Les Anciens avaient inventé la Démocratie
Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...

En complément de mon billet d'aujour'hui, et pour sourire un peu malgré tout...
Ce billet était publié sur mon ancien site. Commentaires ici
Surtout depuis le "krach" boursier et la crise financière mondiale que nous traversons, accusée à tort d'être à l'origine de la crise économique non moins mondiale que nous traversons également et qui plonge en réalité ses racines dans des politiques économiques aberrantes de bien plus longue date ; surtout depuis cela mais pas seulement ; depuis, juste avant, "l'affaire Kerviel", révélateur hautement médiatisé du "n'importe quoi" des comportements d'un certain nombre d'éminents acteurs de la haute finance ; depuis, donc, en résumé une petite année, nous n'avons droit dans les médias qu'à la longue litanie des commentaires du moral des Français.
Et ce moral serait en berne... A qui la faute ? La réponse est simple : à Emile Coué de la Chataigneraie (1857-1926). Ce docteur en pharmacie, et accessoirement en psychologie, est à la base de l'élaboration d'une méthode dont tout le monde ou presque connaît le nom, dont presque personne ne connaît la véritable méthodologie, mais que beaucoup, dont singulièrement les journalistes ces temps-ci, utilisent à tout va, du moins sous sa forme la plus répandue dans l'inconscient collectif, qui se trouve n'en être qu'une déformation édulcorée. Car la méthode du bon docteur Coué ne se limite pas à répéter inlassablement les mêmes idioties dans le but qu'elles deviennent sensées, et encore moins qu'elles s'avèrent réelles...
J'ajoute à la décharge des journalistes incriminés par mon propos (les plus nombreux) que c'est a priori sans intention qu'ils l'utilisent, cette méthode, et même qu'ils ne l'utilisent pour la plupart d'entre eux que sans le savoir.
En fait, c'est le sempiternel martellement des mêmes "informations", quand ce mot peut sans conteste s'appliquer à ce qu'ils disent ou écrivent, qui a l'effet décrit par le docteur Coué. Je ne prétends pas que nos "informateurs" ont l'intention de nuire au moral de leurs lecteurs en publiant ce qu'ils publient à longueur de temps, mais même sans intention l'effet est assuré, et avéré. C'est totalement inévitable, en particulier en raison de la psychologie commune au lecteur et à l'auditeur moyen. Comme le disait si bien Georges Duhamel (et rien n'a changé depuis sur le sujet) : "Ils ouvrent le robinet et ils boivent". Sans chercher à savoir si leur eau est polluée. Sans chercher à analyser ce qu'ils lisent ou ce qu'ils écoutent. Sans se rendre compte qu'ils se font manipuler. Sans avoir conscience qu'on les utilise à des fins plus ou moins avouables.
Et comme on nous rebat les oreilles de cette crise, bien réelle mais de laquelle on est parfaitement capables de sortir par le haut, notion qui n'apparait qu'en filigrane, et encore, dans la plupart des articles de presse ; comme, donc, on nous en rebat les oreilles à longueur de "Unes", de JT, d'éditoriaux et autres meetings politiques (les journalistes n'ont pas, en effet, le monopole de l'intoxication) ; comme cette "vérité" nous est assennée sans relâche, agrémentée de sondages d'opinions qui ne sont que le reflet de l'effet que cela produit sur "les gens" ; comme l'annonce permanente de la crise et du mauvais moral des citoyens ne peut qu'assombrir le moral des mêmes citoyens, nous nous enfonçons aussi sûrement dans la morosité et la dépresion que le Titanic dans les flots glacés de l'Atlantic Nord.
Je me suis pour ma part efforcé de m'extraire de cette spirale infernale, et je réussissais jusqu'ici à peu ou prou y parvenir.
Mais j'avoue que je commence à perdre pied. Il faut dire que, même si la situation n'est pas désespérée, même si des solutions existent, que tout le monde connaît ou devrait connaître, des solutions propres à non seulement sortir de la crise mais encore à profiter de cette crise pour balayer certains obstacles et avancer enfin dans la bonne direction, ces solutions qui motivaient essentiellement mon optimisme à contre-courant, je me rends compte de plus en plus que ni nos dirigeants ni mes concitoyens (et c'est bien là le pire) ne sont prêts à les mettre en oeuvre. Il semblerait même que ce soit exactement l'inverse qui constitue les aspirations d'une majorité d'entre eux. Et ce n'est pas de nature à nourrir mon optimisme dans un avenir qui, si la barre n'est pas vite redressée, m'apparaît maintenant, à moi aussi, bien sombre...
Il y avait des raisons d'espérer. Nos dirigeants, et pas seulement en France, semblaient avoir une vision saine des actions à mettre en oeuvre pour redresser le bateau à la dérive. Depuis quelques temps, il semblait qu'à de rares exceptions, les dirigeants de ce monde et singulièrement le(s) nôtre(s) aient enfin compris que le mythe de l'état providence n'était qu'un mythe, que le mirage de la relance par la consommation n'était qu'un mirage, que le creusement des déficits publics ne pouvait être que la source de difficultés suplémentaires, d'une aggravation notable de la crise qu'il était sensé "soigner", et que les décisions annoncées allaient dans le bon sens même si elles n'étaient ni suffisantes, ni parfaites évidemment, ni même assurées de succès à moyen terme. On entendait enfin un discours inspiré par le bon sens, je veux dire par ce qui est parfaitement évident pour qui a des notions minimales d'économie politique.
Relancer la consommation, c'est saupoudrer les citoyens d'une pluie trop fine de liquidités que dans le meilleur des cas ils utliseront derechef pour leur consommation immédiate, c'est à dire pour acheter des produits qui, pour la plupart, proviennent de l'étranger. Et donc sans aucun effet sur la production nationale, et donc sans aucun effet sur l'emploi, et donc sans aucun effet sur le règlement même partiel des difficultés. Et donc sans aucun effet sur le pouvoir d'achat, sinon à très court terme. Je veux dire de 24 h à 1 semaine, pas plus. Avec un impact désastreux sur les finances publiques, c'est à dire sur l'impôt, c'est à dire sur le pouvoir d'achat. Un cercle vicieux infernal... On en a pourtant eu plusieurs expériences cuisantes dans un passé récent, mais il semblerait que la mémoire des Français soit encore plus calamiteuse que beaucoup d'entre nous ne le savaient déjà. Dommage pour eux. Dommage pour nous...
Les "plans de relance" annoncés semblaient plus vertueux, avec des aides qui certes creusaient les déficits immédiats (sauf pour le(s) pay(s) qui avai(en)t des finances saines), mais qui d'une part n'étaient que prêtées moyennant intérêt, première vertu, et d'autre part étaient destinées à alimenter l'investissement et donc l'emploi, deuxième vertu, cardinale celle-là.
Parallèlement, et pour ce qui est de notre pays, le train de réformes en cours d'élaboration allait tout autant dans le bon sens, celui d'une modernisation des institutions et de l'économie, celui d'un assouplissement des contraintes administratives, celui aussi, ce qui n'est pas le moindre, d'une modernisation et d'un l'allègement des prélèvements fiscaux. Sans être idyllique, le tableau était séduisant, même si déjà des signes négatifs avaient été donnés à l'occasion de réformes déjà "mises en place", et qui s'étaient transformées en "réformettes" sous la pression, déjà, de la rue et de ces forces qui se disent "progressistes" mais qui étouffent dans l'oeuf toute vélléité de progrès...
Indécrottable optimiste, je voulais encore croire dans l'avenir, pensant (naïvement ?) que l'équipe dirigeante finirait bien par faire valoir ses arguments, que la majorité étant acquise au gouvernement tant à l'Assemblée que, dans une moindre mesure, au Sénat, et les Elus étant des gens sensés (naïveté, vous dis-je), "on" parviendrait à un ensemble de mesures qui, même si elles n'étaient au final pas la copie conforme des aspirations légitimes de ceux qui avaient voté majoritairement en mai 2007, donneraient à ce pays et à son économie le souffle d'air frais qui leur manquait.
Las ! Je ne sais par quel miracle inversé, je me retrouve aujourd'hui dans un état d'esprit bien différent. Je ne sais pas par quel "miracle", dis-je, mais je sais bien à cause de quoi.
Encore la presse ! Mais cette fois, je n'ai malheureusement pas l'impression d'être victime de la méthode Coué. J'ai malheureusement le sentiment que mon ressenti correspond bien à une réalité. Et ce n'est pas réjouissant.
De quoi s'agit-il ?
Pour des raisons ouvertement politiques, et pas du tout syndicales, les organisations appellent à une "grande journée de grève et de manifestations" ce jeudi 29 janvier. Jusque là, rien de bien nouveau sous le soleil. On a l'habitude. Ce n'est pas pour rien qu'un artiste tchèque a représenté la France dans un tableau allégorique accroché au fronton du Parlement Européen par une simple bannière intitulée "En grève" ! Belle réputation, parfaitement justifiée hélas...
Mais, je l'ai dit, cette grève-là n'est pas une grève comme les autres : elle n'a rien de syndical. J'ai déjà dit à plusieurs reprises ce que je pensais du droit de grève, particulièrement dans le service public mais pas seulement. Je n'y reviendrai que pour répéter que ce droit de grève, inscrit à juste titre dans la Constitution, n'a pour but que de permettre aux salariés de faire pression sur leur employeur en vue du règlement de difficultés dans l'application du droit du travail, et rien d'autre. Ici, rien de tout ça : les salariés sont appelés à faire grève pour "[...] agir massivement et interpeller les responsables gouvernementaux, les responsables patronaux et les employeurs pour [...] défendre l'emploi privé et public, [...] lutter contre la précarité, [assurer] le maintien du pouvoir d'achat [...]". Le PS de son côté, soutient la manisfestation et "appelle à une mobilisation sociale et politique". Rien de syndical donc, tout de politique ! Et tout simplement inadmissible, sinon anticonstitutionnel (à voir : les juristres qui me liront me rectifieront peut-être).
Ce n'est pas le sujet de ce billet, mais je tenais à insister sur ce point, qui pour moi est de la plus grande importance...
Mais il y a pire encore. Je lis ce matin dans la presse que cette journée nationale de protestation (je me refuse à parler de simple mouvement de grève) sera sans doute très largement suivie, et que "69% des Français la soutiennent ou «ont de la sympathie» pour elle" .
Et c'est bien là le fond du problème... Que les partis d'opposition s'opposent, que les syndicats mobilisent leurs troupes, même s'ils le font pour des motifs qui ne les concernent pas, que les députés et les sénateurs légifèrent y compris dans le chahut, y compris en usant de moyens hautement criticables tels que l'obstruction systématique, c'est dans l'ordre des choses et c'est leur rôle dans le fonctionnement de la démocratie (à l'obstruction dont je viens de parler près). Qu'une partie de l'opinion, à commencer par celle qui n'a pas mis en place le pouvoir actuel, s'oppose à la politique menée, qu'elle organise des manifestations de contestation, qu'elle défile dans les rues en criant même sa colère, tout ça est normal. C'est le jeu démocratique, et on peut parfaitement comprendre que ceux qui n'ont pas voté pour une politique se mobilisent contre sa mise en oeuvre. Que des individus n'aient pas les mêmes opinions, et les mêmes jugements politiques, que d'autres, est tout à fait normal, et il est du ressort de leurs contradicteurs de leur expliquer, démocratiquement, pourquoi ils ne pensent pas les mêmes choses. Qu'un socialiste combatte la politique de N. Sarkozy, et m'invective, possiblement vertement, parce que je défends mes idées libérales, contre lesquelles il se bat, je le comprends, je l'admets, et même je m'en réjouis : c'est le signe que nous vivons en démocratie, et accessoirment ça me permet de lui expliquer pourquoi il a tort (selon moi, bien sûr).
Mais qu'en mai 2007, 55% de Français, avec un taux de participation record, installent à l'Elysée un homme qui défend haut et fort un certain programme, que dans la foulée ils lui donnent une majorité très confortable à l'Assemblée, confirmant ainsi de manière éclatante qu'ils sont bien décidés à voir se mettre en oeuvre les réformes de fond dont le pays a un besoin urgent, et que moins de 2 ans plus tard ils soient près de 70% à descendre dans la rue une fourche à la main pour combattre le même homme et les mêmes idées alors que le peu de réformes déjà entreprises ne vont même pas, loin s'en faut et je suis le premier à le déplorer, au bout des intentions proclamées dans le programme électoral, c'est tout à fait incompréhensible et surtout, c'est de parfaite mauvaise augure pour la réussite de la transformation de la société sans laquelle notre pays s'enfoncera inexorablement dans une régression que beaucoup n'imaginent même pas.
S'il se confirme que les Français, dès les premières difficultés venues, dès pour certains le plus petit de leurs privilèges abolli (régimes spéciaux de retraites, niches fiscales, etc...), dès le train-train de l'assistanat remis en cause, dès le laxisme et l'absence de prise de responsabilité individuelle remis en cause également, toutes choses comprises dans le programme sur lequel ils s'étaient pourtant déterminés, s'il se confirme donc que dès lors tout le monde se rebelle, brûle ce qu'il avait adoré et se met à adorer ce qu'il avait brûlé (le keynésianisme, le constructivisme exacerbé, le laxisme budgétaire et le fiscalisme galopant notamment), alors il n'y a plus qu'à jeter l'éponge...
La France doit se réformer dans le sens de la vraie liberté d'entreprendre, de la pleine responsabilité des citoyens, de la réduction drastique du poids de la puissance publique (poids administratif comme poids financier), de la libération des énergies, le tout pour la rendre capable, enfin, de rivaliser avec le reste du monde, à commencer par nos voisins est-européens. Beaucoup de pays sont sur la bonne voie, et qui deviendront demain (dans quelques heures devrais-je dire, à l'échelle de l'Histoire), nos principaux concurrents, avec lesquels nous serons bien incapables de rivaliser. Le processus est déjà commencé.
Oui, je suis bien pessimiste ce matin. Si nous continuons sur cette funeste lancée, et si nos gouvernants n'ont pas le courage de la politique pour laquelle ils ont été élus, populaire ou pas au gré des humeurs, alors la France est un pays en voie de sous-développement.Ce billet était publié sur mon ancien site. Commentaires ici
Une fois n'est pas coutume : le texte que je livre aujourd'hui n'est pas de moi. Je l'ai reçu dans ma boîte mail, parmi tous ceux que nous recevons chaque jour et qui pour la plupart n'ont, au mieux, aucun intérêt.
Celui-ci, au contraire, avec lequel je me sens parfaitement en phase, soulève un problème auquel on ne réfléchit pas assez : celui de la passivité coupable. J'ai l'intention de revenir dessus plus profondément, mais pour aujourd'hui je tenais simplement à marquer ici l'intérêt que ce texte a suscité en moi.
Quand c'est trop tard, c'est trop tard
Un homme dont
la famille faisait partie de l'aristocratie allemande, avant la seconde guerre
mondiale, possédait un certain nombre de grandes usines et de
propriétés.
Quand on lui demandait combien d'allemands étaient de véritables
nazis, il faisait une réponse qui peut modifier notre attitude au regard du
fanatisme.
« Peu de gens étaient de vrais nazis » disait-il, « mais nombreux
étaient ceux qui se réjouissaient du retour de la fierté allemande, et encore
plus nombreux ceux qui étaient trop occupés pour y faire attention.
J'étais
l'un de ceux qui pensaient simplement que les nazis étaient une bande de
cinglés. Aussi la majorité se contenta-t-elle de regarder et de laisser faire.
Soudain, avant que nous ayons pu réaliser, ils nous possédaient, nous avions
perdu toute liberté de manoeuvre et la fin du monde était arrivée. Ma famille
perdit tout. Je terminai dans un camp de concentration et les alliés
détruisirent mes usines. »
Aujourd'hui, des « experts » et des « têtes bien
pensantes », ne cessent de nous répéter que l'Islam est la religion de la paix,
et que la vaste majorité des musulmans ne désire que vivre en paix.
Bien que
cette affirmation puisse être encore vraie pour beaucoup de musulmans peu ou
prou pratiquants, elle est totalement infondée. Elle cherche à nous réconforter,
et, en quelque sorte, à diminuer le spectre du fanatisme qui peu à peu envahit
la Terre au nom de l'Islam.
Les fanatiques qui gouvernent l'Islam,
actuellement, ont une volonté d'extension qui prédominera comme les nazis l'ont
fait.
Ce sont les fanatiques qui paradent et imposent leur loi aux modérés.
Au Darfour ils massacrent aux yeux de la terre entière.
Ce sont les
fanatiques qui financent les cinquante conflits armés de par le monde.
Ce
sont les fanatiques qui assassinent systématiquement les chrétiens ou des
groupes tribaux à travers toute l'Afrique et mettent peu à peu la main sur le
continent entier, à travers une vague islamique.
Ce sont les fanatiques qui
posent des bombes, décapitent, massacrent ou commettent les crimes d'honneur et
les représailles sanglantes.
Ce sont les fanatiques qui prennent le contrôle
des mosquées, l'une après l'autre.
Ce sont les fanatiques qui prêchent avec
zèle la lapidation et la pendaison des victimes de viol et des homosexuels.
La réalité, brutale et quantifiable, est que la « majorité pacifique », la «
majorité silencieuse » y est étrangère. Elle se tait et se terre parce qu'elle
sera la future victime jusqu'à ce qu'elle s'y associe.
La Russie communiste
était composée de russes qui voulaient tout simplement vivre en paix, bien que
les communistes russes aient été responsables du meurtre d'environ vingt
millions de personnes.
La majorité pacifique n'était pas
concernée.
L'immense population chinoise était, elle aussi, pacifique, mais
les communistes chinois réussirent à tuer le nombre stupéfiant de soixante-dix
millions de personnes pour imposer leur vision de leur société.
Le japonais
moyen, avant la deuxième guerre mondiale, n'était pas un belliciste sadique. Le
Japon, cependant, jalonna sa route, à travers l'Asie du sud-est, de meurtres et
de carnages dans une orgie de tueries incluant l'abattage systématique de douze
millions de civils chinois, tués, pour la plupart, à coups d'épée, de pelle ou
de baïonnette.
Et qui peut oublier le Rwanda qui s'effondra dans une
boucherie. N'aurait-on pu dire que la majorité des Rwandais était pour « la Paix
et l'Amour » ?
Les leçons de l'histoire sont souvent incroyablement simples
et brutales, cependant, malgré toutes nos facultés de raisonnement, nous passons
souvent à côté des choses les plus élémentaires et les moins compliquées : les
musulmans pacifiques sont devenus impuissants face à la vague islamiste.
Les
musulmans pacifiques deviendront nos ennemis s'ils ne réagissent pas, parce que,
comme mon ami allemand, ils s'éveilleront un jour pour constater qu'ils sont la
proie des fanatiques et que la fin de leur monde aura commencé.
Les
Allemands, les Japonais, les Chinois, les Russes, les Rwandais, les Serbes, les
Afghans, les Iraquiens, les Palestiniens, les Nigériens, les Algériens, tous
amoureux de la Paix, et beaucoup d'autres peuples, sont morts parce que la
majorité pacifique n'a pas réagi avant qu'il ne soit trop tard.
Enfin, au
risque de choquer ceux qui doutent que le sujet soit sérieux, qu'ils sachent que
c'est la passivité qui permettra l'expansion du problème.
Aussi,
défendez-vous un peu et propagez largement ce message, surtout auprès de vos
amis musulmans !
Ne rien faire, laisser dire, ne pas réagir, c'est laisser faire... Et c'est coupable !
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On reçoit tous, ces temps-ci, dans nos messageries électroniques, des manifestes, voire des pétitions, en rapport avec la guerre qui se déroule depuis une quinzaine de jours au Moyen Orient.
Je n’ai pas l’habitude de répondre à ce genre de mails. Cependant, dans le cas présent, je me sens obligé de réagir.
Je suis totalement d’accord avec le fait qu’Israël se comporte de manière criminelle dans la bande de Gaza, comme d’ailleurs il s’est historiquement comporté de manière, au minimum, illégitimement agressive dans bien d’autres cas. Ici, il dépasse les bornes de la simple inhumanité.
Mais je trouve absolument scandaleux que l’on n’entende dans les médias, comme dans l’opinion, et particulièrement dans la « blogosphère » et dans les « spams » dont nous sommes abreuvés à longueur de temps, que le même son de la même cloche. A croire que l’antisémitisme et l’antisionisme sautent sur « l’occasion » de cette Nème guerre du Moyen Orient pour s’en faire une Nème tribune destinée à leur permettre de crier haut et fort leurs idées calamiteuses. Mais on n’est pas obligés d’accepter, et pour ma part je n’accepte pas !
Peu me chaut qu’Israël ou le Hamas soient l’agressé ou l’agresseur. Peu me chaut la « motivation » de Tsahal (rappelons-nous au passage que ce mot hébreux signifie « écouter ». Drôle de manière d’écouter !...) ou celle du Hamas (en arabe, « Mouvement de résistance islamique ». Seulement « résistance », vraiment ???). Peu me chaut que l’un ou l’autre « ait commencé ». On se croirait dans une cour de récréation où l’un et l’autre, s’adressant à l’ONU : « C’est lui qui a commencé, m’Dame !... ». Une cour de récréation où il y aurait près d’un millier de morts en moins de 15 jours…
Peu me chaut que les USA, prisonniers de leur communauté juive plus nombreuse que les Juifs d’Israël, et plus influents aussi, n’osent pas lever le petit doigt au Conseil de Sécurité et n’aillent « courageusement » que jusqu’à s’abstenir lâchement lors du vote de la dernière résolution en date. Peu me chalent les arguments des deux antagonistes, que je voudrais bien pouvoir ne pas qualifier d’ennemis.
Peu me chaut en effet, car le fond du problème n’est pas là. Cette guerre, qu’un hebdomadaire américain vient de qualifier de « guerre de cent ans », n’a pas un siècle mais bien cinq millénaires. Ce n’est pas l’état d’Israël contre le Hamas, ni contre les Palestiniens. C’est tout simplement, qu’on le veuille ou non, qu’on ait le courage de l’admettre (et de le dire) ou pas, la guerre des Juifs contre les Arabes. Celle d’Israël (celui de la Bible, pas celui d’aujourd’hui) contre Ismaël et sa descendance. Et dans cette guerre fratricide s’il en est, cette guerre où s’applique sans restriction la loi du Talion (« œil pour œil, dent pour dent »), peu chaut à quiconque parmi les antagonistes que la « faute première » soit le fait de l’un ou de l’autre. Au contraire, toute « faute », toute « agression », tout missile lancé par l’un vers l’autre, tout mort du fait de l’un ou de l’autre, est réduit à sa qualité de prétexte à une autre « faute », à une autre agression, au fait de lancer un autre missile ou de faire un autre mort…
Aujourd’hui, à Gaza, des hommes, des femmes, et des enfants, meurent par centaines sous les bombes de Tsahal. Officiellement parce que les Gazaouis lancent des rockets sur le sud d’Israël. Plusieurs dizaines de rockets chaque jour. Avec des morts côté israélien. Moins nombreux que chez les Palestiniens, certes, mais des morts quand même. Que ferait le gouvernement français si nos amis belges, qui évidemment ne seraient plus nos amis, lançaient chaque jour quelques dizaines de rockets sur Valenciennes ? Tendrait-il l’autre joue ? Se contenterait-il d’une admonestation ? Et obéirait-il sans broncher à une résolution de l’ONU, votée avec la bienveillante et hypocrite abstention des USA ? Je ne le pense pas, et s’il le faisait, je serais le premier à lui reprocher…
Je ne fais pas ici l’apologie de la guerre, au contraire. La guerre est toujours la pire des solutions. Toujours la mauvaise solution à un conflit. Elle est toujours inutile. Car même si Israël détruit intégralement le Hamas, c'est-à-dire Gaza et les Gazaouis (rappelons que ces derniers ont élu le Hamas démocratiquement, et je ne pense pas qu’il s’en trouve une majorité écrasante aujourd’hui pour le condamner, au contraire), si même, donc, Israël « gagnait » cette guerre, on en reviendrait, dès la « fin des hostilités », à la « case départ », c'est-à-dire à l’antagonisme biblique qu’aucun conflit armé ne résoudra jamais.
Mais je me refuse à admettre qu’on ne représente toujours qu’un seul aspect de ce conflit, et toujours les mêmes « victimes civiles » (sont-elles vraiment toutes aussi « civiles » que ça ?) toujours du même côté. Des victimes, il y en a des deux côtés, et celles du côté israélien n’ont pas moins de valeur que celles du côté palestinien ! C’est insupportable de toujours entendre la même litanie de compassion pour les uns, toujours les mêmes, et d’injures pour les autres, toujours les mêmes également.
Les moyens mis en œuvre de chaque côté sont évidemment sans aucune commune mesure. Et j’ai pu lire ça et là des comparaisons allégoriques entre la nature de cette guerre menée par Israël et le principe de légitime défense contenu dans le droit civil. Et ces censeurs de proclamer, ce qui est vrai, « qu’il n’y a légitime défense que dans la mesure où il existe une similitude de moyens entre l’agression et sa réponse par l’agressé ».
Certes ! Mais je me refuse à admettre qu’Israël n’est qu’en état de « légitime défense » dans cette affaire. Si ce pays porte au pinacle des principes celui de sa sécurité, et donc de la défense de cette sécurité, je ne vois pas que cette défense ne soit que « légitime ». Elle est naturelle, et inhérente à l’existence même de tout état souverain. La seule notion de « légitimité » ne peut pas s’appliquer aux rapports d’état à état, et encore moins à ceux d’un état-armée comme l’est Israël (on a pu dire que ce n’était pas un état qui avait une armée, mais « une armée qui avait un état » !...) à un mouvement insurrectionnel et révolutionnaire comme l’est le Hamas. Israël dit ne pas se battre contre la Palestine et les Palestiniens, mais contre le seul Hamas. Or, il se conduit comme s’il voulait détruire, non pas le seul Hamas justement, mais la Palestine elle-même, en tant qu’entité politique mais aussi en tant qu’entité tout court.
Et c’est en cela que je condamne avec la plus grande sévérité l’attitude d’Israël. Mais je condamne avec la même sévérité l’attitude du Hamas, qui fait de même, et de manière tout à fait officielle, à l’égard de l’Etat juif.
Les deux adversaires sont également criminels, même si les moyens mis en œuvre ne sont pas les mêmes des deux côtés de la frontière. Gageons que si le Hamas avait des moyens équivalents à ceux d’Israël, il agirait exactement de la même manière, et avec la même barbarie. Il n’y a pas d’un côté les méchants agresseurs et de l’autre les gentilles victimes. Et brûler des synagogues en France n’aurait de sens, si toutefois un sens pouvait légitimement être trouvé à de telles actions abjectes, que si on faisait de même avec quelque mosquée.
Espérons qu’il ne viendra à l’idée de personne de le faire, mais le fait pour les journalistes comme pour l’opinion de se focaliser contre Israël en oubliant que le Hamas est moralement tout autant coupable des mêmes atrocités, n’est pas moins tendancieux que de ne s’en prendre qu’aux seuls lieux de culte des Israélites.
Peu me chaut que j’en choque certains avec ces propos pourtant de bon sens. La simple vérité, c’est que nous n’avons pas évolué d’un pouce depuis les temps bibliques, en passant par le 16ème siècle européen, et par même le 20ème en Irlande notamment : cela s’appelle des « guerres de religions », et cela nous (re)plonge dans les affres de l’obscurantisme. Serait-ce une des composantes de la nature humaine ? J’ose ne pas le croire, et croire au contraire que c’est la conséquence d’une évolution de la civilisation qui n’a pas su éradiquer les penchants belliqueux de cette nature humaine là. L’homme appartient au règne animal, mais se refuse à considérer qu’il est lui-même un animal. Il prend notamment pour argument sa capacité à concevoir et élaborer sa spiritualité. Or, c’est cette même construction d’une spiritualité, malheureusement trop souvent assise sur des socles religieux, qui lui sert de prétexte à la barbarie toute animale qu’il met en œuvre, de tous temps et en tous lieux…
« Paris vaut bien une messe », a dit notre « bon roi » Henri IV. Et de se convertir au catholicisme pour accéder au trône de France, promulguer l’Edit de Nantes et instaurer la paix spirituelle dans le pays. Jérusalem ne vaudrait-elle pas un effort de même nature ? Ni Israël ni le Hamas ne semblent le penser. On peut le regretter, c’est le moins qu’on puisse en dire… Ce billet était publié sur mon ancien site. Commentaires ici
C'est la semaine de Noël, et par définition celle où les retardataires comme moi vont se précipiter dans les magasins pour acheter en catastrophe les derniers cadeaux qui leur manquent.
Vus les problèmes de pouvoir d'achat dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles, problèmes que je ne nie évidemment pas, qui sont bien réels et qui sont même une calamité pour certains, mais dont l'évocation quotidienne crée selon moi une psychose inconsciente propre à accentuer encore l'impression de crise, et mécaniquement la crise elle-même, vus donc ces problèmes de pouvoir d'achat, je m'attendais à des rayons surchargés et à des allées clairsemées, les acheteurs boudant logiquement les "temples de la surconsommation" que sont les hypermarchés.
Que nenni ! Quelle ne fut pas ma surprise de constater le nombre hallucinant de ces retardataires de dernière heure ! On se sent moins seul, tout à coup, et pour tout dire un peu rassuré sur son propre comportement laxiste à l'égard de ses enfants et de ses amis...
Mais la première surprise passée, l'esprit d'analyse reprend le dessus, on ne se refait pas, et on se souvient en un éclair de cette morosité dont on ne cesse de nous parler, de cette crise économique qui fabrique des malheureux à la chaîne, de ces pauvres gens que l'on nomme les "travailleurs pauvres" et qui fréquentent les restos du coeur et la banque alimentaire, de ces reportages où l'on ne voit que de pauvres hères, de ces discours misérabilistes, et on se demande aussitôt si on est bien sur la même planète, si ces gens que l'on voit là, devant nos yeux, sont bien réels ou si les reportages dont je parle ne sont pas quelque peu "bidonnés".
Je sais bien qu'il ne faut pas se laisser aller à des raccourcis instinctifs, ni se laisser abuser par des apparences trompeuses. Je sais bien que j'ai là sous les yeux une infime partie des gens, et qu'ils ne sont pas forcément représentatifs de l'ensemble. Je sais bien que pour 10 de ceux-là, il y en a peut être 50 qui n'ont pas les moyens de venir ici, même pour acheter "une bricole". N'empêche : ça fait une impression bizarre, et on ne peut que se poser des questions... Je me rappelle avoir vu comme tout le monde les longues files d'attente qu'on nous montrait, files d'attente des Soviétiques devant les magasins alimentaires au siècle dernier (le 20ème : ce n'est pas si loin). Je me rappelle aussi le discours d'une certaine extrême gauche qui fustige le capitalisme et son lot de production de pauvreté. Et ce que j'ai là sous les yeux ne me rend pas enclin à les suivre sur ce terrain. Même si je suis aveuglé. Et même s'il y avait bien un SDF à l'entrrée du magasin quand je suis arrivé...
Bref, la crise existe bien, et les victimes en sont nombreuses certes, mais qu'on arrête de nous chanter sur tous les tons qu'on est au fond du trou et qu'on souffre le martyr...
Deuxième aspect de mon analyse instinctive de ce que j'ai sous les yeux : l'économie virtuelle. A mieux y regarder, il y a là, et avec les caddies les plus remplis s'il vous plait, des personnes qui de toute évidence ne "roulent pas sur l'or", comme disait l'autre. Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour déterminer du premier coup d'oeil si la tenue vestimentaire de tel ou telle est récente et sort d'un magasin chic (sans pour autant être de luxe), ou bien si elle date au mieux de l'an passé, et a été achetée au "deux fois neuf". Ce n'est pas faire injure aux "moins favorisés" que de dire que, malheureusement, "ça se voit". Et bien, je le répète, ces gens-là, que je respecte au plus haut point je tiens à le préciser, poussent en général les caddies les plus garnis. Je ne me lancerai pas dans une conclusion hasardeuse sur la seule base de mes premières impressions, mais il me vient quand même tout naturellement à l'esprit l'évidence que les CCAS et autres primes de Noël y sont pour beaucoup. Dois-je me dire avec satisfaction que mes impôts servent à quelque chose ? Car, ne nous y trompons pas, ces impôts-là se retourvent bel et bien dans ces caddies-là. Je ne porte pas de jugement de valeur sur le contenu des dits caddies. Quoique...
Troisième aspect de la même analyse, toujours aussi instinctive. Je regarde instinctivement le contenu de quelques caddies. Il y a là pas mal de jouets classiques, de jeux dits "de société", de jouets en bois et autres "légos". Les modes ne balaient pas toutes les traditions. Mais il y a aussi, en quantité non négligeable et au contraire, tous ces jeux électroniques "dernière génération" dont le prix n'a d'égal que leur peu de valeur. Il est hallucinant de voir à quel point la plupart achètent à prix d'or plour leurs enfants des objets dont il ne savent pas eux-mêmes ni les utiliser ni même de quoi ils sont constitués... C'est sans doute l'impact imparable de la publicité et des campagnes de marketing, alliées à la puissance de l'effet de mode, du "qu'en dira-t-on" et du "bouche à oreille". Mais s'agissant de ces produits en particulier, on ne peut selon moi que le regretter.
J'ai encore dans l'oreille l'excellente émission de Monique Canto-Sperber samedi midi sur France-Culture, qui traitait du sujet de l'identité, et et qui évoquait particulièrement les problèmes rencontrés dans la lutte contre la cybercriminalité à cause des identités virtuelles.
Dans la "vraie vie", nous avons une identité et une seule, dont nous ne sommes pas maîtres puiqu'elle nous est délivrée par l'autorité administrative. Il est à ce point extrêmement difficile d'usurper l'identité de quelqu'un d'autre que le droit est quasiment muet sur le sujet.
Dans le monde virtuel, à commencer par tous ces jeux et jusqu'au site "Second Life" sur Internet, non seulement on se construit une ou plusieurs fausses identités, non seulement on a la possibilité d'en user et d'en changer à volonté, mais encore on peut tout aussi aisément, avec un minimum d'habitude et de d'habileté, emprunter celle d'un autre et agir en ses lieu et place. C'est le problème que l'émission de France Culture soulevait essentiellement, celui d'une "morale virtuelle" totalement à contre sens de la morale du "monde réel".
Je ne vais pas m'étendre abusivement sur le sujet, mais voilà une pratique tellement répandue sur la "toile" et dans les jeux électroniques divers et variés que nos chères têtes blondes, qui sont nées avec ça et que l'on n'éduque pas aux dangers que cela représente, vont trouver toute naturelle, et que, gageons-le, elles auront bien du mal à ne pas tenter de transposer dans la "vraie vie". Elles se préparent de beaux jours, avec notre coupable complicité...
Une économie virtuelle ; une culture virtuelle... Attention au réveil, bien réel !
Et en attendant, joyeux Noël...Ce billet était publié sur mon ancien site. Commentaires ici
La cour de cassation, plus haute juridiction française en matière civile, vient de rendre un arrêt dont vont certainement se féliciter bruyamment les écologistes de tous poils. De quoi s'agit-il ?
Il s'agit de l'affaire de l'Erika, ce pétrolier affrêté par Total, qui avait sombré en février 2000 à quelques encablures du littoral breton, et avait provoqué une énorme marée noire.
La commune de Mesquer, en Loire Atlantique, a été la seule à se constituer partie civile pour obtenir le remboursement des frais de nettoyage de ses plages. Jusque là, rien d'anormal, et je considère même qu'il est tout à fait inadmissible de devoir attendre 8 années pour obtenir un jugement condamnant les responsables à indemniser les victimes. Après être passé par les tribunaux de commerce de Nantes et de St Nazaire, la cour d'appel de Rennes, une première fois la cour de cassation qui se "défosse" sur la cour européenne de justice, puis de nouveau la cour de cassation, qui vient de renvoyer l'affaire devant la cour d'appel de Bordeaux en cassant l'arrêt de celle de Rennes. Inimaginable et pourtant vrai...
Cependant, là où je me sens révolté, c'est moins sur la procédure que sur le fond. Je m'explique.
Dans son arrêt, la cour européenne rend implicitement Total unique responsable de la pollution, en lui imputant la charge de donner droit aux prétentions de la commune de Mesquer. Et notre cour de cassation lui emboîte servilement le pas.
Je ne suis pas juriste, mais en tant que citoyen cette situation me parait a priori totalement ubuesque. Total, dans cette affaire, était l'affrêteur de l'Erika, ni son propriétaire ni son armateur. Or, ce n'est pas la cargaison qui a causé le nauffrage, que je sache ? C'est exactement comme si le client d'un transporteur, dont le chauffeur ivre causerait un accident mortel, était rendu responsable de l'accident au motif que le chargement lui appartient et que la victime l'a reçu sur la tête !
En droit international comme en droit français, s'il me reste quelque chose de mes cours, le principe de responsabilité, au civil, repose sur trois "piliers" : un dommage, une faute, et une relation de cause à effet entre la faute et le dommage. Ici, la faute est prouvée. Je ne connais pas suffisamment le dossier pour savoir s'il s'agit d'une faute de navigation ou d'une faute d'entretien du navire. Le dommage lui-aussi est prouvé, c'est évident. Et la relation de cause à effet n'est pas contestable non plus. Il y a donc bien un responsable, qui doit prendre en charge la réparation (financière) du dommage. Tout ça est parfaitement évident. Ce qui l'est moins, c'est qu'on se trompe de fautif, et donc de responsable. Qui a commis la faute ? Soit le propriétaire du navire (s'il y a défaut d'entretien) soit l'armateur (en tant que commettant du capitaine du navire). En aucun cas l'affretteur !
Seulement voilà, qu'il s'agisse de l'armateur ou du propriétaire, nous avons affaire à des personnes, au sens juridique, qu'il va être bien difficile de faire payer ! L'Erika naviguait sous pavillon maltais, l'armateur était italien, la gestion technique était assurée par une société italienne également, tout comme la société de classification chargée des contrôles. Tout ce beau monde se rejette mutuellement les responsabilités, et c'est au final un imbroglio indémélable. Et quand bien même on arriverait à dévider l'écheveau, il y a gros à parier qu'on tomberait au final sur des insolvabilités notoires...
Alors, bien sûr, la solution est éclatante de simplicité : Total est une entreprise florissante, qui a pignon sur rue, et il est bien plus profitable de la déclarer responsable... Le droit dans tout ça ? Qu'importe ! L'application du désormais sacro-saint principe "polueur-payeur" oblige indiscutablement à trouver un "cochon de payant". Il est tout trouvé et il n'y a qu'à le décréter responsable de la pollution, contre toute logique. Lui, au moins, il est solvable, et on en aura enfin terminé avec les jérémiades des écolos. Eclatant de simplicité, vous dis-je !
Reste une inconnue : la décision qui sera rendue par la cour d'appel de Bordeaux. Mais je ne me fais pas beaucoup d'illusions...
N'étant pas juriste, je le répète, il est possible que je me trompe totalement sur le plan du droit. Si c'est le cas, nul doute qu'un spécialiste viendra me porter la contradiction. Il pourra toutefois difficilement me faire changer d'avis sur le plan de la morale.
Dormez en paix, peuple de France. Votre pays est un état de droit...Ce billet était publié sur mon ancien site. Commentaires ici
Dimanche 14 décembre - 17 h 45 - France 5 - Le plateau de Ripostes -
Tout d'abord, une interview, ou plutôt un quasi monologue d'Augustin Legrand, des "Enfants de Don Quichote". Des questions de Serge Moati. Des réflexions aussi, du même Moati. Un peu tendancieuses. Et le discours de Legrand. Des réponses ? Non, plutôt un discours. Toujours le même. Les sans-abri n'ont pas de toit. C'est une honte. Jusque là, tout à fait d'accord. "On" ne fait rien. "On", c'est l'Etat, bien sûr. C'est la ministre. C'est le Président. C'est le Trésor Public. "On" ne fait rien, et c'est scandaleux. Et là, je commence à ne plus être forcément d'accord. Je le connais, Augustin Legrand. "On" le connait... "On" sait bien ce qu'il y a derrière ce discours, toujours le même. Tout ce qu'il y met et qu'il ne veut pas dire tout haut. Tout son engagement politique. Au sens politicien du terme, j'entends. Au sens droite-gauche pour faire simple... Moati, comme d'habitude, il ne peut pas en placer une. Il répète ses questions, sans attendre que l'autre lui laisse la parole. Ca, il ne sait pas faire. Ils ne savent pas faire, respecter le temps de parole de l'autre. Ni Legrand, qui débite sa prose sans faiblir, ni Moati, qui se laisse toujours déborder. Rispostes, c'est un peu la foire d'Empoigne. On a l'habitude. Mais ce soir, ce n'est pas entièrement sa faute, à Moati. Il a forte affaire avec celui-là. Et puis, peut-être bien qu'après tout ça ne le gêne pas beaucoup. Le préambule était significatif : un long détour par les droits de l'Homme pour en arriver au droit au logement... Bien sûr qu'il y a un rapport. Mais un rapport seulement. Enfin... Je me suis vraiment demandé un temps si Legrand n'était en train de dire tout haut ce que Moati pensait tout bas...
Bon, ce n'est pas complètement idiot, ce que dit Legrand. C'est vrai qu'il y a des sans-abri et des mal-logés. C'est vrai que c'est insupportable compte tenu de notre niveau de civilisation. C'est vrai qu'on dépense des sommes folles, qu'on n'a pas, ailleurs. C'est vrai que les logements sociaux manquent cruellement. C'est vrai qu'il y a des logements vaquants à Paris, et pas seulement à Paris. C'est vrai qu'il y a des cadres qui habitent des HLM. C'est vrai qu'à cause de ça il y a des ouvriers et des RMistes qui vivent en centres d'accueil. C'est vrai qu'à cause de ça encore, par ricochet, il y a moins de places disponibles pour les sans abri. Mais c'est vrai aussi que ce n'est peut-être pas entièrement la faute de "on". Pardon, de la faute du Président, de la ministre, du trésor public... Peut-être qu'il y a aussi une situation économique qui n'est pas très bonne, et que ces petits cadres-là n'ont pas tous vraiment les moyens de se loger "en ville". On en reparlera plus loin. Peut-être que les propriétaires de ces logements vides, ils n'ont pas envie de voir n'importe qui s'y installer non plus. Après tout, ils en sont propriétaires, de leurs logements. La propriété, dans un état de droit, ça veut dire quelque chose, non ? Enfin, il y a pas mal de "peut-être" comme ça, si on réfléchit un peu loin que le bout de son canal St Martin ? Alors, évidemment, il y a la solution de facilité : débloquer des fonds, augmenter les budgets. Et puis acheter des logements (les construire, c'est trop long. C'est maintenant qu'il fait froid). Et puis pourquoi pas obliger les propriétaires à louer à n'importe qui ? Par solidarité. Des solutions de facilité, vous dis-je ! Ca va tout résoudre, ça. Sauf qu'il faudra bien payer les loyers, même si on réquisitionne. Ou alors, je ne sais vraiment plus dans quel pays je vis. Sauf qu'il faudra bien payer les vendeurs, si on achète. Sauf qu'il faudra bien payer les constructeurs, si on fait construire. Sauf que l'argent pour alimenter ces budgets, on ne l'a pas. Qu'importe, il n'y a qu'à créer un nouvel impôt. Il n'y a qu'à "faire payer les riches". On la connait bien, cette chanson là...
Sauf que les riches, il n'y en a plus. Je sais, il y en a déjà quelques-uns qui hurlent en lisant ça. Et pourtant c'est vrai. Et je m'explique. Quand on parle "des riches", la plupart des gens pensent aux vrais riches, ceux qui ont des revenus très élevés. Les clients de Robin de Bois, vous savez ? Et ceux-là, non seulement ils sont très peu nombreux, mais comme ce sont ceux qui font vraiment tourner la machine, "on" fait semblant de les protèger. Par des moyens divers et variés, ce ne sont pas eux qui paieront votre nouvel impôt ! Ce ne sont pas non plus les bas revenus. Ceux-là non plus, ils ne paieront pas votre impôt. Ils ne paient pas l'impôt, ceux-là. Ou alors, si peu...
Restent ceux du milieu : ceux qu'on appelle les "classes moyennes". C'est ceux-là qui paient le plus gros, l'énorme majorité, de l'impôt direct. C'est ce qu'on ose appeler la justice fiscale. Mais à force de justice fiscale, ils sont de moins en moins riches, ceux-là ! Pour ne pas dire de plus en plus pauvres. Et c'est pour ça que je vous dis qu'il n'y en a plus, des riches !
Et bien, c'est justement le sujet de la suite de l'émission de notre ami Moati, les "classes moyennes".
On commence par évoquer dans un reportage les troubles sociaux majeurs en Grèce. On essaie de nous expliquer le pourquoi du comment de ces troubles : les bas salaires des jeunes travailleurs, même diplômés, la corruption généralisée, le gouvernement qui n'a plus qu'une voix de majorité à son parlement, les citoyens qui n'ont plus confiance dans leurs dirigeants, etc, etc... On a connu la même chanson chez nous. Paroles et musique. Aujourd'hui on n'a plus la musique dans la rue, sauf les jours de grève. Mais les paroles sont les mêmes, la corruption en moins (peut-être). La grosse différence, c'est qu'on a le sentiment d'être gouvernés. Pas eux. J'ai bien dit le sentiment. La réalité, c'est une autre affaire. En France comme en Grèce et comme dans beaucoup de pays, les gouvernements parlent beaucoup, promettent beaucoup, et font ce qu'ils peuvent. Avec ce qu'ils ont. Et comme ils n'ont plus grand chose, ils font semblant de faire. Peut-être en France plus qu'en Grèce ? Je ne sais pas, mais il semblerait, puisque les Grecs n'ont plus l'impression, à tort ou à raison, que leur gouvernement fait quelque chose...
En filigrane, en ombre chinoise, se profile un commentaire plus ou moins explicite. La crise sociale en Grèce, dont les manifestations d'étudiants sont la face la plus visible, serait en fait avant tout celle de la "classe moyenne" : ceux qui souffrent le plus de la crise économique et de la gabegie politique et dont les difficultés feraient peur aux plus jeunes, derrière lesquels ils se cacheraient en encourageant leurs manifestations.
Même chanson, paroles et musique, vous dis-je. Car qui souffre le plus de la crise chez nous ? Qui sont ceux qui paieront au final les pots cassés ? Ceux qui les paient toujours ! Et ça s'aggrave à un tel point que ça ne peut que conduire à l'éclatement...
Depuis 20 ans au moins, cette "classe moyenne" est la seule qui ne voit pas son sort s'améliorer. On ne sait plus alimenter sa progression, comme c'était le cas depuis la fin du 19ème siècle. Les plus aisés voient leurs revenus croître dans des proportions que les plus pauvres trouvent indécentes. Les plus "défavorisés", comme l'on dit pudiquement, et même si je vais faire hurler certains que j'entends déjà, ne cessent de se voir distribuer de nouvelles aides dites "sociales". Et qui paie tant les premiers que les secondes ? Ceux que l'on appelle communément la "classe moyenne", pas assez riches pour profiter largement ni de l'expansion (quand elle existe) ni de la spéculation, et pas assez pauvres pour profiter des libéralités d'un pouvoir toujours prompt à jouer les Robin des Bois avec l'argent du contribuable. Mais quel contribuable, justement ? Pas les plus gros revenus, qui de niches fiscales en niches fiscales voient leur ecot fondre à souhait, et pas non plus les plus bas, qui s'en trouvent exonérés au nom d'une soi-disant justice fiscale qui fait reposer le poids de l'impôt sur une partie seulement au bénéfice des autres. Moins de 50 % seulement de la population qui paie 85 % des prélèvements. Quelle belle notion de justice en effet !
Une réalité dont on ne parle jamais : 17 % des salariés sont aujourd'hui payés au smic. Ils n'étaient que 14 % en 2002 (source : www.actuchomage.org/modules.php)
Ca signifie tout simplement que, en monnaie constante, le revenu des "smicards" s'est revalorisé beaucoup plus vite que les autres revenus. Ca signifie donc que cette classe moyenne dont on parle (le salaire médian en France est de 1500 € nets mensuels) voit son revenu régresser proportionnellement, alors que les autres revenus, dans le même temps, progressent tous. Une société dans laquelle "l'ascenseur social", comme on dit, est en panne et où on a plus de chance de voir progresser son (maigre) pouvoir d'achat quand on est en bas de l'échelle des revenus que quand on en est au milieu. Et ce sont pourtant ces derniers à qui on demande le plus gros effort. Les "vaches à lait" du système...
La conséquence de cet état de fait, c'est que cette "classe moyenne"-là ne croit plus en l'avenir. C'était elle qui portait l'innovation et la croissance. Et elle n'y croit plus. Je pense très sincèrement que c'est beaucoup plus grave encore que la crise économique elle-même. Car si personne n'y croit, il n'y a aucun espoir sensé d'en sortir.
Il est donc urgent de redresser la barre. La solution passe par une vraie justice fiscale : celle qui consiste, d'une part à ramener les dépenses, y compris sociales, à des niveaux supportables par notre économie même si ces niveaux paraissent insuffisants à certains rêveurs, et d'autre part à faire payer ce qui restera à tout le monde équitablement, c'est à dire proportionnellement à ses revenus. Le système des tranches d'imposition est un système tellement injuste par nature, qu'il est moralement insupportable. L'impôt proportionnel et supporté par tous sans aucune exception, et l'abolition pure et simple de toutes les niches ficales, est la seule solution pour qu'une minorité ne se voit plus exploitée au bénéfice du reste de la population.
Robin des Bois volait les riches pour donner aux pauvres. L'idée est déjà parfaitement contestable. Les gouvernants actuels volent les moins pauvres des "pauvres" pour donner aux autres, y compris certains "riches". Et c'est encore moins acceptable.(*)
Mais j'ai bien peur de me battre ici, comme un certain Don Quichote, contre des moulins à vents.
(*) Il est bien évident que j'emploie ici les termes "riche" et "pauvre" dans leur acception purement symbolique. Leurs véritables sens nécessiteraient une étude bien plus approfondie...
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