Les Anciens avaient inventé la Démocratie
Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...

mercredi 18 mars 2009

Aux armes, citoyens !

Et c'est reparti ! On devrait en avoir l'habitude, et je ne devrais même pas écrire sur le sujet, devenu d'une banalité à pleurer : demain 19 mars 2009 sera un nouveau jour de mobilisation syndicale. Entendez par là une nouvelle journée de galère pour les travailleurs (ceux qui bossent, pas les autres évidemment), de blocage pour l'économie française, de manque à gagner pour les entreprises, et par conséquent pour le trésor public, c'est à dire pour les citoyens, c'est à dire y compris pour les grévistes eux-mêmes. Mais sont-ils tous à même de réfléchir jusque là ?

En temps de crise (et celle-là, c'en est une !), on pourrait s'attendre à ce que tout le monde relève ses manches. Quand un orage se lève, le réflexe est de mettre à l'abri les objets sensibles à l'eau, pas d'arroser copieusement pour en rajouter...

Et bien, il faut croire que nous n'avons pas fait la bonne école, tous ceux qui comme moi pensent dans ces termes-là ! Soutenus par 74 % des Français selon un
sondage dont on nous rebat les oreilles, tout ce qui compte de forces soi-disant "progressistes" dans ce pays se mobilise pour ... cesser le travail et bloquer l'activité !

On va sans doute encore me reprocher de "taper sur les syndicats", dont je serais paraît-il un adversaire inconditionnel. Il n'en est rien, et ceux qui me connaissent savent que je les considère comme des institutions indispensables au bon fonctionnement de la démocratie. Encore faudrait-il qu'ils soient responsables et qu'ils restent dans leur rôle, deux conditions qui ne sont pas réunies en France, où ils ne savent que défendre leurs intérêts corporatistes respectifs au mépris des intérêts de ceux qu'ils sont sensés représenter. Les organisations en question n'ont de syndicats que le nom. La raison première en est sans doute leur trop faible représentativité, mais ce problème n'est pas celui que je me propose de traiter aujourd'hui.

Et d'ailleurs le sujet de ce billet déborde de beaucoup le cadre de l'action syndicale.

Car cette grève n'en est pas une au sens strict. Il ne s'agit pas, en effet, de faire pression sur un ou des employeur(s) pour obtenir des avantages ou pour les conserver. Il s'agit tout bonnement de faire pression sur le patronat, les pouvoirs publics, et en résumé sur tous les centres de pouvoir, pour en obtenir ce que l'activité économique n'offre plus suffisamment dans cette période de crise.

En d'autre termes, il s'agit tout bonnement d'une
grève contre la crise. Voilà un concept tout à fait novateur ! A quand une grève contre les mauvaises conditions météorologiques, l'épidémide de sida ou encore la pollution ?...

La réalité est bien plus prosaïque et beaucoup plus inadmissible encore : les syndicats sont totalement sortis de leur rôle, et il s'agit là d'une grève politique qui ne veut pas dire son nom.

La grève du 29 janvier dernier, sur le même thème, avait amené le "sommet social" du 18 février au cours duquel le gouvernement avait accepté 2,6 milliards d'euros de
mesures de relance par la consommation. Je n'ai pas besoin de répéter ici ce que je pense de telles mesures : totalement inefficaces sur le long ou même le moyen terme, et uniquement un cautère sur une jambe de bois à court terme, qui donne l'illusion, mais l'illusion seulement, d'un coup de pouce. Mais c'est ce que demandaient les "partenaires sociaux". C'est ce qu'ils ont obtenu. Et c'est ce qu'ils considèrent évidemment insuffisant...

Ils avaient prévu le "mouvement" du 19 mars dès avant ce sommet. Ils l'ont confirmé quasi immédiatement. Pas étonnant que Laurence Parisot dénonce "leur démagogie", même si je ne tiens pas à prendre exagérément position pour le Medef, qui n'est pas exempt lui non plus de critiques...

Il reste que, comme je l'ai dit plus haut, ce mouvement de grèves est politique avant d'être revendicatif. Il n'est qu'à voir les positions prises par les partis d'opposition, du PS au NPA et passant par le PC ou même le Modem. Le mot d'ordre est simple et récurant : le "tout sauf Sarko" de la campagne présidentielle n'est pas mort avec l'élection, et tous tentent de récupérer l'action pseudo-syndicale à leur profit. A commencer par Besancenot, qui s'est pourtant fait remonter les bretelles de son bleu de chauffe par François Chérèque.

Il est vrai que le danger venant de lui est des plus importants : la face cachée du mouvement est bel et bien la lutte contre un système, le capitalisme libéral, dont le parti du petit facteur poupin de Neuilly se fait le pourfendeur. Et il est bien normal que les forts en math de la planète rouge (ou rose) refusent une telle mise en facteur commun...

Plus sérieusement, on peut à bon droit se demander si tout ce beau monde est de bonne foi ou s'il ne fait que "surfer" sur la vague de mécontentement que provoque la crise économique. Car les difficultés sont évidentes, et il ne s'agit nullement de les nier. Il existe des situations catastrophiques pour nombre de nos concitoyens. Ca en signifie pas que des solutions existent pour tout le monde. Ca ne signifie pas non plus qu'il faille ne rien faire pour personne. Le gouvernement en a pris la mesure, ce me semble, et aussi inefficaces à moyen terme qu'elles puissent être, les mesures annoncées le 18 février vont dans le bon sens à très court terme. Et celles qui avaient été décidées avant, en soutien à l'investissement, auront sans doute encore bien plus d'effets. Elles auraient dû être de nature à permettre de calmer les esprits. Les responsables politiques comme syndicaux ont fait tout l'inverse. C'est le signe de leur incompétence et de leur inconséquence. Malheureusement, ils ne seront pas les seuls à en subir les dommages...

Car ce mouvement de mauvaise humeur ne résoudra évidemment rien, bien au contraire. Il n'assagira pas, par exemple, les manifestants radicaux de l'enseignement supérieur, ni ne feront cesser leurs exactions. Il ne résoudra pas non plus les problèmes rencontrés par l'usager des services publics, pourtant soi-disant "défendus" par les coureurs de rues de tout poil. Il ne pourra évidemment que favoriser les revendications inconsidérées et démagogiques de tous ordres, trop souvent relayées par les ministres eux-mêmes, que leur "patron" doit recadrer régulièrement.

Et en tout état de cause, il ne pourra que porter un nouveau mauvais coup à l'activité de nos entreprises, dont les dirigeants syndicalistes devraient pourtant être les premiers à savoir qu'elles sont les seuls garantes de la sortie de crise, et dès lors d'un bon niveau d'emploi et de pouvoir d'achat retrouvé pour leurs adhérents. Ce n'est certes pas en pénalisant leur activité qu'ils rendront service à leurs ouailles. Mais je suis convaincu qu'ils le savent très bien, et qu'ils disent le contraire dans le seul but de justifier leur propre existance, incapables qu'ils sont de le faire autrement...

Heureusement, malgré tous les reproches que j'adresse régulièrement à nos dirigeants, ils semblent sur ce coup-là vouloir garder le bon cap, et on peut espérer, raisonnablement toutefois (ils nous ont déjà souvent surpris dans le mauvais sens), qu'ils sauront s'y maintenir.

Certains maladroits appellent aux armes les citoyens. Leur jour de gloire n'est pas encore arrivé...

vendredi 13 mars 2009

Welcome

Je sais bien qu'on est déjà vendredi, et que l'actualité court à toutes jambes au point que presque plus personne ne prend le temps d'analyser vraiment, se contentant dans le meilleur des cas de réactions épidermiques là où il faudrait, au contraire, se poser des questions et chercher les réponses... C'est ce que, pour ma part, j'essaie de faire quand je réussis à en trouver le temps. Et c'est ce que je vais faire ici, même si beaucoup de mes lecteurs ont sans doute déjà tourné la page.

De quoi s'agit-il ? Du film Welcome, sorti sur nos écrans mercredi, et qui a suscité une vraie polémique. Ou plus exactement de cette polémique elle-même. Car je n'ai pas vu le film, et je ne sais pas s'il mérite le tohu-bohu qu'on a fait autour de lui. Ne serait-ce pas seulement une opération de promotion ? Ou bien les différentes interventions étaient-elles sincères ? Dans ce cas, on peut se poser bien des questions (encore...) sur les intervenants...

Le sujet est sensible : tourné à Calais, le film traite de l'immigration clandestine et des citoyens français qui aident illégalement les clandestins.

Tout a commencé par une interview de Philippe Lioret dans les colonnes du Nouvel Observateur, où le réalisateur du film dénonce ce qui est à ses yeux un scandale. Il y avait eu avant une interview du même Philippe Lioret dans La Voix du Nord au cours duquel il déclarait : "J'ai comme le sentiment d'avoir raconté l'histoire d'un type qui a protégé un juif dans sa cave, en 1943".

Eric Besson, ministre de l'immigration, s'indigne aussitôt à juste titre. D'abord sur FR3 ("Ce soir ou jamais" du 2 mars) puis quelques jours plus tard sur Europe 1. Il accuse Philippe Lioret de "dérapage volontaire". On pourra aussi lire à ce sujet, par exemple, les interviews du même Eric Besson dans le Nouvel Obs. du 7 mars ou dans Télérama du 12 mars.

Il s'en est suivi une déferlante médiatique, où nombre d'acteurs, réalisateurs, et autres journalistes, prennent la défense du réalisateur, et en profitent pour prendre position et dénoncer à leur tour leur "scandale des migrants".

Encore une fois, je n'ai pas vu le film. Je n'ai fait qu'entendre les critiques et quelques spectateurs. Je ne m'autorise donc pas à juger de son contenu, et je me bornerai à traiter du problème des "migrants", nouveau terme édulcoré utilisé en lieu et place de celui d'immigrés clandestins, ce dernier beaucoup plus conforme cependant à la réalité du phénomène.

Je ne reviendrai pas une nouvelle fois sur ce que je pense de l'immigration. J'en ai traité ici et là. Je n'ai rien à ajouter ni à retirer à ces deux billets.

Ce qui me pousse à écrire aujourd'hui est le sujet de la polémique : est-il légitime de poursuivre les citoyens qui aident les clandestins à se maintenir dans la clandestinité ?

Je n'ai que deux ou trois choses à dire sur le sujet, mais je tiens à les dire :

  1. Il est absolument indigne et scandaleux qu'un grand pays comme la France laisse vivre ces pauvres gens, victimes pour l'écrasante majorité d'entre eux de leurs "passeurs", dans les conditions de dénuement et de détresse, dans lesquelles ils se trouvent du fait de leur clandestinité. J'habite à quelques kilomètres de Calais, et il m'a été donné à de nombreuses reprises de le constater. Il y a vraiment de quoi avoir honte.
    Selon moi :
    - ou bien le clandestin n'a pas vocation à rester sur le territoire français pour toutes les raisons découlant de la législation française en vigueur, et il doit être expulsé sans délai vers son pays d'origine
    - ou bien cette expulsion n'est pas possible pour quelque raison que ce soit, et il doit être régularisé.
  2. Il est tout à fait normal que la loi réprime l'aide apportée aux clandestins dans le but de les cacher aux autorités de police. Toute entrave à la justice est condamnable, et celle-ci ne fait pas exception à la règle.
    Cependant :
    - Ca n'exclue pas de leur apporter à manger, à boire, à s'abriter, à se laver. Tout ceci relève de l'assistance à personne en danger.
    - Les dénoncer ou non aux autorités relève du libre arbitre de chacun. Je ne vois pas qu'il soit condamnable de se taire. On n'a pas affaire à des criminels, que je sache...
    - Mais les cacher volontairement et les aider sciemment à échapper aux contrôles n'est pas admissible. Que dirait-on de celui qui cacherait un cambrioleur ? Ou un incendiaire ? Peu importe la nature du délit, et protéger un délinquant est délictueux. Le simple citoyen n'a pas qualité pour juger de la gravité du délit. C'est à la justice, et à elle seule, de le faire.
  3. MAIS assimiler, comme l'a fait Philippe Lioret, la législation sur l'immigration clandestine aux lois antijuives de Vichy est proprement scandaleux.
    C'est faire insulte à l'héroïsme des résistants de l'époque qui, eux, ne protégeaient pas des délinquants de l'action de la justice. Ils protégeaient, au péril de leur propre vie, des innocents persécutés par un régime scélérat qui a fait des millions de victimes.
    Parallèlement, c'est assimiler le code pénal républicain à des lois immondes basées sur une idéologie raciste et criminelle. C'est tout simplement inepte. Et, pire, c'est porter atteinte à l'honneur du législateur.
    On a le droit de contester le bien fondé d'une disposition législative ou réglementaire ; on a le droit de manifester sa désapprobation ; on a le droit de vociférer ; on a même le droit de hurler dans les rues pour le dire. Nous sommes en démocratie, et on a le droit de s'exprimer. Certains diront "peut-être un peu trop"... Mais on n'a pas le droit de dire n'importe quoi, d'insulter qui que ce soit en publique, ni de porter atteinte à l'honneur de qui que ce soit.

Non, monsieur Lioret, vous n'avez pas le droit de parler comme vous l'avez fait. Vous n'avez pas le droit de porter un jugement aussi lourd qu'infondé sur la justice de votre pays. Votre film peut bien être un chef d'oeuvre. Il restera toujours entaché de vos propos.

mercredi 11 mars 2009

Bienvenue

Bienvenue sur mon blog nouvelle formule !

Mon ancienne plateforme (Canalblog) ne me donnait pas assez de latitude, à commencer par l'accès au code HTML...
J'espère que vous ne serez pas trop déroutés par la nouvelle présentation.
Le contenu ne sera pas affecté. Et je souhaite que vous veniez toujours aussi nombreux.
Très cordialement.

samedi 7 mars 2009

Tous fonctionnaires

La presse et les médias nous ont abreuvé pendant plus d'un mois de commentaires et de reportages, autant dithyrambiques que partiaux pour la plupart, au sujet des évènements que vient de vivre la Guadeloupe, mais à mon avis sans jamais aborder le problème le plus crucial que pose, non pas le mouvement en lui-même, mais la solution qui a été mise en oeuvre.
Et comme la Martinique a emboîté le pas de sa soeur caraïbe, que la Réunion vient d'enclencher son propre mimétisme, et que vraissemblablement les mêmes causes produiront les mêmes effets, c'est à dire que les "solutions de sortie de crise" seront sans doute, dans les deux cas, de la même eau qu'à Basse Terre, le phénomène ne fera qu'empirer.
On a entendu de nombreuses prises de positions, de nombreuses pseudo-explications, dont certaines contradictoires, en fonction notamment du positionnement politique de ceux ou de celles qui réagissaient dans les médias, journalistes ou hommes et femmes politiques.
Pour ma part, n'étant pas un spécialiste de l'économie des DOM-TOM, je me garderai bien de me prononcer sur les motifs profonds qui ont engendré le mouvement de grève et les manifestations de grogne qui ont enflammé ce département français pendant un mois et demi. Je ne me prononcerai évidemment pas plus sur leur bienfondé, et je me contenterai de dire ce qu'ils m'ont inspiré au long cours, au travers de ce que les journaux et la télévision nous ont distillé, c'est à dire au travers du prisme déformant de ces "faiseurs d'actualité" pas plus objectifs dans cette affaire qu'ils ne le sont habituellement, et donc avec toutes les réserves qu'il convient d'y mettre.
Tout d'abord, il m'est apparu évident, dans les reportages que j'ai pu voir, qu'il existe là-bas un problème social qui s'appuie sur deux pôles : un chômage éminemment plus important et un coût de la vie beaucoup plus élevé (de l'ordre de 40 % si j'ai bien compris) qu'en Métropole. Raison d'un "sur-salaire" de 40 % au bénéfice des fonctionnaires métropolitains en poste en Outre-Mer, "prime" qui pourrait bien, du reste, être contre-performante en ce qu'elle serait de nature à maintenir des prix élevés...
Ces deux facteurs seraient, nous dit-on, la base du problème. Je n'en suis pas si sûr : à entendre les vociférations de nombre de manifestants interrogés, il m'est apparu plus évident encore que cet état de fait n'avait servi que de détonateur, et que l'explosion était due essentiellement à la rancoeur des populations autochtones (si l'on peut dire, car issues de l'esclavage) à l'encontre des "Békés", c'est à dire de la classe dominante (économiquement et politiquement si j'ai bien compris) composée essentiellement des descendants des colons.
Cette impression, ressentie à l'écoute de beaucoup de commentaires de la population noire interrogée lors des reportages, vient d'ailleurs recouper ce qui m'a été relaté par plusieurs personnes de mon entourage qui avaient fait là-bas des voyages de villégiature, et qui m'avaient toutes rapporté que les populations noires donnaient le sentiment de n'avoir pas "tourné la page" de l'esclavage, et que leur rancoeur à l'égard de "l'homme blanc", et donc du "Béké" comme du Métropolitain, était demeurée entière. Encore une fois, je ne fais que rapporter des propos entendus, et dire ce que j'ai ressenti devant mon poste de TV. Ce n'est en aucune façon un jugement de valeur.
La question subsidiaire que je me suis posée, et que je me pose toujours à l'heure qu'il est, est de savoir s'il est pertinent de traiter ces territoires français situés à l'autre bout du monde de la même manière que s'ils étaient à quelques encâblures de la capitale. La départementalisation, telle qu'elle a été menée, n'était-elle pas, par nature, le germe des difficultés que connaissent ces îles aujourd'hui ? Ne serait-il pas plus pertinent de prendre pleinement en compte leurs spécificités, et celles de l'économie locale ? Est-il pertinent de ravitailler ces départements-là depuis la Métropole, c'est à dire à 8000 Km de distance, au lieu de le faire depuis le continent américain, situé beaucoup plus près ? Et pourquoi ne pas développer localement la production des biens de consommation chaque fois que c'est possible ? Je pense par exemple aux cultures vivrières. J'insiste sur le fait que ce ne sont là que des questions. Je n'ai pas les réponses. Mais ces questions-là sont en elles-mêmes importantes.
Beaucoup de mes lecteurs vont se demander, à ce stade, pourquoi j'ai "pris la plume" sur un sujet qui ne m'inspire que des questions, quasiment aucune réponse, et même aucune prise de position. J'y arrive.
Ce qui me choque le plus dans cette affaire, ce ne sont pas les troubles, le mouvement de grève, les manifestations (même si des exactions autant impordonnables qu'inutiles ont été commises "des deux côtés"), la manière dont les négociations ont été (mal)menées par le gouvernement comme par le patronat, ni même le ton carrément subversif et guerrier des slogans utilisés par le LKP. Tout ceci est plus que regrettable, et à certains égard condamnable, mais malheureusement habituel, même en Métropole, quand (c'est devenu la règle) un mouvement de revendication syndical ou social se transforme en combat politique.
Non, ce qui me heurte et qui est d'une gravité dont personne ne semble être encore conscient, c'est la nature de la solution qui a été trouvée. Car, mine de rien, il s'agit tout simplement d'un changement de régime. Pour la première fois dans l'histoire de la République Française, l'état se substitue aux entreprises dans le paiement d'une partie du salaire.
Ce n'est pas anodin, et c'est même un cataclysme politique. Quand j'ai entendu la revendication, je me suis dit, naïvement confiant, que nos dirigeants n'allaient certainement pas être suffisamment fous pour aller dans cette direction, et qu'ils allaient refuser tout net. Au lieu de ça, Yves Jego accepte, puis rappelé et désavoué par François Fillion, fait marche arrière, avant que, quelques nuits d'émeutes plus tard, le même François Fillion ne "mange son chapeau" et n'accepte, partiellement certes, mais accepte quand même les "exigences" des insurgés.
La valse-hésitation, en elle-même, n'a plus rien de choquant. On a maintenant l'habitude de voir nos fanfarons de Matignon ou de l'Elysée dire tout et faire le contraire de tout. Mais ce qui l'est, choquant, c'est la nature de l'accord conclu.
Car, de quoi s'agit-il exactement ? Les Guadeloupéens demandaient, depuis l'origine des troubles, un rattrapage de 200 € des "bas salaires" (1,6 fois le Smic quand même !), au motif de la chèreté de la vie locale. Jusque là, rien de choquant avant analyse : il s'agissait d'une revendication comme on en a entendu des centaines, justifiées ou non, peu importe sur le fond.
Mais le Medef local se refusant catégoriquement à cette augmentation des salaires, les émeutiers se sont mis à "exiger" que l'Etat Français paie ce que les entreprises ne voulaient pas payer. C'est cette "exigence" que Jego a eu l'imprudence d'accepter à demi-mot, avec le désaveu de Fillion suivi de, finalement, l'acception de ce dernier. Les 200 € en question seront versés, à raison de 100 € par l'état, à raison de 50 € par les collectivités locales (ce qui fait donc 150 € par mois sur des fonds publics), et seulement à raison des 50 € restants par les entreprises. Encore que toutes n'ont pas accepté cet accord. On peut donc craindre que les choses n'empirent encore...
On ne peut pas imaginer un instant que Matignon ait donné son feu vert sans l'accord de l'Elysée, et c'est donc in fine Nicolas Sarkozy, ce Président qu'on nous présente comme un libéral forcené, qui a fait basculer la République dans un gouffre collectiviste que je prévois sans fond.
Car n'en doutons pas, la Martinique et la Réunion suivront la Guadeloupe et exigeront le même traitement. Et, demain, pourquoi pas la Bretagne ou le Pas de Calais, où le taux de chômage et supérieur à la moyenne nationale, et pourquoi pas l'Ile de France où les prix sont plus élevés qu'ailleurs ? Et pourquoi se limiter à 200 € ? Et pourquoi se limiter à 1,4 fois le Smic (c'est finalement sur cette base que l'accord est intervenu en Guadeloupe) ? Il est bien évident que cette somme apparaîtra rapidement comme insuffisante, voire ridicule, aux yeux de tous ceux qui ont des fins de mois difficiles, y compris quand c'est à cause de leur propre mode vie ? Où s'arrêter, quand la machine est en route et quand le sentiment est cultivé qu'il suffit de descendre dans la rue pour obtenir quelque chose ?...
Après le déficit incontrôlé de la Sécurité Sociale; après le déficit pas plus contrôlé du budget de l'état; après le droit opposable au logement; après les subventions pharaoniques accordées aux secteurs en difficulté; après autant de postures propres à conforter le sentiment que l'état peut tout financer, et que les finances publiques sont inépuisables; une fois installées les habitudes du recours systématique à ces finances publiques pour boucher les "trous" de mauvaise gestion, que ce soit dans les entreprises, dans les administrations, ou pire encore chez les particuliers (voir pour s'en convaincre les statistiques du RMI et de l'assurance chômage. Voir surtout leurs durées moyennes d'indemnisation); après toute cette gabegie institutionnalisée, gageons que nous baignerons rapidement dans un système où l'état ne cessera de subvenir aux besoins les plus divers et variés, en donnant d'une main ce que, bien entendu, il sera bien obligé de reprendre de l'autre. Et où l'état sera donc, de facto, celui qui décidera à qui donner, et combien donner.
Ce système porte un nom : cela s'appelle le collectivisme. De l'Union Soviétique à ses pays "satellites", de Cuba à la Corée du Nord, et à la Chine avant qu'elle ne prenne un virage salutaire qu'elle n'a pas encore terminé de négocier, on sait tous pourtant que ce système ne conduit qu'à la misère, et accessoirement à la dictature.
Bien sûr on n'en est pas encore là. Bien sûr je vais me faire traiter de tous les noms en évoquant ce spectre. Bien sûr ce n'est pas dans les intentions de nos dirigeants. Bien sûr on n'a fait que mettre une première phalange dans l'engrenage...
Mais cette phalange-là y est bel et bien, et le risque est énorme sur le plan politique. Il ne l'est pas moins sur le plan des mentalités. Car elles sont hautement maléables, surtout dans le sens du moindre effort. Et l'expérience a prouvé à maintes reprises qu'il était difficile, voire souvent impossible, de revenir en arrière. Le candidat Sarkozy avait dénoncé la "culture du RMI" et avait prôné la "valeur travail". Le président qu'il est devenu institutionalise aujourd'hui la culture de l'assistanat et dénie les valeurs telles que l'indépendance et la liberté inhérentes à la propriété privée, notamment celle des entreprises. Quelle sera la marge de manoeuvre d'une entreprise privée dans laquelle l'état prendra en charge une part non négligeable de la masse salariale ? Quelle sera sa liberté de gestion ? Quelle pourra être sa politique en matière d'emploi ?
Nous sommes tous, depuis longtemps, des employeurs indirects compte tenu de la masse salariale de la fonction publique, que nous finançons par nos impôts.
Demain, nous serons tous à moitié fonctionnaires. Et combien de temps encore pourra-t-on dire "à moitié" ?


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lundi 2 mars 2009

Heureux anniversaire

Une fois n'est pas coutume : je vais aujourd'hui écrire un billet pour dire que je suis content ! Ca en étonnera peut-être certains, qui ont plus l'habitude de lire sous ma plume des "coups de gueule"...
Mais j'ai un anniversaire à fêter, et un anniversaire heureux : celui du réseau LHC !
Il y a un an, en effet, que Roman Bernard, de
Criticus, a créé avec Lomig, de Expression Libre, un nouveau réseau de blogueurs. Je connaissais l'existence de plusieurs de ces réseaux, et je n'avais alors adhéré à aucun. Pourquoi ?
Essentiellement parce que je suis un individualiste convaincu, les habitués de "Ce que je crois" le savent bien. Même si je sais que "l'Union fait la Force", je sais également que la fusion crée le flou, et que se mélanger avec d'autres, de si bonne qualité soient-ils, est susceptible de créer un "écran de fumée" qui masque les détails de sa propre personnalité. Si j'avais adhéré, par exemple, aux Kiwis, j'étais vu immédiatement, de facto, comme un Kiwi, et beaucoup moins comme moi-même, avec mes spécificités propres.
Alors, quand Roman m'a contacté, dans les toutes premières heures de son nouveau réseau, pour me demander d'y adhérer, ma première réaction fut de dire "non". Et puis je suis allé lire la
charte LHC, j'ai relu sous ce nouveau jour plusieurs articles de "Criticus" et plusieurs autres de "Expression libre", j'ai lu également la lettre d'intention de Lomig (Roman n'avait pas encore publié la sienne), et j'ai eu l'impression de découvrir quelque chose de nouveau.
Visiblement, LHC naissait, non pas comme un Nième cercle nombriliste et uniquement destiné à faire la promotion de ses membres, mais prenait le contrepied, justement, de ces deux défauts, défauts que je reprochais aux réseaux existants.
Les trois valeurs de base que défend la Charte LHC sont, de plus, trois valeurs pour moi fondamentales : liberté d'expression, humanisme et esprit critique devraient être, de mon point de vue, les trois pilliers qui devraient soutenir la ligne éditoriale de tout blog digne de ce nom. Malheureusement, trop de blogueurs se passent allègrement de l'une ou de l'autre, voire des trois à la fois. Afficher clairement le parti pris de les respecter me semblait une posture très séduisante.
Et puis l'offre qui m'était faite était flatteuse, et je reconnais bien volontiers que ça a joué dans ma décision. C'est donc finalement avec enthousiasme que j'ai donné mon accord.
Quelques jours seulement plus tard, j'ai reçu un nouveau courriel du même Roman, qui me proposait d'entrer au "comité directeur" du réseau. Et là, j'ai su que quelque chose d'important venait de se produire pour moi. C'est sans hésiter, cette fois, que j'ai accepté l'honneur qui m'était fait. Car je me sens plus naturellement "acteur" que "spectateur", et assumer des responsabilités au sein du réseau était pour moi une perspective heureuse.
Un an plus tard, quel est le bilan ?
Sur le plan personnel, je n'ai jamais eu la moindre raison de regretter ma décision. Je regarde très peu les statistiques de mon blog. Je ne sais pas trop si mon "audience" a augmenté, et encore moins si son éventuelle progression est due à mon appartenance à LHC.
Ce que je sais, par contre, quand j'écris un billet, c'est qu'il aura toutes les chances d'être lu par des gens qui ont toute ma sympathie d'une part, et d'autre part par des gens qui ne partagent pas forcément mes idées (c'est peut-être pour leur "parler", plus qu'à ceux qui pensent comme moi, que j'écris) mais qui viendront quand même me lire, encouragés en celà par la qualité des blogs LHC.
Et sur le plan du réseau lui-même, le mot qui me vient naturellement à l'idée est celui de succès. Pas seulement par le nombre de ses membres (nous sommes 30 aujourd'hui), pas seulement sur le plan de l'audience, grandissante, mais aussi et peut-être surtout sur le plan de la qualité des contenus et celle des relations entre les membres.
Trop éloigné géographiquement de la capitale pour participer aux rencontres LHC parisiennes, je n'en ressens pas moins la chaleur et l'enthousiasme des relations qui se nouent, et que j'ai le sentiment de partager à distance.
Politiquement, une majorité d'entre nous sont des libéraux, mais nous comptons aussi nombre de non-libéraux, et c'est ainsi que notre réseau se rit du traditionnel et imbécile clivage gauche-droite, et que le réseau est un espace de discussion et de débats tout à fait enrichissants.
Pour résumer, j'ai tout simplement envie de prononcer le mot de réussite. Sans oublier ceux du plaisir d'en être et du bonheur d'y participer.
Vous trouverez une évocation de cet heureux anniversaire sur le
portail du réseau.
À lire aussi, les articles de
Criticus, d'Aymeric Pontier, de Libertas, de Lolik, et de Lomig.


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jeudi 26 février 2009

La République des Blogs à Lille



La République des Blogs lilloise est renée de ses cendres le 28 janvier dernier. Nous étions 7 à nous y retrouver, et c’est déjà un bon début. Mais c’est insuffisant, et surtout assez étonnant : les blogueurs du Nord Pas de Calais seraient-ils si frileux, ou tant désireux de se cacher derrière leurs claviers ?...
Allez, soyons positifs ! Nous espérons bien que l’évènement créera la dynamique, et nous vous attendons nombreux lors de la prochaine édition.
Elle est fixée au
mercredi 18 mars 2009 à partir de 19h30
Le lieu est inchangé :
Restaurant Le Dracir12 rue Léon Trulinà Lille
L'endroit est sympa, ceux qui on répondu "présent" la dernière fois le sont aussi, et les rencontres sont forcément fructueuses.
Au 18 mars, donc.
Les blogueurs extérieurs à la région Nord PdC sont bien évidemment les bienvenus aussi. C'est à dessein, par exemple, que nous avons choisi une date différente de l'édition parisienne. Avis aux amateurs...


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mercredi 25 février 2009

Comment partager le gâteau ?

Dans un récent billet, j'ai annoncé que j'allais écrire un billet sur le sujet du partage des richesses. Je vous livre aujourd'hui le résultat de ma réflexion.
Tout d'abord, une évidence : le revenu du capital n'est pas indu. Investir son argent dans une entreprise, c'est par définition prendre un risque (celui de le perdre, rien que çà), et il est tout à fait naturel que ce risque soit rémunéré. C'est la raison d'être de ces dividendes d'actionnaires, tant décriés ces temps-ci où l'anticapitalisme primaire est de mise, sans aucun raisonnement cohérent d'ailleurs. Besancenot a un boulevard devant lui. C'est un véritable désastre intellectuel.
Ensuite, il faut avoir une idée bien claire de ce qu'est la valeur ajoutée et de la manière dont elle peut être répartie.
La valeur ajoutée est, schématiquement, la différence entre le prix de revient (achats de matières premières et coûts de fonctionnement) et le prix de vente (le chiffre d'affaires).
Dans le fonctionnement d'une entreprise, il y a trois types d'intervenants :
- le propriétaire (les actionnaires dans les grandes entreprises) qui apporte son propre capital
- les prêteurs (banquiers ou autres) qui apportent les fonds nécessaires à l'activité
- les salariés qui apportent leur travail
Parmi ces trois catégories, deux sont rémunérées forfaitairement par contrat : les intérêts d'emprunt vont aux prêteurs, et les salaires vont aux salariés. Dans les deux cas, il n'y a aucun risque encouru, et la rémunération est certaine quelle que soit la santé de l'entreprise. Au risque près de la faillite, dans laquelle tout le monde est perdant...
Le propriétaire, par contre, se rémunère (sous forme de dividende quand il est actionnaire) sur les profits, c'est à dire sur ce qui reste de la valeur ajoutée après paiement des deux autres catégories et des impôts et taxes. Ce qui signifie mathématiquement qu'il n'a de rémunération que s'il reste quelque chose... En outre, n'oublions pas les aléas boursiers. Les valeurs boursières, c'est à dire la valeur des capitaux investis en bourse, ont "fondu" de moitié en quelques mois ! D'accord, ça ne marche pas toujours dans ce sens-là ! Mais un salarié accepterait-il quelque chose de similaire ? Dans le bon sens, sans doute, mais dans l'autre, certainement pas !
Pour en revenir au schéma que j'ai brossé plus haut, il y manque un élément important, vital pour la pérénité de l'entreprise, à savoir les investissements. Car si l'on veut que l'entreprise perdure, non seulement il faut des clients qui achètent les produits, non seulement il faut des salariés qui fabriquent ces produits, non seulement il faut des banquiers qui financent les achats, mais encore faut-il que l'outil de travail soit maintenu en bon état, et qu'il évolue en fonction des techniques, des attentes de la clientèle, et de ce qui est proposé par la concurrence, tant en termes de qualité qu'en termes de coûts, c'est à dire de prix de vente.
Le schéma ci-dessus indique clairement que le seul poste sur lequel l'investissement peut être financé, ce sont les profits. Ce qui revient à dire que son financement vient en déduction du dividende de l'actionnaire.
Certains diront qu'il manque également, dans ce schéma, les organismes sociaux, dont les cotisations dites "patronales" sont un poste important de dépenses pour l'entreprise. C'est à dessein que je n'en ai pas parlé. Dans mon esprit, ces charges sociales patronales font partie intégrante du salaire. Le vrai montant du salaire est constitué par le salaire brut augmenté de ces charges soi-disant "patronales". Et la présentation absurde de la feuille de paie n'a pour conséquence que d'occulter aux yeux du salarié le coût réel de son poste, et de lui faire perdre de vue le montant de sa véritable rémunération. Les charges, si elles n'existaient pas, seraient autant de salaire qu'il pourrait gagner en plus. Mais combien en sont conscients ?...
Comme on le voit, le profit de
ne se partage pas : il est réparti par avance et contractuellement entre les acteurs de l'entreprise. Et quand notre Président de la République, l'autre jour, avance son idée de partage des profits selon sa règle des "trois tiers", il s'agit d'une hérésie économique qui ne résiste pas à la plus élémentaire analyse...
Pourtant, j'ai dit et je maintiens que l'idée n'est pas idiote. Où est l'erreur ?
C'est que l'interprétation qui en est faite, de cette idée, est largement fausse. Il a parlé des profits, pas de la valeur ajoutée ! Il s'agirait donc, selon lui, de répartir en trois parts ce qui reste de la valeur ajoutée après paiement des salaires (et donc des charges, je n'y reviens pas) et des coûts de fonctionnement (intérêts d'emprunts et autres).
Et j'ai dit que l'idée était bonne. Pas que le calcul était exact. Et encore moins que la mesure était juste. La répartition qui existe aujourd'hui de ce "gâteau résiduel" est très largement en faveur des salariés. Je vous invite pour vous en convaincre à relire
cet article du Monde qui l'explique fort bien.
Selon cette étude, et en moyenne sur l'ensemble des entreprises françaises, les salariés reçoivent 61 %, les investissements 32 % et les actionnaires 7 %.
En outre, il paraîtrait totalement anormal, et pour tout dire parfaitement inacceptable, que cette répartaition soit fixée autoritairement par la loi. Une entreprise est la propriété privée de ses actionnaires. Le respect du droit de propriété suppose la liberté de gestion et une telle disposition serait à mon sens tout simplement anticonstitutionnelle en ce qu'elle irait à l'encontre de l'exercice de ce droit. Les juristes me reprendront peut-être...
Par contre, l'idée selon laquelle la rémunération des salariés pourrait tenir compte des résultats de l'entreprise me parait, elle, une très bonne idée.
Les résultats de l'entreprise, bons ou mauvais, sont la conséquence des efforts de tous : les actionnaires qui engagent leurs capitaux, les dirigeants qui prennent les décisions stratégiques, les cadres et agents de maîtrise qui gèrent au mieux leurs départements respectifs, les techniciens qui font les efforts nécessaires pour que le travail rendu soit de qualité, les "cols blancs" qui gèrent les contingences administratives, etc...
Non seulement il me paraîtrait normal que chacun, à son niveau, profite du résultat de ses efforts, mais encore une telle forme de rémunération ne pourrait être qu'une motivation efficace pour la bonne marche de l'entreprise, c'est à dire pour ses performances, et donc pour ses résultats commerciaux, et donc pour l'emploi. Tout est lié.
Cette idée n'est pas neuve. Elle s'appelle la participation, et elle existe déjà dans un certain nombre de secteurs.
Mais cette participation, une idée du Général De Gaulle en son temps, reste une part très marginale de la rémunération là où elle existe, et a besoin d'un "coup de jeune". Pourquoi ne pas imaginer d'incorporer purement et simplement dans le salaire lui-même une part des résultats ? Pourquoi ne pas moduler le salaire en fonction de ces mêmes résultats ? Il faudrait alors partager, non pas les seuls profits, mais la valeur ajoutée elle-même, selon un plan de répartition à définir entreprise par entreprises et par un accord interne, entre salariés, investissements et actionnaires.
Le salaire fixe, non lié aux résultats, serait inférieur à ce qu'il est aujourd'hui, mais ces accords de participation "nouvelle formule" viendraient s'y ajouter, soumis évidemment au même traitement que le salaire de base en terme de cotisations, pour au final former un revenu plus conforme à la logique. Il en résulterait sans aucun doute une meilleure implication des salariés dans la bonne marche de leur entreprise, et une diminution radicale de cette impression qu'ils ont souvent d'être "exploités", en regard de la rémunération du capital.
Il ne s'agit là que d'une idée brute, à étudier et à débattre. Mais je suis convaincu que c'est la voie vers une meilleure compréhension du capitalisme par ceux qui aujourd'hui on tendance à s'y opposer, le plus souvent par ignorance et par manque d'implication.
Le capitalisme entrepreunarial est le meilleur garant du progrès social comme du progès technique. Encore faut-il qu'il soit compris par tous ses acteurs, et que chacun y trouve sa place sans avoir le sentiment d'en être victime.



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