Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...
lundi 4 mai 2009
Je ne pouvais pas me taire !
Le terme même, autant que le concept, de « dirigisme libéral » est une hérésie, que pour ma part j’ai du mal à trouver « drôle » ou « réjouissante », à l'inverse de ce que j'ai pu lire au sujet de cet article dont j'ai hésité à fournir le lien ici. Elle le serait intellectuellement, si malheureusement elle n’était conceptualisée par des enseignants réputés de haut niveau ! C’est une honte pour la « qualité » de nos universités, et c’est lamentable de dogmatisme et de propagande politique (ce dernier mot pris dans son plus mauvais sens). Quoi de plus dirigiste, en effet, que les doctrines antilibérales qui refleurissent de plus belle ce printemps-ci ?
Je n’ai malheureusement pas le temps ces jours-ci (encore une fois…) d’écrire un vrai billet de fond. Sinon, j’en écrirais un qui serait une réponse à ce torchon. Quelqu’un d’autre s’en chargera-t-il ? Ce serait salutaire. On ne peut pas se contenter de répondre à l'absurde et à la propagande par le silence.
Encore mille excuses pour ce temps qui me manque cruellement. Mais je ne pouvais pas me taire tout à fait...
mardi 14 avril 2009
Scandaleux !
Le journal télévisé nous livre chaque jour, et plusieurs fois par jour, son lot de motifs de réprobations, et si je devais m'en offusquer ouvertement ici chaque fois, ce blog ne serait plus qu'un cahier de doléances qui ne manquerait pas de lasser mes lecteurs. D'autant qu'ils sont sans doute nombreux à ne pas avoir besoin de moi pour s'indigner devant leur petit écran à longueur de JT.
Mais ce matin, j'ai littéralement bondi devant Antenne 2, quand Nathanaël de Rincsin (pardon, peut-être, pour l'orthographe) nous a diffusé un reportage sur un Nième conflit où les salariés occupent et bloquent leur usine, et où un représentant syndical nous a expliqué avec emphase, comme s'il s'agissait d'un geste de bonne volonté remarquable, qu'ils ont décidé de ne pas séquestrer leur direction ! Faut-il les en remercier ? Faut-il les congratuler ? Faut-il leur embrasser les pieds ? Après tout, on n'est pas si loin de Pâcques, et certains se prennent-ils pour le Messie des travailleurs ?... Il ne s'agit pourtant que de dire que les salariés et leurs syndicats respectent la loi, et rien de plus...
Mais le pire n'est pas là, loin s'en faut. Le député PS du coin s'est fendu d'une visite dans les locaux de l'entreprise, au cours de laquelle il a tenu les propos proprement scandaleux qui suivent :
"Il me parait nécessaire de rappeler", a-t-il eu le culot de dire, " qu'un groupe, lorsqu'il achète une usine [....] il a acheté un droit d'exploiter ; il n'a pas acheté un droit de vie ou de mort sur elle."
Ben voyons ! Le droit de propriété ? Foutaise ! Le souci de rentabilité des investissements ? Foutaise ! La liberté de gestion ? Foutaise ! Vous avez acheté le droit de payer les salaires, les charges et les impôts et taxes diverses et variées, accessoirement le "droit" de vous retrouver en prison si jamais "on" peut vous soupçonner de manquement à la sécurité en cas d'accident du travail, le "droit" de vous faire montrer du droit et traiter de voleur si "on" juge votre rémunération trop importante, mais surtout pas celui de disposer de votre bien. D'ailleurs, ce n'est pas votre bien : vous avez bien entendu Monsieur le Député : vous n'avez acheté que "le droit d'exploiter".
Mais dans quel pays vivons-nous ? Quel est ce pays où un député, un élu du peuple, dont le rôle institutionnel est de faire la loi, ce qui peut naturellement laisser supposer qu'il la connaît, peut-il proférer de telles énormités ? Et quel est ce pays où un média national du service public, financé par nos impôts, se fait l'écho sans réagir le moins du monde, d'un si grave manquement au principe de la propriété privée ? Quel est ce pays où on foule aux pieds avec un si grand mépris les intérêts patrimoniaux ?
Je pourrais m'énerver ainsi pendant des pages et des pages, tant je suis révolté par de tels propos. Mais à la réflexion, il n'y a rien de vraiment étonnant, de la part d'un élu de cette gauche foncièrement collectiviste, même quand elle ne veut pas le reconnaître.
Ce n'est là qu'une nouvelle péripétie dans la pantomime qu'elle nous joue avec de faux accents de "social démocratie" qui ne font que cacher difficilement aux yeux du quidam moyen sa conception d'une économie strictement administrée. Une économie où l'entreprise n'a de raison d'être que si elle se donne pour mission de distribuer du pouvoir d'achat, tout comme ne doivent avoir que le même but les institutions publiques. Le tout au moyen de prélèvement obligatoires somptuaires, évidemment.
Cette conception d'un Etat centralisateur et spoliateur qui méprise les intérêts des investisseurs privés et qui n'hésite pas à bafouer le droit de propriété est à l'opposé, non seulement de ce à quoi j'aspire personnellement, mais encore de ce que veut, heureusement, l'écrasantre majorité des citoyens de ce pays. Mais le discours habituel est si loin des intentions qu'on ne dénoncera jamais assez la fourberie de ces tribuns dont seule une petite minorité peut bénéficier de la présomption d'être dupés par les appareils de leurs partis.
En tout état de cause, voter pour leurs représentants, aux prochaines élections européennes notamment, c'est se tirer une balle dans le pied : la majorité a certes de nombreux défauts, que je n'hésite pas à dénoncer, mais l'opposition prouve tous les jours sa nullité démocratique et son attachement à un modèle de société qui méprise les droits fondamentaux.
Monsieur David Habib, député-maire PS de Mourenx (Pyrénées Atlantiques) nous en a fait ce matin la magistrale démonstration, devant quelques millions de téléspectateurs, et avec la complicité passive du Service Public de l'Audiovisuel.
C'est tout simplement scandaleux !
mercredi 1 avril 2009
Un Etat de non-droit
Mais en voilà décidément assez ! Non contents de "se payer" des boucs émissaires faciles en la personne des grands dirigeants à qui on reproche de tout simplement tenter de percevoir ce que leur contrat de travail prévoit en termes de rémunérations, même s'il s'agit dans certains cas de sommes très importantes, voilà que, par trois fois en quelques jours, certains "salariés en colère", utilement soutenus par leurs syndicats, s'en prennent, physiquement cette fois, aux dirigeants de leur site industriel. Car il ne s'agit même plus maintenant des "grands patrons" de la Générale ou de Valéo, ou des traders de grandes banques, que l'on fustigeait et que l'on invectivait. Il s'agit ces jours-ci de patrons de sites locaux, c'est à dire des sous-fifres des véritables décideurs, que l'on séquestre sans vergogne...
Après Sony et 3M, c'est au tour de Caterpillar. Dans les trois cas, "l'action syndicale" (!...) consiste à prendre en ôtage le "patron" pour tenter de le forcer à satisfaire certaines revendications. Et c'est à dessein que j'utilise ce terme de "prise d'ôtage", que l'on va évidemment me reprocher du côté des irresponsables pour qui enfermer quelqu'un de force est quelque chose de tout à fait anodin, au prétexte qu'il n'y a pas de menaces explicites sur l'intégrité physique de la victime. Mais même si la menace n'est pas exprimée, elle est bel et bien ressentie, tant par l'intéressé que par son entourage, et quant à moi je ne fais aucune différence.
Il faudrait bien un jour que l'on se décide à apliquer la loi, dans ce pays que l'on dit "de droit" et dans lequel, pourtant, l'impunité est devenue la règle dès que le criminel fait partie d'un groupe d'individus que la bien-pensance molle et coupable protège. Qu'un petit commerçant victime d'un mauvais payeur, ou qu'un petit propriétaire à qui des loyers sont dus, tentent de contraindre par la force leur débiteur à s'exécuter, et gageons que, plainte déposée, ils finiront l'un et l'autre devant le tribunal et perdront leur procès. Et pourtant ceux-là avaient bien subi un dommage... Mais personne n'est autorisé à se faire justice à soi-même, et c'est fort heureux.
Personne ? Voire... C'est exactement ce que font les salariés séquestrateurs dont nous parlons, alors même que leur préjudice n'est ni certain ni liquide, pour employer les termes du Code Civil. Et pourtant non seulement la presse unanime relate les faits dans des termes qui, dans le meilleur des cas, laissent planer le doute sur l'opinion que se fait le journaliste du bienfondé de la prise d'ôtage, mais encore les autorités ne lèvent pas le petit doigt...
Paul, de Freelance, a bien posé le problème juridique dans un très bon article.
Sur le fond, et pour en revenir aux fondamentaux, je peux parfaitement comprendre le désarroi, et même la désespérance, de salariés à qui, dans le contexte actuel surtout, on apprend que leur site va fermer, ou qu'à tout le moins ils vont perdre leur emploi. Je peux parfaitement comprendre même leur colère, quand (c'est le cas chez Caterpillar parait-il) leur direction ne leur donne pas d'explications, et qu'ils ne connaissent pas la raison profonde de la décision. Je peux parfaitement comprendre qu'ils désirent, et même qu'ils exigent, qu'on leur donne ces explication. Je peux même comprendre qu'ils éprouvent le besoin de discuter, voire de contester cette décision. Je peux parfaitement comprendre l'exigence de négociations. Et si, comme on nous le dit, cette négociation et cet échange n'ont pas eu lieu, si la direction s'y refuse et si le dialogue n'existe pas, chacun peut admettre que les syndicats incitent leurs adhérents à l'exiger. L'entreprise n'est pas un goulag et le travailleur n'est pas un esclave que l'on utilise puis que l'on jette sans égard quand on n'en a plus besoin.
Mais l'enterprise n'est pas non plus une oeuvre sociale, et n'a pas pour seule vocation de fournir des salaires. Et si l'activité disparait, si un site devient non-rentable et donc inutile, il est tout à fait normal de le fermer. Il n'est aucun entrepreneur, aucun patron d'industrie, ni même aucun investisseur, qui le fasse de gaîté de coeur, ne serait-ce que parce qu'un site fermé est non seulement un site qui ne rapporte plus rien, mais un site qui coûte. D'abord en tant qu'usine au chômage, et ensuite quand l'entreprise s'en sépare à vil prix, ce qui est la majorité des cas. Contrairement à ce que l'on entend à longueur de temps, ce n'est donc jamais avec satisfaction qu'une entreprise licencie, fût-ce pour délocaliser. C'est contrainte et forcée qu'elle le fait. Je ne connais aucun entrepreneur intelligent qui préfère licencier qu'embaucher. Mais c'est le volume d'activité qui commande, pas le sort des hommes ni les bénéfices déjà engrangés. Une entreprise est en permanence tournée vers l'avenir. C'est la condition de sa survie. Et le sureffectif est un cancer, surtout dans un pays où 54% de la richesse produite est redistribuée...
Si j'ai un peu digressé de la sorte, c'est pour bien expliquer que le patron n'est pas cet ogre seulement assoiffé de bénéfices que l'on nous présente à longueur de temps, et que si perdre son emploi peut être désespérant, la décision s'impose, même si les intéressés peuvent avoir le sentiment inverse.
Discuter pour connaître les causes des licenciements est une chose, négocier pour obtenir de bonnes conditions de départ, si l'enteprise peut se le permettre, peut bien entendu se comprendre. Mais user de la force en toute illégalité est inadmissible. Tout comme il est inadmissible que le droit ne soit pas respecté, et que la justice ne remplisse pas son office.
Une séquestration n'est pas une action syndicale, c'est une action illicite et répréhensible, et qui à ce double titre doit être sanctionnée.
De quel droit devrait-on laisser faire ? Où est le respect de la personne ? Où est le respect de la propriété privée ? Dans quel état de droit vivons-nous ? Ou plutôt dans quel état de non-droit ?

C e ☺ q u e ☺ j e ☺ c r o i s ☺ e s t ☺ m e m b r e ☺ d u ☺ r é s e a u ☺ L H C
jeudi 26 mars 2009
La paranoïa continue
1) Un article de L'Express.fr sur "l'affaire" des stock-options chez GDF-Suez
Cette entreprise, GDF-Suez, qui a présenté sur l'exercice 2008 un excédent d'exploitation, et qui prévoit d'embaucher 8000 personnes en France au cours de son exercice 2009, a préparé un plan de distribution de stock-options qui a fait immédiatement réagir la presse et le monde politique, même si Patrick Devedjian, interrogé en sa qualité de ministre de la relance, s'est montré plutôt prudent sur la question en déclarant
"C'est une entreprise qui gagne de l'argent. C'est une entreprise qui embauche. Que les dirigeants soient encouragés, cela ne me choque pas. Maintenant il faut que cela soit dans une mesure raisonnable".Il faut noter que le plan de stock-options dont on parle ne concerne pas uniquement les deux dirigeants stigmatisés, mais en tout 8000 collaborateurs de l'entreprise. Excusez du peu...
Il convient également de noter que GDF-Suez n'a reçu aucune aide de l'Etat.
Voilà donc une décision qui relève de la liberté contractuelle, et qui ne comporte, de mon point de vue et objectivement, aucune raison de critique fondée. Comme je l'ai expliqué dans mon billet précédent, les stock-options sont un excellent moyen d'intéresser les salariés à la bonne marche de l'entreprise. Et quand il s'agit d'une entreprise bénéficiaire et qui embauche, critiquer une telle mesure relève directement de la démagogie la plus primaire.
Maintenant, il faut noter également que l'état est actionnaire de l'entreprise à hauteur de 35,7 %. La décision votée par le conseil d'administration l'a donc été avec l'assentiment des administrateurs de l'état, qui possédaient avec ce pourcentage la minorité de blocage. Ceci étant dit pour déborder par avance sur l'article de presse suivant.
2) Un article du Figaro.fr sur la poursuite de la paranoïa anti-patronale
Le torchon continue de brûler en N. Sarkozy et L. Parisot. Et on peut comprendre l'un comme l'autre.
En effet, si le Medef est totalement fondé à refuser de se laisser imposer un diktat ou de subir les oukases d'un Président qui se prend pour Dieu le Père au nom d'une morale qu'il croit universelle, l'Etat n'a pas non plus vocation à distribuer l'argent du contribuable à des dirigeants qui ont failli.
Je ne vais pas refaire mon billet d'avant-hier, mais on peut parfaitement comprendre que les patrons des entreprises qui ont reçu des subsides dans le cadre du plan anti-crise se voient contester le versement de bonus et de stock-options. Encore faut-il bien vérifier que le versement de ces salaires complémentaires soit légalement attaquable, en fonction des contrats de travail d'une part, de la convention passée avec l'Etat d'autre part. Et la sentence présidentielle qui consiste à dire "Si le Medef n'y va pas, nous irons par la loi" risque bien de n'être qu'une fanfaronnade de plus. Il suffirait pour ça que les conventions passées avec les entreprises concernées soient restée totalement muettes sur le sujet. Ces conventions, elles aussi, sont de nature contracturelle, et prétendre que "Le gouvernement va reprendre les différentes conventions passées entre l'État et les entreprises qu'il aide" n'a pas beaucoup de sens. Un contrat ne peut être révisé que par l'accord de toutes les parties signataires. Il fallait mieux rédiger ces conventions dès le départ, si l'on voulait éviter de telles décisions, par ailleurs en effet hautement criticables. Nous sommes encore dans un état de droit, que je sache...
Pour ce qui est du reste du discours, je serais beaucoup plus nuancé. Revoir par la loi le mode de répartition des richesses produites est plus que criticable en ce qu'il empiète sur la liberté d'action liée au droit de propritété, mais reste du domaine du possible constitutionnellement parlant.
Et s'il s'agit d'instituer, comme on a pu le comprendre il y a quelques temps, un sytème de participation remanié par rapport à celui qui existe aujourd'hui, et qui peut paraître trop restreint, même si le nouveau système englobe des dispositions particulières à l'égard des dirigeants, le débat peut être ouvert. Si, par la négociation, un consensus peut être trouvé dans cette direction, ça peut être finalement un pis-aller pas trop négatif.
Mais vouloir passer en force constituerait deux forfaits majeurs : une violation de la liberté liée au droit de propriété et une ingérance insupportable dans la gestion des entreprises privées.
A entendre certains discours, et pas seulement des politiciens, on pourait croire qu'on se trouve (d'ores et déjà) dans un système étatique autoritaire, et cette simple impression est en elle-même intolérable.
A lire absolument :
- un article de Lolik que je viens de découvir après avoir écrit ce qui précède, et qui éclaire le sujet d'un jour tout à fait intéressant.
- et un autre de Franck Boizard qui ne manque pas non plus de pertinence
- et encore un de Lomig (que j'ajoute aujourd'hui 27 mars) qui complète le sujet
mardi 24 mars 2009
Liberté contractuelle et jugement moral
Le joyeux concert joué par les syndicats, le Medef, le gouvernement et même le Président est étonnant de cohérence ... et d'irrecevabilité, tant légale que logique, et j'oserais ajouter que morale, même si je considère que la morale n'a rien à faire dans les considérations d'ordre politique.
Car enfin, de quoi s'agit-il ?
Légalement, le dirigeant d'une entreprise, quelle que soit sa taille, est un salarié comme les autres. Son contrat de travail, conclu entre lui et son employeur, est un contrat de droit privé qui constate un certain nombre d'engagements réciproques et qui fait la loi des parties, dès lors évidemment qu'il ne contrevient pas aux lois et règlements en vigueur, et donc, en la matière spécifique, au Code du Travail. Et que je sache, ni les bonus ni les stock options ne sont contraires au droit du travail. Au contraire, ils sont expressément encadrés par lui...
Comme tout contrat, ce contrat de travail n'engage que ses signataires, à savoir l'entreprise d'une part, représentée par son Conseil d'administration, lui-même l'émanation de l'assemblée générale des actionnaires, et le salarié, en l'occurence le patron dont on parle. Il ne regarde, ce contrat, ni les syndicats (sauf peut-être, s'il le saisit, celui auquel ce patron est affilié), ni le Medef, ni le gouvernement, ni les journalistes, ni l'opinion publique.
Que ce soient la Société Générale, Valéo, ou n'importe quelle autre entreprise privée, il s'agit d'entités juridiques qui appartiennent à leurs actionnaires, lesquels jouissent donc par définition d'un droit de propriété sur leur bien, droit qui leur confère par nature l'exclusivité des décisions de gestion.
Le droit de propriété est un des fondements de base de notre droit, partie intégrante et fondatrice de la liberté individuelle, et il est proprement insupportable de voir à quel point il est contesté et bafoué à longueur de temps. En paroles le plus souvent. Mais en actes également, et en intentions de plus en plus précises ces temps-ci...
Je peux parfaitement comprendre l'émoi des citoyens, plongés dans la crise mondiale et dans les difficultés économiques qu'elle engendre pour le commun des mortels, devant les annonces de sommes qu'ils ressentent comme faramineuses, distribuées à ces patrons qu'ils appréhendent comme des nantis et qu'ils tiennent souvent pour responsables de la crise. Sauf cas particuliers, il n'en est rien mais ce sont là de bien pratiques boucs-émissaires expiatoires de tous les maux, et c'est presque par réflexe que les "petites gens" les montrent du doigt.
Je peux parfaitement comprendre l'erreur de ces citoyens-là. Je ne peux par contre absolument pas comprendre ceux qui abondent dans leur sens et qui propagent ainsi le sentiment que ce sont là des profiteurs dont les revenus sont monstrueux et illégitimes. C'est de la pure démagogie, et même s'il s'agit là d'un sport national, ça n'en est pas moins irritant...
Quelles sont les pommes de discorde ? Il y a trois sujets qui reviennent régulièrement pour être montrés du doigt et remis en cause :
1) Les bonus
Il s'agit d'une partie fluctuante du salaire, l'idée étant d'indexer cette part de la rémunération sur les résultats de l'entreprise. C'est en quelque sorte une prime à l'efficacité, et en cela je la trouve très intelligente.
Les seuls défauts qu'on peut lui reprocher : le bonus n'est pas traité comme un salaire : il n'est imposé qu'à 33 %, soit nettement moins que le salaire fixe, et il n'est pas soumis à cotisations sociales. Je considère pour ma part qu'il devrait être traité comme le reste du salaire.
En outre, il est par nature lié aux bons résultats de l'entreprise, et il n'a pas vocation à être versé lorsqu'elle présente de mauvais résultats.
2) Les "parachutes"
C'est une indemnité dont le montant est fixé par avance, à la signature du contrat de travail, versée lors de la rupture de ce contrat. L'idée est de prémunir le dirigeant concerné des conséquences d'un licenciement qui ne serait pas lié directement à sa gestion, comme cela se passe quelquefois lors de différents personnels avec un ou plusieurs actionnaires.
Sur le fond, je pense quant à moi que le risque existe bel et bien à ce niveau de responsabilités, et que cette pratique peut parfaitement se comprendre. Mais là encore, il est totalement anormal que ces "parachutes" soient versés en cas de résultats désastreux dues à la mauvaise gestion, voire en cas de malversations, comme on a pu l'entendre ça et là.
3) Les stock options
Il s'agit là encore d'une partie de la rémunération, mais versée sous forme d'une option d'achat d'actions de l'entreprise. Le bénéficiaire (le salarié) se voit offir la possibilité d'acquérir un certain nombre d'actions à un prix fixé dans l'accord, quel qu'en soit le cours de bourse au moment de l'achat effectif. Il peut ainsi être amené à réaliser une plus-value plus ou moins importante en fonction de l'évolution du cours de l'action. Par contre, il ne prend pas le risque d'une perte car il est évident qu'en cas de baisse du cours, il ne "lèvera" pas son option, c'est à dire qu'il n'achètera pas les actions.
Il s'agit d'un bon moyen d'intéresser le salarié à la bonne santé de son entreprise, tout en lui constituant un complément de revenus possiblement important. Il est tout à fait adapté à la rémunétration des dirigeants, la bonne marche de l'entreprise étant directment liée à la qualité de leur action à sa tête.
Le fonctionnement du dispositif est assez complexe. On en trouvera ici les détails. Personnellement, je regrette, à l'instar des bonus, que les plus-values réalisées sur ces "stock options" ne soient pas traitées comme un salaire, et ne soient soumises qu'à une fiscalité réduite.
D'une manière générale, je maintiens que dans ce pays les prélèvements obligatoires, et en particulier sur les salaires, sont ahurissants et confiscatoires. Je trouve cependant totalement anormal que tous ne soient pas traités de la même manière, d'autant qu'ici ce sont les plus hautes rémunérations qui se retrouvent avantagées.
Mais la tendance du discours actuel n'en reste pas moins scandaleuse, en ce sens qu'elle tend à dire ouvertement que l'état serait fondé à intervenir dans des décisions et des accords qui relèvent du domaine contractuel, c'est à dire du libre exercice de la liberté d'un propriétaire (celui de l'entreprise, c'est à dire l'actionnaire) à disposer de son bien.
Tant que les stipulations d'un contrat, quel qu'il soit, ne sont pas contraires à la loi, leur mise en application ne relève que des parties contractantes, et les velléités d'interventions étatiques martelées ces temps-ci sont proprement exaspérantes.
On peut parfaitement concevoir, évidemment, que les aides publiques du plan de relance anti-crise du gouvernement, dont il y aurait beaucoup à dire par ailleurs, sous forme de prêts ou de subventions, soient conditionnées à tel ou tel abandon des bonus, stock options et autres "parachutes dorés". Il est totalement inadmissible en effet, de mon point de vue, que l'argent du contribuable serve à alimenter les compléments de revenus des dirigeants des entreprises en difficulté. Encore faudrait-il pour cela que le contrat qui est passé entre l'entreprise aidée et l'état le stipule expressément. Est-ce que c'est bien le cas ?
On ne peut pas concevoir, par contre, que l'état s'érige en Commandeur et dicte leur conduite à des entreprises indépendantes, qui par ailleurs ne demandent rien au Trésor Public, dans le cadre de l'application des contrats qui les lient à leurs dirigeants. Pas plus que cela ne soit concevable de la part du Medef, et encore moins des syndicats de salariés.
Qu'une loi vienne à être votée pour aller dans le sens de telles interdictions dans des entreprises en difficulté, ou qui licencient, ou qui ont recours à des mesures de chômage partiel, comme il est envisagé, peut paraître moralement fondé à certains. Politiquement néanmoins, il s'agirait cependant d'une ingérance difficilement acceptable dans la gestion et la gouvernance des entreprises. Et en tout état de cause, il n'est pas admissible que ces dispositions s'appliquent aux contrats existants, contrairement à ce à quoi s'attendent, n'en doutons pas, tous ceux qui aspirent à une telle révision de la législation.
Si le droit de propriété et la liberté d'entreprendre veulent encore dire quelque chose dans ce pays, il faut s'insurger par avance contre toute incursion des pouvoirs publics dans le domaine contractuel. Ce serait un scandale sans précédent si le législateur, sous l'impulsion de l'opinion relayée par l'exécutif, osait bafouer ainsi les principes fondamentaux du droit.
Une fois de plus, on assiste à une montée en puissance de l'idée selon laquelle la morale devrait inspirer la loi. La morale est subjective et fluctuante. Le propre de la loi est d'être pérenne et de s'appliquer à tous. Les deux sont donc antinomiques. Chaque fois que le législateur, en France comme ailleurs, s'appuie sur la morale pour se déterminer, on assiste à une dérive totalitaire. Le sujet qui m'occupe aujourd'hui ne fait pas exception à la règle.
Un dernier mot pour ajouter que, à titre personnel, je considère que les dirigeants d'une entreprise en difficulté, a fortiori si elle est amenée à réduire ses effectifs ou à recourir à des mesures de chômage partiel, n'ont aucune légitimité morale à se voter de telles indemnités, même contractuelles. Mais j'ai bien parlé seulement de légitimité morale. Légalement, ces indemnités leur sont dues contractuellement. Nul n'est fondé à les en priver de force.

vendredi 20 mars 2009
Courage, maintenant !
Un succès pour qui ? C'est selon.
Tout d'abord un succès pour les syndicats et les organisations politiques qui avaient appelé à cette "grève" (j'ai déjà dit ce que j'en pensais, je n'insiste pas). C'est une évidence.
Ensuite, est-ce un succès pour les manifestants et ceux qui les soutiennent ? C'est moins sûr, et ça dépend essentiellement de l'attitude du gouvernement dans les prochains jours. Il semblerait, si l'on s'en tient à l'intervention de François Fillion hier soir sur TF1, que le discours soit celui de la fermeté et du maintien du bon cap. Nous verrons...
Enfin, est-ce un succès pour le pays ? Là encore, l'attitude de Nicolas Sarkozy et du gouvernement en décideront.
Car non seulement il importe que le cap des réformes soit maintenu, il importe qu'aucun plan de relance supplémentaire, c'est à dire aucun aggravement du déficit budgétaire déjà si abyssal, c'est à dire aucune augmentation des prélèvements obligatoires déjà ignoblement lourds, ne soient décidés sous la pression de la rue. Mais encore faut-il tirer les conséquence de l'inconséquence : celle des "meneurs" comme celle des "menés".
Comme l'ont parfaitement exprimé Lolik et Lomig dans deux très bons articles avant même les manifestations de rue, la meilleure réponse à cette "mobilisation syndicale" qui n'était en fait qu'une fronde à motivation essentiellement politique, consiste à continuer courageusement les réformes entreprises, et même à les amplifier non moins courageusement.
La meilleur réponse est contenue dans l'adage populaire selon lequel il importe de "bien faire et laisser dire".
On pourrait à la limite, sinon comprendre du moins expliquer, une "politique de la marche arrière" dont le but serait de ménager la paix sociale. Mais dès lors que cette même paix sociale est mise à mal par des manifestations aussi importantes que déraisonnables, on ne voit plus très bien au nom de quelle prudence coupable nos gouvernants se dispenseraient désormais de mener à bien les réformes profondes dont le pays a tant besoin. Même s'il faut engager un vrai bras de fer, et si nécessaire au mépris de leur avenir politique.
Il s'agit donc pour eux d'avoir en 2009, enfin, le courage politique de leurs ambitions électorales de 2007. Je ne suis malheureusement pas certain de pouvoir compter sur ce courage-là de leur part...
jeudi 19 mars 2009
Liberté chérie
"Ce jeudi 19 mars 2009, les professionnels subventionnés de la grève et des blocages sauvages remettent ça. Comme lors de la journée du 29 janvier 2009, nous devons donc rappeler ce qui devrait être les priorités d'un gouvernement digne de ce nom dans un moment pareil :
La fin des subventions publiques aux syndicats
La réforme de la représentativité syndicale
La mise en concurrence des entreprises publiques en monopole
[...]
A l'heure où tant d'organisations qui vivent d'argent public profitent d'une crise que presque personne n'a su expliquer correctement (cf. interview de Vincent Bénard par LC Belgique) pour récupérer les inquiétudes souvent légitimes des Français...
A l'heure où nos gouvernants irresponsables préfèrent jouer le pourrissement ou céder au chantage des délinquants comme en Guadeloupe ou dans les universités, puisqu'après tout l'argent distribué ne sort pas de leurs proches...
A l'heure où des députés de la majorité se permettent de stigmatiser les entreprises bien gérées (qui font des profits) ou les individus qui ont réussi dans la vie, au lieu de s'en prendre à l'organisation la plus mal gérée de France : l'Etat...
C'est la société civile qui a tout à perdre si elle ne fait pas entendre sa voix !"
Je ne suis pas un militant de Liberté Chérie, et mon propos n'est pas de faire leur promotion. Mais il m'est apparu intéressant de mettre l'accent sur un manifeste qui fait entendre une voix dissonante dans le concert actuel où, parait-il, près de 75 % des Français approuveraient les manifestations de rues et les grèves...
mercredi 18 mars 2009
Aux armes, citoyens !
En temps de crise (et celle-là, c'en est une !), on pourrait s'attendre à ce que tout le monde relève ses manches. Quand un orage se lève, le réflexe est de mettre à l'abri les objets sensibles à l'eau, pas d'arroser copieusement pour en rajouter...
Et bien, il faut croire que nous n'avons pas fait la bonne école, tous ceux qui comme moi pensent dans ces termes-là ! Soutenus par 74 % des Français selon un sondage dont on nous rebat les oreilles, tout ce qui compte de forces soi-disant "progressistes" dans ce pays se mobilise pour ... cesser le travail et bloquer l'activité !
On va sans doute encore me reprocher de "taper sur les syndicats", dont je serais paraît-il un adversaire inconditionnel. Il n'en est rien, et ceux qui me connaissent savent que je les considère comme des institutions indispensables au bon fonctionnement de la démocratie. Encore faudrait-il qu'ils soient responsables et qu'ils restent dans leur rôle, deux conditions qui ne sont pas réunies en France, où ils ne savent que défendre leurs intérêts corporatistes respectifs au mépris des intérêts de ceux qu'ils sont sensés représenter. Les organisations en question n'ont de syndicats que le nom. La raison première en est sans doute leur trop faible représentativité, mais ce problème n'est pas celui que je me propose de traiter aujourd'hui.
Et d'ailleurs le sujet de ce billet déborde de beaucoup le cadre de l'action syndicale.
Car cette grève n'en est pas une au sens strict. Il ne s'agit pas, en effet, de faire pression sur un ou des employeur(s) pour obtenir des avantages ou pour les conserver. Il s'agit tout bonnement de faire pression sur le patronat, les pouvoirs publics, et en résumé sur tous les centres de pouvoir, pour en obtenir ce que l'activité économique n'offre plus suffisamment dans cette période de crise.
En d'autre termes, il s'agit tout bonnement d'une grève contre la crise. Voilà un concept tout à fait novateur ! A quand une grève contre les mauvaises conditions météorologiques, l'épidémide de sida ou encore la pollution ?...
La réalité est bien plus prosaïque et beaucoup plus inadmissible encore : les syndicats sont totalement sortis de leur rôle, et il s'agit là d'une grève politique qui ne veut pas dire son nom.
La grève du 29 janvier dernier, sur le même thème, avait amené le "sommet social" du 18 février au cours duquel le gouvernement avait accepté 2,6 milliards d'euros de mesures de relance par la consommation. Je n'ai pas besoin de répéter ici ce que je pense de telles mesures : totalement inefficaces sur le long ou même le moyen terme, et uniquement un cautère sur une jambe de bois à court terme, qui donne l'illusion, mais l'illusion seulement, d'un coup de pouce. Mais c'est ce que demandaient les "partenaires sociaux". C'est ce qu'ils ont obtenu. Et c'est ce qu'ils considèrent évidemment insuffisant...
Ils avaient prévu le "mouvement" du 19 mars dès avant ce sommet. Ils l'ont confirmé quasi immédiatement. Pas étonnant que Laurence Parisot dénonce "leur démagogie", même si je ne tiens pas à prendre exagérément position pour le Medef, qui n'est pas exempt lui non plus de critiques...
Il reste que, comme je l'ai dit plus haut, ce mouvement de grèves est politique avant d'être revendicatif. Il n'est qu'à voir les positions prises par les partis d'opposition, du PS au NPA et passant par le PC ou même le Modem. Le mot d'ordre est simple et récurant : le "tout sauf Sarko" de la campagne présidentielle n'est pas mort avec l'élection, et tous tentent de récupérer l'action pseudo-syndicale à leur profit. A commencer par Besancenot, qui s'est pourtant fait remonter les bretelles de son bleu de chauffe par François Chérèque.
Il est vrai que le danger venant de lui est des plus importants : la face cachée du mouvement est bel et bien la lutte contre un système, le capitalisme libéral, dont le parti du petit facteur poupin de Neuilly se fait le pourfendeur. Et il est bien normal que les forts en math de la planète rouge (ou rose) refusent une telle mise en facteur commun...
Plus sérieusement, on peut à bon droit se demander si tout ce beau monde est de bonne foi ou s'il ne fait que "surfer" sur la vague de mécontentement que provoque la crise économique. Car les difficultés sont évidentes, et il ne s'agit nullement de les nier. Il existe des situations catastrophiques pour nombre de nos concitoyens. Ca en signifie pas que des solutions existent pour tout le monde. Ca ne signifie pas non plus qu'il faille ne rien faire pour personne. Le gouvernement en a pris la mesure, ce me semble, et aussi inefficaces à moyen terme qu'elles puissent être, les mesures annoncées le 18 février vont dans le bon sens à très court terme. Et celles qui avaient été décidées avant, en soutien à l'investissement, auront sans doute encore bien plus d'effets. Elles auraient dû être de nature à permettre de calmer les esprits. Les responsables politiques comme syndicaux ont fait tout l'inverse. C'est le signe de leur incompétence et de leur inconséquence. Malheureusement, ils ne seront pas les seuls à en subir les dommages...
Car ce mouvement de mauvaise humeur ne résoudra évidemment rien, bien au contraire. Il n'assagira pas, par exemple, les manifestants radicaux de l'enseignement supérieur, ni ne feront cesser leurs exactions. Il ne résoudra pas non plus les problèmes rencontrés par l'usager des services publics, pourtant soi-disant "défendus" par les coureurs de rues de tout poil. Il ne pourra évidemment que favoriser les revendications inconsidérées et démagogiques de tous ordres, trop souvent relayées par les ministres eux-mêmes, que leur "patron" doit recadrer régulièrement.
Et en tout état de cause, il ne pourra que porter un nouveau mauvais coup à l'activité de nos entreprises, dont les dirigeants syndicalistes devraient pourtant être les premiers à savoir qu'elles sont les seuls garantes de la sortie de crise, et dès lors d'un bon niveau d'emploi et de pouvoir d'achat retrouvé pour leurs adhérents. Ce n'est certes pas en pénalisant leur activité qu'ils rendront service à leurs ouailles. Mais je suis convaincu qu'ils le savent très bien, et qu'ils disent le contraire dans le seul but de justifier leur propre existance, incapables qu'ils sont de le faire autrement...
Heureusement, malgré tous les reproches que j'adresse régulièrement à nos dirigeants, ils semblent sur ce coup-là vouloir garder le bon cap, et on peut espérer, raisonnablement toutefois (ils nous ont déjà souvent surpris dans le mauvais sens), qu'ils sauront s'y maintenir.
Certains maladroits appellent aux armes les citoyens. Leur jour de gloire n'est pas encore arrivé...
vendredi 13 mars 2009
Welcome
Je sais bien qu'on est déjà vendredi, et que l'actualité court à toutes jambes au point que presque plus personne ne prend le temps d'analyser vraiment, se contentant dans le meilleur des cas de réactions épidermiques là où il faudrait, au contraire, se poser des questions et chercher les réponses... C'est ce que, pour ma part, j'essaie de faire quand je réussis à en trouver le temps. Et c'est ce que je vais faire ici, même si beaucoup de mes lecteurs ont sans doute déjà tourné la page.
De quoi s'agit-il ? Du film Welcome, sorti sur nos écrans mercredi, et qui a suscité une vraie polémique. Ou plus exactement de cette polémique elle-même. Car je n'ai pas vu le film, et je ne sais pas s'il mérite le tohu-bohu qu'on a fait autour de lui. Ne serait-ce pas seulement une opération de promotion ? Ou bien les différentes interventions étaient-elles sincères ? Dans ce cas, on peut se poser bien des questions (encore...) sur les intervenants...
Le sujet est sensible : tourné à Calais, le film traite de l'immigration clandestine et des citoyens français qui aident illégalement les clandestins.
Tout a commencé par une interview de Philippe Lioret dans les colonnes du Nouvel Observateur, où le réalisateur du film dénonce ce qui est à ses yeux un scandale. Il y avait eu avant une interview du même Philippe Lioret dans La Voix du Nord au cours duquel il déclarait : "J'ai comme le sentiment d'avoir raconté l'histoire d'un type qui a protégé un juif dans sa cave, en 1943".
Eric Besson, ministre de l'immigration, s'indigne aussitôt à juste titre. D'abord sur FR3 ("Ce soir ou jamais" du 2 mars) puis quelques jours plus tard sur Europe 1. Il accuse Philippe Lioret de "dérapage volontaire". On pourra aussi lire à ce sujet, par exemple, les interviews du même Eric Besson dans le Nouvel Obs. du 7 mars ou dans Télérama du 12 mars.
Il s'en est suivi une déferlante médiatique, où nombre d'acteurs, réalisateurs, et autres journalistes, prennent la défense du réalisateur, et en profitent pour prendre position et dénoncer à leur tour leur "scandale des migrants".
Encore une fois, je n'ai pas vu le film. Je n'ai fait qu'entendre les critiques et quelques spectateurs. Je ne m'autorise donc pas à juger de son contenu, et je me bornerai à traiter du problème des "migrants", nouveau terme édulcoré utilisé en lieu et place de celui d'immigrés clandestins, ce dernier beaucoup plus conforme cependant à la réalité du phénomène.
Je ne reviendrai pas une nouvelle fois sur ce que je pense de l'immigration. J'en ai traité ici et là. Je n'ai rien à ajouter ni à retirer à ces deux billets.
Ce qui me pousse à écrire aujourd'hui est le sujet de la polémique : est-il légitime de poursuivre les citoyens qui aident les clandestins à se maintenir dans la clandestinité ?
Je n'ai que deux ou trois choses à dire sur le sujet, mais je tiens à les dire :
- Il est absolument indigne et scandaleux qu'un grand pays comme la France laisse vivre ces pauvres gens, victimes pour l'écrasante majorité d'entre eux de leurs "passeurs", dans les conditions de dénuement et de détresse, dans lesquelles ils se trouvent du fait de leur clandestinité. J'habite à quelques kilomètres de Calais, et il m'a été donné à de nombreuses reprises de le constater. Il y a vraiment de quoi avoir honte.
Selon moi :
- ou bien le clandestin n'a pas vocation à rester sur le territoire français pour toutes les raisons découlant de la législation française en vigueur, et il doit être expulsé sans délai vers son pays d'origine
- ou bien cette expulsion n'est pas possible pour quelque raison que ce soit, et il doit être régularisé. - Il est tout à fait normal que la loi réprime l'aide apportée aux clandestins dans le but de les cacher aux autorités de police. Toute entrave à la justice est condamnable, et celle-ci ne fait pas exception à la règle.
Cependant :
- Ca n'exclue pas de leur apporter à manger, à boire, à s'abriter, à se laver. Tout ceci relève de l'assistance à personne en danger.
- Les dénoncer ou non aux autorités relève du libre arbitre de chacun. Je ne vois pas qu'il soit condamnable de se taire. On n'a pas affaire à des criminels, que je sache...
- Mais les cacher volontairement et les aider sciemment à échapper aux contrôles n'est pas admissible. Que dirait-on de celui qui cacherait un cambrioleur ? Ou un incendiaire ? Peu importe la nature du délit, et protéger un délinquant est délictueux. Le simple citoyen n'a pas qualité pour juger de la gravité du délit. C'est à la justice, et à elle seule, de le faire. - MAIS assimiler, comme l'a fait Philippe Lioret, la législation sur l'immigration clandestine aux lois antijuives de Vichy est proprement scandaleux.
C'est faire insulte à l'héroïsme des résistants de l'époque qui, eux, ne protégeaient pas des délinquants de l'action de la justice. Ils protégeaient, au péril de leur propre vie, des innocents persécutés par un régime scélérat qui a fait des millions de victimes.
Parallèlement, c'est assimiler le code pénal républicain à des lois immondes basées sur une idéologie raciste et criminelle. C'est tout simplement inepte. Et, pire, c'est porter atteinte à l'honneur du législateur.
On a le droit de contester le bien fondé d'une disposition législative ou réglementaire ; on a le droit de manifester sa désapprobation ; on a le droit de vociférer ; on a même le droit de hurler dans les rues pour le dire. Nous sommes en démocratie, et on a le droit de s'exprimer. Certains diront "peut-être un peu trop"... Mais on n'a pas le droit de dire n'importe quoi, d'insulter qui que ce soit en publique, ni de porter atteinte à l'honneur de qui que ce soit.
Non, monsieur Lioret, vous n'avez pas le droit de parler comme vous l'avez fait. Vous n'avez pas le droit de porter un jugement aussi lourd qu'infondé sur la justice de votre pays. Votre film peut bien être un chef d'oeuvre. Il restera toujours entaché de vos propos.
mercredi 25 février 2009
Comment partager le gâteau ?
Tout d'abord, une évidence : le revenu du capital n'est pas indu. Investir son argent dans une entreprise, c'est par définition prendre un risque (celui de le perdre, rien que çà), et il est tout à fait naturel que ce risque soit rémunéré. C'est la raison d'être de ces dividendes d'actionnaires, tant décriés ces temps-ci où l'anticapitalisme primaire est de mise, sans aucun raisonnement cohérent d'ailleurs. Besancenot a un boulevard devant lui. C'est un véritable désastre intellectuel.
Ensuite, il faut avoir une idée bien claire de ce qu'est la valeur ajoutée et de la manière dont elle peut être répartie.
La valeur ajoutée est, schématiquement, la différence entre le prix de revient (achats de matières premières et coûts de fonctionnement) et le prix de vente (le chiffre d'affaires).
Dans le fonctionnement d'une entreprise, il y a trois types d'intervenants :
- le propriétaire (les actionnaires dans les grandes entreprises) qui apporte son propre capital
- les prêteurs (banquiers ou autres) qui apportent les fonds nécessaires à l'activité
- les salariés qui apportent leur travail
Parmi ces trois catégories, deux sont rémunérées forfaitairement par contrat : les intérêts d'emprunt vont aux prêteurs, et les salaires vont aux salariés. Dans les deux cas, il n'y a aucun risque encouru, et la rémunération est certaine quelle que soit la santé de l'entreprise. Au risque près de la faillite, dans laquelle tout le monde est perdant...
Le propriétaire, par contre, se rémunère (sous forme de dividende quand il est actionnaire) sur les profits, c'est à dire sur ce qui reste de la valeur ajoutée après paiement des deux autres catégories et des impôts et taxes. Ce qui signifie mathématiquement qu'il n'a de rémunération que s'il reste quelque chose... En outre, n'oublions pas les aléas boursiers. Les valeurs boursières, c'est à dire la valeur des capitaux investis en bourse, ont "fondu" de moitié en quelques mois ! D'accord, ça ne marche pas toujours dans ce sens-là ! Mais un salarié accepterait-il quelque chose de similaire ? Dans le bon sens, sans doute, mais dans l'autre, certainement pas !
Pour en revenir au schéma que j'ai brossé plus haut, il y manque un élément important, vital pour la pérénité de l'entreprise, à savoir les investissements. Car si l'on veut que l'entreprise perdure, non seulement il faut des clients qui achètent les produits, non seulement il faut des salariés qui fabriquent ces produits, non seulement il faut des banquiers qui financent les achats, mais encore faut-il que l'outil de travail soit maintenu en bon état, et qu'il évolue en fonction des techniques, des attentes de la clientèle, et de ce qui est proposé par la concurrence, tant en termes de qualité qu'en termes de coûts, c'est à dire de prix de vente.
Le schéma ci-dessus indique clairement que le seul poste sur lequel l'investissement peut être financé, ce sont les profits. Ce qui revient à dire que son financement vient en déduction du dividende de l'actionnaire.
Certains diront qu'il manque également, dans ce schéma, les organismes sociaux, dont les cotisations dites "patronales" sont un poste important de dépenses pour l'entreprise. C'est à dessein que je n'en ai pas parlé. Dans mon esprit, ces charges sociales patronales font partie intégrante du salaire. Le vrai montant du salaire est constitué par le salaire brut augmenté de ces charges soi-disant "patronales". Et la présentation absurde de la feuille de paie n'a pour conséquence que d'occulter aux yeux du salarié le coût réel de son poste, et de lui faire perdre de vue le montant de sa véritable rémunération. Les charges, si elles n'existaient pas, seraient autant de salaire qu'il pourrait gagner en plus. Mais combien en sont conscients ?...
Comme on le voit, le profit de ne se partage pas : il est réparti par avance et contractuellement entre les acteurs de l'entreprise. Et quand notre Président de la République, l'autre jour, avance son idée de partage des profits selon sa règle des "trois tiers", il s'agit d'une hérésie économique qui ne résiste pas à la plus élémentaire analyse...
Pourtant, j'ai dit et je maintiens que l'idée n'est pas idiote. Où est l'erreur ?
C'est que l'interprétation qui en est faite, de cette idée, est largement fausse. Il a parlé des profits, pas de la valeur ajoutée ! Il s'agirait donc, selon lui, de répartir en trois parts ce qui reste de la valeur ajoutée après paiement des salaires (et donc des charges, je n'y reviens pas) et des coûts de fonctionnement (intérêts d'emprunts et autres).
Et j'ai dit que l'idée était bonne. Pas que le calcul était exact. Et encore moins que la mesure était juste. La répartition qui existe aujourd'hui de ce "gâteau résiduel" est très largement en faveur des salariés. Je vous invite pour vous en convaincre à relire cet article du Monde qui l'explique fort bien.
Selon cette étude, et en moyenne sur l'ensemble des entreprises françaises, les salariés reçoivent 61 %, les investissements 32 % et les actionnaires 7 %.
En outre, il paraîtrait totalement anormal, et pour tout dire parfaitement inacceptable, que cette répartaition soit fixée autoritairement par la loi. Une entreprise est la propriété privée de ses actionnaires. Le respect du droit de propriété suppose la liberté de gestion et une telle disposition serait à mon sens tout simplement anticonstitutionnelle en ce qu'elle irait à l'encontre de l'exercice de ce droit. Les juristes me reprendront peut-être...
Par contre, l'idée selon laquelle la rémunération des salariés pourrait tenir compte des résultats de l'entreprise me parait, elle, une très bonne idée.
Les résultats de l'entreprise, bons ou mauvais, sont la conséquence des efforts de tous : les actionnaires qui engagent leurs capitaux, les dirigeants qui prennent les décisions stratégiques, les cadres et agents de maîtrise qui gèrent au mieux leurs départements respectifs, les techniciens qui font les efforts nécessaires pour que le travail rendu soit de qualité, les "cols blancs" qui gèrent les contingences administratives, etc...
Non seulement il me paraîtrait normal que chacun, à son niveau, profite du résultat de ses efforts, mais encore une telle forme de rémunération ne pourrait être qu'une motivation efficace pour la bonne marche de l'entreprise, c'est à dire pour ses performances, et donc pour ses résultats commerciaux, et donc pour l'emploi. Tout est lié.
Cette idée n'est pas neuve. Elle s'appelle la participation, et elle existe déjà dans un certain nombre de secteurs.
Mais cette participation, une idée du Général De Gaulle en son temps, reste une part très marginale de la rémunération là où elle existe, et a besoin d'un "coup de jeune". Pourquoi ne pas imaginer d'incorporer purement et simplement dans le salaire lui-même une part des résultats ? Pourquoi ne pas moduler le salaire en fonction de ces mêmes résultats ? Il faudrait alors partager, non pas les seuls profits, mais la valeur ajoutée elle-même, selon un plan de répartition à définir entreprise par entreprises et par un accord interne, entre salariés, investissements et actionnaires.
Le salaire fixe, non lié aux résultats, serait inférieur à ce qu'il est aujourd'hui, mais ces accords de participation "nouvelle formule" viendraient s'y ajouter, soumis évidemment au même traitement que le salaire de base en terme de cotisations, pour au final former un revenu plus conforme à la logique. Il en résulterait sans aucun doute une meilleure implication des salariés dans la bonne marche de leur entreprise, et une diminution radicale de cette impression qu'ils ont souvent d'être "exploités", en regard de la rémunération du capital.
Il ne s'agit là que d'une idée brute, à étudier et à débattre. Mais je suis convaincu que c'est la voie vers une meilleure compréhension du capitalisme par ceux qui aujourd'hui on tendance à s'y opposer, le plus souvent par ignorance et par manque d'implication.
Le capitalisme entrepreunarial est le meilleur garant du progrès social comme du progès technique. Encore faut-il qu'il soit compris par tous ses acteurs, et que chacun y trouve sa place sans avoir le sentiment d'en être victime.
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vendredi 20 février 2009
Comment mettre 2,6 milliards à la poubelle ?
Car ne soyons pas dupes : personne n'a intérêt à ce que la situation sociale en métropole ressemble à court ou moyen terme à ce qu'elle est aux Antilles. Et c'est pourtant le risque que nous courons si tout le monde continue à dire n'importe quoi, et surtout des mensonges, comme ça se produit notamment depuis le début de la crise économique, laquelle, je le répète, n'a pas commencé avec la crise financière, mais était bel et bien une réalité plus ou moins dissimulée depuis de longs mois quand cette dernière a éclaté...
Les syndicats n'ont pas plus intérêt que le patronat ou le gouvernement à une situation de type insurrectionnel que, par défintion, ils ne contrôleraient pas, et qui pourrait même en venir à contester leur légitimité, légitimité toute relative et ils le savent parfaitement. Aussi ont-ils tout intérêt à "jouer le jeu", ce qu'ils font même sils font mine du contraire.
Depuis des années, on s'évertue à mentir à tout le monde, et à faire croire que tout est possible. Or, en temps de crise, non seulement tout n'est pas possible, mais ce qui l'était en temps de croissance est souvent devenu impensable. Et pourtant, les habitudes sont prises, et une part importante de la population ressent comme tout à fait naturels des comportements économiques totalement aberrants.
C'est ainsi qu'il est vain d'espérer faire comprendre à un RMiste que l'allocation qu'il perçoit chaque mois, en ce qu'elle ne correspond à aucune production de richesse, est un non-sens économique qui ne peut que conduire à une dégradation de l'activité, donc à un recul de l'emploi, et donc qu'elle est un des éléments qui le condamnent à rester allocataire de ce même RMI pendant de longs mois. Qu'en d'autres termes, le RMI (ou le RSA, sa version aggravée) crée une bonne part de l'exclusion dont il est victime.
C'est ainsi également qu'il est peu probable de trouver sur dix personnes interrogées, 2 d'entre elles qui admettront, même au prix d'une patiente pédagogie, que le résultat net d'exploitation (les bénéfices) de l'entreprise dans laquelle elles travaillent n'est pas autant de moins sur la part du résultat brut qui leur revient (les salaires), mais que par le biais de l'investissement, il représente le meilleur gage de la pérénité de leur emploi. Et bien sûr, ne parlons pas du dividende de l'actionnaire, perçu comme une "pompe à fric" qui "vit sur le dos des travailleurs". En occultant totalement le fait que l'actionnaire est celui qui prend tous les risques sans lesquels l'entreprise, et donc l'emploi, n'existerait tout simplement pas. Et que ce risque n'est concevable que rémunéré. Envisageraient-elles, quant à elles, de travailler sans salaire ? L'actionnaire n'envisage pas non plus d'investir sans dividende, voilà tout. Pour la petite histoire si j'ose dire, il n'avait pas envisagé non de plus de voir la valeur de son investissment divisé par deux en quelques mois . C'est pourtant ce qu'il vit avec l'effondrement de la bourse.
Tout ces (manques de) raisonnements-là, très largement alimentés et entretenus par des mensonges récurrents destinés à assoir les rentes de situation des meneurs qui les profèrent, sont devenus quasi naturels, et faussent irrémédiablement le jugement d'une part non négligeable de la population.
Alors, quand un gouvernement, de manière tout à fait novatrice par rapport à ses nombreux prédécesseurs, change de discours et privilégie l'investissement, créateur d'activité et donc d'emploi, au détriment de transferts sociaux stérils, le plus souvent non financés, et donc directement producteurs de déficits publics et/ou de faillites d'entreprises, et de chômage, ce gouvernement-là est bien sûr totalement incompris, surtout si, comme en temps de crise, ceux qui entendent le discours sont aussi ceux qui souffrent. Leur réflexe devenu naturel est de demander (d'exiger peut-être) que l'on ouvre un peu plus le robinet qu'ils ont tant l'habitude de voir couler, sans se poser la question de savoir si la source n'est pas déjà tarie. Et c'est bien ce qui se passe actuellement.
Mais, je l'ai dit, personne n'a intérêt à une "explosion sociale". Et comme la colère gronde de plus en plus, que les syndicats, pourtant au fait de toutes ces questions, et que les partis d'opposition, continuent de mentir à leurs ouailles de manière éhontée et de prétendre que l'état peut tout résoudre à coup de milliards qu'il n'a pas, l'état en question n'a qu'une très faible marge de manoeuvre s'il veut éviter le pire sans y perdre trop de plumes.
C'est ainsi qu'hier, le gouvernement s'est résolu à prendre les mauvaises décisions auxquelles il se refusait depuis de longs mois. C'est du moins sous cet angle que je préfère voir les choses, plutôt que de considérer qu'il l'a fait de bon gré et non sous la pression. Car je préfère le taxer de couardise que d'incompétence. Sans pour autant être sûr de la justesse de mon analyse sur ce point...
Déjà la semaine passée, le ton avait été donné quand Nicolas Sarkozy a "sorti de son chapeau" les 1,4 milliards d'euros issus des prêts aux institutions bancaires, en indiquant qu'il allait les distribuer au lieu de les utiliser à, comme il aurait été naturel, financer les intérêts des emprunts que l'état a bien dû lancer pour prêter aux banques. Et de prétendre qu'il s'agissait d'un jeu à somme nulle ! Non, Monsieur le Président, c'est totalement faux et vous le savez bien : les intérêts payés par les banques couvrent juste ceux dûs à vos prêteurs. Et il n'est pas besoin d'avoir fait l'ENA ou HEC pour le comprendre. Encore un mensonge. Comment voulez-vous que les Français s'y retrouvent ?..
Mais hier, cerise sur le gâteau, ces 1,4 milliards se transforment en 2,6 milliards. Que le personnel s'amuse !...
Et pour quoi faire ? Pour donner l'impression de faire quelque chose, et rien de plus. Pour des mesures totalement inopérantes à très moyen terme. Quelles mesures ?
- Une prime exceptionnelle de 500 euros aux salariés qui deviennent demandeurs d'emploi à compter du 1er avril prochain et n'ont travaillé que deux à quatre mois sur les 28 derniers mois : 500 euros une fois, et ensuite plus rien du tout. Un coup d'épée dans l'eau.
- Une prime supplémentaire de 150 euros "dès le mois de juin" pour les 3 millions de familles bénéficiant de l'allocation de rentrée scolaire : même raisonnement que ci-dessus. Deuxième coup d'épée dans l'eau.
- L'attribution de bons d'achat de services à la personne, pour une valeur de 200 euros par foyer, aux 660.000 ménages touchant l'allocation personnalisée d'autonomie à domicile, aux 470.000 familles bénéficiaires du complément mode de garde, aux 140.000 foyers ayant un enfant handicapé et aux demandeurs d'emplois qui retrouvent du travail et ont besoin de faire garder leur enfant : j'ai peur de devoir me répéter. Troisième mesure inopérante au long cours.
- La suppression des deux derniers tiers provisionnels de l'impôt sur le revenu 2009 pour les plus de 4 millions de foyers fiscaux de la première tranche d'imposition. Un crédit d'impôt destiné aux ménages dépassant légèrement la limite de la première tranche permettra d'étendre la mesure à 2 millions de foyers supplémentaires : Une très bonne initiative si elle était compensée par des économies à due concurrence de son coût. Mais ce n'est pas le cas. Et l'an prochain, on revient à la case départ. Sauf que le déficit s'est creusé entre temps. Les allégements d'impôts de cette année vont se transfroemr en impôts supplémentaires l'an prochain. C'est inéluctable...
Et puis des décisions que je qualifierai de pure forme :
- création d'un "fonds d'investissement social" doté de 2,5 à 3 milliards d'euros pour coordonner les efforts en matière d'emploi et de formation professionnelle. L'Etat "est prêt" à en financer la moitié : Sans doute pas complètement inutile, sauf que la formation ne fait pas les emplois. A quoi sert d'être formé s'il n'y a pas de postes à pourvoir ? On met la charrue avant les boeufs.
- information et consultation obligatoires du comité d'entreprise des sociétés de 50 salariés et plus lorsqu'une aide publique directe leur est versée. Brice Hortefeux (Travail) est chargé de préparer un décret "dans les meilleurs délais" : Une atteinte suplémentaire à la liberté d'entreprendre et de gérer son entreprise, c'est à dire une nouvelle entorse au respect du droit de propriété. Et je repose toujours la même question : pense-t-on favoriser l'embauche en mettant des freins aux licenciements ? Ce n'est pas le licenciement qu'il faut éviter, c'est l'embauche qu'il faut favoriser. Quand comprendra-t-on ça ?
En résumé, 2,6 milliards d'euros de déficits supplémentaires, jetés à tous vents, perdus à tout jamais, qui ne satisferont personne et qui ne résoudront rien... C'est le lot de toute relance par la consommation. On ne l'a toujours pas compris...
Enfin il y a les "incitations" et les "propositions", et notamment :
- encourager les branches professionnelles et entreprises à porter l'indemnisation du chômage partiel à 75% du salaire brut, par des conventions ad hoc avec l'Etat. Le gouvernement va engager des discussions avec l'Unedic pour répartir ce surcoût entre entreprises, Etat et assurance chômage : Encore une charge supplémentaire pour les entreprises et le Trésor. Vaut-il mieux, vraiment, payer du chômage partiel que d'investir et de fournir du travail ?
- engager des discussions entre partenaires sociaux sur la valeur ajoutée et le profit, sur la base des propositions d'une mission d'analyse et de concertation remises d'ici deux mois : Il s'agit, si j'ai bien compris, d'engager la discussion sur cette idée "des trois tiers" lancée la semaine dernière. L'idée est bonne, je l'ai déjà dit, mais ne peut se concevoir que dans le cadre d'une négociation dans l'entreprise, chacune d'elle étant un cas particulier, et la décision ne peut être prise qu'à la discrétion de l'employeur. Sinon, il s'agit encore une fois d'une atteinte au droit de propriété, et c'est tout à fait inacceptable.
J'ai l'intention de plancher sur ce dernier point, et de "pondre" un billet sur le sujet de la répartition des richesses produites.
D'ici là, dormez en paix, peuple de France. L'Etat veille sur vous. Mais ne rêvez pas trop quand même...
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mardi 10 février 2009
La voie (ou la voix ?) à suivre...
Dans ma réponse à un commentaire, j'avais exprimé hier mes craintes quant au contenu de son intervention. Je me sens donc moralement tenu de m'exprimer aujourd'hui à son sujet, même si rédiger un article de fond mériterait une étude plus approfondie mais trop coûteuse en un temps dont je ne dispose malheureusement pas.
Je me bornerai donc à quelques réflexions jetées pêle-mêle sur ce blog. J'imagine que les commentaires ne manqueront pas de me donner l'occasion de m'expliquer plus profondément sur le sujet si nécessaire.
Tout d'abord, je me félicite que son discours n'ait pas été le signe d'un changement de cap coupable que je n'étais pas le seul à redouter. Heureusement, la politique du gouvernement reste globalement orientée dans la bonne direction, celle d'une gestion pas trop calamiteuse (moins qu'elle pourrait l'être en tous cas), d'un investissement résolu dans l'activité, et non de la distributon d'assignats (cet argent qui n'a aucune contrepartie en termes de richesses) que réclament l'opposition et, malheureusement, une partie de l'opinion.
Cependant, et je pense sous la pression des mouvements de rue que l'on a connus très récemment, il nous a fait quelques annonces que je considère quelque peu démagogiques, sans doute dans le but, voué à l'échec, de calmer à la fois les esprits et les ardeurs combattantes de certaines victimes habilement manipulées. C'est le jeu normal, en démocratie, même si les conséquences peuvent être graves, et porter préjudice à ceux-là même sous la pression desquelles des décisions déraisonnables peuvent être prises...
Ainsi en va-t-il par exemple des ces chèque-emploi-services financés par le budget de l'état, ou de cette augmentation annoncée des allocations familiales, mesure pas plus financée que la première. A cause notamment de cette absence de financement, ces deux mesures, pour ne parler que d'elles, seront par nature inopérantes : il faudra bien un jour que quelqu'un les paie, et ce ne pourra évidemment être que les contibuables, et donc ceux qui vont en bénéficier (petitement) sur le court terme. Un coup d'épée dans l'eau dans le meilleur des cas. D'autant qu'elles ne suffiront pas à calmer les mécontents.
Les aides aux "chômeurs partiels", et aux jeunes chômeurs très mal ou pas indemnisés aujourd'hui, sont elles-aussi sujettes à caution. Qui paiera ? Les entreprises ? Dans le contexte actuel, on ne voit pas bien comment. Les contribuables ? Mais alors on en revient à la case départ... Ou les deux ? Car gageons que ces 1,4 milliard d'euros représentés par les intérêts des prêts consentis aux banques ne suffiront évidement pas à tout financer. Et il le sait parfaitement...
Restent des mesures beaucoup plus sensées et qui, elles, vont tout à fait dans le bon sens. A condition bien sûr qu'elles trouvent leur contrepartie dans des économies budgétaies dont il n'a hélas pratiquement pas fait mention..
A commencer par la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu qui, elle, apporterait un vrai "plus" au pouvoir d'achat de ceux qui sont le plus à même de relancer la consommation, et donc la production (même si la production intérieure n'en sera pas la première bénéficiaire compte tenu de l'importance des produits importés, ou ré-importés à cause des délocalisations)
A continuer par la suppresion de la taxe professionnelle : cet impôt dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est mal conçu et qu'il représente un frein à l'emploi. Il y avait longtemps que beaucoup la réclamaient, cette suppression, et que personne n'osait la faire. Evidemment, les élus locaux hurlent déjà contre cette mesure. Il est absolument certain qu'elle devra être compensée au niveau local pour permettre aux collectivités territoriales de financer leurs investissements, à laquelle cette taxe est aujourd'hui affectée. Mais on est là dans le contexte de la réforme fiscale indispensable qu'il faudra bien mettre en oeuvre, même si elle doit par nature bousculer certaines "rentes de situations" et certains immobilismes institutionnels. Le problème est bien plus vaste que la seule taxe professionnelle. Il concerne toute la gamme des prélèvements et des financements publics, aujourd'hui incroyablement exagérés et trop injustement répartis. Mais ce n'est certes pas dans l'urgence qu'il faut s'y attaquer. Dans cette optique, la suppresion de la taxe professionnelle, si elle n'est qu'un élément du puzzle, est de très bonne augure.
A noter enfin cette idée des "trois tiers", qu'il avait déjà exprimée, au sujet de la répartition des excédents des entreprises (ce qu'on appelle communément "les bénéfices"). Je resterai assez prudent à son sujet. Sur le fond, je suis assez partisan du principe, lequel consiste à "couper en trois" le résultat net : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l'investissement, et le dernier tiers pour les salariés. Sous forme de participation, évidemment, c'est à dire hors de toute augmentation de salaire et hors de tout prélèvement social. Sinon, la mesure devient quasiment caduque, le poids des charges annulant en grande partie le bénéfice de l'opération.
C'était la grande idée du général De Gaulle en son temps que de répartir une partie des bénéfices entre les salariés. Cette idée avait été mise en oeuvre, mais de manière très timide et selon moi avec deux défauts.
Primo le fait que cette participation soit bloquée sur une période assez longue et donc ne représente pas du pouvoir d'achat immédiat. Les Français n'ont pas à être incités à l'épargne : nous sommes le pays d'Europe où cette épargne "populaire" est la plus importante en volume.
Secundo le fait que le montant en soit fixé à la discrétion de l'employeur et sans concertation effective. De deux choses l'une : ou bien on considère que le chef d'entreprise est seul maître chez lui et fait ce qu'il entend du résultat financier de ses activités, et alors l'institution même de cette participation salariale est illégitime, ou bien on considère normal que les salariés, qui ont participé, c'est une évidence, aux résulats financiers dont on parle, en perçoivent une part en retour, et il devient alors normal que le montant en soit fixé d'un commun accord avec eux.
Personnellement, je serais assez d'accord, philosophiquement, avec la première proposition. Dans une entreprise, celui qui prend les risques, et celui qui paie de sa poche (sur ses biens personnels) si les choses tournent mal, c'est le propriétaire de l'entreprise, c'est à dire le patron ou l'actionnaire (dans les PME, c'est souvent le même). Il est donc normal a priori que ce soit également lui qui perçoive les bénéfices.
Mais cette position très libérale qui n'étonnera personne de ma part, doit être nuancée. Il faut être pragmatique, et constater qu'à l'évidence une part non négligeable d'employeurs ont une certaine tendance à se comporter sans considération à l'égard de leurs salariés. Je pense que cela tient au fait que les actionnaires sont de moins en moins souvent des entrepreneurs, mais des financiers qui n'ont de regard que sur la rentabilité immédiate de leurs investissements. Je le conçois parfaitement et sans restriction de la part d'un financier. Pas de la part d'un entrepreneur, dont le premier souci devrait être, et était encore il n'y a pas si longtemps dans l'écrasante majorité des cas, la pérennité de son entreprise. Or, cette pérennité passe par l'activité et les efforts des salariés. Ce n'est pas être collectiviste ou même socialisant que de le penser et de le dire. C'est tout simplement voir les choses telles qu'elles sont.
Or, une des conséquences de la manière d'opérer de ces "investisseurs non-entrepreneurs" dont je parle, c'est la non prise en compte des droits légitimes des salariés de l'entreprise. Et je ne parle pas ici des seuls droits issus de la législation, laquelle devrait n'être là que pour contrer les abus.
Le respect de la liberté des entrepeneurs, qui passe par le respect de leur droit de propriété sur leur entreprise, et donc corolairement par le respect de leur liberté d'utilisation des "bénéfices" de celle-ci quand ils existent, est la traduction naturelle et littérale de la philosophie libérale dont je me réclame haut et fort. Mais cette philosophie libérale n'est applicable dans les faits que si elle n'est pas utilisée comme un alibi pour se comporter en rapace et en prédateur. "La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres", dit l'adage populaire. Eh bien ! Respecter la liberté des autres, c'est aussi respecter la valeur du travail des autres. Et ce n'est pas les considérer comme de la matière jetable (le "matériel humain", m'a dit un jour un DRH !).
Rassurez-vous, je ne suis pas devenu "gauchiste" ! Et je sais bien qu'il faut également prendre en compte les impératifs de la concurrence, et notamment de la concurrence internationale. C'est dans cette optique que je maintiens sans cesse que d'une part les rémunérations ne peuvent et ne doivent être fixées qu'en fonction des possibilités réelles des entreprises, et dans la conjoncture actuelle le moins est de dire qu'elles ne sont pas immenses, et que d'autre part les effectifs doivent être fixés au minimum nécessaire. Tout cela porte un nom : c'est de la bonne gestion. Mais il convient aussi de ne pas aller d'un extrême (sur-effectifs et salaires insupportables charges comprises) à l'autre (sous-effectif notoire et salaires de misère, voir délocalisations injustifiées).
J'en reviens à mes moutons : l'idée de la participation aux bénéfices est de mon point de vue une bonne idée. Que cette participation représente une part de la rémunération est très positif. Que les sommes issues du dispositif participatif soient disponibles immédiatement, et non soumis à cotisations sociales, ni pour le salarié ni pour l'employeur, en ferait un gain de pouvoir d'achat important.
Que la part des résultats affectée à cette participation soit fixée de concert entre employeur et employés m'apparaît indispensable.
Corolairement, que cette part soit fixée par la loi (que ce soit le tiers ou toute autre proportion) représenterait une ingérance inacceptable de l'état dans la gestion des entreprises. C'est pourquoi je pense que Nicolas Sarkozy a tout à fait raison "de mettre cette idée sur la table", parmi d'autres, et de provoquer la concertation entre patronat et syndicats, concertation dont le coup d'envoi sera donné le 18 février prochain si j'ai bien compris. Ce n'est pas à l'état de décider, c'est aux entreprises et aux représentants des salariés de se mettre d'accord.
Il n'y a plus qu'à espérer que les idéologies resteront au vestiaire lors de cette réunion, même si c'est peu probable.
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vendredi 30 janvier 2009
La politique de Ville
Si je joins les deux sujet dans ce billet, c'est parce que, au moins dans l'inconscient collectif mais pas seulement, le "problème des banlieues" est lié à la religion musulmane, qui est celle d'une majorité des familles qui y résident.
Concernant l'émission de France 5, le débat s'est un peu cristallisé autour de la personalité de chacun des deux maires invités par Yves Calvi, Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, et François Pupponi, maire de Sarcelles, deux communes de la banlieue parisienne.
Je ne vais pas reproduire ici les débats, ce qui ne présenterait aucun intérêt. Mais les articles et les commentaires m'ont inspiré quelques réflexions, que je vous livre.
Je ne relègue personne "dans les poubelles de l'Humanité", comme a pu s'insurger un commentateur, mais je suis très réservé sur un jugement porté sur Philippe de Villiers qui consisterait à en faire un bienfaiteur de cette même humanité au motif qu'il "agit et soutient des projets de déaveloppement en Afrique".
C'est peut-être vrai. Je n'en sais rien. Ca ne le dédouane pas d'avoir été un temps le fidèle allié de JM Le Pen, célèbre négacionniste et pourfendeur de la liberté de penser, et de tenir lui-même des propos extrémistes...
Quant à Xavier Lemoine, que je ne connais pas suffisamment pour le juger, je ne peux me baser que sur ses propos lors de l'émission dont il s'agit, et au cours de laquelle il ne s'est certainement pas comporté en raciste ou en xénophobe. Le fait de combattre le désormais sacro-saint multiculturalisme et d'évoquer les problèmes que rencontre l'intégration de certains immigrés, voire de certains français issus de l'immigration, ne fait pas de l'auteur de tels propos d'ignobles personnages à combattre. Ils ne font que dire ce qu'ils pensent, et qui ne peut être sincèrement nié par personne. Il suffit de regarder sans préjugé pour voir. Mais beaucoup, pour des raisons plus souvent politiciennes qu'humanistes, s'ingénient à ne pas regarder, ou pire à refuser de reconnaître des faits tangibles...
La vraie solution n'est ni de fustiger ceux qui le disent ni de prétendre le contraire, mais, quand on est aux manettes, de tenter d'y remédier. Evidemment, c'est plus compliqué, et accessoirement ça ne rassemble pas nécessairement les suffrages de tout le monde...
Ensuite, et sur l'aspect religieux qui s'insinue immaquablement dans un tel débat, il convient de redire encore et encore, qu'aucune religion n'est intrinséquement bonne ou mauvaise, et que le jugement que l'on porte sur elles est nécessairement biaisé et vicié par notre propre interprétation de ce que l'on en voit, ou de ce que l'on croit en savoir. Or ce que l'on croit en savoir, et bien plus encore ce que l'on en voit, n'est bien souvent pas l'expression fidèle de ce qu'elle est dans son essence même.
Ainsi, et concernant l'Islam puisque c'est essentiellement de cette religion dont on parle ici, il y a plusieurs lectures possibles du Coran en fonction de notre capacité à nous replacer dans le contexte de l'époque où il a été rédigé : il est évident que les moeurs du 21° siècle n'ont plus rien de commun avec celles du 7° siècle.
Il en va d'ailleurs exactement de même avec la Bible, et, pour ne donner qu'un exemple, la loi du Tallion, qui avait pour but de limiter les exactions des régimes politiques en place à l'époque, produit aujourd'hui des effets condamnés par beaucoup, ce que l'on peut comprendre dans le contexte politique d'aujourd'hui. A l'origine, "oeil pour oeil, dent pour dent" signifiait en gros "ne fais pas à autrui plus de mal qu'il ne t'en a fait", et c'était un énorme progrès. Aujourd'hui où les moeurs politiques sont en moyenne éminemment moins violentes, ce principe revient à dire "venge-toi sans faiblesse et ne laisse pas ton adversaire sans punition". Autres temps, autres moeurs ? Non, autres temps autre perception, voilà tout...
Pour en revenir à l'Islam, ses Ecritures comportent bien certains principes qui, s'ils pouvaient se concevoir dans le monde de l'époque, nous apparaissent aujourd'hui sous des jours totalement condamnables. Et je suis le premier à les condamner : domination voire élimination des "infidèles", guerre sainte, et sur un plan plus personnel domination de l'homme sur sa (ses) femme(s), etc... Dans notre monde actuel, ces principes-là sont à combattre avec la dernière énergie.
D'ailleurs, nombre de Mulsulmans l'ont bien compris, consciemment ou non, et ne les appliquent plus. Mais les courants dits "intégristes" ne l'entendent pas de cette oreille, et que ce soit pour des raisons sincèrement religieuses ou plus indéfendablement encore pour des raisons politiques, les mettent en pratique au pied de la lettre, avec les moyens du 21° siècle et l'horreur que ces moyens permettent de développer.
S'il n'est pas fondé de combattre les Musulmans que l'on dit "modérés", il faut combattre sans pitié ces intégristes-là. Or, leurs principes, quoi qu'en disent certains ingénus, étant directement issus de leur Livre Saint, le seul moyen de les combattre efficacement est de combattre les principes coraniques concernés. Ce n'est pas la majorité silencieuse et modérée qui pose problème, mais ceux qui sèment la terreur s'inspirent des mêmes Ecritures. Ce sont elles qu'il faut dénoncer, avec les yeux des hommes du 21° siècle et en considérant les ravages qu'elles causent au 21° siècle...
Pour en revenir aux banlieues, il ne s'agit pas de combattre en elle-même la culture des immigrés qui les peuplent en majorité, et encore moins ces immigrés eux-mêmes; il s'agit de ne pas tolérer que leur communautarisme gêne, voire interdise, leur intégration dans la société française. L'idée du multiculturalisme conduit inévitablement, ce n'est pas une position philosophique mais une constatation objective, au communautarisme, c'est à dire à l'auto-exclusion de populations concernées. Il est donc de mon point de vue primordial d'intégrer réellement ces populations, y compris leurs membres "de la deuxième génération", voire de la troisième, qui pour beaucoup ne le sont toujours pas. Et leur permettre de s'intégrer passe au minimum par une occidentalisation de leur culture. Ce n'est être ni raciste ou xénophobe ni "d'extrême-droite" que de dire ça : c'est tout simplement être de bon sens.
Et le rôle de l'état consiste à oeuvrer dans ce sens, aux fins de préservation de la paix publique, c'est à dire de la sécurité, c'est à dire de la garantie du plein exercice de la liberté de chacun, les immigrés, fils ou petits fils d'immigrés, et les autres. Ce n'est à l'évidence pas le cas aujourd'hui, où ces populations d'origine étrangère sont comme "parquées" dans des quartiers où ne réside quasiment personne d'autre qu'eux. Une telle situation est la définition exacte du mot "ghetto". On a constituté des ghettos, et on s'étonne que leurs habitants ne s'intégrent pas. Ajouté à la paupérisation des mêmes quartiers, ce phénomène n'a pourtant rien de surprenant dans ses conséquences...
Je conçois parfaitement que le rôle des élus locaux en la matière soit particulièrement difficile. Mais se faire élire maire de sa commune ne revient pas uniquement à percevoir l'indemnité liée à la fonction, et si la tâche était si facile, on n'aurait peut-être tout simplement beaucoup moins besoin d'eux...
Certains l'admettent et oeuvrent avec leurs moyens, d'autres rejettent systématiquement sur l'état la responsabilité d'une situation à laquelle, certainement, il n'est pas étranger, mais qu'il n'est pas le seul à posséder les moyens de la résoudre.
Tout ramener à une question de moyens et se borner à demander une contribution toujours plus importante du budget de l'état n'est pas une attitude responsable. C'est pourtant le discours que tiennent bon nombre d'élus locaux, et cela devient à la longue assez insupportable.
La "politique de la ville", comme on l'appelle, n'est pas une simple affaire de gros sous. Si la "dotation générale de fonctionnement", qui consistue l'essentiel des ressources communales, devrait être calculée, en effet, en tenant compte des difficultés spécifiques de certaines communes, et en parculier de la présence sur leur sol en nombre important de citoyens immigrés dont il faut assurer l'intégration, cette dernière ne peut être réalisée sans un minimum de courage politique de la part des édiles, notamment au regard de la nécessaire mise en oeuvre de la mixité sociale (mixité en termes économiques mais aussi en termes ethniques et de confession). Or, cette mixité fait peur à une certaine frange de la population, raison pour laquelle les élus ne s'y risquent pas, pensant en priorité à leur future réélection. Ce n'est pas ma conception de la mission d'un élu. Dommage que ce soit celle d'une majorité d'ente eux...
Je suis bien conscient, et j'entends déjà les critiques, que ce que je viens de dire ne résout pas le problème. Mais sans la mise en oeuvre de certains principes de base, rien ne sera jamais possible.
Ce n'est pas être raciste que d'admettre que des problèmes communautaristes existent dans ce pays et qu'il serait bon de s'en préoccuper enfin. Ce n'est pas être d'extrême droite que de dire que les populations immigrées ont autant de devoirs que les "français de souche", même si je n'aime pas cette expression. Et que parmi ces devoirs figure celui de s'adapter à la société qui les accueille. Ce n'est pas être responsable que de se contenter de prétendre le contraire et de rejeter sur d'autres la responsabilité d'une situation que tout le monde, que toutes les communautés, trouvent insupportable. Ni de ne pas prendre les décision courageuses que la fonction élective réclame.
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