Les Anciens avaient inventé la Démocratie
Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...

mercredi 3 décembre 2008

Economie sociale et solidaire.

Je sors d'une réunion publique intitulée "Forum de l'économie sociale et solidaire". J'y avais été invité par une amie, et dans la mesure où, je l'avoue bien humblement, je n'avais aucune idée de ce qu'était cette "ESS", j'ai répondu favorablement à l'invitation par simple curiosité.

J'y ai appris, dans le préambule de présentation prononcé par un éminent (mais ils le sont tous) élu local, que l'ESS en question était enseignée dans le cadre de l'IUT dans les locaux duquel on se trouvait réunis. Ce n'était pas encore le cas à l'époque où je fréquentais les bancs d'Assas. Aussi, et à ce stade, ma curiosité n'était pas encore satisfaite. Ca n'allait pas durer, et je n'allais pas être déçu...

Suivit une deuxième partie du préambule, aux bons soins d'un second intervenant qui s'est présenté comme le Secrétaire Général d'un organisme dont j'ai oublié le sigle, mais très officiel et très administrativement constitué, connu, et bien entendu ... financé !

Avant de me rendre à l'invitation, une consultation de Wikipédia m'avait donné quelques notions en m'informant que "Par économie sociale on désigne une doctrine politique qui entend développer, sous le nom de tiers secteur, les activités économiques qui ne sont organisées ni comme des entreprises capitalistes (puisque leur finalité n'est pas principalement de dégager un bénéfice), ni comme un service publique, ni comme une famille."

Ce que Wikipédia ne m'avait pas indiqué, et que j'ai découvert sur place, c'est que cette économie dite "sociale" était devenue également "solidaire" depuis qu'elle bénéficiait généreusement de la solidarité publique, c'est à dire de ... l'impôt !

J'explique avec mes mots, car ceux que j'ai entendus, directement empruntés à la langue de bois et au lexique politico-militant-de-gauche-assumé, ne rendent pas compte clairement de la réalité profonde du concept.
L'économie sociale et solidaire, c'est "la partie de l'économie qui met, parait-il, l'homme au centre du propos aux lieu et place du profit". En d'autres termes, c'est une activité économique (50 % parait-il de l'économie locale en Nord Pas de Calais !) qui ne génère pas de profits, et n'a d'autre finalité que de répondre aux besoins des citoyens sans souci de rentabilité.

Le point positif de ce "bidule", c'est qu'il serait porteur de créations d'emplois par charrettes, et d'emplois bien rémunérés s'il vous plaît. Jusque là, c'est assez séduisant. Mais l'empêcheur de rêver en rond que je suis s'est immédiatement posé la question-de-fond-qui-fâche : si ça ne fait pas de profits, si c'est essentiellement au bénéfice des populations modestes, et si ça rémunère bien ses intervenants, alors qui paie ? Il n'y a pas besoin d'être docteur en économie pour comprendre qu'il y a un problème de fond...

Par respect pour l'amie qui m'avait invité, je me suis bien gardé de poser la question, d'autant que je n'avais pas la parole, et je me proposais de soulever le lièvre lors de l'atelier de réflexion qui devait suivre et auquel je m'étais inscrit. Je n'eus pas besoin d'attendre cet atelier, et j'ai vite compris.

En fait, on a commencé par nous expliquer que, "comme nous le voyons en ce moment", l'économie de marché, celle qui a donné ses heures de gloire aux "trente glorieuses", ne répondait pas à toutes les situations, que le marché ne s'auto-régulait pas du tout, et que ce modèle économique était caduque. Qu'il fallait en inventer un autre, et que l'économie sociale et solidaire était de nature à répondre à ces nouvelles exigences.

On a ensuite continué logiquement en nous expliquant tout aussi naturellement que pour pallier les manques de l'économie de marché, les mieux à même de s'y coller étaient les élus, et que le monde associatif au sens large (associations, coopératives, fondations) avait toutes les caractéristiques pour être leurs intermédiaires de terrain, essentiellement financées par ... des subventions !

Ben voyons ! La voilà la réponse à toutes mes questions ! Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ? Dire que la solution était là, sous mes yeux : un président de communauté de communes, des élus, des associations (très) proches des politiques locaux. Et je n'avais même pas compris ! Suis-je bête...

Un petit détail quand même, car décidément j'ai toujours des questions impertinentes. Avec les impôts de qui va-t-on alimenter les subventions ? Avec le produit de quelle activité non-sociale et non-solidaire ? Bon Dieu, mais c'est bien sûr ! Avec le secteur marchand. Avec les profits de ces affreux capitalistes libéraux. C'est tellement facile...

J'avais sous les yeux, à portée de mains, tout ce qui représente la négation de tout ce à quoi je crois dans ce bas monde. Je baignais dans une soupe collectiviste et je ne m'en étais même pas rendu compte...

Inutile de dire que je n'ai pas participé à l'atelier prévu. Je me suis esquivé en présentant quelques excuses propres à ne pas vexer l'amie qui m 'avait invité, qui reste mon amie mais avec qui je refuserai à tout jamais de parler politique au risque que, rapidement, elle ne le soit plus si je lui disais ce que je pense vraiment...

Tout ceci dans le cadre d'un institut universitaire, en présence d'élus locaux, et donc avec toute l'apparence d'une manifestation officielle propre à engendrer le bourrage de crâne que je suppose bien être le but ultime de la manoeuvre.

Je ne vois pas bien pourquoi ce forum serait un cas isolé, et j'imagine donc, de plus, que de telles messes d'endoctrinement se déroulent un peu partout dans ce beau pays, aux frais du contribuable évidemment car il faut bien payer les frais que ça engendre...

Vive la République. Vive la France.

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mardi 2 décembre 2008

Fermons la parenthèse !

Voilà deux mois jour pour jour que je n'ai rien écrit ! Je ne vais pas m'étendre sur les causes de cet absentéisme aussi pénible (pour moi) qu'involontaire. Je vais cependant regretter de n'avoir ainsi pas eu le loisir de dire ce que je pensais, au fil de l'eau, des évènements qui se sont déroulés et des réactions dont on a pu être témoins, évènements et réactions qui auraient très largement mérité attention et commentaires de ma part. Beaucoup de mes amis blogueurs l'ont fait. Merci à eux, mais je me suis senti (et je me sens encore) frustré d'avoir été contraint au silence par manque de temps...

Désormais moins bousculé dans mon emploi du temps, je saute sur le loisir qui m'est enfin rendu pour fermer la parenthèse. Je ne reviendrai pas sur ces deux mois d'une intense foire d'empoigne politique, économique, financière et judiciaire, sauf pour dire que mon propos d'aujourd'hui m'a été directement inspiré par ces évènements-là, et qu'il est l'expression de ce qu'ils m'inspirent.

Il faut noter tout d'abord que je n'avais de toute évidence aucunement tort de dire que nous étions à l'orée d'une crise économique sévère et que la crise financière servirait à en masquer les véritables raisons.
Nous sommes malheureusement devant l'évidence que cette crise économique, qui avait commencé bien avant l'éclatement de la bulle financière américaine, est très profonde, bien plus peut-être que nous ne pouvons le percevoir encore aujourd'hui, et qu'elle aura (qu'elle a déjà) des conséquences hautement négatives sur la vie de tous les jours de chacun d'entre nous.

Il est moins évident qu'elle n'a pas pour point de départ la crise financière, et que cette dernière a tout juste "jeté de l'huile sur le feu". Il n'est pas encore évident non plus pour tout le monde que les pouvoirs politiques, partout dans le monde et particulièrement en Occident, s'en servent pour masquer le fait que leurs erreurs en sont la cause principale.

Je maintiens avec beaucoup d'autres que les politiques dirigistes de nos gouvernants, y compris de ceux qui se voient taxés de soi-disant libéralisme à longueur de temps, et je pense particulièrement aux USA mais les états d'Europe ne sont évidemment pas exempts, que ces politiques donc, menées à grands renforts de prélèvements obligatoires, de contraintes liberticides et de réglementations paralysantes, asphyxient les économies, annihilent les initiatives, et sont à la base de la faillite d'une mondialisation qui aurait dû être au contraire la source d'une développement sans précédent sur toute la planète. Seuls certains pays l'ont bien compris, même s'ils n'ont pas encore atteint le niveau de libéralisation souhaitable de leurs économies, et ce sont ceux, comme par hasard, que l'on qualifie à juste titre d'émergeants : la Chine, qui est en train, à trop petits pas, d'abandonner son économie collectiviste et planifiée, l'Inde qui s'ouvre avec bonheur à la liberté d'entreprendre, le Mexique qui copie, malheureusement pour lui, y compris les erreurs de l'Oncle Sam, et même la Russie qui peine à éradiquer les vieux démons de l'ex-URSS mais qui semble cependant sur le bon chemin.

Malgré ce constat évident pour peu que l'on veuille bien examiner les choses de l'oeil froid et impartial du témoin sans préjugés, on entend à n'en plus finir les anti-libéraux de tous poils profiter avec opportunisme de la crise actuelle, et de son traitement par les pouvoirs politiques, pour se vanter d'avoir eu raison de tous temps, pour crier la victoire évidente de leurs thèses, en stigmatisant ce qu'ils appellent la faillite du libéralisme, voire pour certains d'entre eux du capitalisme...

Un mot tout d'abord des interventions actuelles des pouvoirs publics. J'ai déjà dit largement ce que je pensais de l'injection par les gouvernements de capitaux publics dans l'économie. Je maintiens avec force que cet interventionnisme ne peut être que néfaste, pour les raisons que j'ai développées dans mes précédents billets. L'état n'a aucune légitimité à intervenir activement dans la sphère économique ou financière. Son rôle se borne, mais il s'agit d'une obligation incontournable selon moi, à en garantir le bon fonctionnement par l'édiction de règles strictes destinées à interdire les abus et à protéger ainsi les intérêts des citoyens, et par des contrôles efficaces de l'application de ces règles. C'est ce qu'on appelle communément la régulation, et que les autorités ont négligé dans les dernières décennies au profit de la réglementation, qui n'a pas de rapport avec la régulation et dont le but est notamment de profiter fiscalement de l'activité des opérateurs financiers sans souci de la sécurité des investisseurs, petits ou grands.

Mais nous sommes aujourd'hui devant une situation, directement induite par le laxisme que je viens de dénoncer, qui risque de mener à la faillite non seulement certaines banques comme on l'a dit, et comme a pu le constater pour certaines d'entre elles, mais par ricochet des pans entiers de l'économie dont les acteurs (les entreprises) dépendent directement de ces banques, en ce que ce sont elles qui, naturellement, distribuent le crédit indispensable à l'investissement quand ce n'est pas au fonctionnement des dites entreprises.
C'est en cela qu'on ne peut qu'approuver, avec moultes regrets mais avec pragmatisme, le principe des plans de soutien qui ont été annoncés. Même s'il y aurait beaucoup à dire sur leur contenu. A noter que ces interventions de fonds publics dans l'économie ne se conçoivent que temporaires et conditionnels. Les sommes injectées devront être remboursées la crise passée, et elles entraînent de la part de leurs bénéficiaires des comportements "de bon père de famille" comme disait jadis le code civil. La contrepartie de de l'aide publique étant une prise de participation dans le capital, temporaire je le répète, cette participation devrait être le moyen pour la puissance publique de s'assurer de ces bonnes pratiques. Encore une obligation à la charge des états, qu'on ne pourra pas leur pardonner ensuite de ne pas avoir assumée.

Quant au satisfecit des tenants d'une économie de forme collectiviste, je ne peux que leur conseiller d'être un peu plus modestes, et de ne pas penser trop vite qu'ils avaient raison, qu'ils ont raison, ni même qu'ils auront raison un jour. Ce que nous vivons n'est pas du tout la faillite des politiques libertaires (je veux dire par là des politiques respectueuses de la liberté), et encore moins la preuve par l'absurde (ce serait en effet absurde de le penser) que le socialisme (pour enfin prononcer le mot) est la solution.

C'est au contraire le manque de libéralisme qui a conduit à la catastrophe. Encore faut-il se mettre d'accord sur le sens du mot. Libéralisme ne signifie pas anarchie, et liberté ne signifie pas chienlit. Le libéralisme, ce n'est pas l'absence de règles, c'est l'institution des seules règles qui permettent de garantir la liberté et la sécurité des citoyens, et en particulier des acteurs économiques. Etre libre ne signifie pas avoir le droit de tuer son voisin (ni physiquement, ni socialement, ni économiquement), cela signifie avoir les mêmes droits que lui et cela suppose d'être tenu de respecter les siens.

Le respect de cet équilibre subtil est la charge qui pèse sur la puissance publique. Elle est sa seule raison d'être. Le rôle de l'état n'est pas de faire la morale, de penser à la place des citoyens, de les contraindre malgré eux à tel ou tel comportement, même si on pense que c'est mieux pour eux. Le rôle de l'état n'est pas de faire le bonheur de ses administrés. Ils sont assez grands pour savoir ce qu'ils veulent, ce dont ils ont envie et ce qu'ils veulent faire. Le rôle de l'état, c'est de leur permettre de le faire, en garantissant leur sécurité.
C'est ce qui n'a pas été fait sur le plan économique et financier et qui a provoqué la faillite d'un système bancaire dont les dirigeants ont enfreint les règles de sécurité propres à préserver les investisseurs, grands et petits. Au lieu de réguler, les états ont réglementé, et ce n'est pas du tout la même chose. De plus, ils n'ont pas suffisamment contrôlé, ni le bien-fondé des règles édictées, ni le respect de ces règles. Les états ont failli à leur devoir de base : celui de préserver et de garantir la liberté et la sécurité de leurs administrés. Ce n'est pas la faillite du libéralisme, c'est celle du dirigisme. Nuance.

Alors, cessez s'il vous plaît de crier haro sur le capitalisme et ce libéralisme que vous dites exécrer sans même vous donner la peine de comprendre ce qu'il est. Il est temps d'être sérieux et de ramer dans le bon sens. Il est temps de fermer la parenthèse...


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jeudi 2 octobre 2008

Et la fête continue...

Mon dernier billet, du 23 septembre, sur la crise financière américaine mondiale, a fait couler pas mal d'encre eu égard à la modestie de mon blog. Je n'en suis pas mécontent, au contraire, et je remercie mes commentateurs, même et peut-être surtout ceux qui m'ont contredit attaqué. C'est comme ça que naissent les débats constructifs intéressants.

En une dizaine de jours, la crise économique financière a suscité nombre de réactions, de rebondissements, de commentaires, et... de conneries monstrueuses.

Mais de tout ce brouhaha et de tout ce remue-ménage politico-médiatique, il ne ressort finalement qu'une "morale" (au seul sens des fabulistes, car il n'y a rien de très moral là-dedans finalement !) : comme à l'accoutumée, le monde politique n'a pas d'autre réponse, quel que soit le problème qui s'offre s'impose à lui, à savoir la fausse monnaie planche à billets et les déficits. Ce qui revient à faire payer le contribuable pour renflouer les éventuelles pertes présentes ou à venir de ce même contribuable. Cela revient à expliquer à celui qui aura perdu la moitié de ses économies comment il peut se refinancer lui-même avec ses impôts. Quelle action géniale, n'est-ce pas ?

Dans un premier temps, j'ai constaté avec étonnement que la Chambre des Représentants des Etats Unis avait pris une décision sensée, d'ailleurs soutenue par une large majorité d'Américains d'après les sondages, à savoir le refus de ce plan auquel Busch n'a même pas osé donner son propre nom, et qu'il a affublé de celui de son Secrétaire d'Etat au Trésor, ce qui ne lui a en rien donné plus de pertinence. Mais le Sénat américain hier et la même Chambre des Représentants cette nuit, ont finalement voté le plan. Et, cette fois, je n'en suis pas du tout étonné. C'est bien dans la logique de cette Amérique que beaucoup prétendent libérale, et qui en fait n'a qu'un credo : l'adoration du dieu Fortune. Ce n'est pas du libéralisme, ce n'est que de la boulimie de consommation.

Et ça n'a rien à voir...

Je sais que je vais faire bondir beaucoup de mes lecteurs en parlant ainsi mais, comme je l'ai déjà dit, déverser 700 milliards de dollars (que l'on n'a pas) à destination des établissements financiers responsables de la crise actuelle par leur prise de risque incompétence exagérée, c'est à la fois un forfait à l'égard du contribuable américain, un coup d'épée dans l'eau, et une incitation au crime.

En effet, ajouter 700 nouveaux milliards au déficit budgétaire fédéral, c'est appauvrir d'autant les contribuables. C'est en outre inopérant, dans la mesure où ces capitaux publics ne suffiront en aucune manière à sauver l'économie, même s'ils donnent de l'oxygène à court terme aux institutions bancaires américaines. Ils les sauveront peut-être de la faillite, mais ils ne permettront certainement pas de faire renaître la confiance, condition sine qua non au redémarrage d'une économie mondiale tout bonnement stoppée par le coup de tonnerre financier qu'on vient de vivre.

Et surtout, c'est donner un signal désastreux aux responsables de la situation actuelle. C'est dire aux dirigeants des banques : "Allez-y, ne vous en faites pas, continuez à faire n'importe quoi. L'Etat sera toujours là pour couvrir vos erreurs." Non seulement l'Etat les Etats n'est ne sont pas capables d'exercer sa leur mission de protection de la propriété privée du citoyen en faisant la police qui est sa leur raison d'être, mais encore ils couvrent les fautifs et les refinancent quand ils se sont crashés ! Avec l'argent du citoyen, évidemment. Ou plutôt avec celui de ses enfants compte tenu de l'état désastreux des finances publiques...

Mais le scandale que je dénonce ici ne se limite pas aux Etats Unis, et c'est pourquoi je mets les Etats au pluriel. La contagion tant redoutée au niveau de la mauvaise santé des systèmes financiers dans le reste du monde, contagion assez souvent peu probable finalement à grande échelle, est par contre avérée pour ce qui est des réactions des dirigeants politiques, à commencer par le nôtre. Avec la circonstance aggravante qu'il préside actuellement le Conseil Européen, et que donc il risque d'entraîner dans son sillage l'Union Européenne toute entière par l'entremise de la BCE s'il parvient à ses fins.

Tout d'abord, les états du Benelux nationalisent Fortis. Puis la Belgique (décidément !) et la France s'associent pour nationaliser à son tour Dexia. Il est vrai qu'en Europe, les nationalisations ont été de presque tous temps une maladie très répandue, mais on commençait à croire à la guérison. De toute évidence il n'en est rien, et le soi-disant libéralisme tant reproché à la Commission Européenne, à la plupart des Etats membres, et à la France en particulier, s'accomode de toute évidence assez bien des comportements collectivistes ancrés dans leurs cultures !

Non content de cela, on prête à Nicolas Sarkozy l'idée d'un plan, "à l'américaine" mais à dimension européenne, de soutien au secteur bancaire, à hauteur de 300 milliards d'euros. Le seul fait que Christine Lagarde dans un premier temps, et Henri Gaino ce matin, démentent chacun avec une ardeur courroucée, est peut-être bien le signe que cette éventualité n'est pas si absurde que ça...

Pauvres citoyens que nous sommes décidément. Pauvres épargnants d'abord, qui faisons confiance à notre banquier pour faire fructifier (!...) nos maigres économies. Pauvres investisseurs aussi, qui mettons lesdites économies, quand elles sont un peu plus importantes, dans des valeurs boursières que les irresponsables à qui nous confions nos intérêts dilapident sur des marchés hasardeux mieux qu'on ne pourrait le faire nous-mêmes au casino, et sans plus de conscience et de responsabilité (dans les deux sens du terme puisqu'ils ne risquent rien !). Et pauvres contribuables enfin à qui on vient prendre le peu qui reste pour refinancer les coupables !

On s'étonnera ensuite que la politique intéresse de moins en moins, et que l'abstention soit reine lors des scrutins importants...

Mais au-delà de ces constatations aussi alarmantes que pitoyables, j'ai bien peur pour ma part que l'attitude de nos dirigeants soit mue par une arrière-pensée plus alarmante encore.

Avez-vous remarqué avec quelle vigueur les responsables politiques français nous rabachent à longueur de temps que "le système bancaire français est solide", que "les banques françaises sont généralistes, et ne sont donc pas exposées autant que leurs consoeurs américaines", et "qu'il est donc inutile de s'affoler". Ca fait penser au nuage de Tchernobyle, mais je pense très sincèrement que le raisonnement n'est pas totalement fallacieux, et que l'on risque beaucoup moins en France que dans beaucoup d'autres pays, même européens.
Mais alors, pourquoi dans le même temps se sentir obligé de dire avec tant d'instance "que l'Etat garantira quoi qu'il arrive les avoirs des comptes courants et des comptes épargne", et "qu'il ne permettra pas qu'aucun Français perde un seul euro du fait de la défaillance de sa banque" ? S'il n'y a pas de risque d'incendie, alors pourquoi tant insister sur la performance des pompiers ? D'autant que c'est totalement contre-productif. Les citoyens ne sont pas que des imbéciles, et ils se disent instinctivement que s'il y a tant de garde-fous mis en place, c'est bien qu'il y a de la démence dans l'air. Or, je le répète, la confiance est le seul moteur de l'économie et de la croissance.

Eh bien voilà le coeur du problème, justement. Je pense que la crise financière que nous vivons trouverait tout naturellement son issue, même sans toutes ces interventions et même sans tout ce tapage électoraliste politique. Par contre, une autre crise bien plus sévère encore, et sur laquelle les politiques ne peuvent déjà plus grand chose, est enclenchée et ne fera qu'empirer, mécaniquement, au minimum dans les trois à cinq ans à venir. Et cette crise-là n'est pas seulement financière. Elle est économique. Elle est due en grande partie à la raréfaction des ressources énergétiques et des matières premières, en regard de la demande démesurément accrue (pays émergeants, augmentation de la population mondiale...), raréfaction pourtant parfaitement prévisible, sans aucun doute appréhendée depuis longtemps, mais à laquelle on n'a rien fait pour répondre. Et il sera certes commode, quand "on aura le nez dedans", de prétendre qu'elle sera due à la crise financière d'aujourd'hui. D'où la "nécessité" d'affoler l'opinion, quitte à aggraver encore la situation économique.

A force de vouloir intervenir sur tout, sauf sur les fondamentaux; à force de faire du social inopérant, coûteux et contre-productif, au lieu de mettre en oeuvre ses missions régaliennes; à force de penser plus au bulletin de vote qu'à la sécurité des citoyens, dont devrait faire partie une vraie moralisation des marchés; à force de se dire libéral tout en agissant en constructiviste acharné, l'Etat est passé à côté de sa raison d'être. Il s'est laissé engluer dans des actions indignes de lui, liberticides et déstabilisantes pour la société et le citoyen qu'il est sensé préserver.

Alors, faute de pouvoir agir, il en est réduit à faire semblant. Il fait les deux seules choses qui demeurent possibles pour lui : tenter de masquer par tous les moyens, y compris fallacieux, son incapacité à résoudre les problèmes, et payer avec des fonds qui ne lui appartiennent pas un semblant de stabilité.

Il échouera sur les deux tableaux. Mais en attendant, il "arrose" avec nos impôts. Et que la fête continue...


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mardi 23 septembre 2008

Capitalisme libéral et crise financière

Le 14 septembre dernier, je promettais un billet sur le sujet de la crise financière. Pardon pour le délai, mais tout arrive et je vous le livre aujourd'hui.

Pendant que je terminais son écriture, le Président du Conseil Européen (et non pas de l'Union Européenne comme il aime à s'en vanter à tort) prépare un discours devant l'ONU dont on nous dit qu'il comportera une prise de position, et peut-être une initiative. Si effectivement ce discours apporte quelque chose de neuf et d'important dans le débat, j'y réagirai. Mais je ne crois pas beaucoup à sa capacité d'influencer le monde financier, ni même le monde politique, planétaires. Et je ne suis pas certain du reste que les remèdes qu'il préconisera aillent véritablement dans le bon sens. J'ai cessé de croire à sa réelle volonté, ou à tout le moins à sa réelle capacité, d'aller au bout de la logique qui, pourtant, était la sienne affichée il y a encore peu. Qui vivra verra...

La crise que nous vivons (et non pas "que nous venons de vivre" comme je l'ai entendu ce matin encore) n'est ni plus ni moins que la conséquence logique, prévisible, et imparable, de comportements insensés de décideurs irresponsables. Que les anti-capitalistes de tous poils ne se réjouissent pas trop vite de mes propros : la suite va moins leur plaire...

Je l'ai encore écrit récemment : le capitalisme libéral est le seul système capable de favoriser efficacement, et je suis prêt à dire "de permettre", la mise en oeuvre de l'esprit d'entreprise, de créer des richesses de manière dynamique, et de permettre à chacun de profiter de manière juste des richesses produites.

L'être humain a ses caractéristiques naturelles incontournables qu'aucune théorie, aussi pensée et aussi sérieuse soit-elle, ne pourra pas plus changer que quelque législation ou quelque système politique que ce soit. Et parmi ces caractéristiques, il en est une qui est selon moi partie intégrante du concept d'intelligence dont s'enorgueillit notre espèce : chacun de nous a le souci de son propre intérêt, et quand nous faisons des efforts c'est avant tout pour profiter de leurs fruits. Obliger les individus à travailler dans la seule optique de la collectivité, et leur demander de faire confiance à cette collectivité pour subvenir à leurs propres besoins, est vain par avance, et je répète que c'est selon moi le signe d'une intelligence supérieure dont ne sont pas doués, par exemple, un chien de meute ou un loup, une abeille ou même un primate...

Ca ne justifie nullement des comportements du type "chacun pour soi", et la solidarité est également un signe d'intelligence. Elle est aussi une composante importante de l'humanisme dont je me réclame. Mais demander que chacun cesse de penser à lui pour ne penser qu'aux autres, ou même fasse passer couramment ses propres intérêts après ceux des autres, serait une hérésie, et le faire serait un signe de déficience intellectuelle.
Le capitalisme est un système qui permet à celui qui produit des richesses, à quelque niveau qu'il se trouve dans la chaîne de production, de profiter des fruits de son activité. C'est vrai pour l'investisseur qui voit son investissement valorisé et qui perçoit sa part des bénéfices sous forme de dividendes. C'est vrai aussi pour les salariés qui perçoivent leur part de ces mêmes bénéfices sous forme de salaire. Et plus on produit de richesses et plus il y a de fruits à se partager.

Dans un système collectiviste, les richesses produites sont mises en commun et partagées uniformément (du moins en théorie) entre les individus. Chaque individu n'a donc plus d'intérêt direct à faire des efforts de production, et c'est le meilleur moyen de démotiver tout le monde. On sait quel a été le résultat des expériences qui ont été menées en appliquant à la lettre ces théories, de l'URSS et de ses satellites à la Chine avant son virage capistaliste à la fin du siècle dernier.

Dit comme ça, on pourrait croire que "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes capitalistes". A ce stade de ce billet, beaucoup sans doute me reprochent déjà ce sophisme.

Comme toute construction humaine, la construction d'une société capitaliste comporte par nature ses erreurs, dont la première est sans aucun doute de ne pas appliquer correctement et complètement le principe qui la sous-tend. C'est ainsi que pas un seul pays au monde ne met en oeuvre un capitalisme économique "pur et dur", c'est à dire libre et sans contrainte, qui selon moi est contenu de manière implicite dans la doctrine libérale. Et, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, les entorses faites au système (capitalisme dont je parle ici ou libéralisme dont je parle souvent par ailleurs) ont deux conséquences immédiates et imparables : primo le fonctionnement est faussé et ses résultats dévalorisés; secondo les adversaires du système trouvent à profusion des arguments pour le dénigrer en "oubliant" évidemment de dire qu'il n'est en fait pas appliqué...
Voilà pour le capitalisme économique : le seul qui vaille car celui qui s'appuie sur la production de richesses dont il est chargé de réglementer la distribution entre les acteurs du marché.

Mais un autre aspect du capitalisme a vu le jour depuis longtemps, et a pris un essort sans précédent depuis la "révolution industrielle" au 19ème siècle. On l'appelle communément "capitalisme financier", et s'il est l'émanation du capitalisme économique dont je viens de parler, il en constitue une "verrue" que je qualifie de "tumorale", et je vais essayer d'expliquer pourquoi.

Je l'ai dit, le système capitaliste est le moyen de permettre aux uns d'investir et profiter de leurs investissements, et aux autres de travailler et de profiter des fruits de leur travail. Dans les deux cas, les bénéfices tirés de l'activité sont représentés par les richesses produites.

Pour permettre les échanges entre investisseurs, les titres de propriété des entreprises (les actions) sont placés dans des bourses d'échange où ils voient leur valeur fluctuer à la hausse ou à la baisse en fonction "du jeu de l'offre et de la demande" : plus il y a d'acheteurs potentiels d'une action donnée et plus sa valeur (son "cours de bourse") augmente. Inversement, si peu d'investisseurs se déclarent acheteurs, le cours baisse. Jusqu'ici, rien d'anormal. La prise de valeur d'une action est la conséquence de la bonne santé de l'entreprise, et donc de la production de richesses par cette entreprise. Il n'y a rien d'artificiel là-dedans.

Par contre, un autre aspect de l'activité de certains investisseurs est hautement condamnable en ce sens qu'il fausse délibérément le bon fonctionnement du système : je veux parler de la spéculation.

De quoi s'agit-il, expliqué simplement ? Il s'agit de faire monter artificiellement le cours de bourse d'une action pour la vendre plus cher qu'elle ne vaut, ou inversement de faire chuter son cours pour l'acheter "à vil prix", le tout sans aucun lien avec l'activité et la santé réelle de l'entreprise concernée. Les techniques qui permettent ces fluctuations articifielles des cours sont nombreuses, et certaines sont tout simplement illégales. Peu importe le détail de ces pratiques, c'est le principe de la spécualtion elle-même qui est un non-sens économico-financier.

J'en arrive à la crise que nous connaissons, qui de financière et liée à des opérations spéculatives est devenue économique, et je vais tenter d'expliquer pourquoi. Je sais par avance que beaucoup vont m'objecter que tout ça est trop simplement dit. C'est volontairement que je n'entre pas dans les détails et que je m'en tiens aux grandes lignes, au demeurant suffisantes pour expliquer.

A l'origine de cette crise se trouve ce que l'on a apelé "l'affaire des subprimes". Il s'est agi, pour les banques américaines, de profiter plus que de raison de l'essor du marché immobilier. Les prix de l'immobilier ont "flambé" d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique à cause d'une demande énormément supérieure à l'offre, et il n'y a rien là que de très normal. Mais en raison de cet état de fait, nombre de banquiers américains, parmi les plus importants, se sont mis à distribuer des crédits immobiliers à taux variables à n'importe qui et sans discernement de solvabilité. L'idée de base était simple : si le client ne peut plus payer, et comme la valeur de son bien prend constamment de la valeur, la banque aura tout loisir de vendre ce bien, sur lequel reposait évidemment le nantissement (la garantie) du prêt, pour récupérer son dû. Ces prêts étaient consentis à taux variable pour permettre à la banque de répercuter auprès de ses clients les variations possiblement importantes des taux d'intérêt.

Les taux d'intérêt ont effectivement évolué dans le mauvais sens, les échéances des prêts en question ont donc augmenté très considérablement, et un nombre très important d'emprunteurs se sont trouvés dans l'impossibilité de faire face à leurs obligations. Tant que les prix de l'immobilier montaient, les banques vendaient les biens nantis, les gens se retrouvaient à la rue mais les banques rentraient dans leurs fonds.
Mais toute embellie a un fin, et le marché de l'immobilier, en Amérique comme en Europe, s'est "retourné", et les prix se sont mis à chuter sans que les taux d'intérêt ne baissent. En conséquence les emprunteurs ne pouvaient toujours pas payer, mais les banques ne pouvaient pas non plus vendre les immeubles suffisamment cher pour entrer dans leurs fonds. D'où des difficultés financières très importantes pour beaucoup d'entre elles, et d'où des faillites en cascade.

Et le problème ne se limite pas à cette situation, déjà catastrophique. Les banquiers avaient en outre inventé ce qu'ils ont appelé la "titrisation" de leurs créances. Afin d'assurer un peu plus les risques fous qu'ils avaient pris avec ces pratiques tant hasardeuses, ils ont créé des "produits financiers", c'est à dire des titres de créance qu'ils ont vendus aux autres banques un peu partout dans le monde. De ce fait, quand les difficultés que je viens d'expliquer se sont fait jour aux Etats Unis, ce sont toutes les banques du monde ou presque qui se sont retrouvées avec des titres de créance qui ne valaient plus rien.

Or les banques, dans le monde entier, n'ont heureusement pas comme activité que de spéculer et espérer des bénéfices faramineux sur le dos de leurs clients. Elle font aussi leur métier, qui est essentiellement de financer par des prêts et moyennant intérêts (c'est là leur seule vraie source crédible et normale de revenus) les activités de leurs clients, que ce soit pour des opérations immobilières, pour des achats de consommation des ménages, ou pour les investissements dans les entreprises. Si un nombre très important de banques, et particulièrement les plus grandes d'entre elles, connaît de graves difficultés financières, elles se retrouvent de facto dans l'impossibilité de remplir ces missions qui sont les leurs naturellement.

Et c'est ainsi qu'aujourd'hui, il est de plus en plus difficile d'obtenir un prêt à la consommation (pour acheter un téléviseur, une voiture ou des meubles par exemple), de plus en plus difficile également d'obtenir un prêt immobilier pour faire construire sa maison ou pour la rénover, et surtout de plus en plus difficle pour les entreprises de financer leurs investissements (achat de machines-outils par exemple).

En conséquence, les marchands d'électroménager, l'industrie automobile, les marchands de meuble, entre autres, ne vendent plus. Leurs fournisseurs non plus. En conséquence également, les entreprises de bâtiment voient "fondre" leur marché. En conséquence toujours, les entreprises n'investissent plus et deviennent incapables de répondre aux besoins de leurs propres clients, etc, etc.. Sans oublier que tout le monde dans cette chaîne économique, voyant son activité diminuer considérablement, va devoir en tirer les conséquence sur le plan de l'emploi. D'où non seulement peu d'embauches, mais encore des licenciements...

Evidemment, tout ce marasme économique provoque une chute vertigineuse de la valeur des actions des entreprises, partout dans le monde, et comme une grande partie de l'épargne, les économies des ménages et les retraites complémentaires par exemple, est "assise" sur des actions en bourse, c'est également cette épargne qui "fond" à vue d'oeil, au rythme de la "dégringolade" des indices boursiers.

Moralité, si l'on peut dire dans une affaire qui en manque tant : une perversion par certains d'un système qui, à la base, est garant, tant qu'il est respecté, des intérêts et de la prospérité de chacun. Et cette perversion provoque une véritable catastrophe planétaire.

Je ne dis évidemment pas que cette crise dite "des subprimes" est la seule responsable de la crise actuelle : d'autres pratiques spéculatives, et pas seulement en Amérique, sont là pour l'alimenter encore aujourd'hui.
Si le capitalisme économique est, je le répète, le meilleur outil économique en ce bas monde, et si l'Etat n'a aucune vocation à y participer directement ni à en limiter la liberté d'action, il a par contre le devoir d'assumer sa fonction régalienne de garantie de la sécurité du citoyen et de ses biens. Et cette fonction recouvre la vérification du fonctionnement normal et honnête du système. Il dispose pour cela, dans tous les grands pays du monde, d'outils législatifs et d'organismes de contrôle qui, s'ils avaient été utilisés comme ils auraient dû l'être, n'auraient pas permis ces pratiques douteuses et ces prises de risques inconsidérées, et auraient ainsi eu toutes les chances d'éviter la catastrophe que nous vivons aujourd'hui.

Au lieu de cela, les états ont démissionné de leur mission de base, et ont laissé faire sans intervenir, eux qui pourtant sont si prompts et si enclins d'ordinaire à s'occuper de ce qui ne les regarde pas. Gageons que des raisons politiciennes (électoralistes) sont au minimum une des causes de ce laxisme. On pourrait aussi imaginer quelques "prises illégales d'intérêt" ou quelques "délits d'initiés". Mais je n'ai pas de preuve, et je ne m'aventurerai peut-être pas jusque là...

Aujourd'hui, les conséquences sur l'économie mondiale sont telles que tout le monde a peur. Le spectre de la crise de 1929 revient dans tous les commentaires, même si les causes ne sont pas les mêmes et que les effets ne seront donc pas les mêmes non plus (mais peut-être seront-ils pires ?).

Et ce qui fait peur aux citoyens fait peur aux politiciens : c'est le "syndrome du bulletin de vote". De ce fait, chacun y va de sa déclaration, de sa prise de position, et de sa "mesurette". Jusqu'au jour où, n'y tenant plus, le plus concerné d'entre eux, le plus près du problème de base aussi, et le plus responsable peut-être, "frappe un grand coup". En deux temps.

D'abord, il fait pression sur sa banque centrale (la Réserve Fédérale américaine), et elle consent un prêt d'un montant inégalé au plus gros banquier-assureur américain, AIG, proche de la faillite. J'ai soutenu, et je maintiens, que cette action n'était pas contre nature : il ne s'agissait pas d'une nationalisation puisque ce prêt, consenti en contrepartie de 80 % des actions de l'entreprise, était limité dans le temps. Il s'agissait donc bien d'une opération bancaire normale de refinancement, même si son montant était spectaculaire. Les autres grandes banques centrales ont d'ailleurs fait la même chose ou à peu près, en plus petit. A commencer par la Banque Centrale Européenne.

Mais ensuite, il "franchit le pas" et commet l'erreur du siècle en injectant des sommes colossales à fonds perdus, au nom du Trésor Public américain cette fois, et non plus de la banque centrale, et rachète purement et simplement les "créances douteuses" des entreprises bancaires les plus en difficulté. C'est de l'ingérence et de l'interventionnisme au premier degré, officiellement aux frais du contribuable mais en réalité par le jeu d'une aggravation du déficit du budget fédéral, qui pèse déjà de tout son poids faramineux sur l'économie mondiale. On viendra ensuite me dire que le libéralisme a tous les défauts, et que l'on peut les constater dans la société américaine soi-disant libérale ! Si, ça, c'est du libéralisme, alors je n'y comprends vraiment plus rien !..

Une dernière constation, bien peu optimiste : après un rebond spectaculaire de tous les marchés boursiers, ils sont aujourd'hui repartis à la baisse. Comme quoi l'interventionnisme des états est non seulement contraire à toute logique économique, mais encore inefficace. Je l'ai toujours dit. C'est ici flagrant. J'aurais pourtant, cette fois, préféré me tromper...


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dimanche 14 septembre 2008

Quelques précisions importantes.

Mon article du 12 septembre a provoqué, déjà, certains commentaires qui me poussent à y apporter quelques précisions.

1) Sur le revenu d'existence

L'orthodoxie libérale voudrait que je sois d'accord avec Criticus concernant le "revenu d'existence". En effet, rien au prime abord n'oblige, et même rien objectivement ne justifie à la base, le versement d'un revenu quelconque financé par l'impôt, et c'est une forme de cet interventionnisme que je dénonce à longueur de temps.

Au prime abord seulement, et au niveau de l'othodoxie seulement. Car en effet, le développement de nos sociétés, le niveau atteint par nos économies et celui des richesses qu'elles produisent, ne permettent pas à mon sens de supporter que des individus quels qu'ils soient se trouvent dans un état d'extrême pauvreté mortifère. L'image d'Epinal des mendiants aux portes des églises du Moyen Age, et la réalité des SDF qui meurent encore aujourd'hui dans nos rues, me sont tout simplement insupportables dans le contexte de nos sociétés évoluées.

Ceci étant, je suis totalement d'accord pour dire qu'"il faut travailler pour vivre". Je n'irai cependant pas jusqu'à dire qu'il faut nécessairement "travailler pour survivre". Ce n'est pas la même chose.

Le "revenu d'existence", idée qui n'est pas de moi (elle figure dans le programme d'Initiative Libérale) mais qui m'a séduit, ne doit évidemment pas être celui qui permet de vivre normalement à ne rien faire ! Je pense que l'on ne me fera pas l'injure de me prêter cette opinion. Très en-deçà du seuil de pauvreté (sans doute inférieur au RMI actuel), il ne serait destiné qu'à éviter les situations de désespérance qui peuvent aller jusqu'à la mort. Il y a des exemples à longueur de temps, et c'est, de mon point de vue toujours, totalement insupportable eu égard au niveau de civilisation qui est le nôtre.

De très faible importance, payé par tous et perçu par tous, y compris ceux qui le financent, soumis lui-même à l'impôt sur le revenu proportionnel, il ne représenterait pas, in fine, une charge très lourde, et ne comporterait surtout pas l'inconvénient d'inciter à ne pas travailler, puisque le salaire découlant d'un emploi, quel que soit son montant, viendrait par définition s'y ajouter. Il serait donc dans tous les cas plus bénéfique de travailler que de ne rien faire. Mais n'oublions pas les oubliés : ceux qui pour des raisons diverses et variées sont sans emploi à leur corps défendant. Ceux-là, nous n'avons pas le droit, même les libéraux dont je me réclame haut et fort, de "les laisser crever"...

Ca ne va en rien dans le sens d'une contestation du fait que "le travail est une nécessité pour vivre et que tout homme a le besoin de travailler pour se sentir bien", contrairement au préambule de l'intervention de Mathieu L sur son propre blog, qui se veut être une réponse à mon billet.

Il ne faudrait pas que Mathieu, que j'estime par ailleurs pour son esprit critique même si je ne partage absolument pas ses idées, confonde ma prise de position avec un éventuel "virage à gauche". Je répète que ce "revenu d'existence" n'est dans mon esprit qu'un mal nécessaire destiné à éviter le pire, et ne modifie en rien mes convictions libérales.

Toutes les objections contenues dans son article ne relèvent que de la philosophie collectiviste que je combats. En particulier, dire que ce revenu d'existence pourrait devenir un "super RMI" destiné à couvrir tous les besoins (alimentation, logement, transport, énergie...) est une déviation hérétique de mon propos. C'est le fruit du travail qui doit permettre à l'individu de subvenir à ses besoins, pas l'aide publique. L'activité, pas la charité. L'effort et la participation à la production des richesses, pas l'assistanat. Etre libre, c'est être responsable. Un être assisté, c'est le contraire d'un être responsable.

2) Sur les rôles "naturels" de l'Etat

Je suis à 100 % d'accord avec l'objection qui m'a été faite par le même Criticus : il faut y faire figurer l'éducation. L'éducation, et singulièrement l'instruction, sont une condition indispensable de la liberté des individus. Elle fait donc partie des obligations de cet Etat dont le rôle principal et quasi unique est de garantir ladite liberté. Ce fut, dans cet article, un oubli flagrant. Mea culpa !

3) Sur le financement de la protection sociale

L'un de mes commentateurs est revenu sur mon idée de calculer les "charges patronales" non sur les salaires, ce qui pénalise l'emploi, mais sur la valeur ajoutée. L'objection est de dire en substance que les entreprises ou les entités qui n'ont pas de valeur ajoutée ne participeraient pas au financement.

C'est vrai pour ce qui est des administrations et de certaines associations, c'est faux pour la plupart des entreprises. Il ne faut pas confondre valeur ajoutée et bénéfice. Une entreprise déficitaire n'est pas une entreprise sans valeur ajoutée. Si elle paie 100 € ses matières premières et qu'elle vend 120 € son produit fini, elle génère 20 € de valeur ajoutée. Et ce, même si elle ne fait aucun bénéfice, voire si elle fait une perte, à cause des diverses charges d'exploitation.

Cette précision technique posée, je n'ai conservé dans mon raisonnement cette notion de "charges patronales" que pour une raison pragmatique. Les charges "patronales" sont ancrées dans notre perception et dans la culture syndicale au point que les remettre en cause me paraît extrêmement difficile à envisager. Cependant, je suis bien d'accord pour dire, et je l'ai bien expliqué déjà, que ces charges ne sont "patronales" que de nom, et qu'elles sont in fine payées par le salarié, du salaire duquel elles sont déduites de facto par l'employeur.

L'idéal serait donc, en effet, de supprimer totalement ce distingo entre charges salariales et charges patronales, de verser au salarié l'intégralité de son salaire, c'est à dire le salaire brut augmenté des charges patronales actuelles, et comme je l'ai dit mettre en concurrence plusieurs entités pour garantir le risque maladie, la prévoyance et les retraites, avec bien entendu obligation pour le salairé de s'assurer, mais auprès de l'entité de son choix et pour les montants de son choix.

Ces quelques précisons étaient je pense nécessaires, et éclaireront mes prises de positions, que certains ont qualifié de "révolution", et que je qualifierai simplement pour ma part de réformes indispensables et urgentes.


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samedi 13 septembre 2008

Il serait temps d'en finir...

Chose promise, chose due : dans mon billet du 4 septembre consacré, sous les feux de l'actualité, au RSA, j'annonçais un billet de fond sur ce que je crois au sujet la politique sociale.

Si je voulais être strict dans la construction de ce billet, il conviendrait qu'en préambule, je dise quelle est ma position au sujet du rôle de l'état et de la puissance publique par rapport aux citoyens. Je pense cependant avoir déjà développé assez largement mes idées sur le sujet, et je ne vais que rappeler ci-dessous quelques billets qui les expriment :

Sur le rôle de l'état dans l'économie le 11 décembre 2007
Sur un montant commun à tous les minima le 26 décembre 2007
Sur l'économie budgétaire le 28 mars 2008
Sur la culture de l'assistanat le 1er juin 2008

Depuis ce billet du 4 septembre, de nouvelles annonces ont été faites par le gouvernement qui vont (encore et toujours) dans le mauvais sens. A commencer par ce projet de mettre à la charge de toutes les entreprises les frais de transport de leurs salariés, à hauteur minimum de 200 € par mois. Et remettez-moi çà ! Encore une louche d'assistanat s'il vous plaît ! Quand ce n'est pas à la charge de l'état, c'est-à-dire de l'impôt, c'est à la charge des entreprises, c'est à dire in fine du pouvoir d'achat des salariés... Car enfin, arrêtons de dire des idioties pour que les gens entendent ce qu'ils ont envie d'entendre : quand "le patron paie", c'est le salaire du salarié qui diminue d'autant ! Et c'est tout à fait normal. Gérer une entreprise, ce n'est pas jouer la femme du Larousse en "semant à tous vents" ! C'est au contraire faire en sorte que ladite entreprise soit financièrement saine, qu'elle fasse les bénéfices qui sont sa raison d'être, et qu'ainsi elle perdure.

Il est quand même spécieux d'entendre les acteurs sociaux, et singulièrement les syndicats, fustiger la mauvaise gestion de ses dirigeants quand une entreprise ferme ses portes, alors que leur action habituelle est de tenter d'obtenir des mesures qui relèvent directement de cette mauvaise gestion-là !...

Il en va totalement de même des aides sociales, des incitations fiscales et des subventions diverses et variées à la charge du budget de l'état ou des collectivités territoriales. Dans tous les cas, soit elles sont financées par des cotisations qui sont in fine à la charge y compris de leurs bénéficiaires, soit elles sont prises sur des fonds publics, c'est à dire sur l'impôt. C'est dire, donc, qu'elles grèvent dans tous les cas le pouvoir d'achat. Dire le contraire est un mensonge, et une tromperie éhontée...

Il serait temps d'en finir avec ces mensonges, et d'arrêter de "prendre les gens pour des cons", comme on vient élégamment de me le reprocher, évidemment à tort, dans un commentaire que j'ai reçu sur ce blog.

Il serait temps d'en finir avec l'arrogance, et d'arrêter de prétendre tout régenter "d'en haut", d'agir comme si les citoyens étaient des mineurs incapables, de se substituer à eux en les dépossédant de leur libre arbitre, et de faire les choix qui les concernent à leur place.

Il serait temps d'en finir avec les atteintes au droit de propriété. Le citoyen devrait demeurer maître de l'utilisation de ses revenus, qui lui appartiennent par définition. Au lieu de ça, l'état se comporte en racketteur, et spolie le citoyen d'en moyenne la moitié de ce qu'il gagne : les prélèvements obligatoires représentent bon an mal an 45 % du produit national brut, c'est à dire de toute la production de richesses dans ce pays. Source ici.Prétendre pratiquer ces ponctions autoritaires "dans l'intérêt général", c'est à dire soi-disant pour le bien des citoyens, est dans le meilleur des cas une tromperie, dans le pire des cas une escroquerie morale, et dans tous les cas un comportement dictatorial inadmissible.

Il serait temps d'en finir avec les redistributions et les transferts sociaux, décrétés selon des critères et sur un mode lui-aussi dictatorial. Prendre beaucoup à ceux qui ont plus que les autres pour redonner des miettes (parce qu'ils sont beaucoup plus nombreux) à ceux qui ont moins, revient à donner une prime au laxisme et à la passivité. C'est en tous cas le contraire de cette justice sociale et de cette sacro-sainte égalité dont on nous rebat les oreilles. L'égalité dont s'enorgueillit la devise de la république, c'est l'égalité de droits proclamée par la déclaration des droits de l'homme, pas une illusoire et impossible égalité de fait. Vouloir tout niveler d'un citoyen à l'autre, c'est tout niveler par le bas, et c'est porter une atteinte calamiteuse à la liberté, cet autre concept pourtant proclamé en tête de la même devise républicaine.

Il serait temps d'en finir, dans le même esprit, avec cet inepte système d'imposition progressive, caractérisée par les tranches de l'impôt sur le revenu. Car enfin, où est la justice fiscale quand certains individus sont totalement exonérés de l'impôt (revenu imposable inférieur à 5 700 € en 2007) et que d'autres sont ponctionnés jusqu'à hauteur de 40 % ? Source : ici. Le calcul donne 28 % dans le cas d'un revenu imposable de 100 000 €, contre 14 % dans le cas d'un revenu imposable de 12 000 €, soit exactement le double !

Il serait temps d'en finir, en outre, avec ces niches fiscales diverses et variées qui exonèrent de fait ceux qui ont la chance de s'y trouver. Les mauvaises langues ajouteront "ceux qui sont proches du législateur"...

Il serait temps d'en finir avec ces revenus de substitution extrêmement coûteux pour le citoyen actif, du RMI au RSA, qui sont une véritable "machine à exclure" en ce sens qu'ils démobilisent lamentablement les énergies de ceux qui en bénéficient, et qu'ils les enferment dans leur ghetto social sans espoir d'en sortir un jour. Malgré tous les vains efforts de leurs concepteurs, il sera toujours le plus souvent préférable, financièrement comme socialement parlant, de bénéficier de ces rentes publiques à ne rien faire que d'accepter un travail peu rémunéré. Sans préjudice du fait, chacun le sait parfaitement, que nombre des bénéficiaires "arrondissent leurs fins de mois" avec du travail clandestin auquel ils ont par définition tout le temps de se livrer...

Il serait temps d'en finir avec les dépenses somptuaires d'un état en faillite et de collectivités territoriales lamentablement gérées, avec des marchés publics aux procédures tellement complexes que les personnels ont le plus grand mal à les appliquer, et qui pourtant n'évitent en rien les abus, "pots de vins" et autres détournements et prises illégales d'intérêt. Les fonds publics ne sont pourtant pas la propriété des collectivités publiques. Ils appartiennent aux citoyens, à qui ils ont été ponctionnés par l'impôt, et sont sous la responsabilité écrasante des administrations qui devraient les gérer avec une rigueur extrême, ce qui est à l'opposé de ce qui se passe dans les faits. Si une entreprise, peu importe sa taille, gérait ses fonds comme le fait la puissance publique, elle ne "tiendrait" pas deux exercices comptables !

Il serait temps d'en finir avec ce déficit budgétaire infâme qui pèse sur l'économie, et qui alourdit mécaniquement le poids des prélèvements obligatoires. Il était de 51 milliards d'euros à fin juillet 2008 (source ici), soit environ 3 % du budget de la nation, et le déficit cumulé dépasse les 1 200 milliards d'euros, soit 65 % du produit intérieur (source ici) !

Il serait temps d'en finir avec les contraintes insupportables qui pèsent sur l'organisation du travail, et sur la teneur du contrat de travail. Ce dernier est, comme son nom l'indique, l'expression d'un accord contractuel entre l'employeur et son employé. Tant que les deux sont d'accord, on ne voit pas bien ce que la puissance publique vient faire là-dedans ! Il serait temps d'en finir avec les obligations en tous genres à la charge de l'employeur, notamment en matière de clause résolutoire (conditions imposées de la rupture du contrat, y compris du licenciement).

Plus il sera difficile de se séparer d'un salarié devenu en surnombre en regard de l'activité de l'entreprise, et plus cette entreprise hésitera à embaucher ce même salarié dont elle saura avoir ensuite le plus grand mal à se défaire le moment venu. Ce devrait être une lapalissade pour tout le monde. C'est aujourd'hui un concept honteux pour certains. Et pendant ce temps, le carcan du contrat de travail tel qu'il existe est une machine à créer du chômage...

Il serait temps d'en finir avec le SMIC, cette quasi exception française. Tant que le montant de la rémunération du salarié ne pourra être fixée librement de gré à gré, et tant qu'il sera plus rentable de faire travailler un Chinois qu'un Français à qualification et à temps de travail égal, il ne faudra pas s'étonner des délocalisations. Je sais parfaitement que, même en thérorisant l'absence des charges sociales lamentablement élevées qui pèsent sur les salaires européens, on ne pourrait pas rivaliser avec les pays que l'on nomme pour cette raison "à bas coûts". Mais une délocalisation n'entraîne pas pour l'entreprise que les avantages dûs à la différence de salaires.

Elle comporte bien des désavantages aussi, en termes de technicité et de culture d'entreprise notamment. Si la différence des coûts de main d'oeuvre comparés était raisonnable, un nombre non négligeable d'entreprises préfèreraient ne pas délocaliser. Le SMIC et les différents minima, issus des accords de branche ou autres, sont eux aussi des machines à détruire l'emploi.

En résumé, il serait temps d'en finir avec les demi-mesures et les réformetttes, et il serait temps de passer aux choses sérieuses !

Dans une société moderne et compte tenu de l'évolution favorable des sciences et des techniques, les conditions sont parfaitement réunies pour que l'organisation économique soit de nature, non seulement à permettre à chacun de vivre correctement du fruit de son travail, non seulement à permettre à l'état, via une fiscalité raisonnable, de faire face à ses obligations régaliennes, mais encore à mettre en oeuvre une garantie de survie pour chaque citoyen quel qu'il soit.

Encore faut-il en revenir à des notions simples et de bon sens :- L'Etat n'a pas pour vocation de se substituer à l'individu, au service duquel il doit être et pas l'inverse.- Ce même Etat doit se contenir à sa seule fonction naturelle, à savoir la garantie de la liberté des citoyens, qui passe par celle de la sécurité des biens (droit de propriété) et des personnes, à l'intérieur (police et justice) comme à l'extérieur (armée). Ce sont là les seuls domaines à financer par l'impôt.- Tous les autres "services publics" (entendez par là "services au public") doivent être ouverts au secteur privé, ce qui n'exclue pas des établissements publics, mais ces derniers financés par leurs usagers et non par l'impôt.

L'application de cette règle simple rendrait obsolète la très grande majorité des prélèvements obligatoires que nous connaissons aujourd'hui, et augmenterait mécaniquement dans une très large mesure les revenus effectifs des citoyens (ceux qu'ils perçoivent effectivement), et donc non moins mécaniquement leur pouvoir d'achat. Ils auraient ainsi, ensuite, tout le loisir et toute la possibilité de subvenir par eux-mêmes à leurs besoins, dans la mesure dictée par leur seul libre arbitre.

Concrètement, il s'agirait idéalement :- De réformer l'impôt sur le revenu en le rendant proportionnel, c'est à dire calculé selon un taux unique applicable à tous les revenus quel que soit leur importance, de 0 à l'infini.Cet impôt serait enfin juste et équitable, et sans doute de surcroît bien accepté par tous, comme l'est aujourd'hui la TVA.Sont taux devrait être contenu en-deçà de 20 %, à charge par les administrations de se gérer sur la base de cette seule ressource, laquelle serait non expansive sauf par le fait de l'expansion économique.- De supprimer toutes les aides sociales, crédits d'impôts, niches fiscales et autres subventions publiques. Et de supprimer par conséquent les cotisations qui vont avec certaines...- De les remplacer par un "revenu d'existence" d'un montant uniforme et versé à tous, sans condition de ressource. On garantirait ainsi à tous le "minimum vital", afin de ne laisser personne sur le bord du chemin, tout en supprimant l'incitation à ne pas reprendre un emploi pour ceux qui n'en ont pas. Ce même revenu d'existence, puisque versé à tous sans exception, permettrait la suppression pure et simple du SMIC, et la liberté totale de fixation du salaire entre employeur et salarié.

Concernant la protection sociale (maladie et retraite) :- De faire reposer les cotisations dites "salariales" sur tous les revenus, y compris bien sûr le revenu d'existence ci-dessus (même base que l'impôt proportionnel sur le revenu). Et ces cotisations devraient être versées par le salarié lui-même après qu'il ait touché son salaire entier, à la fois pour qu'il ait la pleine conscience de ce qu'il gagne effectivement et du coût de sa protection sociale, et à la fois pour permettre la mise en concurrence de plusieurs systèmes différents d'assurances santé et prévoyance et de retraites. Ce serait la fin de cet ogre macrophage et ingérable qu'est la Sécurité Sociale.- De faire reposer les cotisations dites "patronales" sur la valeur ajoutée et non plus sur les salaires. Cela présenterait deux avantages évidents : ne pas pénaliser l'emploi et faire cotiser toutes les activités, y compris à très faible utilisation de main d'oeuvre.

Le schéma que je décris ici est celui d'une société qui redonnerait enfin toute son importance à l'individu et au citoyen, lequel retrouverait toute sa liberté, tout en stimulant l'esprit d'entreprise et en éradiquant l'esprit d'assistanat qui sclérose notre économie et notre vie sociale.

Mais existe-t-il dans ce pays un seul décideur politique qui soit prêt à mettre en oeuvre une telle "révolution" dont la seule évocation, n'en doutons pas, va soulever des vagues géantes de protestations courroucées ?...

Nota : Je voudrais citer ici le blog d'Alternative Libérale, qui a travallé sur le même sujet dans cet article


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vendredi 5 septembre 2008

Petit billet pour une ire matinale...

Juste quelques lignes pour graver dans ce blog la trace d'un "coup de gueule" que je pousse presque quotidiennement en écoutant le commentaire de la météo sur France 2 le matin...

Je ne suis pas de formation littéraire, mais j'ai compris depuis longtemps que la langue était le principal pilier de la culture, en France comme ailleurs dans le monde. Que serait devenue, par exemple, la culture celte en France sans la langue bretonne ? Qu'est devenue la culture de la Grèce antique quand tout le monde de l'époque s'est mis à parler latin ? Que sera la culture française si demain tous les Français se mettent à ne parler qu'anglais ? Et que dire de cette pseudo-langue "charabiaesque" que l'on nomme quelquefois le "franglais" ?

Eh bien, c'est pourtant ce à quoi nous assistons à longueur de temps, et de plus en plus... Non contents d'utiliser des mots d'anglais plus ou moins (et plutôt moins que plus) "francisés", alors même que des mots français existent, nos journalistes de la presse parlée, dont c'est pourtant le métier de parler, et qui à mes yeux ont de ce fait une lourde responsabilité dans le maintien d'un bon niveau de qualité de la pratique de la langue française dans ce pays, se mettent maintenant à utiliser une syntaxe empruntée au monde anglo-saxon !

Je n'en veux pour preuve que cette formulation directement copiée de la locution américaine "due to", dont la signification exacte est plus proche de "En raison de [... quelque chose]" que de "dû à [... quelque chose]".

Cependant, au moins deux commentatrices de la météo (pourquoi particulièrement cette rubrique ? Je n'en sais rien.) utilisent la locution "dû à [...]" sans aucun discernement. Et c'est particulièrement agaçant !

Cette façon de s'exprimer est dans certains cas parfaitement conforme à la syntaxe française, comme par exemple dans une phrase du type "De très fortes pluies sont à craindre sur la région Nord Pas de Calais, dues à une dépression située sur le nord de l'Irlande, associée à une perturbation qui traversera le pays [...]". L'adjectif qualificatif "dues" est ici attribut du nom "pluies" (avec lequel il doit s'accorder), et c'est tout à fait correct.

Par contre, la forme de phrase suivante, entendue "à répétition" sur l'antenne publique, est parfaitement incorrecte et ne veut rien dire : "Dû à une perturbation associée à la dépression située sur le nord de l'Irlance et qui traversera le pays [...], on peut craindre pour la région Nord Pas de Calais de très fortes pluies [...]". Ici, l'adjectif "Dû" ne s'applique à aucun élément de la phrase, ni comme épithète ni comme attribut, et n'a donc aucune raison d'être. La phrase devient sans signification, sauf au prix d'un effort intellectuel destiné à "remettre les choses d'aplomb", effort que certains d'entre nous font instinctivement en raison de leur pratique plus ou moins courante de la langue anglaise (ou américaine). Mais la majorité "laisse passer" la faute sans la remarquer, et assimilent instinctivement cette fausse syntaxe à une formulation correcte.

C'est ainsi que meurent les langues, et avec elles les cultures... Et qu'on ne vienne pas me "remettre le couvert" de l'enrichissement de la langue par l'apport d'une langue étrangère. Dans ce cas précis comme dans bien d'autres, il ne s'agit pas d'un enrichissement mais bien d'une pollution ! Il y aurait enrichissement, comme dirait monsieur de La Palice, si cela apportait quelque chose. Ici, il n'en est rien. La formulation correcte existe bien en langue châtiée pour dire exactement la même chose. Cette manière de parler est tout simplement une faute de syntaxe et rien d'autre...



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