à une certaine frange de la population, raison pour laquelle les élus ne s'y risquent pas, pensant en priorité à leur future réélection. Ce n'est pas ma conception de la mission d'un élu. Dommage que ce soit celle d'une majorité d'ente eux...

Je suis bien conscient, et j'entends déjà les critiques, que ce que je viens de dire ne résout pas le problème. Mais sans la mise en oeuvre de certains principes de base, rien ne sera jamais possible.

Ce n'est pas être raciste que d'admettre que des problèmes communautaristes existent dans ce pays et qu'il serait bon de s'en préoccuper enfin. Ce n'est pas être d'extrême droite que de dire que les populations immigrées ont autant de devoirs que les "français de souche", même si je n'aime pas cette expression. Et que parmi ces devoirs figure celui de s'adapter à la société qui les accueille. Ce n'est pas être responsable que de se contenter de prétendre le contraire et de rejeter sur d'autres la responsabilité d'une situation que tout le monde, que toutes les communautés, trouvent insupportable. Ni de ne pas prendre les décision courageuses que la fonction élective réclame.



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mardi 27 janvier 2009

Pensez aux chatons...



En complément de mon billet d'aujour'hui, et pour sourire un peu malgré tout...

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Le moral en berne...

Surtout depuis le "krach" boursier et la crise financière mondiale que nous traversons, accusée à tort d'être à l'origine de la crise économique non moins mondiale que nous traversons également et qui plonge en réalité ses racines dans des politiques économiques aberrantes de bien plus longue date ; surtout depuis cela mais pas seulement ; depuis, juste avant, "l'affaire Kerviel", révélateur hautement médiatisé du "n'importe quoi" des comportements d'un certain nombre d'éminents acteurs de la haute finance ; depuis, donc, en résumé une petite année, nous n'avons droit dans les médias qu'à la longue litanie des commentaires du moral des Français.

Et ce moral serait en berne... A qui la faute ? La réponse est simple : à Emile Coué de la Chataigneraie (1857-1926). Ce docteur en pharmacie, et accessoirement en psychologie, est à la base de l'élaboration d'une méthode dont tout le monde ou presque connaît le nom, dont presque personne ne connaît la véritable méthodologie, mais que beaucoup, dont singulièrement les journalistes ces temps-ci, utilisent à tout va, du moins sous sa forme la plus répandue dans l'inconscient collectif, qui se trouve n'en être qu'une déformation édulcorée. Car la méthode du bon docteur Coué ne se limite pas à répéter inlassablement les mêmes idioties dans le but qu'elles deviennent sensées, et encore moins qu'elles s'avèrent réelles...

J'ajoute à la décharge des journalistes incriminés par mon propos (les plus nombreux) que c'est a priori sans intention qu'ils l'utilisent, cette méthode, et même qu'ils ne l'utilisent pour la plupart d'entre eux que sans le savoir.

En fait, c'est le sempiternel martellement des mêmes "informations", quand ce mot peut sans conteste s'appliquer à ce qu'ils disent ou écrivent, qui a l'effet décrit par le docteur Coué. Je ne prétends pas que nos "informateurs" ont l'intention de nuire au moral de leurs lecteurs en publiant ce qu'ils publient à longueur de temps, mais même sans intention l'effet est assuré, et avéré. C'est totalement inévitable, en particulier en raison de la psychologie commune au lecteur et à l'auditeur moyen. Comme le disait si bien Georges Duhamel (et rien n'a changé depuis sur le sujet) : "Ils ouvrent le robinet et ils boivent". Sans chercher à savoir si leur eau est polluée. Sans chercher à analyser ce qu'ils lisent ou ce qu'ils écoutent. Sans se rendre compte qu'ils se font manipuler. Sans avoir conscience qu'on les utilise à des fins plus ou moins avouables.

Et comme on nous rebat les oreilles de cette crise, bien réelle mais de laquelle on est parfaitement capables de sortir par le haut, notion qui n'apparait qu'en filigrane, et encore, dans la plupart des articles de presse ; comme, donc, on nous en rebat les oreilles à longueur de "Unes", de JT, d'éditoriaux et autres meetings politiques (les journalistes n'ont pas, en effet, le monopole de l'intoxication) ; comme cette "vérité" nous est assennée sans relâche, agrémentée de sondages d'opinions qui ne sont que le reflet de l'effet que cela produit sur "les gens" ; comme l'annonce permanente de la crise et du mauvais moral des citoyens ne peut qu'assombrir le moral des mêmes citoyens, nous nous enfonçons aussi sûrement dans la morosité et la dépresion que le Titanic dans les flots glacés de l'Atlantic Nord.

Je me suis pour ma part efforcé de m'extraire de cette spirale infernale, et je réussissais jusqu'ici à peu ou prou y parvenir.

Mais j'avoue que je commence à perdre pied. Il faut dire que, même si la situation n'est pas désespérée, même si des solutions existent, que tout le monde connaît ou devrait connaître, des solutions propres à non seulement sortir de la crise mais encore à profiter de cette crise pour balayer certains obstacles et avancer enfin dans la bonne direction, ces solutions qui motivaient essentiellement mon optimisme à contre-courant, je me rends compte de plus en plus que ni nos dirigeants ni mes concitoyens (et c'est bien là le pire) ne sont prêts à les mettre en oeuvre. Il semblerait même que ce soit exactement l'inverse qui constitue les aspirations d'une majorité d'entre eux. Et ce n'est pas de nature à nourrir mon optimisme dans un avenir qui, si la barre n'est pas vite redressée, m'apparaît maintenant, à moi aussi, bien sombre...

Il y avait des raisons d'espérer. Nos dirigeants, et pas seulement en France, semblaient avoir une vision saine des actions à mettre en oeuvre pour redresser le bateau à la dérive. Depuis quelques temps, il semblait qu'à de rares exceptions, les dirigeants de ce monde et singulièrement le(s) nôtre(s) aient enfin compris que le mythe de l'état providence n'était qu'un mythe, que le mirage de la relance par la consommation n'était qu'un mirage, que le creusement des déficits publics ne pouvait être que la source de difficultés suplémentaires, d'une aggravation notable de la crise qu'il était sensé "soigner", et que les décisions annoncées allaient dans le bon sens même si elles n'étaient ni suffisantes, ni parfaites évidemment, ni même assurées de succès à moyen terme. On entendait enfin un discours inspiré par le bon sens, je veux dire par ce qui est parfaitement évident pour qui a des notions minimales d'économie politique.

Relancer la consommation, c'est saupoudrer les citoyens d'une pluie trop fine de liquidités que dans le meilleur des cas ils utliseront derechef pour leur consommation immédiate, c'est à dire pour acheter des produits qui, pour la plupart, proviennent de l'étranger. Et donc sans aucun effet sur la production nationale, et donc sans aucun effet sur l'emploi, et donc sans aucun effet sur le règlement même partiel des difficultés. Et donc sans aucun effet sur le pouvoir d'achat, sinon à très court terme. Je veux dire de 24 h à 1 semaine, pas plus. Avec un impact désastreux sur les finances publiques, c'est à dire sur l'impôt, c'est à dire sur le pouvoir d'achat. Un cercle vicieux infernal... On en a pourtant eu plusieurs expériences cuisantes dans un passé récent, mais il semblerait que la mémoire des Français soit encore plus calamiteuse que beaucoup d'entre nous ne le savaient déjà. Dommage pour eux. Dommage pour nous...

Les "plans de relance" annoncés semblaient plus vertueux, avec des aides qui certes creusaient les déficits immédiats (sauf pour le(s) pay(s) qui avai(en)t des finances saines), mais qui d'une part n'étaient que prêtées moyennant intérêt, première vertu, et d'autre part étaient destinées à alimenter l'investissement et donc l'emploi, deuxième vertu, cardinale celle-là.

Parallèlement, et pour ce qui est de notre pays, le train de réformes en cours d'élaboration allait tout autant dans le bon sens, celui d'une modernisation des institutions et de l'économie, celui d'un assouplissement des contraintes administratives, celui aussi, ce qui n'est pas le moindre, d'une modernisation et d'un l'allègement des prélèvements fiscaux. Sans être idyllique, le tableau était séduisant, même si déjà des signes négatifs avaient été donnés à l'occasion de réformes déjà "mises en place", et qui s'étaient transformées en "réformettes" sous la pression, déjà, de la rue et de ces forces qui se disent "progressistes" mais qui étouffent dans l'oeuf toute vélléité de progrès...

Indécrottable optimiste, je voulais encore croire dans l'avenir, pensant (naïvement ?) que l'équipe dirigeante finirait bien par faire valoir ses arguments, que la majorité étant acquise au gouvernement tant à l'Assemblée que, dans une moindre mesure, au Sénat, et les Elus étant des gens sensés (naïveté, vous dis-je), "on" parviendrait à un ensemble de mesures qui, même si elles n'étaient au final pas la copie conforme des aspirations légitimes de ceux qui avaient voté majoritairement en mai 2007, donneraient à ce pays et à son économie le souffle d'air frais qui leur manquait.

Las ! Je ne sais par quel miracle inversé, je me retrouve aujourd'hui dans un état d'esprit bien différent. Je ne sais pas par quel "miracle", dis-je, mais je sais bien à cause de quoi.

Encore la presse ! Mais cette fois, je n'ai malheureusement pas l'impression d'être victime de la méthode Coué. J'ai malheureusement le sentiment que mon ressenti correspond bien à une réalité. Et ce n'est pas réjouissant.

De quoi s'agit-il ?

Pour des raisons ouvertement politiques, et pas du tout syndicales, les organisations appellent à une "grande journée de grève et de manifestations" ce jeudi 29 janvier. Jusque là, rien de bien nouveau sous le soleil. On a l'habitude. Ce n'est pas pour rien qu'un artiste tchèque a représenté la France dans un tableau allégorique accroché au fronton du Parlement Européen par une simple bannière intitulée "En grève" ! Belle réputation, parfaitement justifiée hélas...

Mais, je l'ai dit, cette grève-là n'est pas une grève comme les autres : elle n'a rien de syndical. J'ai déjà dit à plusieurs reprises ce que je pensais du droit de grève, particulièrement dans le service public mais pas seulement. Je n'y reviendrai que pour répéter que ce droit de grève, inscrit à juste titre dans la Constitution, n'a pour but que de permettre aux salariés de faire pression sur leur employeur en vue du règlement de difficultés dans l'application du droit du travail, et rien d'autre. Ici, rien de tout ça : les salariés sont appelés à faire grève pour "[...] agir massivement et interpeller les responsables gouvernementaux, les responsables patronaux et les employeurs pour [...] défendre l'emploi privé et public, [...] lutter contre la précarité, [assurer] le maintien du pouvoir d'achat [...]". Le PS de son côté, soutient la manisfestation et "appelle à une mobilisation sociale et politique". Rien de syndical donc, tout de politique ! Et tout simplement inadmissible, sinon anticonstitutionnel (à voir : les juristres qui me liront me rectifieront peut-être).

Ce n'est pas le sujet de ce billet, mais je tenais à insister sur ce point, qui pour moi est de la plus grande importance...

Mais il y a pire encore. Je lis ce matin
dans la presse que cette journée nationale de protestation (je me refuse à parler de simple mouvement de grève) sera sans doute très largement suivie, et que "69% des Français la soutiennent ou «ont de la sympathie» pour elle" .

Et c'est bien là le fond du problème... Que les partis d'opposition s'opposent, que les syndicats mobilisent leurs troupes, même s'ils le font pour des motifs qui ne les concernent pas, que les députés et les sénateurs légifèrent y compris dans le chahut, y compris en usant de moyens hautement criticables tels que l'obstruction systématique, c'est dans l'ordre des choses et c'est leur rôle dans le fonctionnement de la démocratie (à l'obstruction dont je viens de parler près). Qu'une partie de l'opinion, à commencer par celle qui n'a pas mis en place le pouvoir actuel, s'oppose à la politique menée, qu'elle organise des manifestations de contestation, qu'elle défile dans les rues en criant même sa colère, tout ça est normal. C'est le jeu démocratique, et on peut parfaitement comprendre que ceux qui n'ont pas voté pour une politique se mobilisent contre sa mise en oeuvre. Que des individus n'aient pas les mêmes opinions, et les mêmes jugements politiques, que d'autres, est tout à fait normal, et il est du ressort de leurs contradicteurs de leur expliquer, démocratiquement, pourquoi ils ne pensent pas les mêmes choses. Qu'un socialiste combatte la politique de N. Sarkozy, et m'invective, possiblement vertement, parce que je défends mes idées libérales, contre lesquelles il se bat, je le comprends, je l'admets, et même je m'en réjouis : c'est le signe que nous vivons en démocratie, et accessoirment ça me permet de lui expliquer pourquoi il a tort (selon moi, bien sûr).
Mais qu'en mai 2007, 55% de Français, avec un taux de participation record, installent à l'Elysée un homme qui défend haut et fort un certain programme, que dans la foulée ils lui donnent une majorité très confortable à l'Assemblée, confirmant ainsi de manière éclatante qu'ils sont bien décidés à voir se mettre en oeuvre les réformes de fond dont le pays a un besoin urgent, et que moins de 2 ans plus tard ils soient près de 70% à descendre dans la rue une fourche à la main pour combattre le même homme et les mêmes idées alors que le peu de réformes déjà entreprises ne vont même pas, loin s'en faut et je suis le premier à le déplorer, au bout des intentions proclamées dans le programme électoral, c'est tout à fait incompréhensible et surtout, c'est de parfaite mauvaise augure pour la réussite de la transformation de la société sans laquelle notre pays s'enfoncera inexorablement dans une régression que beaucoup n'imaginent même pas.

S'il se confirme que les Français, dès les premières difficultés venues, dès pour certains le plus petit de leurs privilèges abolli (régimes spéciaux de retraites, niches fiscales, etc...), dès le train-train de l'assistanat remis en cause, dès le laxisme et l'absence de prise de responsabilité individuelle remis en cause également, toutes choses comprises dans le programme sur lequel ils s'étaient pourtant déterminés, s'il se confirme donc que dès lors tout le monde se rebelle, brûle ce qu'il avait adoré et se met à adorer ce qu'il avait brûlé (le keynésianisme, le constructivisme exacerbé, le laxisme budgétaire et le fiscalisme galopant notamment), alors il n'y a plus qu'à jeter l'éponge...

La France doit se réformer dans le sens de la vraie liberté d'entreprendre, de la pleine responsabilité des citoyens, de la réduction drastique du poids de la puissance publique (poids administratif comme poids financier), de la libération des énergies, le tout pour la rendre capable, enfin, de rivaliser avec le reste du monde, à commencer par nos voisins est-européens. Beaucoup de pays sont sur la bonne voie, et qui deviendront demain (dans quelques heures devrais-je dire, à l'échelle de l'Histoire), nos principaux concurrents, avec lesquels nous serons bien incapables de rivaliser. Le processus est déjà commencé.

Oui, je suis bien pessimiste ce matin. Si nous continuons sur cette funeste lancée, et si nos gouvernants n'ont pas le courage de la politique pour laquelle ils ont été élus, populaire ou pas au gré des humeurs, alors la France est un pays en voie de sous-développement.



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