Qui est citoyen de ce pays ? Vaste sujet, là encore, et quelle complexité !
En effet, si chacun parle volontiers des droits des "citoyens", des devoirs des "citoyens", du pouvoir "citoyen", de comportement "citoyen", etc... Demandez donc à dix personnes de vous définir ce qu'est un citoyen. Vous obtiendrez, j'en suis sûr, dix réponses différentes...
En droit, et en France, la notion de citoyenneté est liée au "droit du sol" : il faut être né en France pour être Français. En Allemagne par exemple, il s'agit au contraire du "droit du sang". Cela signifie schématiquement qu'est Allemand celui qui est né de parents allemands.
Dans les faits, la France reconnaît d'ailleurs ces deux systèmes...
Et il existe encore bien d'autres systèmes tous différents.
Quant à moi, je me suis longtemps considéré dans ma tête comme "apatride", c'est à dire que je ne voyais pas bien l'utilité des frontières, et encore moins celle de l'appartenance à une nation en particulier. Je me ressentais comme "citoyen du monde". J'étais loin d'être le seul, et c'est là une position, on pourrait presque dire une philosophie, qui a fait parler d'elle...
Mais il faut se rendre à l'évidence, et je me suis vite rendu à cette évidence-là, l'organisation harmonieuse des rapports humains au sein d'une société n'est possible que si l'on tient compte, des individus certes, en tant que tels, sans distinctions, mais aussi des différentes cultures, au risque de se trouver face à une cacophonie ingérable de langues, de religions, de comportements surtout... Et c'est bien là le sens, me semble-t-il, d'une politique d'immigration bien comprise...
Entendons-nous bien : je suis le contraire d'un raciste ! Et je suis encore moins xénophobe. Je n'ai rien contre les différences, qu'elles soient de couleur de peau, de religion, d'opinion politique, que sais-je encore ? Mais dès qu'on rencontre des différences profondes sur ces thèmes entre les individus d'une même société, et tant qu'on n'organise pas l'harmonie entre ces différences, la société dont on parle devient vite invivable ! Certains comportements culturels sont tout simplement à l'opposé l'un de l'autre entre deux êtres d'origines vraiment différentes. Et il est indispensable, pour qu'ils réussissent à s'entendre et à vivre ensemble, que chacun d'eux face un pas vers l'autre. Sinon,on se retrouve très rapidement devant une situation conflictuelle majeure.
En outre, et même si cette réflexion concernerait plutôt la rubrique "économie" que cette rubrique "société", les niveaux de vie moyens entre les pays présentent de grandes disparités, et ces niveaux de vie engendrent naturellement des comportements sociaux eux-mêmes profondément différents.
Ces différences de niveaux sociaux, de cultures, de religions, et donc de comportements "basiques" de la vie de tous les jours, engendrent nécessairement des tensions et sont, à mon sens, la source du sentiment de racisme que l'on voit trop souvent se développer dans nos sociétés modernes où la mobilité sur la planète est devenue si importante.
Aussi, j'en suis venu à prendre une position sur le sujet de la citoyenneté, intimement lié à celui de l'immigration, que j'aurais sans doute combattue il y a une ou deux décennies :
- Naître de parents français, en France ou ailleurs, c'est être automatiquement citoyen français
- Naître de parents, l'un français et l'autre non, peu importe à quel endroit sur la planète, c'est avoir automatiquement la double nationalité, et donc la double citoyenneté. Mais bien sûr il faut pour cela l'accord de l'autre pays...
- Obtenir la nationalité française, c'est obtenir automatiquement la qualité de citoyen en France
- MAIS pour obtenir cette nationalité, il faut remplir certaines conditions :
1 - Il faut vouloir être français. Il serait tout-à-fait anormal que, par le simple fait de sa naissance en France par exemple, ou par toute autre circonstance, la nationalité française soit imposée (ou accordée, comme on voudra...) automatiquement.
2 - Il faut être capable de s'intégrer pleinement dans la société française. Cela suppose notamment un minimum de pratique correcte de la langue française
3 - Il faut vouloir s'intégrer, et en donner des gages.
Cela suppose l'abandon pur et simple de certains comportements dès lors qu'ils ne correspondent pas aux usages de la société Française, et pas seulement les éventuelles coutumes du pays d'origine qui tomberaient sous le coup de la loi française, comme l'excision ou la bigamie, mais aussi par exemple des comportements vestimentaires, culinaires ou folkloriques de nature à troubler la quiétude de ceux qui vont devenir des compatriotes, et particulièrement les voisins...
4 - Il faut ne pas être une charge pour la collectivité en France. Là encore, on est plus sur le terrain économique que sur le terrain social et culturel, mais le sujet est suffisamment important pour que je le mentionne ici.
Devenir français sans avoir un emploi et des revenus suffisants, dans le but de bénéficier des avantages sociaux qui existent dans notre pays, et devenir ainsi assisté et à charge, c'est conclure avec la France et les Français un marché de dupe, qui engendrera nécessairement à court ou moyen terme des difficultés au niveau social, ou plutôt au niveau sociétal, c'est à dire au niveau de l'organisation même de la société et des rapports entre les individus...
Je tiens cependant à apporter une précision importante : je ne considère au aucun cas qu'accueillir un étranger dans la communauté nationale, ou même simplement sur le sol français sans qu'il prenne la nationalité, soit une charge pour la collectivité. Rappelons-nous le sketch de Fernand Reynaud, avec cet "étranger qui mange le pain des Français" et qui s'avère être, à la fin du sketch, le seul boulanger de la commune... Ca n'est pas qu'une simple caricature, et ça illustre bien la réalité économique de l'immigration. Il n'y a pas une quantité finie de travail, pas plus que de biens consommables. Plus une société est nombreuse et plus elle éprouve de besoins en termes de biens et de services (donc de travail à accomplir), et plus elle génère de biens de consommation et de richesses. Il n'y a en cela rien de différent entre faire des enfants pour augmenter la population et accueillir des étrangers dans le même but.
Mais pour que ce raisonnement tienne, il faut que les immigrants soient effectivement des actifs. Il faut qu'ils participent effectivement à la production de richesses et au développement de l'activité. Sinon, ils deviennent une charge et ils apportent de l'eau au moulin des xénophobes et autres racistes de tout poil.
- Etre ou devenir français, c'est être ou devenir citoyen dans la société française, ce qui :
1 - Donne des droits
2 - Mais aussi des devoirs.
Les uns ne vont pas sans les autres, que l'on naisse Français ou qu'on le devienne...
La citoyenneté, c'est bénéficier des avantages liés à une société organisée : de la liberté d'action et d'opinion, du droit de vote, des services publics, des aides sociales quand elles sont nécessaires, etc... C'est aussi en supporter les contraintes : le respect de la loi dans tous ses aspects, le paiement des impôts, le respect des autres citoyens, de leur tranquillité, de leurs opinions, etc...
Accorder la nationalité française, et donc la citoyenneté, ou même simplement accueillir sur notre sol et au sein de notre société, des gens qui ne prendraient que leurs droits sans accomplir leurs devoirs, ce serait porter un préjudice certain aux autres citoyens, ceux qui acceptent les règles, qui s'y soumettent, et qui rendent possibles les aspects de notre société qui attirent tant les ressortissants d'un certain nombre de pays pour lesquels nous ressemblons à un Eldorado, même si cette impression est très largement fausse d'ailleurs...
Les Anciens avaient inventé la Démocratie
Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...
Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...
vendredi 7 décembre 2007
Le droit de grève
Dans la plupart des pays libres, le droit de grève est inscrit dans la constitution. Il s'agit d'une disposition législative qui permet aux salariés de cesser le travail en signe de manifestation de leur mécontentement par rapport à leurs conditions de travail, leurs rémunérations, etc... Et ainsi de faire pression sur leur employeur pour obtenir de nouveaux avantages. Il n'y a pas de liste exhaustive des raisons possibles d'une grève.
Cependant, ce droit de grève est très réglementé, et par exemple une grève, pour être légale, doit faire l'objet d'un préavis dont la durée est fixée par la loi.
Il va de soi que je suis tout à fait d'accord avec l'existence de ce droit de grève, qui est un garde-fou important contre les abus possibles des employeurs, abus qui ont pu être largement constatés dans le passé, y compris dans un passé récent.
Cependant, je tiens à émettre avec force un certain nombre de réserves, et de principes à respecter selon moi sans concession :
1 - Le droit de grève est un droit de cesser le travail et rien d'autre. Cela signifie qu'un certain nombre d'actions communément entreprises par les grévistes depuis des lustres, et de plus en plus aujourd'hui semble-t-il, sont totalement inacceptables.
Il s'agit notamment du blocage des lieux de travail, à commencer par les "piquets de grève", des dégradations commises soit sur l'outil de travail, ce qui est finalement assez rare, soit encore sur les immeubles et les installations publiques ou privées situés sur le parcours des manifestations dont s'accompagnent les mouvements de grève, et en résumé de tout acte violent ou délictueux, même lié au mouvement de grève lui-même. Ce qui se produit pourtant souvent dans les faits...
Un acte délictueux quel qu'il soit, dans le cadre d'un mouvement social ou pas, reste délictueux, et devrait être sanctionné en tant que tel, sans aucune exception. Endommager ou détruire une partie quelconque de l'outil de travail, séquestrer un responsable, détruire des documents quels qu'ils soient, ne sont pas des "actions syndicales" comme on l'entend trop souvent. Ce sont des actes crapuleux qu'il faut sanctionner sans complaisance.
Même le blocage des locaux devrait être sanctionné pénalement, en ce sens qu'il constitue un obstacle à la liberté de travail. Pendant une grève, les non grévistes doivent pouvoir travailler sans entrave. Et il me parait tout à fait normal, en cas de blocage prolongé, de faire intervenir les forces de l'ordre pour "déloger" les bloqueurs, qui devraient en outre dans ce cas être immédiatement déférés à la justice...
2 - Le droit de grève n'est pas celui de bloquer l'économie du pays, ni de bafouer la liberté des autres citoyens en paralysant certains éléments vitaux pour le fonctionnement de la société. Je veux parler ici des services publics.
Lors des grands "mouvements sociaux", ceux qui sont les plus médiatisés et donc les plus prisés par les organisations syndicales qui y voient un bon de moyen de (enfin...) se donner de l'importance, on n'entend, dans la bouche des dirigeants de ces organisations, que les mots de service public, à tous les plats et à toutes les sauces. Ce vocable est pratiquement érigé en religion dans les discours dont ils nous rebattent les oreilles. Ils feignent simplement d'oublier que "service public" signifie "être au service du public", notion à ne pas confondre avec celle de "secteur public", qui n'a aucun rapport et qui désigne les entreprises placées sous l'autorité de l'état ainsi que les administrations.
Dans les faits, c'est le plus souvent le "secteur public" qui a en charge les "services publics", mais d'une part on se demande bien pourquoi ça devrait être systématiquement le cas, et d'autre part les deux notions sont radicalement différentes.
Dans ce domaine particulier du service public, donc, la réglementation du droit de grève doit à mon sens être aménagée, et drastiquement encadrée. Un premier pas vient d'être franchi avec la loi présentée à tort comme celle du "service minimum" dans les transports terrestres, mais ce premier pas est bien trop timide, et je pense pour ma part qu'il faudra très rapidement aller beaucoup plus loin. Ces dispositions qui instaurent notamment une obligation de négociation avant la grève sous peine de la rendre illégale et un préavis de 48 heures à la charge des futurs grévistes sous peine de sanctions, devrait être la règle pas seulement dans les transports, mais dans tous les services publics, et pourquoi pas à terme dans tous les secteurs de l'économie ?
En outre, et concernant le seul secteur des transports, publics ou non, un vrai service minimum devra être institué. Celui-ci, comme c'est le cas déjà dans plusieurs pays où les syndicats ouvriers ne sont pas forcément, et loin de là, moins puissants qu'en France où donc il est tout à fait possible d'en faire autant, devrait consister en deux plages horaires (de l'ordre de 3 h le matin et 3 h le soir) durant lesquelles le trafic serait obligatoirement normal à 100 %. Il s'agit des plages horaires dans lesquels les citoyens se déplacent le plus, notamment pour se rendre sur leur lieu de travail. Les transports du publics sont par nature un service public, c'est-à-dire un devoir régalien envers les citoyens ! Traitons-le comme tel...
3 - Comme je l'ai rappelé plus haut, le droit de grève est un droit au bénéfice des salariés pour faire valoir avec force leurs positions et leurs besoins vis à vis de leur employeur. A partir de là, que signifie l'expression "faire grève" quand on est étudiant ou lycéen ? Je fais partie de ceux qui, un certain mois de mai 1968, ont lancé un mouvement étudiant qui a dégénéré ensuite dans le mouvement social que l'on sait. Nous n'avons jamais, nous-autres étudiants qui avons lancé ce mouvement à l'origine, parlé de grève.
Un mouvement revendicatif estudiantin n'est pas une grève, et n'est donc en aucune façon régi par les dispositions législatives et réglementaires qui concernent le droit de grève. Que les "étudiants en colère" se fédèrent en organisations revendicatives, qu'ils appellent ces organisations du terme de "syndicats", pourquoi pas ? Que ces "syndicats" se réclament des mêmes prérogatives que les syndicats ouvriers, certainement pas ! Qu'ils exigent à leur endroit l'application des règles concernant le droit de grève, que nenni ! Les mouvements étudiants et lycéens (et je me demande bien ce que sont ces parents qui laissent leurs ados s'engager dans de telles "galères" auxquelles ils ne comprennent bien souvent rien ou presque...) sont des mouvements revendicatifs et rien d'autre. Respectables, certes, qu'il faut sans doute écouter, tâcher de comprendre, essayer de satisfaire quand c'est possible et quand c'est souhaitable, y compris pour eux, mais on ne saurait leur donner l'importance d'un vrai mouvement de grève. Il faut raison garder, et il parait logique de considérer que ceux à qui l'effort d'éducation est destiné ne sont pas ceux qui sont capables, et en tout cas fondés, à en fixer les modalités...
Enfin, dans ce cadre également, le blocage des lieux de travail, ici des lieux d'enseignement, c'est à dire les facultés, est une entrave inadmissible à la liberté de travail des professeurs et à la liberté d'étudier des "non grévistes". Il s'agit d'un acte délictueux qu'il faut faire stopper par la force si nécessaire, et sanctionner pénalement dans tous les cas.
S'agissant des lycéens particulièrement, qui sont pour la quasi totalité d'entre eux des mineurs, c'est bien entendu les parents qu'il faut mettre en cause. Leur responsabilité est entière par rapport au comportement de leurs enfants et, en cas de dégradations par exemple, c'est pécuniairement qu'il faut les impliquer. Rappelons une disposition légale qui n'est quasiment jamais appliquée : le service des allocations familiales est en principe subordonné à la scolarisation effective des enfants, et donc à leur assiduité aux cours. A bonne entendeur...
4 - La grève, même si ce n'est pas aujourd'hui inscrit dans la loi fondamentale, est le moyen de pression extrême sur les décisions de l'employeur. La notion de grève préventive est donc une hérésie. Ce terme n'est quasiment jamais employé par les organisations syndicales, mais on entend souvent qu'une grève est décidée "pour peser sur les négociations". Autrement dit, la négociation n'est pas terminée, elle est en cours dans le meilleur des cas mais pas toujours, et on décide d'une grève pour "montrer ses muscles". C'est tout simplement inacceptable ! Le droit de grève n'a pas été institué pour cela. C'est beaucoup plus sérieux que ça !...
A mon sens, et c'est ce qui est inscrit dans la toute dernière loi concernant les transports publics terrestres dont je parlais plus haut, la grève ne doit être décidée qu'en cas d'échec des négociations. On discute d'abord, et on fait grève ensuite si on ne s'est pas mis d'accord, et pas l'inverse !
5 - Dernière réflexion à mon avis d'une extrême importance : quand la grève est lancée, la question se pose toujours de savoir à quel moment, et dans quelles conditions, on décidera d'y mettre fin. En effet, l'esprit de surenchère s'installe presque toujours, et même si les négociations amènent à obtenir ce pourquoi la grève a démarré, on trouve toujours quelque chose de plus à réclamer, et la machine repart...
Mettre fin à une grève, ça se décide quelquefois au niveau de la direction du ou des syndicats concernés, mais le plus souvent, même dans ce cas, la décision finale et effective revient aux salariés en grève "sur le terrain". Et là, il se met en oeuvre le plus souvent une procédure inacceptable. Ces réunions, qui sont abusivement dénommées "assemblées générales" alors qu'elles ne regroupent qu'une minorité de grévistes, prennent la décision d'arrêter ou de continuer le mouvement à main levée. Dans ces conditions, chaque "votant" est bien évidemment très fortement influencé par tous les "camarades", selon la terminologie habituelle, qui se trouvent autour de lui. Et c'est ainsi que le résultat du vote est lui même fortement influencé par les plus persuasifs, les "meneurs".
Avec ce système, le résultat du "scrutin" ne reflète en rien, et en tous cas pas de manière fiable, l'opinion de la majorité des grévistes.
La seule méthode de scrutin fiable et démocratique, ici comme ailleurs, est le vote à bulletin secret. Et de plus, il doit selon moi être ouvert à tous les salariés concernés par le conflit, pas uniquement aux grévistes, et encore moins à quelques grévistes réunis pour l'occasion.
Voilà ce que j'avais à dire, pour le moment, au sujet du droit de grève. Pendant la rédaction de ce message, il m'est venu en tête quelques autres réflexions, mais qui sont plus d'ordre économique, et je les exprimerai donc plutôt dans cette catégorie, très prochainement sans doute.
Cependant, ce droit de grève est très réglementé, et par exemple une grève, pour être légale, doit faire l'objet d'un préavis dont la durée est fixée par la loi.
Il va de soi que je suis tout à fait d'accord avec l'existence de ce droit de grève, qui est un garde-fou important contre les abus possibles des employeurs, abus qui ont pu être largement constatés dans le passé, y compris dans un passé récent.
Cependant, je tiens à émettre avec force un certain nombre de réserves, et de principes à respecter selon moi sans concession :
1 - Le droit de grève est un droit de cesser le travail et rien d'autre. Cela signifie qu'un certain nombre d'actions communément entreprises par les grévistes depuis des lustres, et de plus en plus aujourd'hui semble-t-il, sont totalement inacceptables.
Il s'agit notamment du blocage des lieux de travail, à commencer par les "piquets de grève", des dégradations commises soit sur l'outil de travail, ce qui est finalement assez rare, soit encore sur les immeubles et les installations publiques ou privées situés sur le parcours des manifestations dont s'accompagnent les mouvements de grève, et en résumé de tout acte violent ou délictueux, même lié au mouvement de grève lui-même. Ce qui se produit pourtant souvent dans les faits...
Un acte délictueux quel qu'il soit, dans le cadre d'un mouvement social ou pas, reste délictueux, et devrait être sanctionné en tant que tel, sans aucune exception. Endommager ou détruire une partie quelconque de l'outil de travail, séquestrer un responsable, détruire des documents quels qu'ils soient, ne sont pas des "actions syndicales" comme on l'entend trop souvent. Ce sont des actes crapuleux qu'il faut sanctionner sans complaisance.
Même le blocage des locaux devrait être sanctionné pénalement, en ce sens qu'il constitue un obstacle à la liberté de travail. Pendant une grève, les non grévistes doivent pouvoir travailler sans entrave. Et il me parait tout à fait normal, en cas de blocage prolongé, de faire intervenir les forces de l'ordre pour "déloger" les bloqueurs, qui devraient en outre dans ce cas être immédiatement déférés à la justice...
2 - Le droit de grève n'est pas celui de bloquer l'économie du pays, ni de bafouer la liberté des autres citoyens en paralysant certains éléments vitaux pour le fonctionnement de la société. Je veux parler ici des services publics.
Lors des grands "mouvements sociaux", ceux qui sont les plus médiatisés et donc les plus prisés par les organisations syndicales qui y voient un bon de moyen de (enfin...) se donner de l'importance, on n'entend, dans la bouche des dirigeants de ces organisations, que les mots de service public, à tous les plats et à toutes les sauces. Ce vocable est pratiquement érigé en religion dans les discours dont ils nous rebattent les oreilles. Ils feignent simplement d'oublier que "service public" signifie "être au service du public", notion à ne pas confondre avec celle de "secteur public", qui n'a aucun rapport et qui désigne les entreprises placées sous l'autorité de l'état ainsi que les administrations.
Dans les faits, c'est le plus souvent le "secteur public" qui a en charge les "services publics", mais d'une part on se demande bien pourquoi ça devrait être systématiquement le cas, et d'autre part les deux notions sont radicalement différentes.
Dans ce domaine particulier du service public, donc, la réglementation du droit de grève doit à mon sens être aménagée, et drastiquement encadrée. Un premier pas vient d'être franchi avec la loi présentée à tort comme celle du "service minimum" dans les transports terrestres, mais ce premier pas est bien trop timide, et je pense pour ma part qu'il faudra très rapidement aller beaucoup plus loin. Ces dispositions qui instaurent notamment une obligation de négociation avant la grève sous peine de la rendre illégale et un préavis de 48 heures à la charge des futurs grévistes sous peine de sanctions, devrait être la règle pas seulement dans les transports, mais dans tous les services publics, et pourquoi pas à terme dans tous les secteurs de l'économie ?
En outre, et concernant le seul secteur des transports, publics ou non, un vrai service minimum devra être institué. Celui-ci, comme c'est le cas déjà dans plusieurs pays où les syndicats ouvriers ne sont pas forcément, et loin de là, moins puissants qu'en France où donc il est tout à fait possible d'en faire autant, devrait consister en deux plages horaires (de l'ordre de 3 h le matin et 3 h le soir) durant lesquelles le trafic serait obligatoirement normal à 100 %. Il s'agit des plages horaires dans lesquels les citoyens se déplacent le plus, notamment pour se rendre sur leur lieu de travail. Les transports du publics sont par nature un service public, c'est-à-dire un devoir régalien envers les citoyens ! Traitons-le comme tel...
3 - Comme je l'ai rappelé plus haut, le droit de grève est un droit au bénéfice des salariés pour faire valoir avec force leurs positions et leurs besoins vis à vis de leur employeur. A partir de là, que signifie l'expression "faire grève" quand on est étudiant ou lycéen ? Je fais partie de ceux qui, un certain mois de mai 1968, ont lancé un mouvement étudiant qui a dégénéré ensuite dans le mouvement social que l'on sait. Nous n'avons jamais, nous-autres étudiants qui avons lancé ce mouvement à l'origine, parlé de grève.
Un mouvement revendicatif estudiantin n'est pas une grève, et n'est donc en aucune façon régi par les dispositions législatives et réglementaires qui concernent le droit de grève. Que les "étudiants en colère" se fédèrent en organisations revendicatives, qu'ils appellent ces organisations du terme de "syndicats", pourquoi pas ? Que ces "syndicats" se réclament des mêmes prérogatives que les syndicats ouvriers, certainement pas ! Qu'ils exigent à leur endroit l'application des règles concernant le droit de grève, que nenni ! Les mouvements étudiants et lycéens (et je me demande bien ce que sont ces parents qui laissent leurs ados s'engager dans de telles "galères" auxquelles ils ne comprennent bien souvent rien ou presque...) sont des mouvements revendicatifs et rien d'autre. Respectables, certes, qu'il faut sans doute écouter, tâcher de comprendre, essayer de satisfaire quand c'est possible et quand c'est souhaitable, y compris pour eux, mais on ne saurait leur donner l'importance d'un vrai mouvement de grève. Il faut raison garder, et il parait logique de considérer que ceux à qui l'effort d'éducation est destiné ne sont pas ceux qui sont capables, et en tout cas fondés, à en fixer les modalités...
Enfin, dans ce cadre également, le blocage des lieux de travail, ici des lieux d'enseignement, c'est à dire les facultés, est une entrave inadmissible à la liberté de travail des professeurs et à la liberté d'étudier des "non grévistes". Il s'agit d'un acte délictueux qu'il faut faire stopper par la force si nécessaire, et sanctionner pénalement dans tous les cas.
S'agissant des lycéens particulièrement, qui sont pour la quasi totalité d'entre eux des mineurs, c'est bien entendu les parents qu'il faut mettre en cause. Leur responsabilité est entière par rapport au comportement de leurs enfants et, en cas de dégradations par exemple, c'est pécuniairement qu'il faut les impliquer. Rappelons une disposition légale qui n'est quasiment jamais appliquée : le service des allocations familiales est en principe subordonné à la scolarisation effective des enfants, et donc à leur assiduité aux cours. A bonne entendeur...
4 - La grève, même si ce n'est pas aujourd'hui inscrit dans la loi fondamentale, est le moyen de pression extrême sur les décisions de l'employeur. La notion de grève préventive est donc une hérésie. Ce terme n'est quasiment jamais employé par les organisations syndicales, mais on entend souvent qu'une grève est décidée "pour peser sur les négociations". Autrement dit, la négociation n'est pas terminée, elle est en cours dans le meilleur des cas mais pas toujours, et on décide d'une grève pour "montrer ses muscles". C'est tout simplement inacceptable ! Le droit de grève n'a pas été institué pour cela. C'est beaucoup plus sérieux que ça !...
A mon sens, et c'est ce qui est inscrit dans la toute dernière loi concernant les transports publics terrestres dont je parlais plus haut, la grève ne doit être décidée qu'en cas d'échec des négociations. On discute d'abord, et on fait grève ensuite si on ne s'est pas mis d'accord, et pas l'inverse !
5 - Dernière réflexion à mon avis d'une extrême importance : quand la grève est lancée, la question se pose toujours de savoir à quel moment, et dans quelles conditions, on décidera d'y mettre fin. En effet, l'esprit de surenchère s'installe presque toujours, et même si les négociations amènent à obtenir ce pourquoi la grève a démarré, on trouve toujours quelque chose de plus à réclamer, et la machine repart...
Mettre fin à une grève, ça se décide quelquefois au niveau de la direction du ou des syndicats concernés, mais le plus souvent, même dans ce cas, la décision finale et effective revient aux salariés en grève "sur le terrain". Et là, il se met en oeuvre le plus souvent une procédure inacceptable. Ces réunions, qui sont abusivement dénommées "assemblées générales" alors qu'elles ne regroupent qu'une minorité de grévistes, prennent la décision d'arrêter ou de continuer le mouvement à main levée. Dans ces conditions, chaque "votant" est bien évidemment très fortement influencé par tous les "camarades", selon la terminologie habituelle, qui se trouvent autour de lui. Et c'est ainsi que le résultat du vote est lui même fortement influencé par les plus persuasifs, les "meneurs".
Avec ce système, le résultat du "scrutin" ne reflète en rien, et en tous cas pas de manière fiable, l'opinion de la majorité des grévistes.
La seule méthode de scrutin fiable et démocratique, ici comme ailleurs, est le vote à bulletin secret. Et de plus, il doit selon moi être ouvert à tous les salariés concernés par le conflit, pas uniquement aux grévistes, et encore moins à quelques grévistes réunis pour l'occasion.
Voilà ce que j'avais à dire, pour le moment, au sujet du droit de grève. Pendant la rédaction de ce message, il m'est venu en tête quelques autres réflexions, mais qui sont plus d'ordre économique, et je les exprimerai donc plutôt dans cette catégorie, très prochainement sans doute.
jeudi 6 décembre 2007
Le pouvoir dans l'entreprise
Vaste sujet. Je vais essayer d'être bref, mais je ne promets rien...
Il faut tout d'abord que je pose un principe qui, selon moi, est essentiel et incontournable :
1 - Une entreprise est un outil destiné avant tout à générer des richesses, ou si l'on préfère "une machine à faire de l'argent". C'est sa raison d'être.
2 - L'entreprise appartient à ceux qui y ont investi leurs capitaux, et à personne d'autre.
Il est donc naturel que ce soient eux qui décident et qui gèrent, même si c'est par l'intermédiaire de gens qu'ils ont délégués pour ça.
Une fois ce principe posé, il apparaît clairement que, pour tout ce qui touche à l'activité comme au fonctionnement de l'entreprise, c'est le patron qui commande !
Dans des cas très isolés, les "sociétés coopératives ouvrières de production" par exemple, les salariés font eux-mêmes partie des actionnaires de l'entreprise, et le problème est donc différent. On parle quelquefois dans ce contexte de "cogestion". Mais ceci reste très marginal.
Pourquoi cet état de fait est-il normal et légitime ? Je vais essayer de l'expliquer :
- Sans un investissement capitalistique plus ou moins important, et même dans le cas d'une très petite entreprise, chez un artisan par exemple, l'entreprise n'existerait tout simplement pas ! Le capital social n'est pas le seul investissement : il faut du matériel, un stock de matières premières, des locaux, etc.
- Le fait d'utiliser ses capitaux pour les mettre dans une entreprise représente un risque important, lié au bon ou au mauvais fonctionnement de cette entreprise. Or, la qualité de ce fonctionnement est directement tributaire des décisions qui seront prises, que ce soit dans les opérations de gestion ou de production.
- Certains argueront que, pour un salarié aussi, le fonctionnement de l'entreprise est facteur de risque, dans le sens ou, si la "boîte" ferme ses portes, l'emploi s'envole avec elle. Mais ces risques sont de natures très différentes.
En effet, si le salarié perd son emploi, avec tout le cortège de problèmes que ça implique, il n'aura perdu "que" l'emploi lui-même et pas ses compétences ni sa capacité de travail, qu'il pourra encore négocier dans une autre entreprise.
Il n'en va pas de même de l'investisseur qui, lui, aura perdu ses capitaux, et donc toute possibilité de réinvestir ailleurs...
- L'idée de cogestion, ou "d'association capital-travail", dont on parlait au siècle dernier chez certains syndicalistes, est donc fondée sur un contresens : ce serait tout simplement un marché de dupe qui pourrait se résumer ainsi :
1 - J'utilise mon argent pour créer une entreprise
2 - Je te fournis du travail dans cette entreprise
3 - Nous nous accordons sur le partage des bénéfices de l'entreprise : à toi un salaire et à moi ce qui reste, sous forme de salaire et/ou de dividendes
4 - Nous prenons ensemble les décisions qui s'imposent.
En cas de désaccord, je m'interdis de t'imposer mes propres décisions, même si je considère que les tiennent sont dangereuses et mettent l'entreprise en péril.
5 - Si par malheur l'entreprise fait faillite, tu vas travailler et percevoir ton salaire ailleurs, et moi j'ai tout perdu !
Quand je parlais d'un marché de dupe...
Bien sûr, cet exemple est très schématique et, dans la pratique, les choses sont très souvent bien plus compliquées. En effet, un seul homme ne pourrait pas assumer à lui seul la charge de travail que constitue la gestion d'une moyenne ou a fortiori d'une grande entreprise.
D'abord, il y a plusieurs investisseurs (les actionnaires), qui prennent le plus souvent les décisions d'ordre financier, et qui délèguent les décisions de gestion et de fonctionnement à ceux qui deviennent ainsi les "patrons" directs de l'entreprise : président et directeur général. Ceux-ci délèguent à leur tour une partie de leurs prérogatives aux directeurs, chefs de services, contremaîtres, etc...
Les rapports entre toutes ces personnes sont organisés selon une hiérarchie, ce qui signifie que chacun d'eux doit répondre de ses décisions et de ses actes auprès de son supérieur direct : le directeur général au président, les directeurs au directeur général, etc...
En bas de l'échelle, l'exécutant final intègre donc dans son travail les décisions qui ont été prises à chaque échelon hiérarchique au-dessus de lui.
Il semble souhaitable que les rapports entre les individus, dans cette échelle hiérarchique, ne soient pas totalement "sauvages", et que des règles soient instaurées pour éviter les abus, à commencer par les abus de pouvoir qui pourraient conduire par exemple à instaurer des obligations de comportements dégradants ou dévalorisants, ou sans rapport avec le travail à fournir. C'est, entre autres choses, l'objet d'un ensemble de lois regroupées sous le vocable de "code du travail", code qui comporte aussi d'autres dispositions sans rapport avec la notion de pouvoir dont je parle ici.
Je viens de dire qu'il était souhaitable que ces règles soient établies, et je considère donc l'existence de ce code du travail comme légitime, et même indispensable. Mais il y aurait beaucoup à dire sur ses dispositions prises une à une. Il me faudrait tout un serveur informatique pour les traiter dans ce blog. Il y a quand même trois remarques que je tiens à faire, au seul sujet de l'exercice du pouvoir dans l'entreprise :
- Le code du travail est un ensemble de lois et de règlements. Directement pour ce qui est des règlements (par décrets) ou indirectement pour ce qui est des lois (qui sont le plus souvent élaborées par le président et les ministres avant d'être votées par les députés et des sénateurs), ce code est l'oeuvre du pouvoir exécutif.
- Le pouvoir politique n'est pas fondé, à mon sens, à diriger le fonctionnement des entreprises. Le dirigisme, qui a été largement l'apanage des régimes marxistes mais pas seulement, a suffisamment prouvé son inefficacité et son caractère néfaste pour l'économie. Il faut laisser ce que l'on appelle communément les "partenaires sociaux", c'est à dire les organisations représentatives des patrons d'un côté et des salariés de l'autre, se mettre d'accord sur les dispositions relatives à l'organisation dans les entreprises elles-mêmes. Et quand je dis "représentatives", j'ajoute qu'aujourd'hui il n'en existe malheureusement quasiment aucune, eu égard à la faiblesse du nombre des travailleurs syndiqués. Il est urgent de remédier à cet état de fait, par exemple en confiant directement aux syndicats la gestion de certains régimes sociaux comme cela se fait dans d'autres pays. Mais j'empiète quelque peu ici sur l'économie, et je me propose d'aborder ce sujet plus profondément dans la rubrique qui lui est consacrée.
- Si le code du travail doit comporter un certain nombre de dispositions communes à toutes les entreprises, il est crucial qu'il laisse la possibilité pour chacune d'elles d'en préciser les modalités. Chaque entreprise est un cas particulier, de par son activité comme de par les individus qui la composent, et il n'est pas normal que le code du travail ou toute autre disposition constitue un carcan qui entrave les rapports humains, et jusqu'à la bonne marche de l'entreprise...
- Si ce régime de mise au point consensuelle des règles de fonctionnement de l'entreprise me semble indispensable, il n'en reste pas moins que, lors des négociations, indispensables elles aussi à sa mise au point, le rapport des forces en présence doit être précisé clairement : il est inadmissible qu'une organisation syndicale impose son point de vue par la force, comme cela se produit trop souvent ! Le cadre général étant fixé au niveau national, je l'ai dit, il ne s'agit au niveau de chaque entreprise, que de fixer les modalités d'application. Il n'y a donc pas de place pour des crispations bloquantes.
La négociation a pour but d'harmoniser les points de vue, mais en cas d'échec, je l'ai dit plus haut et je le répète ici : dans l'entreprise c'est le patron qui commande. Je n'ai pas besoin de rappeler pourquoi, je l'ai expliqué plus haut...
Il faut tout d'abord que je pose un principe qui, selon moi, est essentiel et incontournable :
1 - Une entreprise est un outil destiné avant tout à générer des richesses, ou si l'on préfère "une machine à faire de l'argent". C'est sa raison d'être.
2 - L'entreprise appartient à ceux qui y ont investi leurs capitaux, et à personne d'autre.
Il est donc naturel que ce soient eux qui décident et qui gèrent, même si c'est par l'intermédiaire de gens qu'ils ont délégués pour ça.
Une fois ce principe posé, il apparaît clairement que, pour tout ce qui touche à l'activité comme au fonctionnement de l'entreprise, c'est le patron qui commande !
Dans des cas très isolés, les "sociétés coopératives ouvrières de production" par exemple, les salariés font eux-mêmes partie des actionnaires de l'entreprise, et le problème est donc différent. On parle quelquefois dans ce contexte de "cogestion". Mais ceci reste très marginal.
Pourquoi cet état de fait est-il normal et légitime ? Je vais essayer de l'expliquer :
- Sans un investissement capitalistique plus ou moins important, et même dans le cas d'une très petite entreprise, chez un artisan par exemple, l'entreprise n'existerait tout simplement pas ! Le capital social n'est pas le seul investissement : il faut du matériel, un stock de matières premières, des locaux, etc.
- Le fait d'utiliser ses capitaux pour les mettre dans une entreprise représente un risque important, lié au bon ou au mauvais fonctionnement de cette entreprise. Or, la qualité de ce fonctionnement est directement tributaire des décisions qui seront prises, que ce soit dans les opérations de gestion ou de production.
- Certains argueront que, pour un salarié aussi, le fonctionnement de l'entreprise est facteur de risque, dans le sens ou, si la "boîte" ferme ses portes, l'emploi s'envole avec elle. Mais ces risques sont de natures très différentes.
En effet, si le salarié perd son emploi, avec tout le cortège de problèmes que ça implique, il n'aura perdu "que" l'emploi lui-même et pas ses compétences ni sa capacité de travail, qu'il pourra encore négocier dans une autre entreprise.
Il n'en va pas de même de l'investisseur qui, lui, aura perdu ses capitaux, et donc toute possibilité de réinvestir ailleurs...
- L'idée de cogestion, ou "d'association capital-travail", dont on parlait au siècle dernier chez certains syndicalistes, est donc fondée sur un contresens : ce serait tout simplement un marché de dupe qui pourrait se résumer ainsi :
1 - J'utilise mon argent pour créer une entreprise
2 - Je te fournis du travail dans cette entreprise
3 - Nous nous accordons sur le partage des bénéfices de l'entreprise : à toi un salaire et à moi ce qui reste, sous forme de salaire et/ou de dividendes
4 - Nous prenons ensemble les décisions qui s'imposent.
En cas de désaccord, je m'interdis de t'imposer mes propres décisions, même si je considère que les tiennent sont dangereuses et mettent l'entreprise en péril.
5 - Si par malheur l'entreprise fait faillite, tu vas travailler et percevoir ton salaire ailleurs, et moi j'ai tout perdu !
Quand je parlais d'un marché de dupe...
Bien sûr, cet exemple est très schématique et, dans la pratique, les choses sont très souvent bien plus compliquées. En effet, un seul homme ne pourrait pas assumer à lui seul la charge de travail que constitue la gestion d'une moyenne ou a fortiori d'une grande entreprise.
D'abord, il y a plusieurs investisseurs (les actionnaires), qui prennent le plus souvent les décisions d'ordre financier, et qui délèguent les décisions de gestion et de fonctionnement à ceux qui deviennent ainsi les "patrons" directs de l'entreprise : président et directeur général. Ceux-ci délèguent à leur tour une partie de leurs prérogatives aux directeurs, chefs de services, contremaîtres, etc...
Les rapports entre toutes ces personnes sont organisés selon une hiérarchie, ce qui signifie que chacun d'eux doit répondre de ses décisions et de ses actes auprès de son supérieur direct : le directeur général au président, les directeurs au directeur général, etc...
En bas de l'échelle, l'exécutant final intègre donc dans son travail les décisions qui ont été prises à chaque échelon hiérarchique au-dessus de lui.
Il semble souhaitable que les rapports entre les individus, dans cette échelle hiérarchique, ne soient pas totalement "sauvages", et que des règles soient instaurées pour éviter les abus, à commencer par les abus de pouvoir qui pourraient conduire par exemple à instaurer des obligations de comportements dégradants ou dévalorisants, ou sans rapport avec le travail à fournir. C'est, entre autres choses, l'objet d'un ensemble de lois regroupées sous le vocable de "code du travail", code qui comporte aussi d'autres dispositions sans rapport avec la notion de pouvoir dont je parle ici.
Je viens de dire qu'il était souhaitable que ces règles soient établies, et je considère donc l'existence de ce code du travail comme légitime, et même indispensable. Mais il y aurait beaucoup à dire sur ses dispositions prises une à une. Il me faudrait tout un serveur informatique pour les traiter dans ce blog. Il y a quand même trois remarques que je tiens à faire, au seul sujet de l'exercice du pouvoir dans l'entreprise :
- Le code du travail est un ensemble de lois et de règlements. Directement pour ce qui est des règlements (par décrets) ou indirectement pour ce qui est des lois (qui sont le plus souvent élaborées par le président et les ministres avant d'être votées par les députés et des sénateurs), ce code est l'oeuvre du pouvoir exécutif.
- Le pouvoir politique n'est pas fondé, à mon sens, à diriger le fonctionnement des entreprises. Le dirigisme, qui a été largement l'apanage des régimes marxistes mais pas seulement, a suffisamment prouvé son inefficacité et son caractère néfaste pour l'économie. Il faut laisser ce que l'on appelle communément les "partenaires sociaux", c'est à dire les organisations représentatives des patrons d'un côté et des salariés de l'autre, se mettre d'accord sur les dispositions relatives à l'organisation dans les entreprises elles-mêmes. Et quand je dis "représentatives", j'ajoute qu'aujourd'hui il n'en existe malheureusement quasiment aucune, eu égard à la faiblesse du nombre des travailleurs syndiqués. Il est urgent de remédier à cet état de fait, par exemple en confiant directement aux syndicats la gestion de certains régimes sociaux comme cela se fait dans d'autres pays. Mais j'empiète quelque peu ici sur l'économie, et je me propose d'aborder ce sujet plus profondément dans la rubrique qui lui est consacrée.
- Si le code du travail doit comporter un certain nombre de dispositions communes à toutes les entreprises, il est crucial qu'il laisse la possibilité pour chacune d'elles d'en préciser les modalités. Chaque entreprise est un cas particulier, de par son activité comme de par les individus qui la composent, et il n'est pas normal que le code du travail ou toute autre disposition constitue un carcan qui entrave les rapports humains, et jusqu'à la bonne marche de l'entreprise...
- Si ce régime de mise au point consensuelle des règles de fonctionnement de l'entreprise me semble indispensable, il n'en reste pas moins que, lors des négociations, indispensables elles aussi à sa mise au point, le rapport des forces en présence doit être précisé clairement : il est inadmissible qu'une organisation syndicale impose son point de vue par la force, comme cela se produit trop souvent ! Le cadre général étant fixé au niveau national, je l'ai dit, il ne s'agit au niveau de chaque entreprise, que de fixer les modalités d'application. Il n'y a donc pas de place pour des crispations bloquantes.
La négociation a pour but d'harmoniser les points de vue, mais en cas d'échec, je l'ai dit plus haut et je le répète ici : dans l'entreprise c'est le patron qui commande. Je n'ai pas besoin de rappeler pourquoi, je l'ai expliqué plus haut...
mercredi 5 décembre 2007
Le pouvoir médiatique
Les médias, presse écrite, presse parlée (radio), télévision, internet, exercent un pouvoir indéniable sur l'opinion. A tel point qu'on a pu parler en ce qui les concerne de "quatrième pouvoir", les mettant ainsi sur un pied d'égalité avec le législatif, l'exécutif ou le judiciaire ! Ca me semble de beaucoup exagéré, mais il n'en demeure pas moins vrai que l'opinion publique, c'est à dire l'opinion des citoyens que nous sommes, est très influencée par ce que disent et ce que montrent les journalistes et les médias.
Plus précisément, les commentaires qui sont faits d'un évènement, la manière (tendancieuse ou pas) par laquelle cet évènement est présenté, les prises de position des éditorialistes, sont autant d'éléments qui "marquent", consciemment ou pas, l'esprit du lecteur, de l'auditeur ou du téléspectateur.
Je distingue, quant à moi, trois types de situations dans lesquelles ce pouvoir s'exerce le plus souvent :
- L'éditorial de type militant, ouvertement destiné à convaincre.
Il est présent le plus souvent dans des journaux politiquement orientés, et le lecteur n'est pas pris en traître : il sait, en se procurant le journal, quel est la ligne éditoriale de ce qu'il va y trouver, ou à tout le moins il sait que le contenu est destiné à soutenir une opinion donnée
- Les messages cachés "subliminaux"
Ils sont la forme la plus perverse de l'exercice de ce pouvoir médiatique.
Ils peuvent être contenus dans des articles, des éditoriaux, ou dans n'importe quelle émission de radio ou télévisée qui n'avait a priori aucune vocation à contenir un message tendancieux. Vous regardez une émission de télévision,de quelque nature que ce soit, et, noyés dans ce contexte anodin, alors que vous êtes à mille lieux de vous méfier, une réflexion ou une intervention tendancieuse de l'un des participants vous entraîne avec lui sur un terrain que vous n'avez pas choisi, avec des arguments que vous entendez mais dont vous ne débattez pas, puisque votre attention était ailleurs, des arguments que cependant votre cerveau enregistre, quasiment à votre insu, et qui, répétés, martelés au fil du temps, vont bientôt s'imposer à vous et modifier votre vision des choses...
Si vous faites bien attention, après m'avoir lu, vous vous apercevrez bientôt que ce style de "bourrage de crâne" est omniprésent, surtout à la télévision. Et il est d'autant plus dangereux que, souvent, il émane de personnages auxquels vous prêtez une grande attention, pour d'autres raisons évidemment.
- Les erreurs, fautes de syntaxe, et autres contresens
Ici, on n'est plus dans le domaine du "voulu". Il s'agit cependant d'un danger important.
De quoi s'agit-il ? Le plupart du temps, et lorsque, comme moi, on est attentif à la qualité du langage, on se rend compte que beaucoup, pour ne pas dire la plupart des chroniqueurs "débitent" le contenu de ce qu'ils lisent sur le prompteur (le texte défile face à eux et ils le lisent) sans sembler prêter la moindre attention au contenu de ce qu'ils disent... C'est assez évident notamment quand le texte comporte une "coquille", comme disent les typographes, c'est à dire une erreur : soit un mot pour un autre, soit une faute d'orthographe qui change le sens d'un mot, soit encore une erreur de ponctuation, qui là encore modifie le sens de la phrase, etc... Vous entendez alors le présentateur dire haut et fort une ânerie monumentale sans même s'en rendre compte... Mais ça n'est pas le plus grave si vous vous en appercevez. Là où ça devient pervers, c'est quand ça passe inaperçu. Car là, vous n'êtes pas conscient du problème, ce qui n'empêche pas que votre cerveau a enregistré la "bourde" comme du bon pain... Et si par malheur c'est en effet le sens de la phrase qui s'en est trouvé modifié, vous avez tout simplement enregistré une fausse information ! Rien que ça !
On voit bien que, même involontairement mais sciemment le plus souvent, les médias exercent sur nous un pouvoir impressionnant. Certains s'en servent avec bonheur, n'en doutez pas, que ce soit politiquement, à des fins commerciales ou dans un but moins avouable. Il convient donc d'être particulièrement vigilant, de ne pas "gober" sans réfléchir tout ce qui nous vient aux yeux et aux oreilles, et même de réagir bruyamment si on le peut lorsque l'on considère que l'affaire est d'importance.
C'est l'esprit dans lequel je me place en écrivant ce blog...
Plus précisément, les commentaires qui sont faits d'un évènement, la manière (tendancieuse ou pas) par laquelle cet évènement est présenté, les prises de position des éditorialistes, sont autant d'éléments qui "marquent", consciemment ou pas, l'esprit du lecteur, de l'auditeur ou du téléspectateur.
Je distingue, quant à moi, trois types de situations dans lesquelles ce pouvoir s'exerce le plus souvent :
- L'éditorial de type militant, ouvertement destiné à convaincre.
Il est présent le plus souvent dans des journaux politiquement orientés, et le lecteur n'est pas pris en traître : il sait, en se procurant le journal, quel est la ligne éditoriale de ce qu'il va y trouver, ou à tout le moins il sait que le contenu est destiné à soutenir une opinion donnée
- Les messages cachés "subliminaux"
Ils sont la forme la plus perverse de l'exercice de ce pouvoir médiatique.
Ils peuvent être contenus dans des articles, des éditoriaux, ou dans n'importe quelle émission de radio ou télévisée qui n'avait a priori aucune vocation à contenir un message tendancieux. Vous regardez une émission de télévision,de quelque nature que ce soit, et, noyés dans ce contexte anodin, alors que vous êtes à mille lieux de vous méfier, une réflexion ou une intervention tendancieuse de l'un des participants vous entraîne avec lui sur un terrain que vous n'avez pas choisi, avec des arguments que vous entendez mais dont vous ne débattez pas, puisque votre attention était ailleurs, des arguments que cependant votre cerveau enregistre, quasiment à votre insu, et qui, répétés, martelés au fil du temps, vont bientôt s'imposer à vous et modifier votre vision des choses...
Si vous faites bien attention, après m'avoir lu, vous vous apercevrez bientôt que ce style de "bourrage de crâne" est omniprésent, surtout à la télévision. Et il est d'autant plus dangereux que, souvent, il émane de personnages auxquels vous prêtez une grande attention, pour d'autres raisons évidemment.
- Les erreurs, fautes de syntaxe, et autres contresens
Ici, on n'est plus dans le domaine du "voulu". Il s'agit cependant d'un danger important.
De quoi s'agit-il ? Le plupart du temps, et lorsque, comme moi, on est attentif à la qualité du langage, on se rend compte que beaucoup, pour ne pas dire la plupart des chroniqueurs "débitent" le contenu de ce qu'ils lisent sur le prompteur (le texte défile face à eux et ils le lisent) sans sembler prêter la moindre attention au contenu de ce qu'ils disent... C'est assez évident notamment quand le texte comporte une "coquille", comme disent les typographes, c'est à dire une erreur : soit un mot pour un autre, soit une faute d'orthographe qui change le sens d'un mot, soit encore une erreur de ponctuation, qui là encore modifie le sens de la phrase, etc... Vous entendez alors le présentateur dire haut et fort une ânerie monumentale sans même s'en rendre compte... Mais ça n'est pas le plus grave si vous vous en appercevez. Là où ça devient pervers, c'est quand ça passe inaperçu. Car là, vous n'êtes pas conscient du problème, ce qui n'empêche pas que votre cerveau a enregistré la "bourde" comme du bon pain... Et si par malheur c'est en effet le sens de la phrase qui s'en est trouvé modifié, vous avez tout simplement enregistré une fausse information ! Rien que ça !
On voit bien que, même involontairement mais sciemment le plus souvent, les médias exercent sur nous un pouvoir impressionnant. Certains s'en servent avec bonheur, n'en doutez pas, que ce soit politiquement, à des fins commerciales ou dans un but moins avouable. Il convient donc d'être particulièrement vigilant, de ne pas "gober" sans réfléchir tout ce qui nous vient aux yeux et aux oreilles, et même de réagir bruyamment si on le peut lorsque l'on considère que l'affaire est d'importance.
C'est l'esprit dans lequel je me place en écrivant ce blog...
Le pouvoir éducatif
L'éducation est à la base un devoir à la charge de tout parent digne de ce nom. En effet, l'enfant, par définition, n'est pas un être "fini", et s'il lui manque des fonctions physiques et psychiques qui lui viendront naturellement avec l'âge dès lors qu'on lui fournira la nourriture et les conditions de vie que la biologie nous impose à tous, il lui manque aussi l'apprentissage des comportements propres à faciliter la vie en société. Et là, la nature n'y pourvoira pas ! Car ces règles de vie commune ne sont pas directement issues de la nature humaine, mais bien de notre organisation grégaire, comprenez de l'organisation de la société des hommes. Et la méconnaissance de ces règles entraîne ce qu'on appelle aujourd'hui la marginalité, et qui est tout simplement de l'inadaptation sociale, préjudiciable à tous, mais en priorité bien évidemment à l'individu qui en est atteint...
Voilà pour le constat de base. Cependant, ce devoir d'éducation est très souvent très incomplètement rempli par les parents eux-même, et je ne parle pas forcément des "mauvais parents" au sens habituel du terme. Il est en grande partie délégué à ceux que l'on désigne habituellement par le terme générique d'éducateurs, à commencer par les enseignants. Il est ainsi assez significatif de constater que l'institution collective en charge de l'école est passée du titre d'instruction publique (on instruisait les jeunes) à celui d'éducation nationale (maintenant, on les éduque). Ceci n'est pas innocent du tout...
Or, l'acte éducatif n'est lui-même pas innocent, et celui qui le met en pratique détient un réel pouvoir. Nous avons tous en tête le souvenir de tel ou tel instituteur, ou bien de tel ou tel professeur, qui nous a particulièrement marqué pendant notre cursus scolaire ou universitaire. Et cette influence dont nous ressentons encore aujourd'hui les effets n'était pas directement liée à la matière qu'il nous enseignait, mais surtout à sa manière de présenter les choses et les commenter, à des réflexions qu'il nous a faites, à des préceptes qu'il a évoqués, et, si le mot n'effraie pas trop, à une philosophie qui était peut-être la sienne.
Ainsi, cet enseignant aura gravé dans notre mémoire un certain nombre de repères, dont nos comportements d'adulte sont encore aujourd'hui tributaires.
On voit bien que l'acte éducatif a une incidence énorme sur la formation psychologique de l'être auquel il s'adresse. Il s'agit donc bien d'un réel pouvoir qu'il ne faut pas laisser entre les mains de n'importe qui. Le devoir des parents, et bien sûr pas seulement pendant la petite enfance mais à l'adolescence et même au-delà, dans l'intérêt même de leurs enfants, est non seulement d'exercer ce pouvoir mais de surveiller de près la nature et la manière avec laquelle il est exercé par d'autres. Il en va de l'avenir, et pourquoi ne pas dire tout simplement du bonheur, de leurs enfants, qui risquent sinon de se retrouver dans un état d'inadaptation à l'égard de la société dans laquelle ils vont vivre.
Il n'est qu'à voir dans quel état se trouvent les gamins des "banlieues", comme l'on dit, dont la plupart (je veux parler de ceux que l'on voit le plus, c'est à dire les plus mal lotis d'entre eux) ne reçoivent pas chez eux, pour des raisons sociétales et non pas uniquement sociales comme on le prétend trop souvent, l'éducation qu'ils méritent, et qui ne l'ont pas non plus en classe pour d'autres raisons liées à la mauvaise organisation d'une Education Nationale qui ne donne pas aux "zones sensibles" les enseignants qu'il leur faudrait en termes d'expérience et de formation...
Mais, je le répète, les premiers à devoir dispenser cette éducation restent les parents. Les enseignants et les éducateurs ne viennent qu'en second, pour suppléer dans la mesure de leurs capacités et de leurs (faibles) moyens les manquements parentaux. Ceux des parents qui n'en ont pas les moyens, intellectuels ou de formation notamment, doivent sans doute être aidés, mais sans que la collectivité prenne totalement en charge leurs obligations. C'est pourtant ce à quoi ils croient pouvoir prétendre habituellement...
Voilà pour le constat de base. Cependant, ce devoir d'éducation est très souvent très incomplètement rempli par les parents eux-même, et je ne parle pas forcément des "mauvais parents" au sens habituel du terme. Il est en grande partie délégué à ceux que l'on désigne habituellement par le terme générique d'éducateurs, à commencer par les enseignants. Il est ainsi assez significatif de constater que l'institution collective en charge de l'école est passée du titre d'instruction publique (on instruisait les jeunes) à celui d'éducation nationale (maintenant, on les éduque). Ceci n'est pas innocent du tout...
Or, l'acte éducatif n'est lui-même pas innocent, et celui qui le met en pratique détient un réel pouvoir. Nous avons tous en tête le souvenir de tel ou tel instituteur, ou bien de tel ou tel professeur, qui nous a particulièrement marqué pendant notre cursus scolaire ou universitaire. Et cette influence dont nous ressentons encore aujourd'hui les effets n'était pas directement liée à la matière qu'il nous enseignait, mais surtout à sa manière de présenter les choses et les commenter, à des réflexions qu'il nous a faites, à des préceptes qu'il a évoqués, et, si le mot n'effraie pas trop, à une philosophie qui était peut-être la sienne.
Ainsi, cet enseignant aura gravé dans notre mémoire un certain nombre de repères, dont nos comportements d'adulte sont encore aujourd'hui tributaires.
On voit bien que l'acte éducatif a une incidence énorme sur la formation psychologique de l'être auquel il s'adresse. Il s'agit donc bien d'un réel pouvoir qu'il ne faut pas laisser entre les mains de n'importe qui. Le devoir des parents, et bien sûr pas seulement pendant la petite enfance mais à l'adolescence et même au-delà, dans l'intérêt même de leurs enfants, est non seulement d'exercer ce pouvoir mais de surveiller de près la nature et la manière avec laquelle il est exercé par d'autres. Il en va de l'avenir, et pourquoi ne pas dire tout simplement du bonheur, de leurs enfants, qui risquent sinon de se retrouver dans un état d'inadaptation à l'égard de la société dans laquelle ils vont vivre.
Il n'est qu'à voir dans quel état se trouvent les gamins des "banlieues", comme l'on dit, dont la plupart (je veux parler de ceux que l'on voit le plus, c'est à dire les plus mal lotis d'entre eux) ne reçoivent pas chez eux, pour des raisons sociétales et non pas uniquement sociales comme on le prétend trop souvent, l'éducation qu'ils méritent, et qui ne l'ont pas non plus en classe pour d'autres raisons liées à la mauvaise organisation d'une Education Nationale qui ne donne pas aux "zones sensibles" les enseignants qu'il leur faudrait en termes d'expérience et de formation...
Mais, je le répète, les premiers à devoir dispenser cette éducation restent les parents. Les enseignants et les éducateurs ne viennent qu'en second, pour suppléer dans la mesure de leurs capacités et de leurs (faibles) moyens les manquements parentaux. Ceux des parents qui n'en ont pas les moyens, intellectuels ou de formation notamment, doivent sans doute être aidés, mais sans que la collectivité prenne totalement en charge leurs obligations. C'est pourtant ce à quoi ils croient pouvoir prétendre habituellement...
Le pouvoir (des) citoyen(s)
Dans une démocratie, ce sont les citoyens (schématiquement, l'ensemble des habitants) qui élisent (qui choisissent) leurs dirigeants. C'est là un pouvoir considérable, dont malheureusement nombre d'entre eux aujourd'hui ne sont pas réellement conscients. D'où un taux d'abstention très important lors des scrutins.
Que ce soient le président de la république, les députés, les sénateurs, les conseillers municipaux (qui élisent parmi eux le maire de la commune), etc... Voilà autant d'individus qui vont gouverner, c'est à dire décider à la place de chacun d'entre nous (théoriquement et officiellement au nom de chacun de nous), et ce pendant une période de plus ou moins cinq à six années selon les cas, avec des incidences dans pratiquement tous les domaines de notre vie !...
Ce n'est pas une mince affaire, et cela devrait faire réfléchir chacun de nous !
Voilà pour le principe. Car tout ça n'est en fait que théorique. Dans la pratique, différents facteurs faussent radicalement le "jeu" démocratique, et sapent considérablement ce pouvoir citoyen. Par exemple :
- Les partis politiques
Ils sont censés partager les hommes et les femmes politiques, c'est à dire ceux et celles qui se proposent de gouverner, en différentes catégories selon leurs conceptions de l'organisation de la société. Mais pour y parvenir de manière parfaitement honnête, il faudrait autant de partis... que d'individus ! En effet, la nature humaine est ainsi faite, et le parcours de chacun est si différent de celui de son voisin, qu'on ne conçoit pas de trouver deux individus d'accord sur tout, surtout dans ce domaine si "sensible" qu'est la politique !
Le résultat de cette ambiguïté, c'est qu'au sein d'un même parti, qui regroupe évidemment des hommes et des femmes qui "voient les choses" de manières assez proches les uns des autres, il existe des courants de pensée très différents ! De ce fait, l'appartenance d'un candidat à un parti ne préjuge pas forcément de la concordance de vues entre lui et vous...
Or ce sont justement les partis politiques qui organisent, parce qu'ils les financent, les campagnes électorales.
- Le carriérisme des hommes politiques
Même si vous avez trouvé parmi les candidats la "perle rare" qui correspond exactement à vos idées, et même s'il est élu, il y a fort peu de chances qu'il mette en oeuvre exactement la politique pour laquelle vous l'avez choisi.
En effet, le "travail" de votre heureux élu va consister à prendre un certain nombre de décisions pour le bien de la collectivité. Mais certaines d'entre elles seront quelquefois lourdes à supporter pour les individus qui la composent, y compris pour ses électeurs, et y compris peut-être pour vous-même !..
Or, le voeu le plus cher d'un élu, c'est d'être réélu la prochaine fois !... Et ces décisions "impopulaires" risqueraient bien de l'en empêcher...
La conséquence dans la pratique, c'est que la plupart de ces décisions, ne seront jamais prises ! Voilà un sacré coup porté à votre pouvoir de citoyen, ne croyez-vous pas ?
- La notion de majorité
Il serait illusoire de penser qu'un jour quelqu'un (ou quelqu'une) soit élu à l'unanimité ! Et donc, après l'élection, il y aura forcément des mécontents, mais là n'est pas la question. Quel est le pourcentage de voix requis pour prétendre être élu ? La question est d'importance, et tout le monde ne partage pas la même opinion sur le sujet. Il existe différents systèmes de comptage.
Tout d'abord, que doit-on mettre sous le vocable de "suffrage universel" ? Etymologiquement, ce terme signifie que "tout le monde vote", ou plus précisément que "tout le monde est électeur". Et ce n'est pas le cas dans la pratique, puisqu'il y a un âge minimum, qu'on doit être de nationalité française, ou au moins ressortissant de l'Union Européenne dans les élections locales, qu'on doit être inscrit sur une liste électorale dont les inscriptions sont clôturées à partir d'une date quelquefois assez éloignée de la date du scrutin, etc. etc...
Ensuite, un certain nombre de votes "ne comptent pas", à commencer par les votes nuls, qui pourtant reflètent dans la plupart des cas une opinion, par exemple du type "aucun candidat ne correspond à mes choix", ou "le système politique ne correspond pas du tout à mes voeux", etc.
Or, le résultat du scrutin va s'imposer à tous, et pas seulement aux auteurs des suffrages retenus pour le calcul de ce résultat... Sans parler du mode de scrutin, qui dans certains cas peut s'apparenter à de la "cuisine électorale", de même que le découpage des circonscriptions de vote...
Après tout cela, où en est vraiment la notion de majorité ?
- Les comportements sociaux
Supposons malgré tout que vous soyez tombé sur un "saint-homme-politique-prêt-à-se-sacrifier-pour-les-autres" (voir ci-dessus le paragraphe sur le carriérisme). Vous n'êtes pas au bout de vos peines malgré tout !
En effet, votre élu hors paire va donc tenter de mettre en oeuvre la politique pour laquelle il a été élu. A noter que c'est là exactement ce qu'on attend de lui, et que ça devrait être l'attitude de tous les élus ... Mais voilà ! Ca ne va pas se passer tout seul... Car n'oublions pas que votre élu ne l'a été que par une fraction plus ou moins importante de la population, celle que l'on appelle la "majorité" et qui ne l'est pas forcément (voir ci-dessus les remarques à ce sujet). Or les décisions prises vont s'imposer à tous, y compris à tous ceux qui n'ont pas voté pour votre oiseau rare... Et bien, il y a toutes les chances pour que ceux-là se mettent en colère, et se proposent d'empêcher l'exécution des décisions prises, y compris par des actions illégales et violentes...
L'expérience a prouvé que dans de telles situations, ce n'est pas le politique qui a le dernier mot, et donc pas le citoyen électeur, mais la rue, c'est à dire les "manifestants" comme on les appelle pudiquement. J'aurais pour ma part tendance dans bien des cas à plutôt les qualifier de "casseurs", de "malfaiteurs" et/ou de "voyous", même si cela en fait sursauter plus d'un, j'imagine...
Voilà quelques-uns des "bémoles" qu'il faut selon moi apporter à la notion de pouvoir citoyen. Mais tant bien que mal, ce système, je veux dire la démocratie, qui somme toute est d'ailleurs perfectible, est comme disait Winston Churchill "sans doute le pire des systèmes, mais on n'en a pas trouvé de meilleur... "
Que ce soient le président de la république, les députés, les sénateurs, les conseillers municipaux (qui élisent parmi eux le maire de la commune), etc... Voilà autant d'individus qui vont gouverner, c'est à dire décider à la place de chacun d'entre nous (théoriquement et officiellement au nom de chacun de nous), et ce pendant une période de plus ou moins cinq à six années selon les cas, avec des incidences dans pratiquement tous les domaines de notre vie !...
Ce n'est pas une mince affaire, et cela devrait faire réfléchir chacun de nous !
Voilà pour le principe. Car tout ça n'est en fait que théorique. Dans la pratique, différents facteurs faussent radicalement le "jeu" démocratique, et sapent considérablement ce pouvoir citoyen. Par exemple :
- Les partis politiques
Ils sont censés partager les hommes et les femmes politiques, c'est à dire ceux et celles qui se proposent de gouverner, en différentes catégories selon leurs conceptions de l'organisation de la société. Mais pour y parvenir de manière parfaitement honnête, il faudrait autant de partis... que d'individus ! En effet, la nature humaine est ainsi faite, et le parcours de chacun est si différent de celui de son voisin, qu'on ne conçoit pas de trouver deux individus d'accord sur tout, surtout dans ce domaine si "sensible" qu'est la politique !
Le résultat de cette ambiguïté, c'est qu'au sein d'un même parti, qui regroupe évidemment des hommes et des femmes qui "voient les choses" de manières assez proches les uns des autres, il existe des courants de pensée très différents ! De ce fait, l'appartenance d'un candidat à un parti ne préjuge pas forcément de la concordance de vues entre lui et vous...
Or ce sont justement les partis politiques qui organisent, parce qu'ils les financent, les campagnes électorales.
- Le carriérisme des hommes politiques
Même si vous avez trouvé parmi les candidats la "perle rare" qui correspond exactement à vos idées, et même s'il est élu, il y a fort peu de chances qu'il mette en oeuvre exactement la politique pour laquelle vous l'avez choisi.
En effet, le "travail" de votre heureux élu va consister à prendre un certain nombre de décisions pour le bien de la collectivité. Mais certaines d'entre elles seront quelquefois lourdes à supporter pour les individus qui la composent, y compris pour ses électeurs, et y compris peut-être pour vous-même !..
Or, le voeu le plus cher d'un élu, c'est d'être réélu la prochaine fois !... Et ces décisions "impopulaires" risqueraient bien de l'en empêcher...
La conséquence dans la pratique, c'est que la plupart de ces décisions, ne seront jamais prises ! Voilà un sacré coup porté à votre pouvoir de citoyen, ne croyez-vous pas ?
- La notion de majorité
Il serait illusoire de penser qu'un jour quelqu'un (ou quelqu'une) soit élu à l'unanimité ! Et donc, après l'élection, il y aura forcément des mécontents, mais là n'est pas la question. Quel est le pourcentage de voix requis pour prétendre être élu ? La question est d'importance, et tout le monde ne partage pas la même opinion sur le sujet. Il existe différents systèmes de comptage.
Tout d'abord, que doit-on mettre sous le vocable de "suffrage universel" ? Etymologiquement, ce terme signifie que "tout le monde vote", ou plus précisément que "tout le monde est électeur". Et ce n'est pas le cas dans la pratique, puisqu'il y a un âge minimum, qu'on doit être de nationalité française, ou au moins ressortissant de l'Union Européenne dans les élections locales, qu'on doit être inscrit sur une liste électorale dont les inscriptions sont clôturées à partir d'une date quelquefois assez éloignée de la date du scrutin, etc. etc...
Ensuite, un certain nombre de votes "ne comptent pas", à commencer par les votes nuls, qui pourtant reflètent dans la plupart des cas une opinion, par exemple du type "aucun candidat ne correspond à mes choix", ou "le système politique ne correspond pas du tout à mes voeux", etc.
Or, le résultat du scrutin va s'imposer à tous, et pas seulement aux auteurs des suffrages retenus pour le calcul de ce résultat... Sans parler du mode de scrutin, qui dans certains cas peut s'apparenter à de la "cuisine électorale", de même que le découpage des circonscriptions de vote...
Après tout cela, où en est vraiment la notion de majorité ?
- Les comportements sociaux
Supposons malgré tout que vous soyez tombé sur un "saint-homme-politique-prêt-à-se-sacrifier-pour-les-autres" (voir ci-dessus le paragraphe sur le carriérisme). Vous n'êtes pas au bout de vos peines malgré tout !
En effet, votre élu hors paire va donc tenter de mettre en oeuvre la politique pour laquelle il a été élu. A noter que c'est là exactement ce qu'on attend de lui, et que ça devrait être l'attitude de tous les élus ... Mais voilà ! Ca ne va pas se passer tout seul... Car n'oublions pas que votre élu ne l'a été que par une fraction plus ou moins importante de la population, celle que l'on appelle la "majorité" et qui ne l'est pas forcément (voir ci-dessus les remarques à ce sujet). Or les décisions prises vont s'imposer à tous, y compris à tous ceux qui n'ont pas voté pour votre oiseau rare... Et bien, il y a toutes les chances pour que ceux-là se mettent en colère, et se proposent d'empêcher l'exécution des décisions prises, y compris par des actions illégales et violentes...
L'expérience a prouvé que dans de telles situations, ce n'est pas le politique qui a le dernier mot, et donc pas le citoyen électeur, mais la rue, c'est à dire les "manifestants" comme on les appelle pudiquement. J'aurais pour ma part tendance dans bien des cas à plutôt les qualifier de "casseurs", de "malfaiteurs" et/ou de "voyous", même si cela en fait sursauter plus d'un, j'imagine...
Voilà quelques-uns des "bémoles" qu'il faut selon moi apporter à la notion de pouvoir citoyen. Mais tant bien que mal, ce système, je veux dire la démocratie, qui somme toute est d'ailleurs perfectible, est comme disait Winston Churchill "sans doute le pire des systèmes, mais on n'en a pas trouvé de meilleur... "
mardi 4 décembre 2007
Résumé succint de l'organisation du pouvoir politique en France
Le pouvoir politique est celui qui vient immédiatement à l'esprit dès qu'on prononce le mot "pouvoir". C'est sans doute parce qu'il est le plus voyant, et en tout cas celui dont les incidences sont les plus visibles dans la vie de tous les jours. Ceci étant, et dans un régime politique qui se veut respectueux de la Liberté (voir la rubrique correspondante), le pouvoir politique est aux mains d'un certain nombre d'individus reconnus (les élus) par les membres de la société (les citoyens).
Ce pouvoir politique se décompose en fait en trois pouvoirs distincts :
- Le pouvoir législatif qui élabore les lois
- Le pouvoir exécutif qui exécute et fait respecter les lois
- Le pouvoir judiciaire qui juge de la bonne exécution des lois et qui sanctionne les contrevants
L'articulation entre ces trois pouvoirs est un des aspects majeurs de l'organisation de la société.
Si les trois pouvoirs se trouvent réunis entre les mains d'un seul individu (autocratie) ou d'un même groupe d'individus (ploutocratie, oligarchie, etc...), cela s'appelle une dictature car c'est le même qui dicte sa loi, qui en exécute et en impose les dispositions, et qui juge le comportement des citoyens par rapport à cette loi.
Nous vivons en France actuellement dans un système qui nous vient des Grecs anciens, qui a été peaufiné par la Rome antique, puis décliné chez nous depuis la Révolution de 1789 sous différentes formes dont essentiellement cinq républiques (du latin res publica : règne du public). Ce système se nomme démocratie (ce qui signifie en grec "gouvernement par le peuple").
Dans notre système, l'organisation du pouvoir politique est schématiquement le suivant :
- Le pouvoir législatif est entre les mains, au plan national des députés et des sénateurs, et au plan local (régions, départements, communes) des élus locaux (maires, conseillers municipaux, conseillers généraux, conseillers régionaux), élus directement par le peuple au suffrage universel ("tout le monde vote")
- Le pouvoir exécutif est détenu par un gouvernement dont les membres (les ministres) sont désignés par le Président de la république, lui-même élu au suffrage universel, et responsables de leur action devant les députés qui peuvent les démettre de leurs fonctions (motion de censure ou vote de défiance)
- Le pouvoir judiciaire est exercé par des magistrats nommés directement ou indirectement par le gouvernement, mais, une fois nommés, indépendants des deux autres pouvoirs (Président, ministres, députés, sénateurs, élus locaux)
Ce pouvoir politique se décompose en fait en trois pouvoirs distincts :
- Le pouvoir législatif qui élabore les lois
- Le pouvoir exécutif qui exécute et fait respecter les lois
- Le pouvoir judiciaire qui juge de la bonne exécution des lois et qui sanctionne les contrevants
L'articulation entre ces trois pouvoirs est un des aspects majeurs de l'organisation de la société.
Si les trois pouvoirs se trouvent réunis entre les mains d'un seul individu (autocratie) ou d'un même groupe d'individus (ploutocratie, oligarchie, etc...), cela s'appelle une dictature car c'est le même qui dicte sa loi, qui en exécute et en impose les dispositions, et qui juge le comportement des citoyens par rapport à cette loi.
Nous vivons en France actuellement dans un système qui nous vient des Grecs anciens, qui a été peaufiné par la Rome antique, puis décliné chez nous depuis la Révolution de 1789 sous différentes formes dont essentiellement cinq républiques (du latin res publica : règne du public). Ce système se nomme démocratie (ce qui signifie en grec "gouvernement par le peuple").
Dans notre système, l'organisation du pouvoir politique est schématiquement le suivant :
- Le pouvoir législatif est entre les mains, au plan national des députés et des sénateurs, et au plan local (régions, départements, communes) des élus locaux (maires, conseillers municipaux, conseillers généraux, conseillers régionaux), élus directement par le peuple au suffrage universel ("tout le monde vote")
- Le pouvoir exécutif est détenu par un gouvernement dont les membres (les ministres) sont désignés par le Président de la république, lui-même élu au suffrage universel, et responsables de leur action devant les députés qui peuvent les démettre de leurs fonctions (motion de censure ou vote de défiance)
- Le pouvoir judiciaire est exercé par des magistrats nommés directement ou indirectement par le gouvernement, mais, une fois nommés, indépendants des deux autres pouvoirs (Président, ministres, députés, sénateurs, élus locaux)
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